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    Naïvement enlacée à la mer, Alger si loin de son destin …

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  • A quoi ressemblera l’économie mondiale en 2060 ?

    www.latribune.fr Pierre Manière | 09/11/2012

    Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dresse le portrait de l'économie mondiale en 2060. Elle prévoit un grand chambardement de l'ordre établi. Comme attendu, la Chine deviendra la première économie de la planète. L'Inde, pour sa part, se classera deuxième, devant les Etats-Unis. New Delhi voit ainsi la part de sa contribution au PIB mondial progresser de 7% à 18% ! La zone euro, elle, verra son poids dégringoler de 17% à 9%.
    Sur le même sujet
    L'exercice apparaît pour le moins ambitieux. Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dévoile sa photographie de l'économie mondiale en... 2060 ! Et ses résultats font état d'un vrai chambardement de l'équilibre économique mondial.
    • Une croissance maussade de 3% par an en moyenne
    D'abord, l'OCDE parie sur un retour progressif aux fondamentaux économiques d'avant crise à horizon 2020. "Une fois liquidé l'héritage de la crise financière mondiale, le PIB global pourrait croître d'environ 3% par an au cours des 50 prochaines années", grâce à "l'amélioration de la productivité" couplée à "l'accumulation de capital humain", précise le rapport. Une croissance profondément inégale, les vieux pays industrialisés affichant des taux bien inférieurs aux pays émergents.
    Un bémol, de taille, concerne toutefois la manière dont la crise actuelle impactera les prochaines décennies. Chef de la division de l'analyse des politiques structurelles de l'OCDE, Giuseppe Nicoletti concède qu'"il y a beaucoup d'incertitude" sur la date de rétablissement de l'économie mondiale. De plus, il souligne que la manière dont les Etats sortiront de la crise aura des conséquences importantes. "Si les Etats-Unis et l'Europe s'en sortent avec des niveaux de dettes trop élevés, cela peut avoir, à terme, des conséquences sur les marchés de capitaux, provoquer une baisse des investissements, et plomber le marché de l'emploi", prend-t-il en exemple.
    • La Chine et l'Inde en pole position
    La Chine devrait débuter ce premier demi-siècle sur les chapeaux de roues. Sur la base des parités de pouvoir d'achat de 2005, l'étude précise que Pékin devrait dépasser cette année la zone euro en termes de contribution au PIB global. Avant de chiper la première place aux Etats-Unis "quelques années plus tard", voyant son poids dans le PIB mondial passer de 17% à 28%. Dans son sillage, l'Inde verrait sa contribution au PIB mondial passer de 7% à 18% en 2060, et dépasser à son tour le pays de l'Oncle Sam. Ainsi, si la Chine est championne en terme de croissance jusqu'en 2020 (avec une moyenne de 10%), Pékin voit sa progression du PIB se tasser jusqu'à 2,3% en 2030-2060. Or sur cette période, New Delhi affiche une moyenne de 6,7% au compteur.
    Pour expliquer le tassement de la croissance chinoise, Giuseppe Nicoletti évoque "le vieillissement de la population chinoise", y voyant-là "les conséquences de la politique de l'enfant unique". De son côté, il justifie le "rattrapage" indien par le fait que son économie part de très bas, citant des exemples "historiques", comme les dragons asiatiques ou l'Europe d'après-guerre.
    • Le moindre poids de la zone euro et des Etats-Unis
    A l'opposé, le Vieux Continent et les Etats-Unis, ne pèsent plus aussi lourd. Représentant respectivement 17% et 23% du PIB mondial aujourd'hui, la zone euro et Washington voient leurs participations chuter de 8 et 7 points.
    • Un quadruplement du PIB par habitant des pays les pauvres
    Conséquence du rattrapage des pays en développement, le PIB par habitant des économies actuellement les plus pauvres "aura plus que quadruplé", souligne l'OCDE. Il sera même multiplié par sept pour la Chine et l'Inde Tandis que celui des économies les plus riches "se contentera de doubler". Toutefois, le classement des pays en fonction du PIB par habitant ne devrait pas bouger. "Certes, les écarts de productivité et de qualification de la main d'oeuvre se réduisent, mais les différences qui subsistent sont encore pour une bonne part à l'origine des écarts de niveau de vie observés en 2060", souligne l'étude.

  • Arrêtez avec le « je me battrai pour vous » de Voltaire !

    Par Zineb Dryef | Rue89 | 14/04/2011

    Deux fois en quelques heures ! D’abord, un éditeur qui invoque son esprit « voltairien » pour justifier la publication d’un livre d’Eric Zemmour. Ensuite, un faux Carl Lang (ex-Front national) qui flatte Pierre Haski sur Twitter pour obtenir la publication d’une tribune sur Rue89 : « On vous dit voltairien », sous-entendu « vous connaissez comme moi la fameuse phrase ».

    Mais Voltaire n’a jamais écrit « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » ! Il ne l’a même jamais dit. A l’origine de cette formule, une Britannique, Evelyn Beatrice Hall qui, dans un ouvrage consacré à Voltaire en 1906, lui attribue le célèbre « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it ».

    Dans un documentaire de la TSR retraçant l’histoire de cette phrase, Charles Wirz, le conservateur du musée Voltaire de Genève, confirme que le philosophe n’a jamais rien dit de tel et présente même l’aveu d’Evelyn Beatrice Hall : « Je ne suis pas d’accord avec vous […] est ma propre expression et n’aurait pas dû être mise entre guillemets. »

    Dans son « The Friends of Voltaire », Evelyne Beatrice Hall a tenté ainsi de résumer la pensée de Voltaire, notamment au moment de sa prise de position dans l’affaire Helvétius, l’un des philosophes qui contribua à L’Encyclopédie.

    Son livre, « De l’Esprit », irrite profondément Voltaire – il qualifie le texte de « fatras d’Helvétius » dans une lettre à de Brosses du 23 septembre 1758, citée par Gerhardt Stenger mais lui apporte son soutien face aux attaques virulentes dont il est victime après la parution de son ouvrage.

    Dans ce contexte, la phrase prêtée à Voltaire ne paraît pas dépasser sa pensée. Pourtant, plusieurs amoureux de l’écrivain s’émeuvent de l’utilisation qui en est faite. On les comprend.

    Nietzsche « Au soleil » avec Jennifer

    « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » est devenu l’un des poncifs les plus irritants des dernières années. Peut-être autant que le « ce qui ne tue pas rend plus fort » de Nietzsche, nouvel hymne de Jenifer « ce qui ne me tue pas me rend forte » dans une chanson sur les bienfaits du soleil.
    Plus injuste encore, il est devenu l’arme de défense de tous ceux qui se croient censurés par les-médias-dominants-la-pensée-unique-le-politiquement-correct.

    Dans les années 2000, Thierry Ardisson l’a largement popularisé dans son émission « Tout le monde en parle » en le citant à tout bout de champ pour justifier la présence du moindre invité un peu controversé. Se proclamer voltairien est ainsi devenu synonyme de partisan de la liberté d’expression totale. On retrouve donc pêle-mêle Eric Zemmour, Robert Ménard, Dieudonné, etc.

    « Ce n’est pas du tout lui cette phrase »

    Voltaire, défenseur de la liberté d’expression illimitée ? Une supercherie, nous répond la Société Voltaire : « Ce n’est pas du tout lui cette phrase. Prenons le credo chrétien qu’il a toujours combattu. Ou les Jésuites. Il ne les aurait jamais défendus. »
    Plus fort, le cas Fréron. Ce journaliste parisien, responsable du journal L’Année littéraire, détesté de Voltaire, a eu droit à une pièce « Le Café ou l’Ecossaise » rédigée contre lui mais n’a jamais eu le moindre signe de soutien à chaque fois que son périodique a été censuré par… Lamoignon de Malesherbes, un ami de Voltaire.
    http://www.rue89.com/hoax/2011/04/14/arretez-avec-le-je-me-battrai-pour-vous-de-voltaire-199690

    • Album : CASBAH LUMIERE
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  • Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui

  • L’immortel Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui (1), de son nom kabyle Si Mouḥ N Amar U Mouḥ (2), est né, selon l'état civil, le 23 juillet 1910 sous le nom patronymique Mohammed KHELOUAT, au hameau de Taâzibt, un petit village de la région d'Ihesnawen (3). C'est, d'ailleurs, du nom de sa région natale qu'il en tirera son pseudonyme artistique qui était à l'origine : « Ben Ammar Hasnaoui », puis « Cheikh Amar El-Hasnaoui », avant de devenir « Cheikh El-Hasnaoui » plus tard. Quelques années après sa naissance, il perdit sa mère, LAÂZIB Sadïa (Bent Ahmed) elle-même originaire d'Alger de parents originaires de Biskra. Elle mourra des suites d'une maladie après avoir perdu ses deux jeunes enfants : Omar et Ali. Son père, Si Amar KHELOUAT (4), est absent du foyer, car enrôlé par l'Armée française durant la Première Guerre Mondiale. Démobilisé après une blessure, son père rentre au pays, il ira chercher à Alger le jeune Mohamed et le plaça dans une école coranique. Son apprentissage ne durera que quelques années, il en est sorti à l'âge de 12 ans. À Alger, il exercera plusieurs petits métiers tout en se « frottant » aux grands maîtres de la musique « chaâbi » comme El-Anka et Cheikh Nador. Ainsi, il assimila toutes les finesses de ce genre musical exigeant et s'affirme, bientôt, comme un artiste accompli, maître de son art et capable de l'exprimer aussi bien dans sa langue maternelle : « Taqbaylit », comme il le dit si bien, ainsi qu'en Arabe populaire (dialectal), l'autre langue qu'il vient d'acquérir et de perfectionner. Il animera pendant cette période bon nombre de soirées « qui seront pour lui l'occasion de se produire en public et de monnayer son talent ». Il vivra jusqu'en 1936, date de son dernier retour dans sa région natale, des allers-retours entre Tizi-Ouzou et Alger. La situation ambiante (sociale, intellectuelle,…) ne lui plaisant guère (5), il confia, un jour d'été, à Si Saïd U L'Hadi (6), un de ses amis d'enfance : « Cette fois, si je quitte le village, je serai comme une fourmi ailée. Là où me poseront mes ailes, j'y resterai. » (7) À Paris, le « Maître » s'impose comme un artiste phare, illuminant de toute sa classe la vie artistique du moment qui reste confinée aux seuls cafés, véritables microcosmes de la société kabyle. De tempérament solitaire, il fréquente très peu de gens, même pas les « grands noms » de la chanson kabyle de l'époque, mais il se lie d'amitié avec Fatma-Zohra (8), son mari Mouh-akli et Mohamed IGUERBOUCHENE avec lequel il collabore dans des émissions radiophoniques. Sa carrière connaît une parenthèse, durant la Seconde Guerre Mondiale, le temps d'accomplir en Allemagne, le Service du Travail Obligatoire. C'est pendant cette période qu'il fera connaissance de celle qui deviendra plus tard sa femme, il s'agit d'une jeune Française du nom de Denise Marguerite Denis qu'il épousera le 14 août 1948. Cherchant le calme, il quittera la région parisienne et la maison qu'il a construite de ses mains à Anthony pour s'installer à Nice (Rue de Belgique). En 1985 il quittera sa seconde demeure pour un voyage qui le mènera dans les Antilles, où il séjournera, seul, quelques mois avant de repartir vers Nice rejoindre sa femme. En 1988, il récidivera en mettant le cap sur l'île de la Réunion où il s'installera à Saint-Pierre, en compagnie de sa femme Denise, dans la même année. À des milliers de kilomètres des siens et de toute personne qui le connaît, Cheikh El Hasnaoui se construit son havre de paix. Il faudra attendre plus de 20 ans pour qu'un musicologue du nom de Mehenna MAHFOUFI retrouve enfin sa trace et lui rendra trois fois visite afin de s'entretenir avec lui. Le chanteur Abdelli et la chanteuse Behdja Rahal en feront de même et auront le privilège de rencontrer le Maître quelques années seulement avant qu'il ne s'éteigne le samedi 06 juillet 2002, à l'âge de 92 ans. Il sera inhumé, conformément à ses vœux, à Saint-Pierre de la Réunion où un jardin public porte aujourd'hui son nom, il y est indiqué : Cheikh El Hasnaoui, Maître de la chanson Kabyle : Taâzibt 1910 – Saint-Pierre 2002. Ainsi, il est parti le Maître, discrètement comme il a toujours vécu, Cheikh El-Hasnaoui, celui qui mérite plus qu'un autre la place de véritable classique de la chanson kabyle (et même algérienne), nous a laissés emportant avec lui tous ses secrets, que de questions demeurent posées : Ses choix de vie ? La rupture avec le pays ? Paroles de certains de ses textes ?
  • Les vaillantes tribus Hadjoutes étaient menées par un poète, Boutheldja …

    (Par Belkacem Rabah Mohamed Khaled) (...) Il n'existe malheureusement pas de statistiques précises sur le nombre des populations Hadjoutes, mais nous estimons, à partir de certaines données contenues dans le rapport du duc de Rovigo, «vingt-trois tribus Hadjoutes et douze mille cavaliers» ... Dix huit mille cavaliers selon d'autres sources, à un total de plus de quarante mille habitants pour l'ensemble de ces tribus et douars. A la bataille de Staouéli, les 4 et 5 juillet 1830 (Sidi-Ferruch), contre la pénétration des armées françaises et avant la proclamation de Abdelkader comme Emir, les contingents fournis par les tribus Hadjoutes (douze mille cavaliers Hadjoutes) ont combattu vaillamment parmi les cinquante mille hommes engagés dans la bataille. Le général Changarnier qui a eu à combattre les armées Hadjoutes, écrit à leur sujet (Mémoires), après les avoir qualifiés d'«habitants rebelles au joug de l'étranger», de « patriotes énergiques» ,«les Hadjoutes avaient pu mettre en campagne et entretenir, pendant plusieurs années, de mille à mille huit cents cavaliers très courageux, qui avaient accompli des choses dont les cavaliers les plus célèbres de l'Europe se seraient honorés... » De même, le duc d'Orléans n'eut pas manqué de rendre hommage au patriotisme de ces partisans : « ... Ces hardis partisans faisaient plus de mal aux Français que tout le reste des forces ennemies, de même que les Cosaques, dans les guerres de l'empire, contribuèrent plus que toutes les troupes régulières à détruire l'Armée française ... Les Hadjoutes empêchaient l'armée de dormir en la tenant sur un qui-vive perpétuel ... Cependant la mort d'un simple cavalier Hadjoute, Boutheldja le poète, tué dans un de ces engagements, fut une perte sensible pour la cause arabe ... Au milieu du mouvement de résurrection de ce peuple, qui renaissait du sang de ses braves enfants, Boutheldja fut le plus inspiré parce qu'il était le plus convaincu de tous les poètes. Ses chants lyriques, d'une douleur touchante et d'un farouche patriotisme, étaient devenus populaires parmi la jeunesse arabe. Le poète préféra rester en volontaire, au premier rang des Hadjoutes, et, simple soldat, comme Koerner, il mourut comme lui de la main d'un Français, en combattant pour une patrie que tous deux avaient rêvée grande, et qu'ils ne connurent que malheureuse. »
  • Tazir M’hamed Bacha. Ancien militant de la cause nationale, compagnon de Mohamed Belouizdad – «Qui se souvient des 3024 disparus de La Casbah ?»

