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    Naïvement enlacée à la mer, Alger si loin de son destin …

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  • A quoi ressemblera l’économie mondiale en 2060 ?

    www.latribune.fr Pierre Manière | 09/11/2012

    Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dresse le portrait de l'économie mondiale en 2060. Elle prévoit un grand chambardement de l'ordre établi. Comme attendu, la Chine deviendra la première économie de la planète. L'Inde, pour sa part, se classera deuxième, devant les Etats-Unis. New Delhi voit ainsi la part de sa contribution au PIB mondial progresser de 7% à 18% ! La zone euro, elle, verra son poids dégringoler de 17% à 9%.
    Sur le même sujet
    L'exercice apparaît pour le moins ambitieux. Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dévoile sa photographie de l'économie mondiale en... 2060 ! Et ses résultats font état d'un vrai chambardement de l'équilibre économique mondial.
    • Une croissance maussade de 3% par an en moyenne
    D'abord, l'OCDE parie sur un retour progressif aux fondamentaux économiques d'avant crise à horizon 2020. "Une fois liquidé l'héritage de la crise financière mondiale, le PIB global pourrait croître d'environ 3% par an au cours des 50 prochaines années", grâce à "l'amélioration de la productivité" couplée à "l'accumulation de capital humain", précise le rapport. Une croissance profondément inégale, les vieux pays industrialisés affichant des taux bien inférieurs aux pays émergents.
    Un bémol, de taille, concerne toutefois la manière dont la crise actuelle impactera les prochaines décennies. Chef de la division de l'analyse des politiques structurelles de l'OCDE, Giuseppe Nicoletti concède qu'"il y a beaucoup d'incertitude" sur la date de rétablissement de l'économie mondiale. De plus, il souligne que la manière dont les Etats sortiront de la crise aura des conséquences importantes. "Si les Etats-Unis et l'Europe s'en sortent avec des niveaux de dettes trop élevés, cela peut avoir, à terme, des conséquences sur les marchés de capitaux, provoquer une baisse des investissements, et plomber le marché de l'emploi", prend-t-il en exemple.
    • La Chine et l'Inde en pole position
    La Chine devrait débuter ce premier demi-siècle sur les chapeaux de roues. Sur la base des parités de pouvoir d'achat de 2005, l'étude précise que Pékin devrait dépasser cette année la zone euro en termes de contribution au PIB global. Avant de chiper la première place aux Etats-Unis "quelques années plus tard", voyant son poids dans le PIB mondial passer de 17% à 28%. Dans son sillage, l'Inde verrait sa contribution au PIB mondial passer de 7% à 18% en 2060, et dépasser à son tour le pays de l'Oncle Sam. Ainsi, si la Chine est championne en terme de croissance jusqu'en 2020 (avec une moyenne de 10%), Pékin voit sa progression du PIB se tasser jusqu'à 2,3% en 2030-2060. Or sur cette période, New Delhi affiche une moyenne de 6,7% au compteur.
    Pour expliquer le tassement de la croissance chinoise, Giuseppe Nicoletti évoque "le vieillissement de la population chinoise", y voyant-là "les conséquences de la politique de l'enfant unique". De son côté, il justifie le "rattrapage" indien par le fait que son économie part de très bas, citant des exemples "historiques", comme les dragons asiatiques ou l'Europe d'après-guerre.
    • Le moindre poids de la zone euro et des Etats-Unis
    A l'opposé, le Vieux Continent et les Etats-Unis, ne pèsent plus aussi lourd. Représentant respectivement 17% et 23% du PIB mondial aujourd'hui, la zone euro et Washington voient leurs participations chuter de 8 et 7 points.
    • Un quadruplement du PIB par habitant des pays les pauvres
    Conséquence du rattrapage des pays en développement, le PIB par habitant des économies actuellement les plus pauvres "aura plus que quadruplé", souligne l'OCDE. Il sera même multiplié par sept pour la Chine et l'Inde Tandis que celui des économies les plus riches "se contentera de doubler". Toutefois, le classement des pays en fonction du PIB par habitant ne devrait pas bouger. "Certes, les écarts de productivité et de qualification de la main d'oeuvre se réduisent, mais les différences qui subsistent sont encore pour une bonne part à l'origine des écarts de niveau de vie observés en 2060", souligne l'étude.

  • Arrêtez avec le « je me battrai pour vous » de Voltaire !

    Par Zineb Dryef | Rue89 | 14/04/2011

    Deux fois en quelques heures ! D’abord, un éditeur qui invoque son esprit « voltairien » pour justifier la publication d’un livre d’Eric Zemmour. Ensuite, un faux Carl Lang (ex-Front national) qui flatte Pierre Haski sur Twitter pour obtenir la publication d’une tribune sur Rue89 : « On vous dit voltairien », sous-entendu « vous connaissez comme moi la fameuse phrase ».

    Mais Voltaire n’a jamais écrit « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » ! Il ne l’a même jamais dit. A l’origine de cette formule, une Britannique, Evelyn Beatrice Hall qui, dans un ouvrage consacré à Voltaire en 1906, lui attribue le célèbre « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it ».

    Dans un documentaire de la TSR retraçant l’histoire de cette phrase, Charles Wirz, le conservateur du musée Voltaire de Genève, confirme que le philosophe n’a jamais rien dit de tel et présente même l’aveu d’Evelyn Beatrice Hall : « Je ne suis pas d’accord avec vous […] est ma propre expression et n’aurait pas dû être mise entre guillemets. »

    Dans son « The Friends of Voltaire », Evelyne Beatrice Hall a tenté ainsi de résumer la pensée de Voltaire, notamment au moment de sa prise de position dans l’affaire Helvétius, l’un des philosophes qui contribua à L’Encyclopédie.

    Son livre, « De l’Esprit », irrite profondément Voltaire – il qualifie le texte de « fatras d’Helvétius » dans une lettre à de Brosses du 23 septembre 1758, citée par Gerhardt Stenger mais lui apporte son soutien face aux attaques virulentes dont il est victime après la parution de son ouvrage.

    Dans ce contexte, la phrase prêtée à Voltaire ne paraît pas dépasser sa pensée. Pourtant, plusieurs amoureux de l’écrivain s’émeuvent de l’utilisation qui en est faite. On les comprend.

    Nietzsche « Au soleil » avec Jennifer

    « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » est devenu l’un des poncifs les plus irritants des dernières années. Peut-être autant que le « ce qui ne tue pas rend plus fort » de Nietzsche, nouvel hymne de Jenifer « ce qui ne me tue pas me rend forte » dans une chanson sur les bienfaits du soleil.
    Plus injuste encore, il est devenu l’arme de défense de tous ceux qui se croient censurés par les-médias-dominants-la-pensée-unique-le-politiquement-correct.

    Dans les années 2000, Thierry Ardisson l’a largement popularisé dans son émission « Tout le monde en parle » en le citant à tout bout de champ pour justifier la présence du moindre invité un peu controversé. Se proclamer voltairien est ainsi devenu synonyme de partisan de la liberté d’expression totale. On retrouve donc pêle-mêle Eric Zemmour, Robert Ménard, Dieudonné, etc.

    « Ce n’est pas du tout lui cette phrase »

    Voltaire, défenseur de la liberté d’expression illimitée ? Une supercherie, nous répond la Société Voltaire : « Ce n’est pas du tout lui cette phrase. Prenons le credo chrétien qu’il a toujours combattu. Ou les Jésuites. Il ne les aurait jamais défendus. »
    Plus fort, le cas Fréron. Ce journaliste parisien, responsable du journal L’Année littéraire, détesté de Voltaire, a eu droit à une pièce « Le Café ou l’Ecossaise » rédigée contre lui mais n’a jamais eu le moindre signe de soutien à chaque fois que son périodique a été censuré par… Lamoignon de Malesherbes, un ami de Voltaire.
    http://www.rue89.com/hoax/2011/04/14/arretez-avec-le-je-me-battrai-pour-vous-de-voltaire-199690

    • Album : CASBAH LUMIERE
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  • Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui

  • L’immortel Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui (1), de son nom kabyle Si Mouḥ N Amar U Mouḥ (2), est né, selon l'état civil, le 23 juillet 1910 sous le nom patronymique Mohammed KHELOUAT, au hameau de Taâzibt, un petit village de la région d'Ihesnawen (3). C'est, d'ailleurs, du nom de sa région natale qu'il en tirera son pseudonyme artistique qui était à l'origine : « Ben Ammar Hasnaoui », puis « Cheikh Amar El-Hasnaoui », avant de devenir « Cheikh El-Hasnaoui » plus tard. Quelques années après sa naissance, il perdit sa mère, LAÂZIB Sadïa (Bent Ahmed) elle-même originaire d'Alger de parents originaires de Biskra. Elle mourra des suites d'une maladie après avoir perdu ses deux jeunes enfants : Omar et Ali. Son père, Si Amar KHELOUAT (4), est absent du foyer, car enrôlé par l'Armée française durant la Première Guerre Mondiale. Démobilisé après une blessure, son père rentre au pays, il ira chercher à Alger le jeune Mohamed et le plaça dans une école coranique. Son apprentissage ne durera que quelques années, il en est sorti à l'âge de 12 ans. À Alger, il exercera plusieurs petits métiers tout en se « frottant » aux grands maîtres de la musique « chaâbi » comme El-Anka et Cheikh Nador. Ainsi, il assimila toutes les finesses de ce genre musical exigeant et s'affirme, bientôt, comme un artiste accompli, maître de son art et capable de l'exprimer aussi bien dans sa langue maternelle : « Taqbaylit », comme il le dit si bien, ainsi qu'en Arabe populaire (dialectal), l'autre langue qu'il vient d'acquérir et de perfectionner. Il animera pendant cette période bon nombre de soirées « qui seront pour lui l'occasion de se produire en public et de monnayer son talent ». Il vivra jusqu'en 1936, date de son dernier retour dans sa région natale, des allers-retours entre Tizi-Ouzou et Alger. La situation ambiante (sociale, intellectuelle,…) ne lui plaisant guère (5), il confia, un jour d'été, à Si Saïd U L'Hadi (6), un de ses amis d'enfance : « Cette fois, si je quitte le village, je serai comme une fourmi ailée. Là où me poseront mes ailes, j'y resterai. » (7) À Paris, le « Maître » s'impose comme un artiste phare, illuminant de toute sa classe la vie artistique du moment qui reste confinée aux seuls cafés, véritables microcosmes de la société kabyle. De tempérament solitaire, il fréquente très peu de gens, même pas les « grands noms » de la chanson kabyle de l'époque, mais il se lie d'amitié avec Fatma-Zohra (8), son mari Mouh-akli et Mohamed IGUERBOUCHENE avec lequel il collabore dans des émissions radiophoniques. Sa carrière connaît une parenthèse, durant la Seconde Guerre Mondiale, le temps d'accomplir en Allemagne, le Service du Travail Obligatoire. C'est pendant cette période qu'il fera connaissance de celle qui deviendra plus tard sa femme, il s'agit d'une jeune Française du nom de Denise Marguerite Denis qu'il épousera le 14 août 1948. Cherchant le calme, il quittera la région parisienne et la maison qu'il a construite de ses mains à Anthony pour s'installer à Nice (Rue de Belgique). En 1985 il quittera sa seconde demeure pour un voyage qui le mènera dans les Antilles, où il séjournera, seul, quelques mois avant de repartir vers Nice rejoindre sa femme. En 1988, il récidivera en mettant le cap sur l'île de la Réunion où il s'installera à Saint-Pierre, en compagnie de sa femme Denise, dans la même année. À des milliers de kilomètres des siens et de toute personne qui le connaît, Cheikh El Hasnaoui se construit son havre de paix. Il faudra attendre plus de 20 ans pour qu'un musicologue du nom de Mehenna MAHFOUFI retrouve enfin sa trace et lui rendra trois fois visite afin de s'entretenir avec lui. Le chanteur Abdelli et la chanteuse Behdja Rahal en feront de même et auront le privilège de rencontrer le Maître quelques années seulement avant qu'il ne s'éteigne le samedi 06 juillet 2002, à l'âge de 92 ans. Il sera inhumé, conformément à ses vœux, à Saint-Pierre de la Réunion où un jardin public porte aujourd'hui son nom, il y est indiqué : Cheikh El Hasnaoui, Maître de la chanson Kabyle : Taâzibt 1910 – Saint-Pierre 2002. Ainsi, il est parti le Maître, discrètement comme il a toujours vécu, Cheikh El-Hasnaoui, celui qui mérite plus qu'un autre la place de véritable classique de la chanson kabyle (et même algérienne), nous a laissés emportant avec lui tous ses secrets, que de questions demeurent posées : Ses choix de vie ? La rupture avec le pays ? Paroles de certains de ses textes ?
  • Les vaillantes tribus Hadjoutes étaient menées par un poète, Boutheldja …

    (Par Belkacem Rabah Mohamed Khaled) (...) Il n'existe malheureusement pas de statistiques précises sur le nombre des populations Hadjoutes, mais nous estimons, à partir de certaines données contenues dans le rapport du duc de Rovigo, «vingt-trois tribus Hadjoutes et douze mille cavaliers» ... Dix huit mille cavaliers selon d'autres sources, à un total de plus de quarante mille habitants pour l'ensemble de ces tribus et douars. A la bataille de Staouéli, les 4 et 5 juillet 1830 (Sidi-Ferruch), contre la pénétration des armées françaises et avant la proclamation de Abdelkader comme Emir, les contingents fournis par les tribus Hadjoutes (douze mille cavaliers Hadjoutes) ont combattu vaillamment parmi les cinquante mille hommes engagés dans la bataille. Le général Changarnier qui a eu à combattre les armées Hadjoutes, écrit à leur sujet (Mémoires), après les avoir qualifiés d'«habitants rebelles au joug de l'étranger», de « patriotes énergiques» ,«les Hadjoutes avaient pu mettre en campagne et entretenir, pendant plusieurs années, de mille à mille huit cents cavaliers très courageux, qui avaient accompli des choses dont les cavaliers les plus célèbres de l'Europe se seraient honorés... » De même, le duc d'Orléans n'eut pas manqué de rendre hommage au patriotisme de ces partisans : « ... Ces hardis partisans faisaient plus de mal aux Français que tout le reste des forces ennemies, de même que les Cosaques, dans les guerres de l'empire, contribuèrent plus que toutes les troupes régulières à détruire l'Armée française ... Les Hadjoutes empêchaient l'armée de dormir en la tenant sur un qui-vive perpétuel ... Cependant la mort d'un simple cavalier Hadjoute, Boutheldja le poète, tué dans un de ces engagements, fut une perte sensible pour la cause arabe ... Au milieu du mouvement de résurrection de ce peuple, qui renaissait du sang de ses braves enfants, Boutheldja fut le plus inspiré parce qu'il était le plus convaincu de tous les poètes. Ses chants lyriques, d'une douleur touchante et d'un farouche patriotisme, étaient devenus populaires parmi la jeunesse arabe. Le poète préféra rester en volontaire, au premier rang des Hadjoutes, et, simple soldat, comme Koerner, il mourut comme lui de la main d'un Français, en combattant pour une patrie que tous deux avaient rêvée grande, et qu'ils ne connurent que malheureuse. »
  • Tazir M’hamed Bacha. Ancien militant de la cause nationale, compagnon de Mohamed Belouizdad – «Qui se souvient des 3024 disparus de La Casbah ?»