    www.elwatan.com le 10.05.12

    L’Algérie s’est faite elle-même.
    «Le violence est infâme, son résultat est toujours incertain et nul ne peut agir justement quand il est poussé par la haine.» Antar Ibn Chadad
    Le hasard est parfois curieux. Il provoque les choses, soupire M’hamed qui pense que certains rendez-vous de l’histoire sont quelquefois étranges.A 18 ans, en 1944, il a été arrêté, torturé et jeté dans les caves de la préfecture d’Alger. Dix-huit ans après, en 1962, il est le patron de cette même préfecture d’Alger où il officie en tant que directeur de cabinet du regretté Nadir Kassab. Alors, il se rappelle des propos de son avocat d’autrefois, Maître Sansonneti et de sa flamboyante plaidoirie en déclarant : «Monsieur le président, depuis que je porte cette robe, je n’ai jamais eu peur de dire la vérité. Il y a quelque temps, sur ces mêmes bancs, j’ai défendu des socialistes, des communistes, des gaullistes. Ils sont actuellement au pouvoir. Il ne serait pas impossible que ces gens, que vous êtes en train de juger, seront un jour à la tête de ce pays.»
    Prémonitoires, les propos de l’avocat s’avérèrent justes, résume Tazir M’hamed Bacha, qui nous racontera les mille et une péripéties de sa vie mouvementée. De sa première militance au sein de la Jeunesse de Belcourt à la création de l’organisation spéciale dont il fut un témoin privilégié, à la solitude des prisons dont il a été un pensionnaire régulier, aux exactions innombrables de la soldatesque coloniale à l’origine notamment de la disparition de plus de 3000 Algériens à La Casbah, M’hamed raconte calmement cette étape douloureuse, car, dit-il : «Seuls peuvent juger la guerre ceux qui l’ont vécue dans leur âme et dans leur chair.»
    Comité de la jeunesse de Belcourt
    Mais M’hamed sait aussi faire la part des choses : «Le combat est la seule expérience où l’on peut éprouver un sentiment autentique de fraternité envers celui qui prend les mêmes risques que vous.» Et là, il met en avant les grands mérites de cet homme immense qu’a été Mohamed Belouizdad, brave parmi les braves, qui a été l’étincelle mais qui s’est éteint hélas très jeune, emporté par la maladie. Sur son lit de mort dans un sanatorium en France et alors que Ahmed Haddanou (El Caba) lui demandait s’il avait besoin de quelque chose qu’il pourrait lui rapporter, Belouizdad rétorqua : «Ce qui me manque malheureusement, tu ne peux pas me l’apporter. Ce dont j’ai besoin, c’est d’entendre El Adhan !»
    M’hamed parle de la guerre, mais aussi de paix. Celle qui fait cesser les fracas des canons et des bombes, mais aussi celle, beaucoup plus difficile à obtenir, qui doit se frayer un chemin dans le cœur de chacun. «Lors d’un voyage en France, j’ai pu lire un livre, prix Goncourt 2011, dont le titre L’art français de la guerre, d’Alexis Jenni. La lecture de certaines pages de cet ouvrage fut un choc pour moi. En effet, la liste des 3024 Algériens disparus lors de la bataille d’Alger en 1957 dont fait état l’auteur, je l’ai eue entre mes mains en août 1962 dans l’exercice de mes fonctions à la préfecture d’Alger. Cette liste reste une tache noire qu’il convient d’élucider», suggère-t-il.
    Tazir M’hamed Bacha est né le 2 janvier 1926 à Djendel (Aïn Defla). C’est en 1933 que son père, Mohamed Ben Mokhtar, vint s’installer à Cervantès avec sa famille. Il avait tourné le dos à sa vocation de fellah pour devenir petit commerçant à Belcourt près de son domicile.C’est dans ce quartier populeux que M’hamed Bacha grandit, fit ses études scolaires à l’école des Mûriers puis à Chazot, enfin au collège de Clauzel avec comme camarade de classe un certain Ali Haroun. Le débarquement des Américains en 1942 mit fin à cette aventure et M’hamed dut intégrer le monde du travail en exerçant en tant qu’auxiliaire aux PTT à la Grande-Poste.
    «On était jeunes. Les leaders politiques étaient pour la plupart emprisonnés. On ne devait pas rester les bras croisés. On a créé le Comité de la jeunesse de Belcourt avec Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, Ahmed El Caba, Moumdji…»
    Son militantisme lui valut d’être arrêté le 5 octobre 1944 chez lui, au 46 boulevard Cervantès. Il militait au PPA et distribuait l’Action algérienne, journal du parti. «C’est le commissaire Touron en personne qui procéda à mon arrestation. J’avais 18 ans et je venais de me marier. Ils m’ont amené dans les sous-sols de la préfecture d’Alger où les interrogatoires parraissaient interminables. Je suis resté 10 jours dans les caves avant d’être présenté devant un juge d’instruction militaire sous le chef d’inculpation ‘‘d’atteinte à la sécurité de l’Etat’’. C’est dans ces voûtes que j’ai connu Khider, Moali, Boulenouar, tous militants du PPA. Le 4 mai 1945, je suis déféré devant le tribunal militaire d’Alger.»
    Comme cela coïncidait avec les manifestations du 1er Mai 3 jours avant à Alger, les condamnations furent très sévères. 12 ans de prison et confiscation des biens. Il est envoyé à Lambese, mais retrouve sa liberté en avril 1946 après l’armistice. «Je reprends du service à Belcourt, où Belouizdad m’installe à la tête des Jeunes de Belcourt, c’est à ce titre que j’ai assisté au 1er Congrès du PPA entamé le 16 février 1947 à Bouzaréah et clôturé deux jours après à Belcourt à la limonaderie l’Africaine appartenant à un vieux militant du Parti, Melaine Mouloud. Lorsque, par hasard, nous nous trouvions parmi la foule de spectateurs du défilé militaire du 14 juillet que les Français organisaient chaque année pour célébrer la fin de la tyrannie chez eux, nous nous sentions secoués par le défi. Pourquoi ? Que représente pour nous cette cérémonie ? Pourquoi n’avons-nous pas nous aussi notre armée, notre drapeau ? Que devions-nous faire ? Les plus lucides répondaient : il faut nous organiser.
    De nombreuses idées germaient dans l’esprit des jeunes que nous étions. On était en pleine Deuxième Guerre mondiale. C’est ainsi que fut créé le Comité de la jeunesse de Belcourt, né tel un champignon sur un terrain fertilisé par la politique coloniale de la France qui s’acharnait depuis plus de cent ans par tous les moyens à soumettre notre peuple en lui fermant toute issue pour recouvrer sa dignité et sa fierté.» Les premiers membres fondateurs de ce comité : Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, M’hamed Yousfi, Hamouda et Tazir M’hamed. Le CJB fut intégré comme mouvement jeune du PPA.
    Belouizdad nous avait expliqué que c’était le seul parti vraiment nationaliste et révolutionnaire et dont le programme était clair, à savoir l’indépendance de l’Algérie et qui préconisait le seul et unique moyen d’atteindre ce but, à savoir l’action des masses populaires dont nous les jeunes devrions être l’avant-garde.»
    Belouizdad, un homme à part
    «A la tête du comité, Mohamed Belouizdad va déployer une intense activité et montrer un talent d’organisateur hors pair, qui le révéla rapidement aux instances supérieures du parti. La première grande décision du CJB fut la création d’un journal clandestin. Belouizdad lui donna le titre El Watan. C’était une modeste feuille tapée à la machine et reproduite en plusieurs exemplaires à l’aide de papier carbone. Entre militants, nous parlions souvent de Belouizdad toujours avec affection, respect et admiration.
    Mahsas l’appelait Saâd Zaghloul Bacha, en référence au leader arabe en lutte contre le protectorat anglais en Egypte et fondateur du parti Wafd dans les années vingt. Les discussions avec Mohamed étaient très enrichissantes pour nous. Il écoutait beaucoup et intervenait toujours en dernier. Par délicatesse, jamais il ne nous faisait sentir sa supériorité intellectuelle. Le plus instruit parmi nous à l’époque avait à peine le certificat d’études. Mohamed possédait déjà son brevet supérieur, l’équivalent du baccalauréat qu’il avait passé avec succès. La première fois que j’ai entendu parler de Karl Marx, c’était de la bouche de Mohamed, qui avait déjà lu le Capital.
    Dès 1947, Mohamed m’associa à la réception des armes. C’est ainsi qu’il me chargea de trouver des caches pour enfouir des armes provenant des restes des armées alliées. J’arrivais à dénicher deux endroits sûrs, le premier au pied de la falaise Cervantès, dans la maison du regretté militant Mohamed Meguerba. L’autre cache, dans une petite propriété à Bouzaréah appartenant à la famille d’un militant, le regretté Derkouche. J’avais connaissance d’une troisième cache qui avait été mise à la disposition de Belouizdad par Mohamed Saradouni, un vieux militant qui gérait un dépôt, à l’emplacement actuel de la station du téléphérique, près du cimetière de Sidi M’hamed. C’est au titre de responsable de la section des jeunes de Belcourt, une des plus importantes du pays, que j’ai eu le privilège d’assister au fameux congrès clandestin du PPA de 1947 au cours duquel fut décidée la création de l’OS qui devait préparer et entraîner les meilleurs militants en vue du déclenchement de l’action directe généralisée et le maintien de l’organisation clandestine politique PPA avec comme couverture légale le MTLD.
    Le congrès se déroula la première nuit dans une petite propriété appartenant à un militant de Bouzaréah où Messali était en résidence surveillée après son retour d’exil africain. Avant l’ouverture de la première séance par Messali, un des délégués de la Grande-Kabylie, Si Ouali, demanda la parole. Il tira son revolver caché sous sa ceinture, le posa sur la table et proposa la résolution suivante : ‘‘Tout participant à ce congrès national qui dévoilerait ne serait-ce qu’une partie des délibérations ou des noms de participants est condamné à mort.’’ Ce fut un moment de stupeur générale. On sentait déjà la mort planer sur nos têtes avant l’ouverture des débats. Messali lui-même resta muet, tellement la proposition de Si Ouali était inattendue.
    Plusieurs délégués condamnèrent cette proposition, le plus acharné fut le docteur Chawki Mostefaï qui parla des limites de la résistance humaine face à la torture, pratiquée systématiquement par la police coloniale, et surtout fit allusion à une découverte récente à cette date, le sérum de vérité, qui, administré à une personne, est susceptible de lui faire dire tout ce qu’elle sait malgré une volonté contraire. Tous les éléments développés laissèrent Si Ouali inébranlable. Il maintint sa proposition et demanda qu’on la soumette au vote. Le président du congrès, Messali, ne savait plus quoi faire. C’était le blocage total dans un silence impressionnant. On entendrait voler une mouche.
    C’est alors qu’on aperçut au fond de la salle une main se lever de quelqu’un qui demanda la parole pour la première fois. Le président lui fait signe qu’il peut parler : ‘‘Je propose, dit une voix claire avec une diction impeccable, qu’on remplace les mots ‘‘est condamné à mort’’ par ‘‘est passible de la peine de mort’’, ce fut un soulagement général. Mohamed Belouizdad venait par un intelligent et astucieux amendement de mettre fin au blocage qui paralysait le congrès avant même son ouverture. Messali, après un long regard de reconnaissance vers Mohamed mit aux voix la résolution amendée. Elle fut votée à l’unanimité y compris par Si Ouali.»
    Un laministe convaincu
    Le congrès s’acheva au lever du jour, après une longue intervention de Messali qui prononça la clôture de ces importantes assises d’où sortira l’Organisation spéciale dont la mise sur pied sera confiée à Mohamed Belouizdad. Il avait 24 ans, l’âge de l’Emir Abdelkader quand ce dernier reçut la Bayâ en 1832 afin d’organiser la lutte armée contre les Français. La jeunesse est l’âge de l’héroïsme, ce mot n’a jamais été aussi juste que dans le cas de la lutte du peuple algérien. Mais Messali écarta Debaghine et s’arrogea seul le droit de désigner la direction politique du parti. Depuis cette date et peut-être bien avant, les germes de la scission, qui allaient se produire quelques années plus tard entre centralistes et messalistes, étaient semés. Fort heureusement, le 1er Novembre est venu mettre fin à cet imbroglio.
    M’hamed milita à Alger avec Mokhtar Bouchafa notamment jusqu’à son arrestation le 1er mai 1957, «où des soldats sont venus à notre domicile pour arrêter mon père disparu jusqu’à ce jour. Alors que moi même je l’ai été par la DST. S’ensuivirent de longs séjours à Bouzarréah, Paul Cazelles, Beni Messous, Bossuet, jusqu’à la libération à la fin de l’année 1960». A l’indépendance, M’hamed est nommé chef de cabinet du préfet Kassab. «Au début, on a eu des problèmes avec les gens des frontières qui voulaient accaparer le siège de la wilaya pour en faire un ministère. Ils nous avaient menacés, et Dieu seul sait qu’à l’époque c’était la seule institution qui marchait.» Heureusement que dès la constitution du gouvernement en septembre 1962, le projet a été stoppé. M’hamed renoue avec ses premières amours, les PTT, puis s’occupe des affaires administratives à la présidence jusqu’en 1980 où il est nommé consul à Agades (Niger), puis au Kef (Tunisie). Il prend sa retraite en 1990.
    htahri@elwatan.com

  • La casbah de Dellys entre légende et réalité

    www.algerie-plus.com Par Khidr Omar | 05/05/2011 | 11:03 En dépit de la patine du temps et des séquelles irréversibles laissées par l'homme, la casbah de Dellys (80 km à l'est de Boumerdes) a su garder un cachet atypique, forgé par un passé glorieux auquel est associé une beauté naturelle exceptionnelle. Plus que tout ça, cette belle ville nichée à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, naturellement protégée contre les courants marins et les vents d'ouest par un long promontoire, connu sous le nom de cap Bengut, au-dessous duquel se love un vieux port turc, est traversée par la RN24 sur toute sa longueur, s'étirant depuis Takdempt, à l'ouest, jusqu'à la nouvelle ville, à l'est de l'oued Oubay. Au coeur de ce long boulevard, se situe la vieille ville, communément appelée la casbah de Dellys, qui était considérée jusqu'à un passé récent, comme le pouls de la ville. Aujourd'hui, ses échoppes, dont beaucoup sont désertées par leurs propriétaires, laissent apparaître des plaies béantes, dues aux aléas du temps, mais principalement au séisme de mai 2003, qui avait durement ébranlé ses vieilles constructions et fait disparaître du coup des pans entiers de la mémoire matérielle et immatérielle. Il n'en demeure pas moins que le visiteur à Dellys est irrésistiblement happé par la multitude de vestiges historiques encore visibles dans les dédales de sa casbah et de ses ruelles, où ont été recensées quelque 200 vieilles bâtisses datant de l'époque ottomane. Le vieux port, le phare de cap Bengut, la vieille mosquée du centre ville, l'école coranique Sidi Amar, le tombeau de Sidi el Harfi et le mur d'enceinte ceinturant cette cité sur plus de 2000 mètres, constituent notamment autant d'attractions sur lesquelles peuvent se fixer encore de nos jours les yeux des visiteurs avertis. Une cité en proie à toutes les convoitises Mais c'est surtout l'histoire glorieuse, à la limite de la légende, de la ville de Dellys, qui fait la fierté de ses habitants, à l'instar de Ami Rabah Edelssy (70 ans) qui considère que la « position géographique de cette ville est à l'origine des différentes convoitises et civilisations qui se sont succédées dans la région». Parfois, l'on peut ainsi surprendre des Déllyssiens nostalgiques, assis sur un rocher dans la quiétude du cap Bingut ou sur un banc de la place dite de la guinguette, mais dont il ne reste aujourd »hui que le nom, en train de suivre le passage des navires, voguant vers de lointains ports, ou simplement contempler la grande bleue, s'imaginant voir accoster sur les rivages de la région les navires des corsaires et autres envahisseurs. C'est ce riche passé que les habitants de Dellys tentent aujourd'hui de préserver coûte que coûte en exhortant les autorités concernées à manifester davantage d'intérêt pour le patrimoine de leur ville et pour tous ses vestige et patrimoine, dont de vieux manuscrits détenus par plusieurs citoyens Ils désirent, à cet effet, pouvoir les réunir dans un musée digne de la renommée de cette cité. Selon les historiens, l'édification de la vieille Casbah de Dellys remonte à l'époque ottomane, qui la baptisèrent « Tiddiles ». Elle était alors constituée d'un ensemble de constructions bien agencées et divisées par des rues et ruelles, possédant toutes les commodités de vie nécessaires sur une surface globale de 1200 ha. Selon le président de l'APC, c'est par souci de préservation et de protection du riche patrimoine renfermé par cette ville historique, que la tutelle a élaboré à partir de 2007 un « Plan permanent pour la protection et la restauration de la Casbah de Dellys ». La première étape de ce plan, a été réceptionnée fin 2009, avant son exécution qui consista, selon la même source, en la réalisation de « travaux d'urgence » axés sur la « restauration de sites sensibles » du patrimoine matériel. La seconde phase de ce plan, également réalisée début 2010, a consisté en la réalisation d' »études historiques et typologiques » sur le même site, tandis que la 3ème étape, attendue vers fin 2011, portera sur l'élaboration d'une mouture finale de ce même plan. Selon une étude historique réalisée par des chercheurs universitaires de Boumerdes, à l'occasion de la célébration du mois du patrimoine, le « rôle de Dellys en tant que grande cité est historiquement affirmé » grâce à sa « position stratégique sur la mer méditerranée, son sol fertile et sa proximité des cours d'eau « . De nombreuses civilisations se sont succédées sur cette cité maritime, à l'image, de la civilisation numide qui lui donna le nom « Thadlest ». Par la suite les Romains la baptisèrent à leur tour « Rusucurus », avant de devenir une importante ville de la Mauritanie césarienne. Les Phéniciens s'en emparèrent ultérieurement pour y fonder un grand comptoir commercial et une route vers la ville de Bejaia. Elle connut également le passage des Vandales et des Byzantins. Le passage de la ville de Dellys à la civilisation musulmane remonte au 16ème siècle, selon des documents historiques, qui font état de son rattachement successivement aux règnes des Fatimide, des Hamadite, des Mourabitoune et des Hafside. Après une courte période sous la coupe des Espagnols, cette cité antique connut son « âge d'or » grâce aux frères Aroudj et Kheireddine qui la délivrèrent et l'annexèrent à l'Etat ottoman. Le colonialisme français qui y entra en 1844, en fit une base militaire pour étendre son hégémonie sur toute la Kabylie. L'histoire de cette ville a été immortalisée par plusieurs historiens qui célébrèrent sa beauté au fil du temps, à l'image d'El Idrissi(21e siècle) qui en a fait l'éloge dans son célèbre « Nouzhate El Mochtake » (le plaisir du passionné), Al Hamiri (15e siècle) « Al Raoudh Al Miitar » ( les jardins parfumés), Hosseine Al Ourtilani (18 e) « Nouzhate Al Andhar » (le plaisir des yeux), ou encore par les recueils de l'officier français Carette et de l'allemand Heinrich Von Maltessen (19eme siècle).

Le « Dr Catastrophe » s’attaque à la France

Posté par mouradpreure le 19 novembre 2010

L’Expansion.com avec AFP – publié le 19/11/2010


L’économiste américain Nouriel Roubini, qui avait prévu la crise des subprime, estime que la France n’est pas « en bien meilleur état » que la Grèce ou l’Irlande.

Le
L’économiste américain Nouriel Roubini. Shannon Stapleton / Reuters

L’économiste américain Nouriel Roubini a estimé vendredi lors d’un entretien télévisé que les finances publiques de la France n’étaient pas « en bien meilleur état » que celles de pays surendettés de la zone euro comme la Grèce ou l’Irlande.

« La France, par certains aspects essentiels, n’a pas l’air en bien meilleur état que la périphérie » de la zone, a affirmé sur la chaîne CNBC M. Roubini, mondialement connu comme un pessimiste.

« Ils n’ont rien fait d’un point de vue structurel, leur déficit budgétaire est élevé, politiquement ils sont limités dans leur capacité à faire des réformes. C’est juste que, comparé aux autres, ils n’en sont pas encore au même point » que les pays ayant des difficultés à se refinancer sur les marchés de la dette, a-t-il poursuivi.
Interrogé sur la loi de réforme des retraites promulguée au début du mois, l’économiste a dressé un tableau peu engageant de la situation politique française.

« C’est le début d’une politique d’austérité qu’il va falloir mener au fil du temps. Pour un petit changement comme celui-ci, on a une forte résistance politique. Qu’est-ce que ça va donner quand on verra des réformes radicales? C’est une question qui reste posée dans le cas de la France », a-t-il indiqué.

Le président Nicolas « Sarkozy est arrivé au pouvoir en disant: ‘je vais faire beaucoup de réformes’. Il ne l’a pas fait. Maintenant il est affaibli, il pourrait perdre les élections, et par conséquent il retarde la rigueur et les réformes », a considéré M. Roubini.

Il s’est prononcé pour une restructuration des dettes publiques européennes. Il a expliqué que les sauvetages par la zone euro ou le Fonds monétaire international ne s’attaquaient pas à la racine du problème, l’excès d’endettement du secteur privé, mais le reportaient d’une entité à une autre. « Il ne va y avoir personne qui viendra de Mars ou de la Lune pour sauver le FMI ou la zone euro », a-t-il prévenu.

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Guerre des monnaies S & P doute d’un compromis au sein du G20

Posté par mouradpreure le 19 novembre 2010

www.lesechos.fr AFP 19/11/10

Guerre des monnaies  S & P doute d'un compromis au sein du G20 dans CRISE ECONOMiQUE h_4_carte_g20

L’agence d’évaluation financière Standard and Poor’s a douté vendredi de la capacité du G20 à réussir une coordination des politiques économiques entre ses pays membres susceptible de stabiliser le système monétaire international. « A court terme, il ne va pas se passer grand-chose » qui puisse résoudre le problème des déséquilibres des comptes courants des grandes puissances économiques de la planète, a affirmé S&P, dans une note intitulée « Pourquoi le sommet du G20 a fait peu de choses pour rééquilibrer l’économie mondiale ». « Les pays en excédent avec des monnaies sous-évaluées continueront à essayer de protéger ces excédents en maintenant leur taux de change sous-évalué. Les pays en déficit essayent de plus en plus de réduire la valeur de leurs monnaies », a expliqué l’économiste en chef de l’agence, David Wyss.

« Mathématiquement, ça ne fonctionne pas puisque le monde a besoin de s’équilibrer, et que les taux de change ne sont calculés que les uns par rapport aux autres », empêchant toutes les monnaies de se déprécier en même temps, a souligné M. Wyss.

La France a fait de la réforme du système monétaire international l’une des priorités de sa présidence du G20, qui doit se conclure par un sommet à Cannes en novembre 2011. Elle souhaite « trouver des plateformes de concertation et de convergence » des politiques économiques, selon sa ministre de l’Economie Christine Lagarde, afin d’éviter une guerre des monnaies.

Pour S&P, la situation actuelle est pourtant difficilement tenable, entre les déficits des Etats-Unis et les excédents des trois autres plus grandes économies mondiales, la Chine, le Japon et l’Allemagne.
L’agence a comparé les déséquilibres du système monétaire international à ceux de « l’étalon-or, qui s’est effondré à la fin des années 1920 pour les raisons mêmes qui font que l’étalon-dollar actuel est en train d’échouer ».

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Pour Nouriel Roubini « la France n’est pas en meilleur état que la Grèce ou l’Irlande »

Posté par mouradpreure le 19 novembre 2010

LEMONDE.FR avec AFP | 19.11.10

 

Pour Nouriel Roubini
L’économiste américain fustige le retard pris dans les réformes en France. AFP/WIN MCNAMEE

Mondialement connu pour ses prises de position pessimistes, l’économiste américain « star » Nouriel Roubini a estimé, vendredi 19 novembre, lors d’un entretien télévisé sur la chaîne CNBC que les finances publiques de la France n’étaient pas « en bien meilleur état » que celles de pays surendettés de la zone euro comme la Grèce ou l’Irlande.

Ils n’ont rien fait d’un point de vue structurel, leur déficit budgétaire est élevé, politiquement ils sont limités dans leur capacité à faire des réformes. C’est juste que comparé aux autres ils n’en sont pas encore au même point » que les pays ayant des difficultés à se refinancer sur les marchés de la dette, a-t-il poursuivi. Interrogé sur la loi de réforme des retraites promulguée au début du mois, l’économiste a dressé un tableau peu engageant de la situation politique française.

POUR UNE RESTRUCTURATION DES DETTES PUBLIQUES EUROPÉENNES

« C’est le début d’une politique d’austérité qu’il va falloir mener au fil du temps. Pour un petit changement comme celui-ci, on a une forte résistance politique. Qu’est-ce que ça va donner quand on verra des réformes radicales ? » a-t-il avancé. Le président « Sarkozy est arrivé au pouvoir en disant ‘je vais faire beaucoup de réformes’. Il ne l’a pas fait. Maintenant il est affaibli, il pourrait perdre les élections, et par conséquent il retarde la rigueur et les réformes », a commenté M. Roubini.

M. Roubini s’est prononcé pour une restructuration des dettes publiques européennes. Il a expliqué que les sauvetages par la zone euro ou le Fonds monétaire international ne s’attaquaient pas à la racine du problème, l’excès d’endettement du secteur privé, mais le reportaient d’une entité à une autre. « Personne ne va venir de Mars ou de la Lune pour sauver le FMI ou la zone euro », a-t-il prévenu.

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Irlande, Portugal, Espagne: La zone euro est-elle dans la crise?

Posté par mouradpreure le 17 novembre 2010

www.20minutes.fr Créé le 15.11.10 à 1

EUROPE – La tension monte pour plusieurs pays…

L’Irlande, le Portugal, et même l’Italie et l’Espagne. La pression monte sur ces pays, qui avec la Grèce, forment les PIGS, les pays européens dont la dette inquiète. Leur situation sera au menu de la réunion des ministres des Finances européens qui se rencontrent mardi et mercredi à Bruxelles. Quels pays sont concernés? A quel point? 20minutes.fr fait le point.

L’Irlande, malade de ses banques

C’est le pays qui risque le plus de faire appel à une aide européenne. Le déficit budgétaire de l’Irlande représente aujourd’hui 32% de son produit intérieur brut (PIB). Selon une enquête Reuters, 20 économistes sur 30 interrogés pensent qu’il faudra à l’Irlande un renflouement de l’ordre de 48 milliards d’euros d’ici la fin 2011

«Le déficit de l’Irlande vient des créances pourries des banques, qui ont été prises en charge par l’Etat. Le problème n’est que conjoncturel et la situation devrait revenir à la normale dès 2011», nuance toutefois Benjamin Carton, économiste au Cepii (Centre d’études prospectives et d’informations internationales).

Il n’empêche, depuis quelques semaines, les investisseurs doutent beaucoup de la dette de l’Etat irlandais et négocient ses obligations à dix ans – c’est à dire l’argent prêté à l’Etat pour dix ans contre un rendement garanti- à des taux historiquement hauts: près de 9%. Pour comparaison, les taux proposés à l’Etat allemand sont inférieurs à 3%. La situation s’est un peu calmée depuis que les dirigeants européens multiplient les sorties pour rappeler qu’ils sont prêts à voler au secours de l’ancien Tigre celtique. Reste à savoir si l’Irlande le demandera ou non.

«Risques élevés» au Portugal

«Contrairement à l’Irlande, la situation macro-économique du Portugal est dégradée, et ce depuis 2004», explique Benjamin Carton. Le déficit est là-bas structurel, c’est à dire que les dépenses y sont plus importantes que les recettes. «Il y a un vrai risque d’effet boule de neige», alerte Benjamin Carton. «Les inquiétudes des investisseurs entraînent une hausse des taux, ce qui alourdit le déficit, ce qui aggrave l’endettement, et ainsi de suite», détaille l’économiste.

Si bien que le Portugal a dû décider un plan d’austérité drastique pour rassurer les marchés. Le gouvernement socialiste portugais s’est fixé pour engagement un déficit limité à 4,6% du produit intérieur brut (PIB) l’année prochaine, contre une estimation à 7,3% cette année et à 9,3% l’année dernière.

Et même avec ce plan, le Portugal n’est pas sorti d’affaire. «II existe un risque élevé que le Portugal doive demander une aide financière étrangère», a reconnu lundi le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, cité par le site web du Financial Times.

L’Espagne et l’Italie, encore épargnées

Ces pays sont moins menacés. Mais ils craignent la contagion. En effet, si l’Irlande et le Portugal demandent tout deux l’aide de l’Europe, la menace se porterait sur leurs propres dettes. Et, là encore, ils ne pourraient plus emprunter qu’à des taux élevés, ce qui aggraverait encore leur situation économique.

Selon Benjamin Carton, c’est l’Espagne qui pourrait être la plus menacée «en cas de scénario catastrophe», car «elle vit une très grave crise immobilière et une grave augmentation du chômage». «Dans ce cas, l’ensemble du secteur bancaire européen serait touché et l’Europe auraient de très sérieux problèmes», alerte-t-il.

Les ministres des Finances européens auront du pain sur la planche mardi et mercredi à Bruxelles.

Thibaut Schepman

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Irlande: réunion de crise pour les ministres des Finances de la zone euro ce mardi

Posté par mouradpreure le 17 novembre 2010

www.20minutes.fr Créé le 16.11.10

Irlande: réunion de crise pour les ministres des Finances de la zone euro ce mardi dans CRISE ECONOMiQUE article_photo_1289887024422-1-HD
Le Premier ministre irlandais Brian Cowen le 29 octobre 2010 à Bruxelles John Thys - AFP/Archives

UE – Ils comptent ainsi rassurer les marchés et éviter la contagion…

Les ministres des Finances de la zone euro se retrouvent ce mardi pour une réunion de crise alors que la probabilité d’une aide financière à l’Irlande grandit et que les risques de contagion à d’autres pays comme le Portugal s’accentuent. La rencontre de l’Eurogroupe doit débuter vers 17h à Bruxelles et sera suivie mercredi par une réunion élargie aux ministres des Finances de toute l’Union européenne. Elle était programmée de longue date mais intervient dans un contexte très sensible.

L’Irlande, confrontée à une grave crise de son secteur bancaire suite à l’explosion d’une bulle immobilière, est sous pression de certains de ses partenaires ainsi que de la BCE pour accepter une aide financière extérieure. Objectif: rassurer les marchés et éviter la contagion comme au printemps lorsque la crise de la dette en Grèce avait fait vaciller les fondements mêmes de la zone euro, créée en 1999.

L’Irlande veut rassurer

Pour le moment, le gouvernement irlandais résiste et entend profiter de la réunion de l’Eurogroupe pour rassurer. Il affirme qu’il sera en mesure de régler ses problèmes financiers tout seul car une intervention extérieure risquerait d’être vécue dans le pays comme une perte intolérable de souveraineté.
L’Irlande a vu les taux sur sa dette souveraine s’envoler la semaine dernière à des niveaux sans précédent, les investisseurs privés se délestant de leurs obligations par crainte que le pays n’arrive pas à juguler son déficit abyssal. Celui-ci devrait culminer à 32% du Produit intérieur brut (PIB) cette année à cause du renflouage des banques nationales.

Risque «élevé» pour le Portugal

Le reste de la zone euro s’inquiète d’une contagion à des pays comme le Portugal, la Grèce ou l’Espagne, dont les taux d’emprunt à long terme ont également flambé. Le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, a parlé d’une risque «élevé» que son pays doive aussi faire appel à l’aide de l’Europe.
Cette dernière a mis en place au printemps un filet de sécurité de 750 milliards d’euros au total pour sauver la monnaie unique. Dans un premier temps, une enveloppe de 60 milliards de prêts garantis par l’UE est prévue. Puis, si cela ne suffit pas, une enveloppe de 440 milliards d’euros de garantis de prêts des pays de la zone euro, complétée par 250 milliards d’euros de prêts du FMI, peuvent être débloqués.
© 2010 AFP

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Une sortie de la zone euro scénario peu crédible pour le Portugal

Posté par mouradpreure le 17 novembre 2010

Le Monde.fr | 15.11.10

 

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Plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires ont défilé, samedi 6 novembre à Lisbonne, pour protester contre la politique d’austérité menée par le gouvernement socialiste – AFP/PATRICIA DE MELO MOREIRA

Le Portugal suit avec anxiété les secousses qui agitent l’Irlande. Alors que l’ancien Tigre celtique subit une forte pression sur sa dette, Lisbonne craint d’être la prochaine cible des marchés. Déjà, ces derniers jours, le taux des obligations portugaises se sont envolés. A tel point que le ministre portugais des finances, Fernando Texeira dos Santos, a estimé, lundi 15 novembre, qu’il y avait un « risque élevé » que le pays fasse appel à une aide financière extérieure pour résoudre ses difficultés budgétaires.

Signe de la tension qui règne, le chef de la diplomatie, Luis Amado, s’est même inquiété publiquement de voir un jour le Portugal sortir de l’Union monétaire. « Si nous ne sommes pas capables de garantir les conditions de confiance et de gouvernabilité du pays, nous pourrons être confrontés à une situation absolument dramatique, a-t-il dit à l’hebdomadaire Expresso samedi. L’alternative (…) est, à terme, une sortie de l’euro. »

Cette menace est un chiffon rouge agité sous le nez de l’opposition pour l’inciter à collaborer à la préparation d’un budget de rigueur sans précédent. Est-elle crédible pour autant ? Au printemps, un tel scénario avait déjà été évoqué pour la Grèce, divisant responsables politiques et économistes. Certains préconisaient un retour de la drachme, avec une forte dévaluation à la clé, pour aider l’économie grecque à regagner en compétitivité. De même, un escudo faible permettrait sans doute au Portugal de regagner des parts de marchés, notamment pour les exportations de textiles, face à la Chine et aux pays d’Europe de l’Est. Et partant de relancer une économie peu dynamique.

« SCÉNARIO EXTRÊME »

Mais cette perspective reste très théorique. « Il s’agit d’un scénario extrême qui ne peut être présenté comme une solution raisonnable, estime Bruno Cavalier, chef économiste à la société de Bourse Oddo. Il a fort peu de chances de se réaliser, ne serait-ce que pour des raisons techniques. »

Une sortie volontaire, voire une exclusion de l’euro, ne sont pas prévus par les traités encadrant l’adhésion à la monnaie unique. D’ailleurs, jugent les experts, les difficultés du Portugal risqueraient de s’aggraver fortement.