    www.elwatan.com le 10.05.12

    L’Algérie s’est faite elle-même.
    «Le violence est infâme, son résultat est toujours incertain et nul ne peut agir justement quand il est poussé par la haine.» Antar Ibn Chadad
    Le hasard est parfois curieux. Il provoque les choses, soupire M’hamed qui pense que certains rendez-vous de l’histoire sont quelquefois étranges.A 18 ans, en 1944, il a été arrêté, torturé et jeté dans les caves de la préfecture d’Alger. Dix-huit ans après, en 1962, il est le patron de cette même préfecture d’Alger où il officie en tant que directeur de cabinet du regretté Nadir Kassab. Alors, il se rappelle des propos de son avocat d’autrefois, Maître Sansonneti et de sa flamboyante plaidoirie en déclarant : «Monsieur le président, depuis que je porte cette robe, je n’ai jamais eu peur de dire la vérité. Il y a quelque temps, sur ces mêmes bancs, j’ai défendu des socialistes, des communistes, des gaullistes. Ils sont actuellement au pouvoir. Il ne serait pas impossible que ces gens, que vous êtes en train de juger, seront un jour à la tête de ce pays.»
    Prémonitoires, les propos de l’avocat s’avérèrent justes, résume Tazir M’hamed Bacha, qui nous racontera les mille et une péripéties de sa vie mouvementée. De sa première militance au sein de la Jeunesse de Belcourt à la création de l’organisation spéciale dont il fut un témoin privilégié, à la solitude des prisons dont il a été un pensionnaire régulier, aux exactions innombrables de la soldatesque coloniale à l’origine notamment de la disparition de plus de 3000 Algériens à La Casbah, M’hamed raconte calmement cette étape douloureuse, car, dit-il : «Seuls peuvent juger la guerre ceux qui l’ont vécue dans leur âme et dans leur chair.»
    Comité de la jeunesse de Belcourt
    Mais M’hamed sait aussi faire la part des choses : «Le combat est la seule expérience où l’on peut éprouver un sentiment autentique de fraternité envers celui qui prend les mêmes risques que vous.» Et là, il met en avant les grands mérites de cet homme immense qu’a été Mohamed Belouizdad, brave parmi les braves, qui a été l’étincelle mais qui s’est éteint hélas très jeune, emporté par la maladie. Sur son lit de mort dans un sanatorium en France et alors que Ahmed Haddanou (El Caba) lui demandait s’il avait besoin de quelque chose qu’il pourrait lui rapporter, Belouizdad rétorqua : «Ce qui me manque malheureusement, tu ne peux pas me l’apporter. Ce dont j’ai besoin, c’est d’entendre El Adhan !»
    M’hamed parle de la guerre, mais aussi de paix. Celle qui fait cesser les fracas des canons et des bombes, mais aussi celle, beaucoup plus difficile à obtenir, qui doit se frayer un chemin dans le cœur de chacun. «Lors d’un voyage en France, j’ai pu lire un livre, prix Goncourt 2011, dont le titre L’art français de la guerre, d’Alexis Jenni. La lecture de certaines pages de cet ouvrage fut un choc pour moi. En effet, la liste des 3024 Algériens disparus lors de la bataille d’Alger en 1957 dont fait état l’auteur, je l’ai eue entre mes mains en août 1962 dans l’exercice de mes fonctions à la préfecture d’Alger. Cette liste reste une tache noire qu’il convient d’élucider», suggère-t-il.
    Tazir M’hamed Bacha est né le 2 janvier 1926 à Djendel (Aïn Defla). C’est en 1933 que son père, Mohamed Ben Mokhtar, vint s’installer à Cervantès avec sa famille. Il avait tourné le dos à sa vocation de fellah pour devenir petit commerçant à Belcourt près de son domicile.C’est dans ce quartier populeux que M’hamed Bacha grandit, fit ses études scolaires à l’école des Mûriers puis à Chazot, enfin au collège de Clauzel avec comme camarade de classe un certain Ali Haroun. Le débarquement des Américains en 1942 mit fin à cette aventure et M’hamed dut intégrer le monde du travail en exerçant en tant qu’auxiliaire aux PTT à la Grande-Poste.
    «On était jeunes. Les leaders politiques étaient pour la plupart emprisonnés. On ne devait pas rester les bras croisés. On a créé le Comité de la jeunesse de Belcourt avec Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, Ahmed El Caba, Moumdji…»
    Son militantisme lui valut d’être arrêté le 5 octobre 1944 chez lui, au 46 boulevard Cervantès. Il militait au PPA et distribuait l’Action algérienne, journal du parti. «C’est le commissaire Touron en personne qui procéda à mon arrestation. J’avais 18 ans et je venais de me marier. Ils m’ont amené dans les sous-sols de la préfecture d’Alger où les interrogatoires parraissaient interminables. Je suis resté 10 jours dans les caves avant d’être présenté devant un juge d’instruction militaire sous le chef d’inculpation ‘‘d’atteinte à la sécurité de l’Etat’’. C’est dans ces voûtes que j’ai connu Khider, Moali, Boulenouar, tous militants du PPA. Le 4 mai 1945, je suis déféré devant le tribunal militaire d’Alger.»
    Comme cela coïncidait avec les manifestations du 1er Mai 3 jours avant à Alger, les condamnations furent très sévères. 12 ans de prison et confiscation des biens. Il est envoyé à Lambese, mais retrouve sa liberté en avril 1946 après l’armistice. «Je reprends du service à Belcourt, où Belouizdad m’installe à la tête des Jeunes de Belcourt, c’est à ce titre que j’ai assisté au 1er Congrès du PPA entamé le 16 février 1947 à Bouzaréah et clôturé deux jours après à Belcourt à la limonaderie l’Africaine appartenant à un vieux militant du Parti, Melaine Mouloud. Lorsque, par hasard, nous nous trouvions parmi la foule de spectateurs du défilé militaire du 14 juillet que les Français organisaient chaque année pour célébrer la fin de la tyrannie chez eux, nous nous sentions secoués par le défi. Pourquoi ? Que représente pour nous cette cérémonie ? Pourquoi n’avons-nous pas nous aussi notre armée, notre drapeau ? Que devions-nous faire ? Les plus lucides répondaient : il faut nous organiser.
    De nombreuses idées germaient dans l’esprit des jeunes que nous étions. On était en pleine Deuxième Guerre mondiale. C’est ainsi que fut créé le Comité de la jeunesse de Belcourt, né tel un champignon sur un terrain fertilisé par la politique coloniale de la France qui s’acharnait depuis plus de cent ans par tous les moyens à soumettre notre peuple en lui fermant toute issue pour recouvrer sa dignité et sa fierté.» Les premiers membres fondateurs de ce comité : Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, M’hamed Yousfi, Hamouda et Tazir M’hamed. Le CJB fut intégré comme mouvement jeune du PPA.
    Belouizdad nous avait expliqué que c’était le seul parti vraiment nationaliste et révolutionnaire et dont le programme était clair, à savoir l’indépendance de l’Algérie et qui préconisait le seul et unique moyen d’atteindre ce but, à savoir l’action des masses populaires dont nous les jeunes devrions être l’avant-garde.»
    Belouizdad, un homme à part
    «A la tête du comité, Mohamed Belouizdad va déployer une intense activité et montrer un talent d’organisateur hors pair, qui le révéla rapidement aux instances supérieures du parti. La première grande décision du CJB fut la création d’un journal clandestin. Belouizdad lui donna le titre El Watan. C’était une modeste feuille tapée à la machine et reproduite en plusieurs exemplaires à l’aide de papier carbone. Entre militants, nous parlions souvent de Belouizdad toujours avec affection, respect et admiration.
    Mahsas l’appelait Saâd Zaghloul Bacha, en référence au leader arabe en lutte contre le protectorat anglais en Egypte et fondateur du parti Wafd dans les années vingt. Les discussions avec Mohamed étaient très enrichissantes pour nous. Il écoutait beaucoup et intervenait toujours en dernier. Par délicatesse, jamais il ne nous faisait sentir sa supériorité intellectuelle. Le plus instruit parmi nous à l’époque avait à peine le certificat d’études. Mohamed possédait déjà son brevet supérieur, l’équivalent du baccalauréat qu’il avait passé avec succès. La première fois que j’ai entendu parler de Karl Marx, c’était de la bouche de Mohamed, qui avait déjà lu le Capital.
    Dès 1947, Mohamed m’associa à la réception des armes. C’est ainsi qu’il me chargea de trouver des caches pour enfouir des armes provenant des restes des armées alliées. J’arrivais à dénicher deux endroits sûrs, le premier au pied de la falaise Cervantès, dans la maison du regretté militant Mohamed Meguerba. L’autre cache, dans une petite propriété à Bouzaréah appartenant à la famille d’un militant, le regretté Derkouche. J’avais connaissance d’une troisième cache qui avait été mise à la disposition de Belouizdad par Mohamed Saradouni, un vieux militant qui gérait un dépôt, à l’emplacement actuel de la station du téléphérique, près du cimetière de Sidi M’hamed. C’est au titre de responsable de la section des jeunes de Belcourt, une des plus importantes du pays, que j’ai eu le privilège d’assister au fameux congrès clandestin du PPA de 1947 au cours duquel fut décidée la création de l’OS qui devait préparer et entraîner les meilleurs militants en vue du déclenchement de l’action directe généralisée et le maintien de l’organisation clandestine politique PPA avec comme couverture légale le MTLD.
    Le congrès se déroula la première nuit dans une petite propriété appartenant à un militant de Bouzaréah où Messali était en résidence surveillée après son retour d’exil africain. Avant l’ouverture de la première séance par Messali, un des délégués de la Grande-Kabylie, Si Ouali, demanda la parole. Il tira son revolver caché sous sa ceinture, le posa sur la table et proposa la résolution suivante : ‘‘Tout participant à ce congrès national qui dévoilerait ne serait-ce qu’une partie des délibérations ou des noms de participants est condamné à mort.’’ Ce fut un moment de stupeur générale. On sentait déjà la mort planer sur nos têtes avant l’ouverture des débats. Messali lui-même resta muet, tellement la proposition de Si Ouali était inattendue.
    Plusieurs délégués condamnèrent cette proposition, le plus acharné fut le docteur Chawki Mostefaï qui parla des limites de la résistance humaine face à la torture, pratiquée systématiquement par la police coloniale, et surtout fit allusion à une découverte récente à cette date, le sérum de vérité, qui, administré à une personne, est susceptible de lui faire dire tout ce qu’elle sait malgré une volonté contraire. Tous les éléments développés laissèrent Si Ouali inébranlable. Il maintint sa proposition et demanda qu’on la soumette au vote. Le président du congrès, Messali, ne savait plus quoi faire. C’était le blocage total dans un silence impressionnant. On entendrait voler une mouche.
    C’est alors qu’on aperçut au fond de la salle une main se lever de quelqu’un qui demanda la parole pour la première fois. Le président lui fait signe qu’il peut parler : ‘‘Je propose, dit une voix claire avec une diction impeccable, qu’on remplace les mots ‘‘est condamné à mort’’ par ‘‘est passible de la peine de mort’’, ce fut un soulagement général. Mohamed Belouizdad venait par un intelligent et astucieux amendement de mettre fin au blocage qui paralysait le congrès avant même son ouverture. Messali, après un long regard de reconnaissance vers Mohamed mit aux voix la résolution amendée. Elle fut votée à l’unanimité y compris par Si Ouali.»
    Un laministe convaincu
    Le congrès s’acheva au lever du jour, après une longue intervention de Messali qui prononça la clôture de ces importantes assises d’où sortira l’Organisation spéciale dont la mise sur pied sera confiée à Mohamed Belouizdad. Il avait 24 ans, l’âge de l’Emir Abdelkader quand ce dernier reçut la Bayâ en 1832 afin d’organiser la lutte armée contre les Français. La jeunesse est l’âge de l’héroïsme, ce mot n’a jamais été aussi juste que dans le cas de la lutte du peuple algérien. Mais Messali écarta Debaghine et s’arrogea seul le droit de désigner la direction politique du parti. Depuis cette date et peut-être bien avant, les germes de la scission, qui allaient se produire quelques années plus tard entre centralistes et messalistes, étaient semés. Fort heureusement, le 1er Novembre est venu mettre fin à cet imbroglio.
    M’hamed milita à Alger avec Mokhtar Bouchafa notamment jusqu’à son arrestation le 1er mai 1957, «où des soldats sont venus à notre domicile pour arrêter mon père disparu jusqu’à ce jour. Alors que moi même je l’ai été par la DST. S’ensuivirent de longs séjours à Bouzarréah, Paul Cazelles, Beni Messous, Bossuet, jusqu’à la libération à la fin de l’année 1960». A l’indépendance, M’hamed est nommé chef de cabinet du préfet Kassab. «Au début, on a eu des problèmes avec les gens des frontières qui voulaient accaparer le siège de la wilaya pour en faire un ministère. Ils nous avaient menacés, et Dieu seul sait qu’à l’époque c’était la seule institution qui marchait.» Heureusement que dès la constitution du gouvernement en septembre 1962, le projet a été stoppé. M’hamed renoue avec ses premières amours, les PTT, puis s’occupe des affaires administratives à la présidence jusqu’en 1980 où il est nommé consul à Agades (Niger), puis au Kef (Tunisie). Il prend sa retraite en 1990.
    htahri@elwatan.com