Un abandon de l’euro nécessiterait de longues semaines de négociations avec l’Union européenne. Mais les déposants portugais, eux, s’empresseraient de retirer leurs avoirs des banques du pays. Celles-ci ne pourraient plus se refinancer auprès de la Banque centrale européenne (BCE) dont elles sont pourtant très dépendantes aujourd’hui.

Quant aux entreprises, elles seraient asphyxiées sous le poids de leurs crédits libellés en euros. Même chose pour l’Etat, dont l’endettement deviendrait vite insupportable.

« QUANTIFIER L’IMPENSABLE »

Début juillet, la banque néerlandaise ING avait tenté, dans une étude, de « quantifier l’impensable ». Autrement dit, de mesurer l’impact économique, financier et monétaire d’une sortie de la Grèce de la zone euro. Selon leur enquête, la péninsule hellénique connaîtrait, la première année, un recul de 7,5% de son produit intérieur brut (PIB). Les autres pays de la zone euro en ressentiraient aussi des effets sur leur croissance.

Surtout « le départ de la Grèce seule ébranlerait gravement la confiance des marchés financiers quant à la viabilité de l’Union économique et monétaire dans son entier », soulignaient les auteurs de l’enquête. Un jugement qui serait, sans nul doute, identique dans le cas du Portugal.
Marie de Vergès

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Portugal : « risque élevé » d’un recours à une aide financière extérieure

Posté par mouradpreure le 17 novembre 2010

LEMONDE.FR avec AFP, Reuters et Bloomberg | 15.11.10 |

La semaine dernière, dans le sillage de l’Irlande, le Portugal s’est à son tour retrouvé dans la mire des marchés financiers, le taux de rendement des obligations d’Etat atteignant des niveaux historiques, en dépit du vote en première lecture d’un budget d’une rigueur sans précédent.

RISQUES DE CONTAGION

Interrogé sur les risques de « contagion » des problèmes rencontrés par l’Irlande, qui est sous pression pour accepter une aide européenne, M. Teixeira dos Santos a estimé que son pays se trouvait en première ligne. « Le risque est élevé car nous ne faisons pas face au problème d’un seul pays. C’est le problème de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande. Ce n’est pas seulement le problème de ce pays », a-t-il insisté, cité par le site Internet du quotidien économique. Selon le FT, il faisait référence à la possibilité que Lisbonne ait besoin d’une aide financière internationale.

« Les marchés regardent ces économies comme un ensemble car nous sommes tous dans la zone euro, et peut-être qu’ils considéreraient les choses autrement si nous n’étions pas dans la zone euro. (…) Tout ceci a à voir avec la stabilité de la zone euro, c’est pourquoi la contagion dans un tel cadre est plus probable », a encore assuré M. Teixeira dos Santos.
Dans une déclaration à l’agence Lusa, le ministre a toutefois précisé que le Portugal n’avait pris « aucun contact avec les autorités de Bruxelles, ni formel ni informel, en vue d’un recours à l’aide européenne ».

« JE NE VOUDRAIS PAS FAIRE LA LEÇON »

« Le Portugal se finance sur les marchés et compte continuer à se financer sur les marchés », a-t-il déclaré, affirmant que la situation des deux pays est « très différente ». Mais, a-t-il reconnu, « nous ne pouvons pas ignorer qu’il existe un effet de contagion ». Plus tôt dans la journée, le ministre avait demandé à Dublin de prendre en considération les autres pays de la zone euro, dans un appel indirect au gouvernement irlandais pour qu’il accepte une aide financière extérieure. « Je ne voudrais pas faire la leçon là-dessus au gouvernement irlandais, mais je veux croire qu’il décidera ce qui est le plus approprié à la fois pour l’Irlande et pour l’euro. Je veux croire qu’il saura prendre la bonne décision », avait déclaré le ministre des finances.

Dans le même temps, le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, déclarait lundi à l’agence Bloomberg n’avoir reçu encore aucune demande de l’Irlande pour une aide financière européenne : « l’Irlande n’a rien demandé. (…) Les Irlandais pensent pouvoir gérer eux-mêmes les problèmes auxquels ils sont confrontés. Ils n’en sont pas au point de demander une aide extérieure. »

Quoi qu’il en soit, lundi après-midi, le gouvernement socialiste portugais (minoritaire) et l’opposition du centre-droit ont repris leurs discussions lundi, en vue d’une adoption définitive du texte sur le budget.

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Les gestionnaires de la dette publique dans les marchés émergents se préparent aux enjeux de l’après-crise

Posté par mouradpreure le 8 novembre 2010

www.lemaghrebdz.com 08/11/2010

Gestionnaires de la dette et institutions financières internationales s’accordent à penser que l’amélioration des politiques macroéconomiques et de la gestion de la dette publique a permis à de nombreux pays émergents de protéger leur dette souveraine contre les effets de la récente crise financière mondiale. Alors que le paroxysme de la crise est désormais derrière eux, les gestionnaires de la dette publique s’efforcent d’en tirer les leçons, de réévaluer la problématique de la gestion de la dette dans le contexte de l’après-crise et de pérenniser les progrès réalisés par les marchés émergents.

C’est dans ce cadre que s’est inscrit le Forum sur la gestion de la dette souveraine organisé cette semaine par la Banque mondiale à Washington : plus de 180 gestionnaires de la dette et représentants d’institutions financières se sont retrouvés pour partager leurs expériences et anticiper les questions cruciales qui vont se poser en matière de gestion des risques. Hakan Tokac, directeur général adjoint des finances publiques en Turquie, résume les enjeux du forum :  » Après la crise financière mondiale, qui a vu la question de la gestion de la dette souveraine devenir une priorité pour les décideurs politiques, dans les pays émergents comme dans les pays développés, le Forum sur la gestion de la dette souveraine organisé par la Banque mondiale offre aux gestionnaires de la dette publique un cadre unique pour connaître les pratiques qui ont fait leurs preuves à travers le monde et aiguiser ainsi leurs propres compétences « .

Au cours des années qui ont précédé la crise, les gestionnaires de la dette publique ont tiré parti de la qualité des politiques macroéconomiques pour réduire l’exposition aux risques de leurs portefeuilles, en les axant sur les financement intérieurs, en réduisant leur dépendance à l’égard des obligations à taux variable et en étendant leur durée de vie moyenne. Lorsque la crise a frappé et que les marchés financiers ont plongé, les gestionnaires de la dette ont été confrontés pendant plusieurs mois à la quasi-impossibilité de lever des fonds sur les marchés des capitaux. Mais le temps et les ressources consacrés auparavant à la conception et à la mise en œuvre de stratégies de gestion de la dette leur ont conféré une certaine marge de manœuvre et permis de relever un défi sans précédent.

Le forum a ainsi été l’occasion de débattre des moyens employés pour ajuster les stratégies de gestion de la dette : recherche d’autres sources de capitaux pour refinancer les dettes existantes, réaffectation de l’offre de titres d’État vers des secteurs bénéficiant de la demande des investisseurs, opérations de gestion du passif destinées à renforcer les liquidités pour favoriser la stabilisation des marchés. De leur côté, la Banque mondiale et les autres institutions financières internationales ont accru leurs prêts afin d’aider les pouvoirs publics à satisfaire leurs besoins de financement. Depuis le début de la crise, la Banque a plus que doublé ses engagements annuels auprès des pays à revenu intermédiaire – de 13 milliards de dollars en moyenne avant la crise à plus de 40 milliards de dollars aujourd’hui -, et porté le montant décaissé à 37 milliards de dollars.
RN.

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La guerre des monnaies n’aura pas lieu

Posté par mouradpreure le 7 novembre 2010

www.slate.fr – Vendredi 5 novembre 2010

Les gouvernements proclament vouloir éviter une guerre des monnaies qui serait dommageable pour tous. Tant mieux. Mais il faut s’attaquer aux racines du mal: les déséquilibres commerciaux.

La guerre des monnaies n'aura pas lieu dans CRISE ECONOMiQUE eurodestruction_0_0_0 

- Euro destruction/Makusram via Flickr License by -

Des bonnes nouvelles vraiment? Le monde va-t-il réussir à s’épargner une quatrième crise: la crise des changes après la crise de la finance, la crise économique et la crise de l’emploi? En ces temps où l’on doute de la qualité de la reprise en Amérique et en Europe, il faut y croire. Il faut s’accrocher à l’affirmation de Christine Lagarde («Les Echos» du 26 octobre) selon laquelle: «l’esprit de coopération» a été retrouvé au G20, lors de la réunion des ministres des Finances en Corée.

La veille encore, les roulements des tambours de guerre allaient grossissant. En Amérique, les cris s’élevaient pour dénoncer une Chine «manipulatrice de sa monnaie» et des lois de rétorsion avaient pris leur place dans l’agenda du Congrès. Au Brésil, en Thaïlande, en Corée du Sud, une restriction des mouvements de capitaux a été décidée pour éviter un emballement des devises locales. Et partout montaient, et montent encore, les angoisses d’un monde trop ouvert qui détruit les emplois et ruine la classe moyenne. Le protectionnisme, que les responsables du G20 ont repoussé unanimement depuis le début de la crise, faisait son retour par la fenêtre monétaire: la «triche» pour dévaluer, gagner en compétitivité et gonfler leurs exports, c’est-à-dire leurs emplois au détriment des autres.

C’est fini? Pas de guerre des monnaies? On veut y croire puisque tout le monde y perdrait. Les gouvernements disent renoncer à la guerre et aux dévaluations compétitives. En gros, cela se traduira par une baisse progressive du dollar et, si les Chinois ne mentent pas, par une réévaluation du yuan. Si ce jeu de l’unité du G20 dure, les fluctuations des marchés autour de ces tendances pourraient être lissées, comme le note Laurence Boone de Barclays Capital, et cet ordonnancement évitera peut-être les pires mouvements spéculatifs, très meurtriers pour les entreprises. Voilà beaucoup de si… Mais dans la catégorie des bonnes nouvelles, il faut ranger la déclaration, à la sortie du G20, des Américains et des Chinois qui disent avoir trouvé un compromis pour réduire progressivement leur déséquilibre commercial, trop de déficit ici, trop d’excédent là. Si les actes suivent les paroles, les gouvernements s’attaqueraient ici non pas seulement aux monnaies, «la surface» comme l’a dit un responsable de la Banque de Chine, mais à la racine de la crise. Car ce sont ces déséquilibres commerciaux qui sont à l’origine de tout le mal. Ils ont poussé la planète économique dans une spirale infernale désormais bien connue: les ménages américains vivent à crédit, les Chinois les financent en achetant leurs emprunts, Pékin garde cet argent et accumule des dollars (2.500 milliards actuellement), cette masse de liquidités inonde la planète, «crée de la monnaie», ce qui fait descendre les taux d’intérêt, les Américains trouvent à emprunter moins cher pour surconsommer, etc…

Comment arrêter cette spirale? La première piste est d’installer un système de surveillance des déficits, au sein du Fonds monétaire international, dont c’est le rôle, en le dotant d’une voix qui porte. Dans la crise, le FMI a restauré une crédibilité en prônant une relance concertée mondiale mais ce n’est qu’un bout du chemin. Il lui faut convaincre la Chine et toute l’Asie qu’accumuler des réserves de dollars, comme ils le font depuis la crise asiatique de 1997, n’est pas du meilleur effet pour la croissance mondiale. Ils feraient mieux de consommer cet argent, donc de viser à réduire leurs excédents commerciaux et non pas le contraire. La réforme du FMI, qui est menée en parallèle, est fondamentale pour faire entrer au conseil les pays émergents, leur donner voix au chapitre, bref pour les amener à participer en responsabilité à la gestion du monde.

Ensuite? Le FMI devra faire des propositions au printemps pour aller plus loin dans la réforme du système monétaire international. Les Droits de tirages spéciaux (DTS) peuvent-ils retrouver une place, comme les Chinois l’ont évoqué? Il faudrait en réinventer les mécanismes, selon Jean Pisani-Ferry et Agnès Benassy-Quéré («L’Economie mondiale 2011», Cepii). Reste à s’accommoder d’un système multipolaire (dollar, euro, yuan, yen) en espérant vite réduire les trop grands déséquilibres entre régions. En clair, ôter les motifs de guerre aux grands fauteurs: l’Amérique doit produire plus et la Chine consommer plus. La Maison-Blanche a évoqué une barre de 4 % du PIB pour un déficit ou un excédent commercial. C’est aller dans la bonne direction. Si ensuite le FMI pouvait affiner cette directive, fixer des cibles des taux de change et faire la police…
Eric Le Boucher

Cette chronique est également paru dans les Echos
Photo: Euro destruction/Makusram via Flickr License by

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L’économie mondiale à la recherche d’un rééquilibrage

Posté par mouradpreure le 7 novembre 2010

www.lequotidien-oran.com 06/11/2010 par Akram Belkaid, Paris

L’économie mondiale à la recherche d’un rééquilibrage  dans CRISE ECONOMiQUE 350px-Precipice 

En matière de conjoncture économique, il y a toujours un mot à la mode qui court sur toutes les lèvres et dans les colonnes des journaux. En ce moment, on ne parle ainsi que de «rééquilibrage» de l’économie mondiale. Un thème qui sera forcément à l’ordre du jour lors de la prochaine réunion du G20, les 11 et 12 novembre à Séoul. La situation est simple : une bataille des monnaies est en cours, chaque pays cherchant à défendre sa compétitivité, et il est urgent d’y mettre fin car c’est bel et bien la reprise de l’économie mondiale qui est menacée.

L’Amérique dicte sa loi…

Le problème, c’est que tout le monde n’a pas la même définition de ce que devrait être ce rééquilibrage et cela vaut surtout pour les Etats-Unis. On sait que Washington est décidé à faire baisser la valeur du dollar. C’est le sens de l’orientation de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) qui va, pour la deuxième fois depuis la crise de 2008, intervenir directement sur le marché en achetant des titres publics dont des bons du Trésor américain. Cette politique «d’assouplissement quantitatif», que l’on désigne aussi par le terme QE2 soit «Quantitative easing, épisode 2», a pour but de doper l’économie dont la croissance est jugée trop molle.

Dans les faits, cela revient à injecter des liquidités ou, pour être plus direct, à faire fonctionner la planche à billets (un procédé que les Etats-Unis peuvent se permettre du fait de la position dominante du dollar dans le monde). En clair, l’Amérique veut créer de l’inflation pour sauver son économie quitte à ce que cette hausse des prix soit exportée dans le monde. A l’inverse, une bonne partie de la planète, dont les pays émergents, préférerait un mécanisme inverse avec, pourquoi pas, une déflation aux Etats-Unis (ce dont ne veulent absolument pas les dirigeants américains ainsi que Wall Street).

Comment ce bras de fer va-t-il se terminer ? Les pays émergents vont-ils accepter de voir le dollar baisser de manière continue et saper leur compétitivité ? Jusqu’à quand l’Union européenne va-t-elle s’accommoder d’un euro fort qui menace sa cohésion ? Il est évident qu’un ajustement va avoir lieu. Il reste à savoir qui sera le gagnant du bras de fer en cours. Il y a dix ans, voire même cinq, la question ne se serait même pas posée du fait d’une inéluctable victoire américaine. Mais aujourd’hui, les choses ont changé. Les pays émergents sont les moteurs de l’économie mondiale et certains d’entre eux, comme le Brésil ou la Chine, n’ont pas l’intention de rendre les armes facilement. En tout état de cause, la crise monétaire actuelle est un moment crucial qui influera sur l’évolution de l’économie mondiale au cours des prochaines années.

… Mais jusqu’à quand ?

Mais même si les Etats-Unis l’emportent – ce qui reste le plus probable – il n’en demeure pas moins que des modifications profondes sont enclenchées. L’une d’elles concerne le commerce international et sa monnaie de référence. Jadis, devise incontournable dans les échanges entre pays émergents, le dollar voit son leadership attaqué de tous les côtés. C’est le cas par exemple en Turquie, où les autorités souhaitent que le commerce avec la Chine se fasse en livre turque ou en yuan. L’Afrique du Sud, le Brésil et, à un degré moindre, la Russie sont sur la même ligne. C’est tout l’enjeu de ce début de siècle. Si le dollar perd tout ou une partie de sa prégnance, les Etats-Unis ne pourront plus faire subir aussi facilement les conséquences de leur politique économique au reste du monde.

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La guerre des monnaies, dernière étape de la crise

Posté par mouradpreure le 7 novembre 2010

www.slate.fr Mercredi 27 octobre 2010

LA CRISE N’EST PAS FINIE – 2007-2010: voici trois ans que notre économie est en crise. Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes étudie la période récente et nous livre son diagnostic: pour en sortir, il va falloir régler des problèmes structurels graves.

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Un trader de la Bourse de Frankfort, le 17 août 2007. REUTERS/Kai Pfaffenbach -

Les débats économiques sont parfois simplistes et décalés par rapport à la réalité. C’est ainsi que nous avons passé les six derniers mois à écouter des débats stériles pour savoir si nous étions confrontés à une reprise franche, à une reprise molle, ou à une rechute (le fameux «double-dip»). Les analystes, en début d’année, regardaient avec optimisme la forte croissance aux Etats-Unis et les signes d’accélération de l’Allemagne, et évoquaient le risque d’inflation; aujourd’hui ils se concentrent sur le freinage de la croissance américaine et le risque de déflation. Ceci illustre la confusion qui est faite entre un cycle économique normal et la crise que nous vivons, c’est-à-dire un certain nombre de dérèglements fondamentaux de l’économie mondiale.

L’économie est toujours déréglée

En réalité, un certain nombre d’évolutions sont du domaine du prévisible. La crise est loin d’être finie, comme le montrent l’insolvabilité croissante des ménages aux Etats-Unis ou en Espagne, la taille des déficits publics, le niveau du chômage, etc., et ceci implique que le scénario le plus probable est celui d’une croissance molle et durable dans les pays de l’OCDE. Mais sortir de cette croissance molle imposerait d’être capables de résoudre un certain nombre de problèmes structurels graves (le surendettement des ménages et des Etats, la recherche de rendements anormalement élevés du capital, les transferts massifs d’activités et des capacités de production des pays de l’OCDE vers les pays émergents) et d’éviter les dangers liés aux faux remèdes qui ont été mis en place (l’expansion non maîtrisée des liquidités à l’échelle mondiale, conduisant à la volatilité dramatique, à nouveau, des prix des matières premières, aux flux de capitaux déraisonnables vers les pays émergents).

Alors, on peut dire aujourd’hui sans risque de se tromper que nous sommes encore dans des dérèglements de l’économie mondiale qui sont le synonyme de crise. Pour cela, parmi de nombreux autres, un indicateur permet de comprendre à quel point il y a comme une impossibilité de réguler l’économie mondiale. En effet, les bilans des banques centrales attestent de ces difficultés rémanentes. En janvier 2007, le bilan de la BCE était de 900 milliards d’euros tandis que celui de la FED approchait les 1.200 milliards de dollars. En 2010, le bilan des deux banques centrales majeures ont doublé pour atteindre 1.971 milliards d’euros pour la BCE et 2.300 milliards de dollars pour la FED, comme le montre le graphique ci-dessous.
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Source: Bloomberg

Jusqu’à mi-septembre 2008, l’allocation des actifs des banques centrales avait progressivement évolué vers des opérations de refinancement de maturité croissante. Le 15 septembre 2008, la faillite de Lehman Brothers amorce une seconde phase, dont nous ne sommes pas réellement sortis, avec la reprise d’actifs financiers complexes non liquides par les banques centrales. Pourquoi? Parce que les actifs financiers au bilan des banques apparaissaient difficiles sinon impossibles à évaluer. Des milliards d’euros de produits structurés ne valant plus rien grevaient les bilans des banques qui ne se prêtaient plus entre elles. La titrisation avait aggravé la situation en réunissant au sein de mêmes produits structurés, des actifs de qualité et d’autres dépréciés, empêchant la lecture transparente des bilans des banques.

La principale inquiétude réside aujourd’hui dans le fait que le bilan des banques centrales n’a presque pas évolué depuis cette défaillance. L’intervention des banques centrales fut d’abord une solution d’urgence pour soutenir un secteur financier indispensable au financement de l’économie. Or, ces interventions n’ont que partiellement relancé la liquidité interbancaire. Les banques centrales n’ont encore d’autre alternative que de conserver les actifs dépréciés. Cela nous montre que la crise risque de se prolonger, car les banques, une fois leurs fonds propres reconstitués, devront apurer leur passif auprès des banques centrales pour que l’activité interbancaire reprenne. Or, ceci est une condition sine qua none à la reprise d’une croissance vigoureuse. Plus fondamentalement, la logique des évènements 2007-2010 fut unique, liée à un déséquilibre de l’économie réelle. Certes, les chocs financiers furent divers, mais ils procédaient tous d’une même raison, l’abondance de liquidités et sa conséquence: le surendettement des ménages et des Etats.

1. Nous sommes au cœur d’une crise de l’économie réelle

Lorsque, dans quelques années, l’on réexaminera cette période, on s’apercevra que jamais le monde ne fut confronté à un tel transfert d’activités des pays de l’OCDE vers les pays émergents. Pourquoi une telle brutalité dans ces mouvements, source de tensions macro-économique insoutenables? Parce qu’il n’existait aucun instrument de régulation à l’échelle mondiale capable d’assurer la transition nécessaire. Et les raisons de ce qui restera comme une crise majeure de l’économie mondiale trouvent leur origine dans l’histoire des vingt dernières années.

Souvenez-vous du socialisme de marché

En effet, il y a une vingtaine d’années, avant la chute du mur de Berlin, les économistes débattaient de la confrontation entre capitalisme et socialisme avec la vision simplificatrice de deux systèmes en compétition, homogènes l’un et l’autre. Et puis, tout cela s’est évanoui dans la disparition du bloc soviétique et nous avons progressivement admis que l’économie de marché s’était totalement et définitivement imposée, créant ainsi les conditions d’émergence d’un capitalisme mondial. Les maîtres mots étaient tous rattachés à l’idée même du marché: dérégulation, déréglementation, financiarisation, mondialisation. Dans la réalité, nous avions totalement assimilé, à tort, les concepts de marché et de capitalisme en oubliant des expressions du passé comme celles de socialisme de marché. Souvenez-vous, il s’agissait de faire cohabiter l’objectif d’un avenir, collectivement imaginé et décidé avec un fonctionnement quotidien du marché nécessaire au bien-être du consommateur. Tout cela n’a pas pour objet de développer la nostalgie des années 1960-70, mais de rappeler que socialisme et capitalisme sont des concepts multiples et, en réalité, séparés de celui de marché. L’enjeu est de taille, puisque si l’on retrouve une véritable conceptualisation spécifique du capitalisme comme mode d’appropriation et de régulation, notamment institutionnel du capital, on peut légitimement considérer qu’il n’y a pas une entité unique et donc qu’il y a possibilité de confrontations. C’est dire si le sujet est fondamental, puisque derrière ce qui pourrait apparaître comme un débat théorique, c’est une vraie hypothèse sur l’origine de la crise. Des formes nouvelles émergèrent, mais elles ne peuvent, aujourd’hui, définitivement établir le clivage principal entre capitalisme anglo-saxon, familial ou paraétatique. C’est le monde anglo-saxon qui bénéficia le plus de la phase de généralisation de l’économie de marché, s’insérant partout, en Europe centrale, en Russie en établissant une sorte de pouvoir sans partage, non seulement dans les pays fondateurs, mais partiellement dans l’ensemble de l’Europe continentale. Tout cela donna le sentiment que l’affaire était jouée et que le monde était définitivement engagé dans une homogénéisation parfaite. Faux, puisque le capitalisme paraétatique était la règle dans nombre de pays émergents. C’est connu en Chine et en Russie, cela l’est moins en Amérique du Sud.

Les capitalismes responsables de la crise

On le voit, le tableau était bien complexe, très incertain et sans que la règle de la convergence des modèles économiques ne soit si évidente que cela. Oui, la vraie origine de cette crise réside dans l’incapacité des multiples formes de capitalismes, largement en confrontation, de trouver des lieux de négociation, de conciliation parce que ceux qui existent, FMI, Banque mondiale, G8 sont datés, inaptes à permettre aux nouveaux rapports de force de s’exprimer. Et c’est ainsi que la crise de l’énergie, et celles de l’OMC, n’ont pas encore aujourd’hui trouvé de solutions. En réalité, la crise financière est survenue dans des économies déjà fortement fragilisées par le choc des prix des matières premières survenu durant les précédentes années. La hausse du prix des matières premières, tout particulièrement celle du pétrole, a été continue à partir de la reprise américaine de 2002 et a accompagné l’exceptionnelle croissance mondiale 2002-2007. Elle contraste fortement avec la tendance baissière de la plupart des produits de base dans les années 1980 et 1990 (Helbling et al., 2008).

Dès 2005, les spécialistes identifiaient l’existence d’un choc des matières premières, du pétrole aux métaux en passant par le caoutchouc et les céréales (Chalmin, 2005). Ce choc s’est ensuite encore amplifié, la hausse s’accélérant jusqu’au pic de mi-2008. Le prix du pétrole est exemplaire de ce choc, en passant d’environ 30 dollars le baril en 2002, au moment de la reprise américaine, à 60 dollars début 2007, pour atteindre le pic de 146 dollars en juillet 2008, puis pour redescendre à 47 dollars en janvier 2009. Un indice du prix des matières premières montre une évolution semblable, le prix étant multiplié par 1,5 entre 2002 et 2007, puis encore par 1,5 jusqu’au pic de juillet 2008.

Les céréales, qui constituent le premier maillon de la chaîne alimentaire, ont suivi la même évolution. Le blé détient le record de progression, d’environ 120 dollars la tonne à 400-450 dollars au moment du pic. La flambée est semblable pour le riz, un peu moins forte pour le maïs. L’indice général des produits alimentaires, calculé par les spécialistes de la FAO à partir des prix de 55 produits différents représentatifs du marché, a quant à lui augmenté de 54% entre mai 2007 et mai 2008. Le pétrole était au plus haut quelques semaines après les flambées céréalières et leurs cortèges d’émeutes de la faim. A partir de mi-juillet, s’est amorcée une baisse des prix qui s’est ensuite accélérée. Au début 2009, la baisse atteignait environ 70% pour le pétrole et les métaux, environ 50% pour les céréales. Cet exemple de volatilité extrême, jouant successivement sur l’investissement des entreprises productrices puis sur le pouvoir d’achat des ménages est l’illustration parfaite des dérèglements de l’économie réelle.

2. Une crise déclenchée et entretenue par l’excès de liquidité

Le mot important est «inutile». Il est impossible de comprendre l’origine de la crise bancaire, l’incroyable créativité en termes de produits financiers totalement désolidarisés de l’économie réelle si nous n’avons pas en perspective cette masse inconnue jusqu’alors, par son ampleur de liquidités auxquelles les banquiers ont trouvé des usages purement financiers. Rappelons des faits bien connus: l’accroissement des réserves de changes ces dernières années, principalement des pays exportateurs de pétrole ou de matières premières et des pays asiatiques, a été effectivement une première dans l’histoire économique mondiale. En effet, les réserves de changes, en un peu moins de cinq ans, ont pratiquement quintuplé. Ceci est à la fois l’illustration et l’origine de l’extraordinaire dynamique de l’économie mondiale, mais surtout de la non stérilisation de ces réserves.

Ces réserves furent essentiellement investies en dettes libellées en dollars américains, d’un montant supérieur à 2.450 milliards de dollars, comme ce fut le cas pour la Chine qui, à elle seule, totalise encore près du quart des réserves de changes mondiales. Les prix des matières premières et du pétrole n’auraient jamais crû ainsi s’ils n’avaient été l’objet de bulles, c’est-à-dire d’argent inutile, puisque nous ne retrouvons pas un niveau d’investissements réels correspondant à cette hausse de prix qui est donc bien, pour partie, spéculative. Bien entendu, de nombreux autres actifs furent de véritables points d’accumulation de bulles permettant ainsi le développement des techniques financières, somme toute assez banales, comme les titrisations. Mais ce qui fut moins banal, c’est que les titrisations, qui en elles-mêmes sont des techniques utiles, n’ont pas été développées pour alléger réellement les bilans des banques et générer des fonds propres permettant ainsi des formes de crédits plus utiles pour les économies. C’est même l’inverse qui s’est produit. Prenons l’exemple le plus incroyable: les banques ont créé, pour relancer les titrisations, des véhicules spécifiques, les SIV (Special Investment Vehicles). Et bien sur certains plans, les SIV furent liés à des titrisations exclusivement investies en CDS (Credit Default Swap) , c’est-à-dire des dérivés de crédit. Cela fut un exemple parfait d’un détournement de procédures.

Le basculement des économies dans la crise fut la conséquence du caractère insensé de cette création de liquidités. Trop de liquidités incontrôlées et largement inutiles entraînèrent à un moment déterminé une véritable panique bancaire, le gel des positions des uns et des autres, la cessation des transactions entre institutions financières prises individuellement, et, au final, une crise de liquidités. Sur ce plan-là, la crise financière actuelle est très originale puisque c’est la première fois que les primes de risques augmentent considérablement avant les défaillances des entreprises. Ceci est le reflet d’une restriction considérable de la liquidité sur les marchés du crédit bien plus qu’une dégradation importante des fondamentaux des entreprises. Ce n’est qu’après, vraisemblablement à la fin du printemps 2008, que les entreprises connurent un véritable choc sur leur trésorerie, puis leur capacité de financement et finalement, par effet systémique, sur leurs carnets de commandes. Ensuite, nous constatâmes une augmentation généralisée des primes de risques dans le secteur des entreprises. Le résultat est connu. Les Etats-Unis et la zone euro plongèrent dans la récession. On pourrait en tirer une conclusion d’évidence: il est désormais prioritaire de repenser complètement le circuit de financement de manière suffisamment efficace, largement non bancaire, pour éviter que cette récession ne se transforme complètement en crise. Pour résumer, la crainte générale est celle d’une transmission de ces difficultés de liquidités au crédit. Cette crainte n’est pas inventée. Il existe un caractère simultané de la baisse de la croissance, de la hausse des faillites et de celle des spreads. Le cycle cumulatif à la baisse est malheureusement en marche. On le remarque notamment dans l’économie américaine qui fut la première victime de l’excès de liquidités. Chacun le sait, l’économie américaine se développa artificiellement par un excès d’endettement de tous les acteurs économiques. Ceci concernait tous les agents: l’Etat fédéral, les ménages via les prêts hypothécaires et donc les banques, et enfin la titrisation des crédits aux ménages ou aux entreprises. Ce mécanisme permit d’auto-entretenir ce cycle d’endettement jusqu’à la crise des subprimes de l’été 2007

3. La dérive des processus et produits financiers

Pour bien comprendre les crises financières telles qu’elles ont pu se développer dans ces trois dernières années, tant celles des subprimes que des dettes souveraines, il faut en prendre le produit le plus emblématique, le plus discutable car il présente des aspects négatifs mais également positifs de cette période d’explosion de la finance. Il s’agit évidemment de la titrisation.

Comme le souligne de manière très convaincante Barry Eichengreen, il y aurait une sorte de nostalgie des temps passés au cours desquels les banques jouaient un simple rôle d’intermédiation en prêtant de manière tout à fait raisonnable à des ménages et à des entreprises, et cela dans le cadre de bilans parfaitement transparents et ajustés. Revenons donc au temps heureux où la titrisation n’existait pas, ou alors, autre version de la même approche, établissons une régulation forte et définitive qui nous ramène à la période bénie des années 1960. Et c’est sûrement là l’une des tentations les plus fortes qu’ont aujourd’hui les autorités financières américaines et européennes. En réalité, le problème est beaucoup plus complexe, car la titrisation a fait partie d’un mode de financement global de l’économie mondiale dont elle n’était qu’un élément parmi d’autres, et qui a par ailleurs joué sans nul doute également un rôle positif. En fait, la titrisation n’est en aucune manière un objet isolé. Elle fut le produit de la dérèglementation des marchés financiers, des nouvelles formes de régulation bancaire et d’un environnement de dématérialisation totale des flux de capitaux à l’échelle mondiale. Ceci donna ce résultat étonnant d’explosion des titrisations.

Car le mot clé fut celui de l’excès brutal, c’est-à-dire l’emballement d’un système incontrôlé et cela depuis peu, c’est-à-dire dans les cinq dernières années. Ce qui est bien connu, c’est l’incroyable extension du crédit aux Etats-Unis et donc l’explosion des fusions-acquisitions ou du private equity. L’un et l’autre sont des mécanismes qui ont leurs vertus pour peu que leur développement conserve un lien solide avec l’économie réelle.

Or, 2007 fut l’année de toutes les folies et chacun a en mémoire les immenses levées de fonds, notamment celles de Blackstone et autres KKR et les introductions en Bourse de leurs sociétés de gestion sans que la logique de ces mouvements n’apparaisse clairement. La sanction n’en est revenue que plus brutalement. Mais surtout cet excès systématique a trouvé son véritable point d’ancrage dans les dérives de la titrisation sous toutes ses formes. En réalité, dans les dernières années, la titrisation qui s’inscrivait dans une double logique d’optimisation des fonds propres et de la gestion actif/passif, aux mains des directions financières, des banques, passa subrepticement sous le contrôle des salles de marché avec pour objet essentiel de lancer des produits à fort effet de levier et très fort rendement espéré. Rappelons-le, la titrisation consiste à sortir des actifs du patrimoine d’une institution, en les cédant sous forme de valeurs mobilières. Un véhicule est créé auquel les actifs sont cédés. Ce véhicule émet les titres et perçoit les flux de trésorerie générés par les actifs sous-jacents et les reverse aux investisseurs (paiement des intérêts et remboursement des titres). Le schéma ci-dessous rappelle les étapes du mécanisme.