  • La casbah de Dellys entre légende et réalité

    www.algerie-plus.com Par Khidr Omar | 05/05/2011 | 11:03 En dépit de la patine du temps et des séquelles irréversibles laissées par l'homme, la casbah de Dellys (80 km à l'est de Boumerdes) a su garder un cachet atypique, forgé par un passé glorieux auquel est associé une beauté naturelle exceptionnelle. Plus que tout ça, cette belle ville nichée à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, naturellement protégée contre les courants marins et les vents d'ouest par un long promontoire, connu sous le nom de cap Bengut, au-dessous duquel se love un vieux port turc, est traversée par la RN24 sur toute sa longueur, s'étirant depuis Takdempt, à l'ouest, jusqu'à la nouvelle ville, à l'est de l'oued Oubay. Au coeur de ce long boulevard, se situe la vieille ville, communément appelée la casbah de Dellys, qui était considérée jusqu'à un passé récent, comme le pouls de la ville. Aujourd'hui, ses échoppes, dont beaucoup sont désertées par leurs propriétaires, laissent apparaître des plaies béantes, dues aux aléas du temps, mais principalement au séisme de mai 2003, qui avait durement ébranlé ses vieilles constructions et fait disparaître du coup des pans entiers de la mémoire matérielle et immatérielle. Il n'en demeure pas moins que le visiteur à Dellys est irrésistiblement happé par la multitude de vestiges historiques encore visibles dans les dédales de sa casbah et de ses ruelles, où ont été recensées quelque 200 vieilles bâtisses datant de l'époque ottomane. Le vieux port, le phare de cap Bengut, la vieille mosquée du centre ville, l'école coranique Sidi Amar, le tombeau de Sidi el Harfi et le mur d'enceinte ceinturant cette cité sur plus de 2000 mètres, constituent notamment autant d'attractions sur lesquelles peuvent se fixer encore de nos jours les yeux des visiteurs avertis. Une cité en proie à toutes les convoitises Mais c'est surtout l'histoire glorieuse, à la limite de la légende, de la ville de Dellys, qui fait la fierté de ses habitants, à l'instar de Ami Rabah Edelssy (70 ans) qui considère que la « position géographique de cette ville est à l'origine des différentes convoitises et civilisations qui se sont succédées dans la région». Parfois, l'on peut ainsi surprendre des Déllyssiens nostalgiques, assis sur un rocher dans la quiétude du cap Bingut ou sur un banc de la place dite de la guinguette, mais dont il ne reste aujourd »hui que le nom, en train de suivre le passage des navires, voguant vers de lointains ports, ou simplement contempler la grande bleue, s'imaginant voir accoster sur les rivages de la région les navires des corsaires et autres envahisseurs. C'est ce riche passé que les habitants de Dellys tentent aujourd'hui de préserver coûte que coûte en exhortant les autorités concernées à manifester davantage d'intérêt pour le patrimoine de leur ville et pour tous ses vestige et patrimoine, dont de vieux manuscrits détenus par plusieurs citoyens Ils désirent, à cet effet, pouvoir les réunir dans un musée digne de la renommée de cette cité. Selon les historiens, l'édification de la vieille Casbah de Dellys remonte à l'époque ottomane, qui la baptisèrent « Tiddiles ». Elle était alors constituée d'un ensemble de constructions bien agencées et divisées par des rues et ruelles, possédant toutes les commodités de vie nécessaires sur une surface globale de 1200 ha. Selon le président de l'APC, c'est par souci de préservation et de protection du riche patrimoine renfermé par cette ville historique, que la tutelle a élaboré à partir de 2007 un « Plan permanent pour la protection et la restauration de la Casbah de Dellys ». La première étape de ce plan, a été réceptionnée fin 2009, avant son exécution qui consista, selon la même source, en la réalisation de « travaux d'urgence » axés sur la « restauration de sites sensibles » du patrimoine matériel. La seconde phase de ce plan, également réalisée début 2010, a consisté en la réalisation d' »études historiques et typologiques » sur le même site, tandis que la 3ème étape, attendue vers fin 2011, portera sur l'élaboration d'une mouture finale de ce même plan. Selon une étude historique réalisée par des chercheurs universitaires de Boumerdes, à l'occasion de la célébration du mois du patrimoine, le « rôle de Dellys en tant que grande cité est historiquement affirmé » grâce à sa « position stratégique sur la mer méditerranée, son sol fertile et sa proximité des cours d'eau « . De nombreuses civilisations se sont succédées sur cette cité maritime, à l'image, de la civilisation numide qui lui donna le nom « Thadlest ». Par la suite les Romains la baptisèrent à leur tour « Rusucurus », avant de devenir une importante ville de la Mauritanie césarienne. Les Phéniciens s'en emparèrent ultérieurement pour y fonder un grand comptoir commercial et une route vers la ville de Bejaia. Elle connut également le passage des Vandales et des Byzantins. Le passage de la ville de Dellys à la civilisation musulmane remonte au 16ème siècle, selon des documents historiques, qui font état de son rattachement successivement aux règnes des Fatimide, des Hamadite, des Mourabitoune et des Hafside. Après une courte période sous la coupe des Espagnols, cette cité antique connut son « âge d'or » grâce aux frères Aroudj et Kheireddine qui la délivrèrent et l'annexèrent à l'Etat ottoman. Le colonialisme français qui y entra en 1844, en fit une base militaire pour étendre son hégémonie sur toute la Kabylie. L'histoire de cette ville a été immortalisée par plusieurs historiens qui célébrèrent sa beauté au fil du temps, à l'image d'El Idrissi(21e siècle) qui en a fait l'éloge dans son célèbre « Nouzhate El Mochtake » (le plaisir du passionné), Al Hamiri (15e siècle) « Al Raoudh Al Miitar » ( les jardins parfumés), Hosseine Al Ourtilani (18 e) « Nouzhate Al Andhar » (le plaisir des yeux), ou encore par les recueils de l'officier français Carette et de l'allemand Heinrich Von Maltessen (19eme siècle).
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Conférence internationale sur les opportunités d’investissement dans le secteur de l’énergie: Les ambitions énergétiques de l’Algérie

Posté par mouradpreure le 9 novembre 2012

Par : A HAMMA

Conférence internationale sur les opportunités d’investissement dans le secteur de l’énergie: Les ambitions énergétiques de l’Algérie dans ALGERIE ECONOMIE actualite2%5B34402%5D

Anticipation face à l’inévitable concurrence que nous livrent et nous livreront davantage les Russes et les Qataris, notamment sur le marché mondial du gaz ? Volonté d’attirer les investissements des compagnies pétrolières étrangères dans les domaines de la recherche et de l’exploration de nouveaux gisements en énergies non conventionnelles et renouvelables ? Coller aux bouleversements qui agitent le secteur mondial de l’énergie ? Lire la suite… »

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CONTRATS DE GRÉ À GRÉ ET AVANTAGES FISCAUX « SONATRACH FACE AUX EXIGENCES DES GROUPES PÉTROLIERS »

Posté par mouradpreure le 9 novembre 2012

 Par : Khaled R.