 

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Source: LCF

Lorsque l’on décrit les opérations telles qu’elles furent mises en œuvre, on s’aperçoit que les banques sont très souvent intervenues à tous les niveaux des opérations notamment dans la création et le financement des SIV ou conduits et donc que l’écheveau est évidemment bien difficile à dénouer. Dans les faits, la titrisation qui consistait évidemment à vendre soit des crédits immobiliers des ménages aux Etats-Unis aux agences en charge du refinancement immobilier, les Freddie Mac et Fannie Mae, soit des crédits aux émetteurs d’ABS (Asset Backed Securities ) a pêché de deux manières. D’abord parce qu’on a exagéré le refinancement des dettes à long terme par des actifs, parfois à court terme, mais surtout on a créé des véhicules accueillant des actifs restructurés (ABS d’ABS), avec des palettes de risques très diversifiés et financés avec endettement à la clé. C’est là où se situe la principale dérive du système: rajouter un endettement qui a pour seul objectif d’améliorer le rendement. La logique même du rôle du banquier prêteur est transgressée. Risques sur risques n’a jamais conduit à un financement sain d’une économie mondiale en pleine ébullition.

4. Les conséquences des dérives financières

Le résultat de ces excès, de ces risques inutiles, de ces erreurs de conception, ne s’est pas fait attendre. Un monde sans liquidités organisées fait peur, crée ce qui est le cœur de toute crise financière, c’est-à-dire la perte de confiance. Celle-ci a touché toutes les formes de titrisations bien au-delà du premier choc de l’été 2007 et de la crise des subprimes. L’ensemble s’est mis à vaciller, secoué par la règle, là aussi largement inadaptée, du marked-to-market, plus encore celle du marked-to-model. Les cours des émissions de tous ces produits ont baissé de manière très significative pour la raison simple que personne n’est capable d’évaluer les risques de ces titrisations donc de formuler un pricing raisonnable et ceci est renforcé par le fait qu’ils ne peuvent être réellement négociés sur le marché. Là se trouve, pour une large part, l’origine des formidables pertes des grandes banques américaines mettant ainsi tout le système financier mondial au cœur d’une crise dont chacun commence à mesurer la gravité. Alors, cette crise financière, qui a trouvé son point de démarrage dans les difficultés immobilières assez traditionnelles, a désormais sa propre logique, son développement incontrôlé avec pour acteurs principaux les grands bénéficiaires des cinq dernières années, les banques et les grands fonds LBO.

La première conséquence est évidemment l’effondrement du marché immobilier, d’abord aux Etats-Unis puis en Angleterre et en Espagne.

 

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Source: LCF

 

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Source: LCF

 

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Source: LCF
Les graphiques mettent en lumière l’ampleur de la dégradation et le fait qu’elle n’est pas terminée. A cette évolution cyclique classique de l’immobilier, qui aurait simplement ralenti sensiblement la croissance américaine, britannique et espagnole, est venu se surajouter un dérèglement financier. Où en sommes-nous aujourd’hui de cette situation créée de toutes pièces par les excès d’exigences de rentabilité du système bancaire? Les spreads, tous marchés et secteurs confondus, ont augmenté car ils intégraient des taux de défaut dans une perspective de récession macro-économique, évidemment à des niveaux beaucoup plus élevés que des taux de défaut constatés.

Leur décroissance aujourd’hui est liée à un facteur profondément perturbant pour l’avenir, la baisse de crédit. Ceci se voit sur le graphique ci-dessous pour le crédit à long terme sur les spreads de crédit et sur le second sur la raréfaction du crédit à court terme.

 

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Source: Moody’s, Merrill Lynch

La troisième conséquence, elle, porte sur la structure du bilan du capital des banques. C’est peut-être le point le plus perturbant pour l’avenir. En effet, on voit la réorganisation de la structure du capital des entreprises financières. Les deux graphiques ci-dessous soulignent et la rapidité de cette réorganisation et le ralentissement, si ce n’est la disparition, de la titrisation.

 

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Source: JPMorgan
L’un et l’autre ont des implications très fortes, qui peuvent conduire à un relatif assèchement du crédit et donc au renchérissement important et inévitable de son coût. Comme on le voit ci-dessous, c’est donc sur ces deux points, avant tout, que doivent porter les efforts d’analyses et de réactions des autorités financières mondiales.

 

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Source: Bloomberg

 

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Source: Bloomberg

5. Trois points d’inquiétude

Partie d’un déséquilibre majeur entre l’offre et la demande de biens à l’échelle mondiale, d’un excès d’épargne et d’une explosion de liquidités, la crise n’est aujourd’hui pas finie. Trois points nous paraissent être au cœur des difficultés non résolues. Tout d’abord, le marché interbancaire n’a pas retrouvé son fonctionnement d’avant. C’est tout simplement le signe que le système bancaire mondial doute de lui-même. Et puis, les dettes souveraines, du moins certaines d’entre elles, demeurent le risque le plus important pour l’économie mondiale car le défaut d’un pays entraînerait une hausse brutale des taux d’intérêts à long terme et serait à l’origine d’un krach obligataire. Enfin, les tensions monétaires qui existent entre les principales puissances économiques risqueraient d’entraver la nécessaire entente qui doit exister pour relancer l’économie mondiale. Ce sont ces trois risques qu’en conclusion nous souhaitons illustrer.

A. Une liquidité bancaire toujours en question

Un discours rassurant est en train de s’installer un peu partout, celui d’un assainissement réglé du système bancaire mondial. Les nouvelles normes de réglementation issues de Bâle III vont restaurer une confiance durable dans les systèmes bancaires. Le financement de l’économie repartirait sur des bases plus saines où les excès passés seraient contrôlés et limités. Le seul problème, dans ce discours, c’est qu’il n’est pas auto-réalisateur. En réalité, les positions des opérateurs sont toujours aussi négatives. Il suffit pour s’en rendre compte de regarder les évolutions des indices iTraxx des financières. Le graphique ci-dessous montre à quel point l’aversion pour le risque bancaire reste très importante tant pour les dettes seniors que pour les dettes subordonnées. Après un pic en 2009, on peut voire que l’indice reste élevé et largement au-dessus de la période 2004-2007.

 

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Source : Bloomberg

L’abondance des liquidités couplées à un taux de défaut bas des émissions des sociétés non bancaires/industrielles montre que la compression des spreads a été importante et que très probablement les investisseurs ont privilégié ces instruments au détriment des emprunts d’Etat et des actions du fait des exigences exagérées en fonds propres de la part de Solvency II et Bâle III.

On peut constater sur ces 12 derniers mois que le secteur bancaire, qui a le plus souffert de la crise, est celui qui s’est le plus fortement redressé en 2010. Cependant, cela ne signifie pas que tous les systèmes bancaires domestiques sont sortis d’affaire. En effet, l’écart des spreads entre les entreprises financières et industrielles reste significatif. La stabilité du risque supérieur adossé aux financières montre bien le caractère structurel de la méfiance envers le système bancaire. Pour les opérateurs, les banques n’ont pas encore effectué les restructurations nécessaires au rétablissement de la confiance du secteur bancaire.

 

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Source: Bloomberg

Si on compare la liquidité interbancaire entre les marchés européens et américains, on constate que les swap spreads sont revenus à un niveau quasi normal aux Etats-Unis alors qu’il restent encore élevés en Europe. Ceci est probablement lié au fait que les difficultés des systèmes bancaires irlandais, grec, espagnol et allemand sont différentes. Les difficultés de certains de ces pays de la zone euro se retrouvent dans les niveaux de primes de risques des Credit Default Swap (CDS) à 5 ans.

Evolution des Swaps Spreads en Europe et aux Etats-Unis:

 

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B. L’augmentation des risques souverains

Les primes de risques sur les CDS à 5 ans de la Grèce ont atteint les 1.000 points de base. Les marchés spéculent sur une restructuration de la dette grecque. C’est pour cela qu’ils choisissent les dettes à maturité élevée au détriment des dettes à 1 ou 2 ans. Les primes payées par la Grèce sur la dette à 5 ans sont moins importantes que celles payées sur les dettes à échéance plus courte. Les déficits ne touchent pas que les pays méditerranéens, puisque l’Irlande vient d’annoncer un déficit de 32% pour 2010. L’évolution de la dette grecque: CDS pays à 5 ans

 

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Source: Bloomberg

C. Une guerre des monnaies

Cette crise ne finit pas d’en finir. Elle s’est étendue à l’ensemble du marché financier et elle pourrait retrouver ses origines d’économie réelle dans une guerre des monnaies dont les conséquences seraient incalculables.

Depuis septembre, l’euro s’est apprécié face à toutes les autres devises. En septembre, l’annonce de la FED du rachat progressif de dettes libellées en euros a provoqué une flambée de 12% de ce dernier face au dollar. De manière parallèle, la banque centrale du Japon a émis des inquiétudes face au rachat de bons du Trésor japonais par les Chinois.

L’incapacité des banques centrales européenne et japonaise à contrôler leur taux de change fait transparaître un réel rapport de force. Les relations entre Pékin et Washington étant toujours très tendues au sujet de la réévaluation peu probable du yuan, les deux superpuissances monétaires mettent sous pression leurs partenaires commerciaux respectifs.

L’appréciation du yen et de l’euro ont des conséquences très néfastes pour la croissance qui se traduisent par un risque de rechute pour un Japon sortant de 30 ans de déflation et une perte de compétitivité pour les européens.

L’attitude des banques centrales est donc sans équivoque. Ne pouvant s’affronter sur les marchés commerciaux car trop dépendant les uns des autres, les pays se combattent sur les changes afin d’obtenir l’avantage de la compétitivité prix. La réévaluation récente du yuan ne doit pas être analysée comme une inflexion de Pékin face aux Américains mais le souci de favoriser une consommation intérieure encore trop faible.
Jean-Hervé Lorenzi
Bibliographie
• «Est-il encore temps d’éviter une crise financière majeure», La crise financière: causes, effets et réformes nécessaires, H.Elbaz, J.H. Lorenzi, Les Cahiers Le Cercle des économistes, éditions puf, avril 2008.
• «De la bad à la good bank», Quelles perspectives pour les banques?, H.Elbaz, J.H. Lorenzi, Les Cahiers Le Cercle des économistes, éditions puf, 2009.
• «Financer la relance mondiale: des bulles à l’économie réelle, H.Elbaz, J.H. Lorenzi, Les Cahiers Le Cercle des économistes, éditions puf janvier 2009
• L’innovation au cœur de la nouvelle croissance, J.H. Lorenzi, A. Villemeur, Economica, mai 2009.
• 10 questions à propos de la crise des prêts subprimes, Revue de la Stabilité Financière, Barry Eichengreen, Février 2008
• Le capital-investissement et la croissance mondiale (rapport du CAE 2008) J. Glachant, J.H. Lorenzi et Ph. Trainar
• The Eclipse of the Public Corporation, Harvard Business Review, September / October 1989, pp. 61-74

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Le rêve américain ébranlé

Posté par mouradpreure le 30 octobre 2010

www.lexpansion.com Par Yves-Michel Riols, Jérôme Chatin, (photos), envoyés spéciaux dans l’Indiana – publié le 27/10/2010

Chômage, paupérisation, endettement… La crise fait vaciller les classes moyennes. Dans l’Indiana, au coeur de l’Amérique profonde, rencontres avec des familles qui doutent de leur avenir et de celui de leurs enfants.

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La famille Prater, à Silver Lake la débrouille face à la crise. Ce dimanche, Elizabeth, 10 ans, a tué son premier chevreuil. Dans la famille Prater, la chasse n’est pas qu’un loisir. Avec la crise, toutes les économies sont bonnes à prendre. « Un cerf, c’est 40 kilos de viande, de quoi tenir un mois et demi », précise Amber, la mère. Jérôme CHATIN

Voir aussi notre diaporama: Indiana, l’Amérique profonde à l’heure de la crise Helen et Richard Rhodes incarnent à merveille le rêve américain. Ce couple quadragénaire avec deux enfants, quatre voitures, un chat et un chien, est un modèle de réussite sociale. De leur élégante maison de plain-pied, ils contemplent un jardin d’un hectare et ont une vue imprenable sur le coucher de soleil qui s’enfonce dans la forêt environnante. Comme la plupart des autres habitants de la petite ville d’Upland, dans le nord de l’Indiana, les Rhodes ont sorti les décorations d’Halloween. Une citrouille et un épouvantail trônent devant leur porte d’entrée. La carte postale ne serait pas complète sans l’incontournable trilogie que l’on retrouve dans toutes les résidences de la classe moyenne du pays : un panier de basket fixé sur la porte du garage, un volumineux 4 x 4 et un drapeau américain. Helen est la première de sa famille à avoir fréquenté l’université. Sa mère travaillait à l’usine. Quant à Richard, il a été élevé dans une ferme des environs. Aujourd’hui, tous deux sont employés dans un hôpital, lui comme infirmier, elle comme cadre de direction. Avec un revenu mensuel combiné de l’ordre de 6 000 euros net, ils ont un niveau de vie bien supérieur à la moyenne. Mais il suffit de gratter la surface de ce décor, en apparence idyllique, pour découvrir une image plus contrastée.

Un sentiment de vulnérabilité généralisé

Comme pour tant d’autres familles, la crise a brouillé les repères. Pour les Rhodes, la retraite est devenue un horizon plus incertain. Avec l’effondrement des cours de Wall Street, leur épargne-retraite a fondu de plusieurs dizaines de milliers de dollars, et il leur reste encore dix ans de traites de leur crédit immobilier sur trente ans. Du coup, le rêve américain, ce passage de témoin de la prospérité d’une génération à l’autre, qui a tant nourri l’imaginaire du pays, paraît moins assuré pour leurs enfants. « ça sera plus dur pour eux, concède Richard. Je doute qu’ils puissent y arriver sans notre aide. »

Indiana : Superficie : 92 900 km² (l’équivalent du Portugal). Population : 6,4 millions d’habitants. Taux de chômage : 10,1 % (9,6 % aux Etats-Unis) Cette inquiétude palpable revient dans toutes les conversations. Pas étonnant quand le pays traverse l’une des pires crises de son histoire. Même si les Etats-Unis sont officiellement sortis de la récession, la reprise est flageolante, le chômage (9,6 % de la population active) a doublé en trois ans et le nombre de pauvres (44 millions) ne cesse d’augmenter. Rarement l’Amérique a autant douté de son avenir.

Malgré le gigantesque plan de relance de 787 milliards de dollars décrété par la Maison-Blanche, la consommation, moteur de la croissance, reste atone, et le pays tout entier est gagné par un sentiment de vulnérabilité. A la veille des élections de mi-mandat (midterm) du 2 novembre, la vague d’espoir suscitée par l’élection de Barack Obama en 2008 a aujourd’hui largement cédé la place au doute et à la colère. « Les Etats-Unis, relève Steve Forbes, le célèbre directeur du magazine du même nom, ont connu trois profondes périodes de pessimisme au cours du siècle écoulé : après la grande dépression des années 30, pendant l’inflation galopante des années 70 et maintenant, avec la crise économique. » La famille Trimble, à Gas City Un précieux réseau d’entraide Chez Belinda et Kevin Trimble, les courges du jardin servent surtout à la décoration. De quoi faire des cadeaux et alimenter la kermesse. Depuis la récession, les paroissiens s’entraident. Kevin a ainsi reçu un coup de main d’un électricien et d’un plombier pour l’aménagement de sa maison. « L’église, dit-il, c’est une famille dans la famille. »

Cela est d’autant plus vrai dans l’Indiana. Cet Etat du Midwest, grand comme le Portugal, est un parfait miroir du pays, avec un revenu par habitant et un taux de chômage voisins de la moyenne nationale. L’industrie locale, très dépendante de l’automobile, a été frappée de plein fouet par les déboires de General Motors, naguère le plus gros employeur privé du monde. Idem pour la filière de l’ameublement, très présente dans la région, qui n’a pas résisté aux délocalisations. L’Indiana conserve certes quelques fleurons industriels, comme le géant pharmaceutique Eli Lilly, ainsi que le Groupe Zimmer, mondialement réputé pour son matériel orthopédique, notamment les déambulateurs. Mais cet Etat doit surtout sa fierté au sport, grâce au circuit automobile d’Indianapolis et à son équipe de football américain, les Colts, deuxièmes du championnat national l’an dernier. S’en sortir en apprenant à vivre modestement.

Il faut à peine un quart d’heure pour se rendre de la maison des Rhodes à celle de Kevin et Belinda Trimble, dans la ville voisine de Gas City. Un court déplacement sur une de ces larges routes rectilignes, bordées de champs de maïs qui s’étendent à perte de vue et dominent le plat pays de l’Indiana. Chez les Trimble, ce n’est pas tant l’avenir qui inquiète, mais plutôt le présent. Ils font partie de ce grand ventre mou de la classe moyenne américaine, comprenant aux Etats-Unis tous ceux qui ne sont ni très riches, ni très pauvres. Comme tant d’autres qui s’identifient à ce groupe social élastique, les Trimble peinent à joindre les deux bouts. En fin d’après-midi, Kevin, un colosse de 53 ans, sort tout juste de sa douche. En short et tee-shirt, cet ancien cuisinier chez les marines s’offre un moment de répit après une longue journée de travail. Il se lève tous les matins à 3 heures pour livrer des snacks auprès des hypermarchés et supérettes de la région. Il dispose d’un maigre salaire fixe de 125 dollars par semaine (90 euros) et touche une commission sur les ventes. « Depuis la crise, dit-il en caressant pensivement son menton, je dois faire plus de route pour trouver plus de clients. » En moyenne, il gagne 1 600 dollars par mois (1 150 euros). Heureusement, sa femme dispose d’un revenu régulier grâce à son métier d’assistante sociale. Si les Trimble s’en sortent, c’est parce qu’ils ont appris à vivre modestement. Très peu de sorties, des congés, mais pas de déplacements. « Cela fait quatre ans que nous ne sommes pas allés voir mes parents en Floride, l’essence coûte trop cher », regrette Kevin. Pour l’instant, leur priorité est d’aider les deux enfants à terminer leurs études universitaires. C’est un vrai sacrifice pour la famille, avec une facture annuelle de l’ordre de 8 000 dollars (environ 6 000 euros). Encore ne s’agit-il que d’une fraction du coût réel, au moins sept fois plus élevé ! Mais, grâce à leurs bons résultats, les enfants ont obtenu des bourses. Pratique très courante aux Etats-Unis, ils ont également été sélectionnés pour participer à des activités extrascolaires de l’université, le fils dans l’équipe de football, la fille dans l’orchestre. Du coup, une autre partie de leurs frais a été prise en charge. Il n’empêche : ils achèveront leurs études avec 20 000 dollars (15 000 euros) de dettes chacun.

« Le grand problème, c’est l’absence de valeurs »

« En attendant, les travaux patienteront », soupire Kevin en balayant du regard la pièce commune de la maison, à l’ameublement aussi disparate qu’usé, à l’instar de son épais fauteuil. Malgré leurs difficultés, Kevin et son épouse se plaignent étonnamment peu de leur sort et demeurent viscéralement attachés à leur pays. Même si leur niveau de vie n’a rien à voir avec celui des Rhodes, ils ont pourtant en commun un même trouble qui dépasse largement les préoccupations matérielles. La famille Rhodes, à Upland.

Plus attentifs à leur budget Helen et Richard Rhodes sont employés dans un hôpital. Todd, 19 ans, travaille cinq soirs par semaine dans une pizzeria pour financer ses études, et Josie, 12 ans, rêve de faire de l’égyptologie. Même si la famille vit confortablement, « nous sommes plus prudents qu’avant avec nos dépenses », insiste Helen.

Ce malaise émerge dans toutes les rencontres. A chaque fois, c’est le même constat. Le pays s’égare, perd ses repères. « Le plus grand problème, aujourd’hui, c’est l’effritement de nos valeurs, résume Kevin, qui n’a rien d’un excité. L’appât du gain a permis de prêter de l’argent à des millions de gens qui n’en avaient pas les moyens, l’économie tout entière a ensuite plongé, dit-il. C’est la même absence de valeurs qui fait qu’il y a des enfants qui grandissent aujourd’hui aux Etats-Unis sans savoir ce qu’est un père ou une mère, qui n’ont jamais mis les pieds dans une église. » La peur du déclin attise un climat de fronde

Impossible d’échapper à ce scepticisme ambiant, si éloigné du légendaire optimisme américain. Dans l’Indiana, comme ailleurs dans le pays, il reflète une peur du déclin et alimente un climat de fronde sur lequel surfent tous les populismes, à commencer par le Tea Party, dont l’émergence a pris de court les partis traditionnels. Son succès est tel qu’il pourrait faire son entrée à la Chambre des représentants et au Sénat, le 2 novembre. Cette nostalgie d’une Amérique mythique n’a rien à voir avec l’âge. Lesley Downing n’a que 35 ans mais, lorsqu’elle décroche du mur de son salon le cadre de photos jaunies de ses ancêtres anglais, arrivés au xixe siècle, elle a du mal à dissimuler son émotion. D’ailleurs, la maison qu’elle occupe avec son mari ressemble à s’y méprendre à celle que l’on aperçoit sur les clichés de ses aïeux. Leur barn, une sorte de grange perdue au milieu de la campagne, a conservé la même forme que celles d’autrefois, avec sa toiture légèrement incurvée. Leurs ancêtres aussi ont sans doute dû enfermer les chiens le soir pour éviter qu’ils ne se fassent dévorer par les coyotes rôdant la nuit autour de la maison… Pour rien au monde Lesley et son mari Michael n’aimeraient vivre ailleurs. Mais, pendant que mijote une soupe de brocolis cueillis dans leur potager, ils laissent libre cours à leurs doutes autour de la table de la cuisine. Les revenus de Lesley, agent immobilier, ont piqué du nez depuis le début de la crise. Ceux de Michael, ingénieur électronique, ont également vacillé quand il a été mis au chômage partiel l’année dernière. Aujourd’hui, il compense avec des semaines de soixante-dix heures. Leur maison, achetée 140 000 dollars en 2005, en vaut à peine 110 000 maintenant. Et, sans le soutien de leurs familles, ils auraient du mal à boucler certaines fins de mois. « On a honte d’accepter leur aide, mais comment faire autrement ? » se désole Michael. Cet hiver, ils prendront leurs premières vacances depuis cinq ans. Une semaine en Floride, avec les beaux-parents, tous frais payés.

La famille Downing, à Peru

Soutenus par leurs proches Lesley et Michael Downing travaillent tous les deux, ont une jolie maison et un grand terrain. Mais leurs revenus ont chuté avec la crise. Ils ne pourraient pas s’en sortir sans l’aide de leurs proches. Grâce à eux, ils peuvent s’acheter des vêtements à Noël et partir enfin une semaine en vacances cet hiver. Les premières depuis cinq ans. Cette dépendance envers leur entourage, alors qu’ils travaillent tous les deux et approchent de la quarantaine, n’est pas ce qu’ils avaient envisagé. Au point d’ébranler les convictions de Lesley. « Quand on regarde autour de nous, tout semble contredire ce que l’on a appris à l’école sur l’Amérique, dit-elle. Je crains que notre génération ne soit la première à vivre moins bien que celle d’avant. »
L’unique distraction : les sorties avec le club de foot

En poursuivant la route vers le nord de l’Indiana, à travers la région qui a vu naître James Dean et qui le vénère, on retrouve un peu ce culte de l’indépendance et de l’effort, magnifiquement symbolisés par l’acteur, chez la famille d’Adam et Amber Prater, à Silver Lake, une bourgade rurale. Même s’ils sont encore jeunes, il y a peu de chances qu’ils lèguent une fortune à leurs trois enfants. Six jours par semaine, Adam travaille dans une entreprise de semences agricoles, Amber est employée à mi-temps dans une cantine scolaire. En revanche, « nos enfants pourront toujours survivre », affirme fièrement Adam en désignant le chevreuil qui gît à l’arrière de son pick-up. Ce dimanche matin, toute la famille a quitté la maison à 6 heures pour aller à la chasse. C’est sa fille, Elizabeth, 10 ans, qui a abattu le chevreuil. Son petit frère, Ethan, n’avait que 7 ans l’année dernière lorsqu’il a descendu son premier cerf. « Un cerf, c’est 40 kilos de viande, de quoi tenir un mois et demi », calcule Amber. Chez les Prater, comme chez leurs voisins, la chasse est un mode de vie. Au total, la famille possède huit fusils et trois arcs. Une fois les factures réglées, il reste juste de quoi assurer l’unique distraction : les sorties des enfants avec le club de football. La devise qui trône au-dessus de la télévision résume bien l’état d’esprit de la famille : « Je ne pouvais pas attendre de réussir, je m’en suis donc passé. » Quand on leur demande ce que signifie pour eux le rêve américain, le couple échange un regard dubitatif. Après un long silence, Adam s’aventure : « Mon rêve, c’est d’aller un jour en Alaska pour y chasser à l’arc un ours gris… » Comme quoi, malgré la crise, l’esprit pionnier n’est pas mort !

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Comment les Américains veulent réduire les déséquilibres mondiaux

Posté par mouradpreure le 30 octobre 2010

www.lexpansion.com Par Laura Raim – publié le 26/10/2010

Sous l’impulsion des Etats-Unis, les pays du G20 se sont engagés ce week end « à maintenir le déséquilibre de leurs comptes courants à des niveaux soutenables ». Décryptage.

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Le secrétaire au Trésor Timothy Geithner plaide pour que 4% du PIB devienne « la référence » pour les déséquilibres des comptes courants admissibles pour les pays du G20. Reuters

Dans un climat alourdi par les risques de guerre des changes, les grands argentiers du G20, réunis ce week end en Corée du Sud, se sont engagés à limiter les déséquilibres de leurs comptes courants. Les Etats-Unis n’ont toutefois pas obtenu qu’ils chiffrent leur objectif. Le rééquilibrage de l’économie moniale restera-t-il un voeu pieux? Explications.

L’économie mondiale est-elle toujours aussi déséquilibrée ?

Les déséquilibres avaient commencé à s’atténuer après la crise, la récession et la chute du dollar ayant freiné la consommation américaine. Mais dès les premiers signes de reprise économique mondiale à la mi 2009, la tendance s’est de nouveau renversée. Quant aux plans d’austérité mis en en place en Europe, ils ne feront qu’aggraver le déficit américain puisque la zone euro sera moins en mesure d’absorber les exportations américaines. Ainsi, d’après les estimations du FMI, en 2010 les Etats-Unis devraient avoir enregistré un déficit des comptes courants de 467 milliards de dollars, soit 3,2% de leur PIB. Cela correspond au total des plus grands excédents mondiaux: 267 milliards pour la Chine (4,7% du PIB), et 200 milliards pour l’Allemagne (6,1% du PIB). Et ce n’est que le début. Selon Fred Bergsten, président du Peterson Institute for International Economics, le déficit courant américain pourrait doubler au cours des deux prochaines années pour dépasser les 800 milliards de dollars records de 2006.

Repères

Le solde de la balance courante est un des composants de la balance des paiements établissant l’ensemble des flux échangés entre un pays et le reste du monde. Il est obtenu à partir des soldes des balances des biens et services, des revenus et des transferts courants. En France, le déficit des comptes courants s’élève à 37 milliards d’euros en 2009, soit 1,9% du PIB. Pourquoi faut-il réduire les déséquilibres ? « Pour les grandes économies, des Etats-Unis à la Chine, de l’Allemagne au Japon, je pense qu’il est admis que si nous permettons à ces déséquilibres vastes et persistants de monter à l’avenir, ce serait mauvais pour la croissance mondiale », disait dimanche le secrétaire au Trésor Timothy Geithner. De fait, les déséquilibres sont en partie à l’origine de la crise financière de 2007 puisque ce sont les surplus de pays comme la Chine qui ont alimenté les bulles d’actifs sur les marchés américains et européens. Mais personne n’est dupe : si les Américains poussent pour un meilleur équilibre, c’est avant tout parce qu’ils en ont besoin, et vite. Certes, ils se sont jusqu’à présent accommodés d’un modèle de croissance basé sur la consommation intérieure financée par un déficit qui n’a cessé de se creuser depuis une trentaine d’années. D’autant plus qu’en tant que détenteurs de la principale monnaie de réserve, ils n’avaient aucun mal à financer leur déficit. Mais ce modèle ne fonctionnait que tant que la croissance était forte et que les Américains pouvaient facilement emprunter. Avec un chômage à 10% et les ménages occupés à se désendetter, la situation est toute autre : la consommation intérieure étant en berne, les Etats-Unis cherchent le salut du côté des exportations. D’où la volonté actuelle de rééquilibrer les échanges mondiaux.

Comment procéder ?

Tout le monde connaît la solution : les états déficitaires comme les Etats-Unis doivent encourager l’épargne et booster leurs exportations tandis que les états excédentaires doivent augmenter les importations et la consommation intérieure. Pour un pays comme l’Allemagne, cela passe notamment par une hausse des salaires. Pour la Chine, il s’agit de laisser le yuan s’apprécier. On l’aura compris, fixer comme objectif la réduction des déséquilibres des balances courantes n’est qu’un moyen indirect pour les Etats-Unis d’évoquer le sempiternel problème de la sous-évaluation du yuan par rapport au dollar.

Les Etats accepteront-ils de faire un effort dans ce sens ?

Tous les pays en déficit sont évidemment en faveur de la réduction des déséquilibres : le Royaume Uni, la France, le Canada et l’Australie appuient la proposition de Timothy Geithner, qui plaide pour que 4% du PIB devienne la limite admissible en terme d’excédent ou de déficit des comptes courants. Mais la balle n’est pas dans leur camp. Les Etats-Unis peuvent bien multiplier les annonces d’assouplissement quantitatif et ainsi laisser filer le billet vert, cela n’empêchera pas le yuan, fixé au dollar, de couler en même temps… Les pays déficitaires sont donc à la merci des pays excédentaires. Or la Chine et l’Allemagne se contentent parfaitement du statu quo. Elles aussi misent sur les exportations pour tirer leur croissance et ne voient pas pourquoi elles renonceraient à leur avantage compétitif. C’est pourquoi Geithner n’a pas réussi à imposer de limite chiffrée. Autant dire que l’engagement publié dans le communiqué des pays du G20 à « prendre un ensemble de mesures visant à réduire les déséquilibres excessifs et à maintenir le déséquilibre de leurs comptes courants à des niveaux soutenables » manque de mordant.

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Comment éviter une guerre des monnaies

Posté par mouradpreure le 24 octobre 2010

www.lequotidien-oran.com 23/10/2010 par Barry Eichengreen Et Douglas Irwin * 

Comment éviter une guerre des monnaies  dans CRISE ECONOMiQUE ap_euro_dollar_070920_ms 

Après trois ans de crise financière, on pourrait penser que toute analogie à la Grande Dépression serait abandonnée. Mais elle persiste, avec plus de force qu’auparavant. La crainte aujourd’hui est qu’une guerre des devises, avec son lot de barrières tarifaires et de représailles, pourrait entraîner des perturbations dans le système international du commerce aussi sérieuses que celles des années 30. Il y a de bonnes raisons de s’inquiéter car l’expérience des années 30 suggère que les conflits de taux de change peuvent être même plus dangereuses que les dépressions sévères de par les pressions protectionnistes qu’elles entrainent.

 En fait, ce ne sont pas les pays aux prises avec les pires récessions économiques et les plus forts taux de chômage qui ont le plus augmenté les barrières tarifaires et resserré les quotas dans les années 30. En comparant les pays, on se rend compte qu’il n’y avait pas de liens entre soit l’ampleur et la durée de la chute de la production et l’augmentation des niveaux de protection, ou l’ampleur de l’augmentation du chômage et l’étendue du protectionnisme.

 La raison pour laquelle les pays qui ont été le plus frappé dans les années 30 n’ont pas été tentés de répondre en protégeant l’industrie de la concurrence étrangère est simple. Il y eut un effondrement de la demande au début de la Grande Dépression, qui en retour a conduit à une chute brutale des importations. En conséquence, les niveaux de pénétration des importations ont effectivement baissé, et de façon dramatique, dans presque tous les pays. Les producteurs avaient des problèmes, bien sur, mais la concurrence de l’importation était le moindre de tous.

 Il est arrivé la même chose cette fois-ci : lorsque la crise est devenue globale en 2008-2009, les importations ont chuté plus rapidement que la production. Avec la chute des échanges commerciaux, la concurrence étrangère a été un moindre problème pour les secteurs sensibles à l’importation. En conséquence, il y a eu peu de réactions protectionnistes. La Banque Mondiale a estimé que seuls 2% de la baisse dans les échanges commerciaux pendant la crise étaient dus à une montée du protectionnisme. Dans les années 30, par contre, environ la moitié de la baisse des échanges commerciaux mondiaux découlait du protectionnisme.