CONTRATS DE GRÉ À GRÉ ET AVANTAGES FISCAUX

Compromis
L’une des leçons de la conférence internationale de l’énergie, organisée par la société britannique CWC du 4 au 6 novembre à Alger, sous le thème “libérer le potentiel algérien”, c’est le constat que le domaine minier national reste sous-exploré. Le représentant d’Alnaft dans une communicataion a précisé en ce sens que l’effort d’exploration n’a pas encore porté sur le potentiel dormant à de grandes profondeurs, notamment dans les bassins de Berkine et d’Illizi, situés au Sud-Est. On n’a pas encore ciblé de façon suffisante le Nord, le Sud-Ouest et l’offshore. Selon des sources confidentielles, des réserves importantes de gaz dans les quartzites de Hamra, au Sud-Est, ne sont pas encore exploitées. Lire la suite… »

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“Renforcer Sonatrach, c’est renforcer l’État algérien”

Posté par mouradpreure le 9 novembre 2012

Mourad Preure, expert international, président du cabinet Emergy a répondu à Liberté

http://www.liberte-algerie.com/dossiers-economiques/ils-ont-dit-188363

“Renforcer Sonatrach, c’est renforcer l’État algérien” dans Travaux et Interviews du Dr PREURE

“L’importance de cet événement réside en ceci, c’est d’abord une communication sur le potentiel algérien en hydrocarbures, un échange entre professionnels algériens et étrangers du secteur. Ces rencontres devraient être multipliées. Au Moyen-Orient, il ne se passe pas de un jour sans que ce genre de rencontre ne soit organisé. Cette rencontre est importante aussi car elle est organisée à la veille de la célébration du cinquantième anniversaire de Sonatrach.

Il faut comprendre qu’il y a d’importantes ressources d’hydrocarbures à découvrir en Algérie. Nous avons réellement un avenir en tant que producteur d’hydrocarbures. Nous devons avoir des ambitions pour Sonatrach. Nous avons été leaders dans le GNL. L’Algérie peut être leader dans le gaz de schiste, leader dans l’énergie solaire. Nous devons suivre les évolutions technologiques rapides dans le secteur. Sonatrach devra saisir le virage de la transition énergétique en tirant avantage du potentiel de croissance et des opportunités qu’ouvent les industries émergentes. Elle doit le faire en développant en particulier les renouvelables. Elle doit aussi le faire dans le gaz de schiste.

Nous devons saisir les opportunités à l’international. Ces industries émergentes ont une croissance darwinienne à leur début. Beaucoup d’entreprises de valeur peuvent être acquises par Sonatrach dans des conditions très favorables. Cette fenêtre d’opportunités se fermera très vite. Il faut profiter en étant très réactif. Nous devons aussi développer nos ressources d’hydrocarbures, freiner la croissance de notre demande domestique à travers un modèle de consommation énergétique plus rationnel.

Nous devons jouer de notre atout en tant qu’un des principaux fournisseurs de l’Europe pour demander aux compagnies européennes, clientes ou tierces, de nous aider à réaliser ces ambitions dans le cadre de cette coopération entre une compagnie pétrolière nationale et une compagnie pétrolière internationale.

L’État algérien, c’est Sonatrach et Sonatrach, c’est l’État algérien. Un État fort implique une Sonatrach forte. Une Sonatrach forte implique un État fort. Sonatrach faible, c’est un État faible. Et inversement. D’où la nécessité de renforcer Sonatrach (notamment en compétences dans le management, les géosciences ). Arrêtons de diaboliser Sonatrach. Il convient de dédramatiser la situation. Ses responsables devront dépasser le traumatisme de 2010 (scandale Sonatrach), prendre leurs responsabilités , prendre des risques”.   

Propos recueillis par K. Remouche

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FRANCE-ALGÉRIE, LE GRAND MALENTENDU DE J.-L. LEVET – MOURAD PREURE – Prendre le café de l’amitié..

Posté par mouradpreure le 9 novembre 2012

FRANCE-ALGÉRIE, LE GRAND MALENTENDU DE J.-L. LEVET - MOURAD PREURE  - Prendre le café de l'amitié..

http://www.lexpressiondz.com – Par Kaddour M’HAMSADJI – Mercredi 07 Novembre 2012

Lorsque le ciment de l’amitié est pur, et d’avoir partagé la même souffrance, fut-elle différemment ressentie, l’honneur des hommes est de sauver leur humanité.

Deux amis, un Algérien et un Français, chacun d’eux se passionne pour sa propre patrie, chacun d’eux a un beau et sage sentiment pour le peuple de l’autre; l’un est Mourad Preure, spécialiste en géopolitique de l’énergie; l’autre Jean-Louis Levet, économiste et spécialiste des questions industrielles. Le premier, fils d’un militant nationaliste, est né en 1952 à la Casbah d’Alger; le second, fils de «pied-noir», à Sétif, en 1955. En somme, par un concours de faits historiques multiples, c’est-à-dire événements détaillés et datés, accomplis par notre Révolution populaire, le Sud et le Nord algériens, naguère sous l’administration coloniale, se retrouvent totalement libérés et, en quelque sorte, représentés par deux esprits indépendants et amis, – sauf que, à raison, le Sétifien de naissance est, naturellement et honorablement, rentré avec sa famille en France, car il est Français.

Je les ai cités dans l’ordre que privilégie l’âge, traditionnellement et fortement chez nous.

Au vrai, je les sens ainsi qu’ils se révèlent par leurs dédicaces contenues dans leur livre France-Algérie, Le Malentendu (*) que j’essaie de présenter ici: «À mes aïeux, à ma famille, à mes amis. J.L. L», «À mes héros, à mon père. À Marie-Odile K., à ma grande soeur. M. P.» Ils sont tous les deux dans le souvenir de l’Histoire de l’Algérie coloniale, de la guerre d’Algérie (1954-1962) et de l’indépendance: l’un est apaisé, semble-t-il; l’autre, en voie d’apaisement.

Cette objection nécessite toutefois une totale remise à l’endroit de la vérité historique afin que ce «grand chemin» devienne un exemple concret de chef-d’oeuvre d’architecture que le genre humain, réconcilié et remplissant sa pleine destinée, a jamais pu construire en faveur d’un rapprochement humain aussi controversé que celui de France-Algérie.

On saisit bien qu’il s’agit de montrer dans ce livre qu’il est possible, par le dialogue, de se comprendre et surtout de reconnaître que ce qui est juste pour soi doit l’être autant pour l’autre, équitablement, et pour le «Jean-Louis, pied-noir, d’origine française» et pour le «Mourad, algérien musulman, fils d’un héros de la lutte pour l’indépendance»; cette généreuse idée devra aller au-delà aussi de ces deux seuls «enfants d’Algérie, séparés par l’Histoire».

Le peuple algérien est la victime

L’ouvrage France-Algérie, Le Malentendu se présente alors comme un long et libre entretien organisé par le Français Stéphane Bugat, né en 1954 à Brazzaville, journaliste (ancien collaborateur du Point, du Matin,…et directeur de plusieurs journaux), auteur de nombreux essais et fin observateur de la vie politique et spécialiste en économie. Dans le présent ouvrage, se trouvent donc réunis Levet, Preure et Bugat (l’animateur du «dialogue»), soit trois hommes, trois intellectuels de la même génération. «Ce livre, déclare Stéphane Bugat dans son «avant-propos», prend la forme d’un dialogue entre les deux rives de la Méditerranée. Un dialogue que l’amitié entre les deux protagonistes rend possible, mais surtout un dialogue sincère et loyal, au nom même de cette amitié.» Il faut bien noter la sincérité du dialogue «au nom même de l’amitié», – bel exemple à suivre par les dirigeants politiques des deux pays La France et l’Algérie, à l’histoire commune, longue et dure, compliquée et complexe, parsemée de difficultés, avec trop de souffrances, trop de victimes innocentes, trop d’injustices, trop de spoliations, trop d’orphelins, trop de martyrs,…

Et les Algériens agressés sur leur territoire national, et des colons installés en pays conquis, et la colonisation armée avec sa police, son administration, son système politique abominable,… Historiquement, le peuple algérien est la victime qui n’a fait que se défendre avec honneur contre l’armée française conquérante, que s’évertuer à refouler pendant cent trente-deux ans l’envahisseur absolu et insane. Cela comment l’oublier? Cela ne s’oublie pas. Pourtant, ainsi que l’écrit Bugat – pour porter haut l’émotion et délivrer le message du respect de l’autre, de la reconnaissance de l’autre -: «Deux enfants d’Algérie que l’Histoire a séparés depuis 1962, mais que le destin a liés», se sont rencontrés pour se parler. Ils se parlent et s’entendent. Ils ont la volonté de déconstruire ensemble «le malentendu sans fin» avec «l’ambition d’en sortir», et d’autant que «la réalité est têtue».