Pourquoi cette différence aujourd’hui ?

 C’est à cause des conflits de devises. Dans les années 30, les pays qui avaient augmenté leurs barrières tarifaires et resserré les quotas étaient ceux qui manquaient de capacités pour gérer leurs taux de change – principalement les pays qui sont restés indexés sur l’or. En 1931, après que la Grande Bretagne et une vingtaine d’autres pays aient suspendu leur convertibilité à l’or et autorisé une dévaluation de leur monnaie, les pays qui avaient préservé leur convertibilité à l’or se sont retrouvés dans un étau déflationniste. Désespérés, ils ont essayé de défendre leur économie par n’importe quel moyen et se sont rabattus sur des mesures protectionnistes, en imposant des droits de « dumping des taux de changes » et des quotas d’importations pour compenser la perte de compétitivité causée par la surévaluation progressive de leurs monnaies.

 Mais les restrictions commerciales furent un faible substitut aux mesures de relance intérieure, puisqu’elles n’ont pas permis d’arrêter la chute des prix et de la production. Et elles n’ont pas non plus permis de stabiliser les systèmes bancaires délabrés. Par contre, les pays qui avaient donné du lest à leur politique monétaire et pris des mesures de relance n’ont pas seulement mieux stabilisé leurs systèmes financiers et récupéré plus rapidement, mais ils ont aussi évité le reflexe protectionniste toxique du moment.

 Les Etats-Unis sont aujourd’hui dans la situation des pays qui étaient indexés à l’or dans les années 30. Ils ne peuvent ajuster unilatéralement le niveau du dollar par rapport au renminbi chinois. La courbe de l’emploi est décevante et les craintes de déflation persistent. Par manque d’autres instruments pour répondre aux problèmes, les pressions protectionnistes enflent. Alors que peut-on faire pour trouver une solution à cette situation sans tomber dans le «chacun pour soi», avec des représailles à tout va ? Dans la période de déflation des années 30, la meilleure manière de contenir les pressions protectionnistes était d’utiliser activement la politique monétaire pour faire remonter les niveaux de prix et stimuler la reprise économique. Il en est de même aujourd’hui. Si les craintes de déflation reculaient et si les courbes de la production et de l’emploi remontaient de manière plus vigoureuse, cela dissiperait les pressions protectionnistes.

 Le vilain petit canard, donc, n’est pas la Chine, mais le Bureau de la Réserve Fédérale américaine, qui rechigne à utiliser les outils à sa disposition pour vaincre la déflation et redynamiser l’emploi. Le Congrès aurait ainsi moins de pressions à pointer du doigt un coupable, quel qu’il soit – dans ce cas précis, la Chine – pour la reprise américaine sans emplois. La Fed ferait bien de suivre l’option pour laquelle la Banque du Japon a opté.

 Bien sur, avec un renminbi fixé par rapport au dollar, la Fed relancerait effectivement non seulement l’économie américaine mais aussi celle de la Chine. Mais cela est dans ses moyens. L’économie de la Chine ne représente encore qu’une fraction de l’économie américaine, et la capacité de la Fed à gonfler son bilan est effectivement illimitée.

 Le résultat pourrait bien ne pas plaire à la Chine. L’inflation y est déjà un peu trop forte. Heureusement, le gouvernement chinois a une solution toute prête pour résoudre le problème : c’est vrai, elle peut réévaluer sa monnaie.

Traduit de l’anglais par Frédérique Destribats

* Barry Eichengreen est professeur en économie à l’université de Californie à Berkeley, Douglas Irwin est professeur en économie au Dartmouth College.

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Coulisses de l’Europe : Les limites de la solidarité

Posté par mouradpreure le 24 octobre 2010

www.lequotidien-oran.com 23/10/2010 par Notre Bureau De Bruxelles : M’hammedi Bouzina Med

 Coulisses de l'Europe : Les limites de la solidarité  dans CRISE ECONOMiQUE eu8-be45f  Quand les bruits de couloirs ne sont pas audibles, nous nous faisons un plaisir de vous les faire parvenir. Musique.

De nouveaux orages politiques s’annoncent dans le ciel européen : à peine entré en vigueur, le «Traité de Lisbonne»qui organise et encadre la construction de l’UE, est sujet à des remises en cause par l’Allemagne et la France, c’est-à-dire ceux-là mêmes qui avaient vanté ses mérites et sa perfection, tout en appelant à son adoption et sa mise en œuvre, immédiate, en 2008. La raison ? Les déficits budgétaires incontrôlés de certains membres de l’Union. Seulement, il n’est pas évident que l’appel de «Deauville» d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, lancé lundi dernier, emporte l’adhésion du reste de l’Union, voire celle de la Commission européenne, gardienne des Traités. De quoi s’agit-il concrètement ? Le Traité de Lisbonne, dit pacte de stabilité et de croissance (PSC), limite les déficits de tout Etat membre de l’Union à 3 % du PIB et la dette publique à 60 %. Malheureusement, les 27 Etats membres de l’Union sont bien loin de ces limites. La moyenne du déficit oscille entre 6 et 10 % et l’endettement public est proche des 100 %. Les cas les plus graves sont recensés en Grèce, Espagne, Irlande, Italie, Portugal ainsi que les 10 pays de l’ex Europe de l’Est. L’Allemagne, 1ère économie européenne enregistre moins de 4 % de déficit public, alors que la France frôle les 8 %. Angéla Merkel a donc toutes les raisons de tirer la sonnette d’alarme pour secouer ses partenaires européens. La France de Sarkozy ne fait que suivre, tradition oblige, l’exigence de rigueur allemande. Cependant les réactions du reste des Européens contre la proposition franco-allemande ont été immédiates et fermes. Des plus endettés tels l’Espagne, l’Irlande ou l’Italie, aux pays nouvellement membres de l’Union. La Commission européenne vient, à son tour, jeudi soir, de signifier son désaccord de la proposition allemande, du moins sur la forme. Janusz Lewandoski, Commissaire européen en charge du Budget de l’Union, a mis en garde contre les risques de mise en place du mécanisme préconisé par l’Allemagne et la France, et qui consiste en des sanctions politiques comme la suppression du droit de vote de l’Etat défaillant, ou économiques, telles les pénalités financières. Il a estimé que cela porterait un sérieux coup d’arrêt au pouvoir d’achat des citoyens, et donc à la croissance économique. Le président de la Banque centrale européenne, le Français Jean Claude Trichet, a abondé dans le même sens en s’opposant à ces mêmes sanctions. Une remarque: Angéla Merkel et Sarkozy ont souhaité que leurs propositions de révision du Traité de Lisbonne soient incluses dans l’agenda européen, dès mars 2.011. C’est-à-dire l’année des campagnes électorales en France et en Allemagne.

PRIX SAKHAROV : ET DE TROIS POUR CUBA LIBRE 

Le Parlement européen (PE) vient d’attribuer le prix «Sakharov» au dissident cubain Guillermo Farinas. Il est récompensé pour son combat exemplaire pour le droit à la liberté politique, les droits humains et un régime démocratique, et surtout son combat pour la libération des prisonniers politiques cubains. Largement mérité, d’autant plus que Guillermo Farinas a mené, au prix de sa vie, 23 grèves de la faim pour dénoncer le régime castriste. Ce qui est frappant par contre, c’est que c’est la troisième fois, en huit ans, que le Parlement européen attribue son Prix à des opposants au régime castriste. Le même prix a récompensé l’autre opposant cubain Oswaldo Paya Sardinas en 2002 et les «Dames en blanc» en 2008, mouvement regroupant les épouses (et enfants) des dissidents et prisonniers politiques cubains. Très bien. Pour être complet, signalons qu’après plusieurs réunions et délibérations des chefs de groupes politiques du PE, il restait en course pour le prix mercredi soir, trois nominés: Guillermo Farinas, Birtukan Mideksa, une opposante éthiopienne et «Breaking the silence», une ONG israélienne qui diffuse les témoignages d’anciens soldats israéliens. Ces derniers témoignent des horreurs et crimes commis par Tsahal conte les civils palestiniens. Guillermo Farinas a emporté le Prix et c’est tant mieux. Cependant, le PE a souvent attribué son Prix à deux lauréats méritants. C’est souvent le cas pour bien de jurys pour «X» prix à travers le monde. On aurait aimé que le PE cite au mérite du Prix Sakharov, à côté de Guillermo Farinas, l’ONG israélienne «Breaking the Silence» et l’éthiopienne Birtukan Mideksa. Après tout, ce n’est pas tant les 50.000 euros qui accompagnent le Prix qui sont essentiels. Plutôt, le symbole du combat pour les droits humains et la liberté. Les Palestiniens et Ethiopiens, autant que les Cubains, ont tellement besoin de ne pas se sentir seuls. Au moment où je rédige ces quelques remarques, j’apprends que le régime cubain vient de libérer 5 autres prisonniers politiques. Vivement donc, l’année prochaine pour distinguer les militants de la liberté en Palestine, en Ethiopie et ailleurs dans le monde.

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The time of deflation ? Maybe the best reason for the “currency war” ! The predictable failure of IMF and G20 negotiations

Posté par mouradpreure le 22 octobre 2010

www.affaires-strategiques.info – 14 octobre 2010  By Jean-Etienne Carlotti, EMLV and University of Paris-Sud 11 

The FOMC (Federal Open Market Committee) statement released on Sept. 21 was fairly disconcerting ! Indeed, the U.S. Federal Reserve (Fed) has explicitly acknowledged that “measures of underlying inflation are somewhat below those the Committee judges most consistent, over the longer run, with its mandate to promote maximum employment and price stability”. In other words, the FOMC clearly admits having no control over the price level and fearing the disinflation-deflation spiral. It goes without saying that deflation is the Economic worst-case scenario since consumers postpone some of their purchases, which has disastrous effects for the economic activity, employment and purchasing power, tax revenues and ultimately fiscal policies abilities. The deflationary spiral is the most feared economic scenario. Indeed, a Central Bank can easily fight inflation but find it extremely difficult to tackle deflation. The Japanese example is a good illustration. 

The time of deflation ? Maybe the best reason for the “currency war” ! The predictable failure of IMF and G20 negotiations dans CRISE ECONOMiQUE deflation_200px-3c6f9 

Markets reaction was as sharp as was their amazement about such an admission from the Federal Reserve to struggle controlling the situation. The U.S. government bond yield (10 years) lost 15 basis points after the Fed announcement release, which is a relatively rare range. The dollar also fell dramatically in minutes against all currencies. Oil price also fell, dropping its inverse correlation with the dollar. Indeed, weak economic outlook described by the Fed causes fear of an economic activity decline and hence oil demand. Gold price raised $ 20 in minutes to reach the level of $ 1,290 an ounce. Gold was known as a haven against inflation but economic and debt outlook are so bad that it also became a refugee in time of deflationary fears ! Only stock markets’ reaction was more mixed and was perceived as both good and bad news. The good news is that the Fed is there to create liquidity in order to fuel financial markets and increase the risk premium, the bad news is of course its pessimism. 

What could justify such a concern from the Fed, which it had accustomed us to a much more reassuring communication including during the worst time of the crisis ? 

The answer is in the press release, namely household consumption is constrained by a high unemployment rate, a tightened level of credit and employers who are reluctant to hire … in short, a vicious circle in terms of level of economic activity. Admittedly, from a structural point of view, the U.S. macro-economic situation is worrying. Even the most optimistic scenario of recovery shows that the pre-crisis level of Economic activity cannot be reached within the next two years (which is particularly true in the euro zone and in Japan). Therefore, there is no reason why the job market should improve over this period, not to mention its consequences on income and consumption and thus companies’ investment. In addition, let’s not forget that the negative housing wealth effect and that many American households are in a situation of virtual bankruptcy. Indeed, the value of their property has become lower than their indebtedness. Besides, expected tax increases and therefore disposable income decreases will affect consumption. With such prospects, companies have no incentive to invest, especially as they are currently experiencing very low levels of resource utilization. And it is precisely this low level of capacity utilization that makes the Fed so nervous about deflation. 

What are the ways to get out of this deflationary spiral ? 

They are so far, unknown and governments and central banks are actively trying to figure them out. Both have implemented extremely accommodative monetary and fiscal policies, on a rarely seen scale but with modest results. Deflation could annihilate all these efforts for many years to come and this is why “the every man for himself “attitude threatens the continuation of international cooperation outlined in the G20. The risk of deflation can only give an additional argument to the United States to obtain a substantial dollar decline to get imported inflation and erosion in their debt level. Brazilian Finance Minister Guido Mantega announced on September 27 that the world is in an « international currency war » because « the advanced countries are seeking to devalue their currencies« . Is it only to improve their export competitiveness or also to try to tackle deflation ? If “currency war” aims to fight deflation, any decisions taken at IMF or G20 are doomed to failure. Following the Fed announcement, the dollar depreciated by 1.31 (per euro) to 1.39 in two weeks 

Euro zone and “Currencies war” : When is an admission of the ECB on its difficulty to control the situation ? 

Without inflationary pressure, the Europeans have no interest in the euro appreciation. If the effect of the rising euro on the loss of competitiveness of European economies is widely discussed for years, potentially deflationary effect in a context of sluggish demand is not yet. Indeed, the level of underlying inflation, that is to say excluding food and energy is below 1% on year on year basis, and around 1.5% with respect to headline inflation. Considering the current economic outlook in the euro area, these levels can be considered as an antechamber of deflation. When is an admission of the ECB on its difficulty to control the situation ? 

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« Le G20 pourrait ne déboucher sur rien à cause de blocage sur les monnaies »

Posté par mouradpreure le 22 octobre 2010

Le Monde.fr | 22.10.10 Le directeur de l’Ecole d’économie de Paris, François Bourguignon, espère que le G20, qui se réunit en Corée du sud, parviendra à mettre un peu d’ordre dans la guerre des monnaies mais il émet des doutes. 

 

Les ministres des finances du G20 réunis en Chine, vendredi 22 octobre. AFP/KIM JAE-HWAN 

Les réunions du G20 en Corée du Sud peuvent-elles mettre fin à la guerre des monnaies ?

François Bourguignon : Il faut espérer que le G20 parvienne à mettre un petit peu d’ordre dans ce domaine ! Le problème est que les Etats-Unis ont adopté une politique monétaire agressive pour préserver leur relance en provoquant une dévaluation réelle du dollar par rapport aux autres grandes monnaies.

L’alternative à cette politique serait une relance budgétaire. Ont-ils encore de la marge pour le faire ? Je pense qu’ils sont encore loin du point où leurs déficits deviendraient ingérables.

De son côté, la Chine s’est isolée en matière financière et cela commence à poser des problèmes même aux autres pays émergents. Elle devrait faire un effort, mais pas forcément comme le réclament les Américains, sous forme de réévaluation du yuan. Son rééquilibrage pourrait passer par une augmentation des salaires, par la création d’une protection sociale, par une réorientation de l’économie chinoise vers le marché domestique, par l’inflation.

Il faudrait que l’une des parties fasse une concession pour que l’autre accepte de faire aussi un pas. Je redoute que, comme à Copenhague à propos du réchauffement climatique, le G20 ne débouche sur rien pour cause de blocage. Dans ce cas, les dangers monétaires deviendraient de plus en plus forts.

Les Coréens tiennent à ce que le G20 fasse preuve de volontarisme en matière de développement. Est-ce son rôle ?

Les Coréens ont raison : le développement doit être au menu du G20, car l’aide s’essouffle sous l’effet de la crise. Certains soutiennent qu’elle n’est plus tellement nécessaire, puisque les pays les plus pauvres, en Afrique, ont connu une belle croissance. Ce point de vue n’est pas correct, car les conditions de la décennie passée étaient extraordinaires et ne se répèteront pas.

Ce qui m’effraie surtout, ce n’est pas tant que les objectifs de développement du millénaire en matière de réduction de la pauvreté ne soient pas atteints en 2015. Ils étaient très ambitieux et seront réalisés en 2010. Le plus important est que l’élan demeure en matière d’aide au développement.

C’est pourquoi je salue la Grande-Bretagne qui pratique des coupes claires dans ses budgets, mais qui maintient son objectif d’atteindre un jour les 0,7% de son produit intérieur brut consacrés à l’aide au développement.

Le G20 est-il un embryon de gouvernance mondiale ?

« Embryon «  est le bon terme. Etre passé du G7 au G20 a représenté un énorme progrès, mais on ne peux pas parler de gouvernance, mais de concertation car les chefs d’Etat et de gouvernement se contentent d’échanger leurs vues sur l’économie mondiale et ne prennent que des positions unanimes.

On pourra parler de gouvernance mondiale quand des règles explicites et une coercition s’imposeront à l’ensemble des acteurs mondiaux.

Propos recueillis par Alain Faujas 

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