À ce sujet, J.-L. Levet déclare: «L’objectif de ce livre, pour moi, c’est d’abord de répondre à un besoin profond: sortir mon enfance d’un lointain exil et la réinsérer dans le continuum de ma vie. [...] Cependant, avec Mourad, nous devons aller bien au-delà. [...] Afin de penser un avenir commun. Utopie, illusion, s’écrieront certains. Peut-être. En tout cas, c’est une aventure qu’il nous faut tenter, que notre génération doit tenter.» Mourad Preure dira: «C’est l’appel d’un ami que j’ai entendu. Dès le départ, j’ai perçu ce projet sous l’angle affectif. [...] On est l’enfant de la patrie que l’on aime, d’une manière ou d’une autre. [...] Ainsi, lorsque Jean-Louis m’a proposé d’écrire un livre à quatre mains, je n’ai pas hésité. Ce n’est pas un essai, signé par deux intellectuels croisant leurs regards. Ce livre est le prolongement de ce moment que nous avons vécu lorsqu’il est allé visiter la maison de son enfance [à Sétif]. Quand j’ai rencontré les enfants et l’épouse de Jean-Louis, j’ai discerné une trace de cette terre que nous aimons.»

Un échange d’égal à égal

L’un et l’autre ont répondu à des questions importantes, – on peut dire vitales pour ceux dont la conscience est saine, sans amertume, sans désir de revanche, et dont la mémoire est claire, assez souveraine en elle-même pour être humainement constante. Sûrement, le peuple algérien et le peuple français, tirant leçon de passé douloureux qu’ils ont dû, à leur corps défendant, subir ou assumer, et leur grandeur d’âme les inspirant avec insistance, écriront conjointement des pages historiques nouvelles fécondes en amitié et en stratégies partenariales: ce sera «Enseigner et prospérer», un symbole raisonné, par exemple, entre autres opportunités, à travers les universités françaises et algériennes, «une ouverture indispensable sur le monde». Les deux amis auront échangé, d’égal à égal, leurs idées dans tous les domaines ainsi que leurs espérances possibles. Toutes les parties de l’ouvrage France-Algérie, Le grand malentendu («Empreintes», «Cinquante ans d’indépendance», «D’hier à aujourd’hui», «Un avenir commun») ont été abordées avec sérénité et vérité, – placé, à la fin du volume, un index général n’aurait pas été inutile. «L’Algérie en quête de son rêve» est un chapitre parmi les plus émouvants et les plus percutants à la fois: on y constate un pays d’intelligences ouvert à toutes les intelligences, d’abord les siennes, tout à fait, puis passionnément à toutes celles qui l’aiment ou respectent son honneur et sa réputation. L’Algérie se tient debout par amour et considération de son indispensable existence au sein des nations du monde. Aussi, est-il grand temps que, débarrassées des controverses mesquines et de l’orgueil mal placé des charlatans de l’Histoire et des politicards, se nouent solidement les relations franco-algériennes dans le respect des intérêts mutuels bien compris. Mourad Preure a cette fine conclusion: «L’Algérie, qui sort d’une douloureuse épreuve, a fait la preuve de sa résilience. Elle est aujourd’hui emplie d’une ambition: réussir son décollage économique et entrer avec succès dans la nouvelle économie. [...] La France saura-t-elle se transcender pour être au rendez-vous de l’Histoire?» Jean-Louis Levet a, lui, une réponse pleine de bon sens: «Ta question se pose pour nos deux pays. Nous avons essayé, tous les deux, d’y apporter notre contribution, à la fois lucide et résolument tournée vers l’avenir.» J’ose ajouter, pour contrarier ma simple naïveté, cette évidence générale: «L’avenir appartient à ceux qui le construisent.» Il est dans nos campagnes, en cas de différend, ce beau dicton salvateur: «Fendjâl qahwa i saggame bayn ennâs. Une tasse de café arrange bellement une dispute entre les personnes.» (Ainsi, chez nous, attribue-t-on au café la vertu de l’agent de conciliation.) Pareillement, à bon escient, Mourad Preure rappelle, en anglais, cette pensée morale universelle: «Where is a will, there is a way», c’est-à-dire «Où il y a une volonté, il y a un chemin.»

Remettons-nous en à l’initiative des hommes de bonne volonté, sains de corps et d’esprit, non aux politicards qui, comme celui-là, estropié de sa chute au gouvernement de l’autre rive de la Méditerranée, n’a pour seul argument qu’un obscène «bras d’honneur»….

(*) France-Algérie: Le Grand malentendu de J.-L. Levet – Mourad Preure, EMERGY Éditions, Alger, 2012, 327 pages.

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Visite d’Arnaud de Montebourg à Alger – La France veut construire une « alliance industrielle » avec l’Algérie

Posté par mouradpreure le 9 novembre 2012

Visite d'Arnaud de Montebourg à Alger - La France veut construire une

le 04.11.12 | EL WATAN

La France désire construire une « alliance industrielle » et conclure un « pacte de coproduction » avec l’Algérie pour créer de l’emploi au profit de la jeunesse des deux pays, a déclaré dimanche à Alger le ministre français du Redressement productif, M. Arnaud Montebourg.

« Ici en Algérie comme en France, cette jeunesse ne veut pas voir son avenir marqué du mot chômage, mais par croissance et emploi. Cela est le sens de nos rencontres avec nos collègues et homologues algériens. Comment voyons-nous la chose ? Sous la forme d’une alliance industrielle », a-t-il souligné lors d’un point de presse conjoint avec le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, M. Cherif Rahmani.

Commentant le bras d’honneur assumé par l’ex-ministre français de la Défense et sénateur de la droite UMP Gérard Longuet contre la demande algérienne de reconnaissance des crimes de la France coloniale lors d’une émission de télévision, M. Arnaud, qui a qualifié ce geste d’ »acte individuel », a appelé à éviter tout ce qui entretient la polémique sur le passé.

« Nous construisons l’avenir, cela suppose que tout ce qui entretient la polémique sur le passé fasse l’objet de l’indifférence la plus notoire », dira-t-il, en rappelant les positions du président François Hollande pour « un regard lucide sur notre passé ». « C’est la raison pour laquelle je n’attacherai pas davantage d’importance à ce qui reste un acte individuel d’un homme qui prend ses propres responsabilités. Prenons les nôtres, c’est beaucoup plus important », a souligné M. Arnaud.

Arnaud Montebourg à Alger – L’idée d’une «alliance industrielle» lancée

EL WATANle 05.11.12 |

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M. Montebourg a plaidé hier pour une alliance industrielle compétitive entre les deux pays.

En visite officielle d’une journée en Algérie, le ministre français du Redressement productif a esquissé la nouvelle vision de la coopération économique entre l’Algérie et la France. Une vision qui doit, selon M. Montegourg, être fondée sur une «alliance industrielle compétitive». «Nous aussi, comme l’Algérie, nous cherchons à industrialiser et réindustrialiser le pays. Nous cherchons aussi à redresser, car les centaines de milliers d’emplois perdus de part et d’autre de la Méditerranée sont des emplois qu’il faut reconquérir. Nous pouvons ensemble reconquérir des parts de marché perdues en partageant nos avantages pour partir à l’assaut des marchés émergents en croissance», a déclaré Arnaud Montebourg lors d’un point de presse organisé à l’issue de ses rencontres avec les ministres de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, de l’Energie et des Mines et de l’Intérieur. Il devait rencontrer Abdelmalek Sellal, le Premier ministre, en fin de journée.

Le ministre français a rappelé que les deux pays «ont été malmenés par la mondialisation. Le Maghreb comme l’Europe sont victimes de cette mondialisation déloyale». «Nos problèmes se ressemblent. Nos deux pays sont dépendants des hydrocarbures. La France pour sa consommation et l’Algérie pour ses importations», dira-t-il encore. D’où la nécessité, a-t-il insisté, de «se rassembler pour rebondir». D’après M. Montebourg, les deux pays sont «capables de s’allier en matière de technologie, de main-d’œuvre et de savoir-faire». M. Montebourg a souligné que beaucoup d’entreprises françaises sont conscientes du désir de développement de l’industrie de l’Algérie. «Nous travaillons pour faire surgir une sorte de pacte de coproduction gagnant-gagnant», a relevé le ministre français, en insistant sur la notion d’«égalité» dans le cadre de cette alliance désirée. Dans ce sens, il a appelé les entreprises algériennes à investir en France.

De son côté, Cherif Rahmani, ministres de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, a indiqué que des filières sont déjà identifiées. Il s’agit notamment de l’industrie manufacturière, de la mécanique, de la pharmacie, des matériaux de construction et de l’innovation. L’enjeu pour l’Algérie consiste, selon lui, à «réduire notre dépendance vis-à-vis de l’étranger et à repositionner notre industrie, avec le renouvellement des filières, la modernisation et les nouvelles technologies». «Nous avons besoin d’un partenariat de proximité, concret et réel, sur des produits stratégiques», a réclamé M. Rahmani. Interrogé sur l’avancement du projet d’implantation d’une usine Renault en Algérie, M. Montebourg s’est contenté de dire que le dossier «avance très bien». Ce dernier a annoncé par ailleurs que l’ancien Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, «continuera sa mission» en tant que chargé du suivi de la coopération économique entre les deux pays. Les deux ministres ont décidé de nommer chacun un «Monsieur industrie» pour le suivi des projets en commun, selon M. Rahmani. Sans donner de précisions, celui-ci a révélé que le gouvernement prendra prochainement des mesures d’accompagnement et de facilitation pour encourager l’investissement privé, public ou étranger.

Opposer «l’indifférence» à ceux qui entretiennent la polémique sur le passé :

Le geste hostile de l’ex-ministre français de la Défense et sénateur UMP, Gerard Longuet, est un acte «individuel d’un homme qui doit prendre ses responsabilités», a estimé Arnaud Montebourg, ministre français du Redressement productif en visite en Algérie. «Nous construisons l’avenir, cela suppose que tout ce qui entretient la polémique sur le passé fasse l’objet de l’indifférence la plus notoire», a affirmé le ministre socialiste français au cours d’un point de presse organisé hier à l’hôtel El Aurassi.

En direction de l’Algérie, celui-ci a rappelé la position du président français François Hollande quant à la nécessité d’avoir «un regard lucide» sur le passé. «C’est la raison pour laquelle je n’attacherais pas d’importance à ce qui reste un acte individuel d’un homme qui doit prendre ses propres responsabilités pendant que nous prenions les nôtres, beaucoup plus importantes», a-t-il commenté. Désapprouvé par la gauche française, le bras d’honneur de Longuet a suscité une vive indignation en Algérie.

Arnaud Montebourg explique sa vision de la relation économique algéro-française

Hamid Guemache – 05-11-2012 TSA

montebourg

L’Algérie et la France veulent renforcer leur coopération pour sortir leurs industries de la crise et contrer les importations asiatiques. En visite ce dimanche 4 novembre à Alger dans le cadre de la préparation de la visite d’État du président François Hollande en Algérie les 19 et 20 décembre prochain, le ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a expliqué la nouvelle politique de son gouvernement pour relancer les investissements français en Algérie et surtout sauver et créer des emplois dans les deux pays. « Nos problèmes se ressemblent. Nos deux pays sont dépendants des hydrocarbures. La France pour sa consommation et l’Algérie pour ses importations. Nous sommes malmenés par la mondialisation. Le Maghreb et la France doivent s’unir pour y faire face », a déclaré M. Montebourg à Alger au cours d’une conférence de presse avec son homologue algérien, Chérif Rahamani, ministre de l’Industrie et de la PME et de la promotion de l’investissement.

Le ministre français a évoqué des discussions avec les autorités algériennes pour la signature d’un pacte de coproduction pour « produire ensemble, en Algérie ou en France, gagnant‑gagnant pour sauver et créer des emplois dans nos deux pays, sinon ces emplois seront perdus au profit d’autres bases industrielles en Asie », a expliqué M. Montebourg qui a insisté sur la nécessité de « donner de la substance à la coopération entre les deux pays ». Le ministre français a appelé les investisseurs algériens à investir en France. « En France, il y a des problèmes de financements et ici il y a des excédents », a‑t‑il remarqué.

Sur le projet d’implantation d’une usine Renault en Algérie, M. Montebourg s’est contenté de dire que les négociations entre les constructeurs français et l’État algérien « se poursuivent et avancent très bien ».

L’Algérie veut du concret

Le nouveau concept français de coproduction plaît aux Algériens qui cherchent aussi à réindustrialiser le pays. « Nous voulons réduire notre dépendance vis‑à‑vis de l’étranger et repositionner notre industrie, avec le renouvellement des filières, la modernisation et aller vers les nouvelles technologies », a‑t‑il expliqué. Pragmatique, M. Rahmani a affirmé que l’Algérie a besoin « d’un partenariat concret et réel et sur des produits stratégiques ». « Il faut rendre le partenariat entre les deux pays irréversible », a‑t‑il plaidé.

M. Rahmani a expliqué que l’Algérie a déjà identifié les filières qu’elle veut développer en partenariat avec la France. Il a cité l’industrie manufacturière, la pharmacie, la chimie, les matériaux de construction, la mécanique et les innovations ainsi que les technologies d’avenir. M. Rahmani a résumé les atouts de l’Algérie en trois points : un marché important, une énergie peu coûteuse et la jeunesse. « La France a des entreprises et le savoir‑faire », a‑t‑il également dit.

Les deux ministres ont décidé de nommer chacun un « monsieur industrie » dans son département pour le suivi des projets en commun, a révélé M. Rahmani qui a indiqué aussi que l’École des Mines et HEC étaient prêtes à venir en Algérie pour former et mettre à niveau les cadres algériens. Il a indiqué aussi que le gouvernement se réunira bientôt pour prendre des mesures en faveur de l’investissement.

Arnaud Montebourg à Alger – “Le projet Renault avance”

Liberté Lundi, 05 Novembre 2012 –: Farid Abdeladim

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Le représentant de Hollande mise sur un partenariat plus large et des “investissements croisés” entre les deux pays dont les économies présentent, estime-t-il, des “similitudes”.

Si, à “droite”, la classe politique française représentée par… le bras d’honneur de l’ex-ministre français de la Défense, Gérard Longuet, est bien (re)partie pour provoquer, une fois de trop, la polémique sur la relation algéro-française, à “gauche”, le gouvernement français, lui, compte, au contraire, “ouvrir une nouvelle page” sur la relation entre les deux pays. C’est, du moins, le message qu’a voulu faire passer, hier, Arnaud Montebourg, ministre français du Redressement productif, dont la venue à Alger a pour objectif de baliser le terrain à l’imminente visite du président François Hollande. Au cours d’une conférence de presse conjointement animée avec Chérif Rahmani, ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion, dans l’après-midi d’hier à l’hôtel El-Aurassi, M. Montebourg, tout comme son hôte d’ailleurs, a tenu un discours positif, voire très ambitieux quant à l’avenir de coopération, notamment économique, entre les deux pays. Selon lui, les gouvernements de la France et de l’Algérie s’attellent à mettre en œuvre un programme économique “complémentaire” et dans un esprit de “partenariat gagnant-gagnant dans l’objectif de permettre un rebondissement des économies des deux pays”. “Je crois que le président Hollande l’avait déjà bien exprimé à travers sa lettre transmise, en juillet dernier, au président Bouteflika, et qui a parlé clairement de l’attachement de l’État français à ouvrir une nouvelle page dans sa relation avec l’Algérie”, a de prime abord rappelé M. Montebourg avant de mettre en avant la volonté du gouvernement, qu’il représente économiquement surtout, d’aller vers “une alliance (ou des alliances) industrielle avec l’Algérie, car ensemble, nous pouvons reconquérir des parts de marché perdues (…). Si nous ne sauvegardons pas nos industries et les postes d’emploi qui y sont créés, d’autres vont les récupérer.” À ce titre, il n’a pas manqué de rebondir sur le fameux projet du constructeur automobile français, Renault. “Le projet d’installation de Renault en Algérie est actuellement débattu au plus haut niveau et il avance bien. Nous sommes très confiants quant à son aboutissement”, a-t-il déclaré. Le représentant de Hollande mise néanmoins sur un partenariat plus large et des “investissements croisés” entre les deux pays, dit-il, soulignant la “similitude” des industries reposant sur les hydrocarbures. “Nous avons des problèmes similaires. L’économie algérienne tout comme celle de la France reposent, l’une en tant que productrice et l’autre en tant que consommatrice, sur les hydrocarbures (…).” D’où, insiste-t-il encore, la nécessité d’aller vers des coalitions industrielles. M. Montebourg n’y va pas sans dire que “beaucoup d’entreprises françaises ont compris le désir de l’Algérie (…).”

“Libérer” les investissements

Ce “désir” a été d’ailleurs confirmé, à cette occasion, par Chérif Rahmani qui a mis en avant la volonté de “diversifier notre économie”, mais aussi et surtout d’aller vers “le renouvellement de certaines filiales industrielles historiques”. Chose, a-t-il soutenu, qui aura “besoin d’une gouvernance et d’un savoir-faire”. Et cela, enchaîne-t-il, ne peut se réaliser sans une “démarche complémentaire entre l’Algérie et la France à même de permettre le repositionnement stratégique de nos deux économies”. D’où, a ajouté le ministre de l’Industrie, la nécessité de “rendre irréversible le partenariat entre les deux pays”. Aux fins de permettre une meilleure diversification de l’économie nationale qui ne peut l’être sans des investissements plus larges (les IDE), le ministre a laissé entendre que le gouvernement s’attelle à revoir la stratégie économique. Pour ce faire, M. Rahmani a révélé que “le gouvernement se réunira bientôt dans l’objectif d’aider librement l’investissement”. Cela étant, la politique de “réindustrialisation”, a-t-il reconnu, exige davantage “de mesures d’accompagnement”.

Renault et Peugeot cartonnent en Algérie

La TRIBUNE 06-11-2012 Hamid Guemache

Les deux constructeurs tricolores dominent le marché automobile algérien, en forte hausse. L’Algérie a importé 418.665 véhicules durant les neuf premiers mois de 2012, contre 298.816 véhicules à la même période en 2011, soit une croissance de 40%.

En Algérie, Renault et Peugeot ne connaissent pas la crise. Durant les neuf premiers mois de 2012, les deux constructeurs français ont vu leurs ventes augmenter respectivement de 60,6% et 56,6% par rapport à la même période de 2011, ont indiqué lundi les douanes algériennes. Les deux marques totalisent, à elles seules, près du tiers des véhicules importés par l’Algérie durant cette période, soit 418.665 unités. La marque au losange a vendu 93.034 véhicules pour près de 740 millions d’euros, contre 57.918 unités et 421 millions d’euros à la même période en 2011. Renault devrait dépasser cette année la barre symbolique des 100.000 véhicules vendus en Algérie contre 75.000 unités en 2011.

La marque au lion, durement touchée par la crise qui frappe le secteur de l’automobile en Europe, poursuit en Algérie son redressement et occupe désormais la deuxième place sur le marché local. Elle a écoulé 42.668 voitures pour près de 400 millions d’euros contre 27.255 unités pour 258 millions d’euros durant les neuf premiers mois de 2011, selon les douanes. En 2011, Peugeot avait vendu plus de 33.000 véhicules en Algérie. En troisième position, on trouve le sud-coréen Hyundai avec 38.937 véhicules pour 254 millions d’euros, contre 39.949 unités pour 225 millions d’euros à la même période en 2011, enregistrant ainsi une légère baisse de 2,5%.

Plus de 400.000 véhicules importés

L’Algérie a importé 418.665 véhicules durant les neuf premiers mois de 2012 contre 298.816 véhicules à la même période en 2011, soit une hausse de 40,1%, toujours selon les douanes. La facture des importations des véhicules a connu aussi une forte hausse de 37,77%, passant de 2,7 milliards d’euros durant les neuf premiers mois de 2011 à 3,7 milliards d’euros à la même période de 2012. En 2011, l’Algérie avait importé 390.140 véhicules, en hausse de 36,73%, pour une valeur de 3,5 milliards d’euros par rapport à 2010.

En dépit de la suppression du crédit automobile en 2009, les ventes de véhicules en Algérie continuent d’augmenter, soutenues par les hausses des salaires accordées aux fonctionnaires en 2011, avec des rappels salariaux sur quatre ans, les aides accordées par l’Etat aux jeunes pour acquérir des véhicules pour créer des micro entreprises et l’absence d’un réseau de transport en commun de qualité, ce qui pousse les Algériens à s’équiper en voitures.

Bientôt une usine Renault en Algérie

Le dynamisme du marché algérien plaide pour le projet d’implantation d’une usine locale de Renault, en discussion depuis des années. Interrogé sur l’avancement du dossier, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, en visite dimanche à Alger, a affirmé qu’il « avançait très bien ». « Nous sommes parfaitement confiants sur l’aboutissement de ces négociations », a-t-il ajouté sans vouloir entrer dans les détails. Un accord-cadre pour la réalisation d’une usine Renault en Algérie a été signé le 25 mai après 15 mois de négociations. Il reste encore à mettre sur pied une joint-venture entre le constructeur français et le partenaire algérien pour la production dans un premier temps de 75.000 voitures par an sur un site proche d’Oran (ouest).

Plus généralement, le ministre français a plaidé dimanche à Alger pour un « pacte de coproduction » entre les deux pays afin d’affronter la mondialisation qui les a durement affectés. « Nous travaillons avec mon collègue à faire surgir une sorte de pacte de co-production où ce que nous pourrions produire en partie en France et en partie en Algérie offre de nombreux avantages qui pourraient être gagnant-gagnant », a déclaré Arnaud Montebourg en se référant au ministre algérien de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’Investissement, Cherif Rahmani. Arrivé à Alger pour une visite d’une journée, le ministre du Redressement productif, tout comme son interlocuteur ont insisté lors d’un point de presse sur les similitudes des deux pays dans la situation économique actuelle en préconisant « une alliance industrielle » notamment pour assurer l’emploi de la jeunesse des deux pays.

Une visite de François Hollande prévue en décembre

Cherif Rahmani a confirmé cette « démarche similaire, complémentaire, articulée », notamment en prévision du sommet d’Alger en décembre à l’occasion de la visite d’Etat du président François Hollande. Les deux parties veulent mettre en oeuvre un scénario « de sortie de crise (…) mais aussi labelliser, pérenniser le partenariat entre la France et l’Algérie pour le rendre irréversible », a souligné Cherif Rahmani. Et de son côté Arnaud Montebourg a souligné avec insistance que la coopération doit être établie « sur un pied d’égalité ».

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L’Algérie et l’Arabie saoudite, nouvel axe de sa politique étrangère – Après avoir privilégié le Maroc et le Qatar, Paris tente de rééquilibrer sa politique arabe

Posté par mouradpreure le 9 novembre 2012

TSA Samir Allam 04-11-2012

L’Algérie et l’Arabie saoudite, nouvel axe de sa politique étrangère - Après avoir privilégié le Maroc et le Qatar, Paris tente de rééquilibrer sa politique arabe Sarko%20en%20Alg%C3%A9rie

La nouvelle politique arabe de la France commence à se dessiner. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la France avait deux alliés dans le monde arabe : le Maroc et le Qatar. Au Maghreb, Paris s’était aligné sur les positions de Rabat, à tel point qu’il avait provoqué à plusieurs reprises la colère d’Alger, notamment dans le dossier du Sahara occidental. À l’ONU, la France avait bloqué toutes les résolutions contraignantes pour le Maroc. Elle avait aussi régulièrement usé de son influence pour convaincre des pays européens de soutenir le Maroc.

Avec le Qatar, la relation a été particulièrement forte, surtout depuis le déclenchement du printemps arabe. L’axe Paris‑Doha avait pleinement fonctionné dans les crises libyenne et syrienne. En seulement quelques années, le Qatar est également devenu l’un des principaux investisseurs étrangers en France. Il est entré dans le capital de plusieurs entreprises, y compris dans les secteurs stratégiques. Il a également investi dans l’immobilier et le sport, en rachetant notamment le PSG, l’un des plus grands clubs de football français. Dans le même temps, Nicolas Sarkozy avait contribué à rapprocher Doha et Rabat. Les Qataris ont notamment multiplié leurs investissements dans le Royaume.

Privilégier des relations avec Alger et Riyad

Mais l’arrivée des socialistes au pouvoir, cet été, a visiblement modifié la donne. Élu en mai dernier, François Hollande a rapidement pris ses distances avec le Qatar, un pays soupçonné de financer les mouvements islamistes radicaux, y compris dans les banlieues françaises. Au Moyen‑Orient, Paris veut privilégier des relations fortes avec l’Arabie saoudite, puissant pays pétrolier qui présente aussi l’avantage d’être opposé à l’Iran. Un allié important dans le conflit qui oppose les Occidentaux à Téhéran sur son programme nucléaire.

Avec le Maroc, François Hollande avait pris ses distances bien avant son élection. L’arrivée au pouvoir du socialiste avait tellement inquiété le Palais Royal que Mohamed VI avait improvisé un séjour privé à Paris dès le 24 mai dernier pour devenir le premier responsable étranger à être reçu à l’Élysée. Le premier chef d’État africain à rencontrer François Hollande au palais présidentiel est un monarque. « Parmi les dossiers probablement évoqués, celui sans doute du Sahara occidental, pomme de discorde entre le Maroc et l’Algérie », expliquait la radio RFI sur son site Internet. Rabat a rapidement eu un premier aperçu de la nouvelle politique française : il n’a pas obtenu le soutien de Paris dans son bras de fer avec Christopher Ross, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental.

Dans le même temps, Paris a multiplié les gestes d’apaisement en direction d’Alger. Malgré les divergences sur le Mali et les polémiques sur la mémoire, les deux pays semblent déterminés à réchauffer leurs relations. François Hollande a réservé à l’Algérie son premier déplacement au Maghreb, qui aura lieu le 19 décembre prochain. En attendant, cinq ministres de son gouvernement, dont ses poids lourds – Laurent Fabius, Manuel Valls et Arnaud Montebourg – se sont rendus à Alger pour relancer la coopération et préparer sa visite. À Alger, les autorités sont conscientes de l’opportunité historique que représente l’arrivée au pouvoir de François Hollande. Elles font tout pour éviter de nouvelles tensions avec Paris.

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