• Catégories

  • Naïvement enlacée à la mer, Alger si loin de son destin …

    Naïvement enlacée à la mer, Alger si loin de son destin …

  • Articles récents

  • Visiteurs

    Il y a 1 visiteur en ligne
  • août 2018
    D L Ma Me J V S
    « juil    
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
  • ARCHIVES

  • A quoi ressemblera l’économie mondiale en 2060 ?

    www.latribune.fr Pierre Manière | 09/11/2012

    Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dresse le portrait de l'économie mondiale en 2060. Elle prévoit un grand chambardement de l'ordre établi. Comme attendu, la Chine deviendra la première économie de la planète. L'Inde, pour sa part, se classera deuxième, devant les Etats-Unis. New Delhi voit ainsi la part de sa contribution au PIB mondial progresser de 7% à 18% ! La zone euro, elle, verra son poids dégringoler de 17% à 9%.
    Sur le même sujet
    L'exercice apparaît pour le moins ambitieux. Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dévoile sa photographie de l'économie mondiale en... 2060 ! Et ses résultats font état d'un vrai chambardement de l'équilibre économique mondial.
    • Une croissance maussade de 3% par an en moyenne
    D'abord, l'OCDE parie sur un retour progressif aux fondamentaux économiques d'avant crise à horizon 2020. "Une fois liquidé l'héritage de la crise financière mondiale, le PIB global pourrait croître d'environ 3% par an au cours des 50 prochaines années", grâce à "l'amélioration de la productivité" couplée à "l'accumulation de capital humain", précise le rapport. Une croissance profondément inégale, les vieux pays industrialisés affichant des taux bien inférieurs aux pays émergents.
    Un bémol, de taille, concerne toutefois la manière dont la crise actuelle impactera les prochaines décennies. Chef de la division de l'analyse des politiques structurelles de l'OCDE, Giuseppe Nicoletti concède qu'"il y a beaucoup d'incertitude" sur la date de rétablissement de l'économie mondiale. De plus, il souligne que la manière dont les Etats sortiront de la crise aura des conséquences importantes. "Si les Etats-Unis et l'Europe s'en sortent avec des niveaux de dettes trop élevés, cela peut avoir, à terme, des conséquences sur les marchés de capitaux, provoquer une baisse des investissements, et plomber le marché de l'emploi", prend-t-il en exemple.
    • La Chine et l'Inde en pole position
    La Chine devrait débuter ce premier demi-siècle sur les chapeaux de roues. Sur la base des parités de pouvoir d'achat de 2005, l'étude précise que Pékin devrait dépasser cette année la zone euro en termes de contribution au PIB global. Avant de chiper la première place aux Etats-Unis "quelques années plus tard", voyant son poids dans le PIB mondial passer de 17% à 28%. Dans son sillage, l'Inde verrait sa contribution au PIB mondial passer de 7% à 18% en 2060, et dépasser à son tour le pays de l'Oncle Sam. Ainsi, si la Chine est championne en terme de croissance jusqu'en 2020 (avec une moyenne de 10%), Pékin voit sa progression du PIB se tasser jusqu'à 2,3% en 2030-2060. Or sur cette période, New Delhi affiche une moyenne de 6,7% au compteur.
    Pour expliquer le tassement de la croissance chinoise, Giuseppe Nicoletti évoque "le vieillissement de la population chinoise", y voyant-là "les conséquences de la politique de l'enfant unique". De son côté, il justifie le "rattrapage" indien par le fait que son économie part de très bas, citant des exemples "historiques", comme les dragons asiatiques ou l'Europe d'après-guerre.
    • Le moindre poids de la zone euro et des Etats-Unis
    A l'opposé, le Vieux Continent et les Etats-Unis, ne pèsent plus aussi lourd. Représentant respectivement 17% et 23% du PIB mondial aujourd'hui, la zone euro et Washington voient leurs participations chuter de 8 et 7 points.
    • Un quadruplement du PIB par habitant des pays les pauvres
    Conséquence du rattrapage des pays en développement, le PIB par habitant des économies actuellement les plus pauvres "aura plus que quadruplé", souligne l'OCDE. Il sera même multiplié par sept pour la Chine et l'Inde Tandis que celui des économies les plus riches "se contentera de doubler". Toutefois, le classement des pays en fonction du PIB par habitant ne devrait pas bouger. "Certes, les écarts de productivité et de qualification de la main d'oeuvre se réduisent, mais les différences qui subsistent sont encore pour une bonne part à l'origine des écarts de niveau de vie observés en 2060", souligne l'étude.

  • Arrêtez avec le « je me battrai pour vous » de Voltaire !

    Par Zineb Dryef | Rue89 | 14/04/2011

    Deux fois en quelques heures ! D’abord, un éditeur qui invoque son esprit « voltairien » pour justifier la publication d’un livre d’Eric Zemmour. Ensuite, un faux Carl Lang (ex-Front national) qui flatte Pierre Haski sur Twitter pour obtenir la publication d’une tribune sur Rue89 : « On vous dit voltairien », sous-entendu « vous connaissez comme moi la fameuse phrase ».

    Mais Voltaire n’a jamais écrit « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » ! Il ne l’a même jamais dit. A l’origine de cette formule, une Britannique, Evelyn Beatrice Hall qui, dans un ouvrage consacré à Voltaire en 1906, lui attribue le célèbre « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it ».

    Dans un documentaire de la TSR retraçant l’histoire de cette phrase, Charles Wirz, le conservateur du musée Voltaire de Genève, confirme que le philosophe n’a jamais rien dit de tel et présente même l’aveu d’Evelyn Beatrice Hall : « Je ne suis pas d’accord avec vous […] est ma propre expression et n’aurait pas dû être mise entre guillemets. »

    Dans son « The Friends of Voltaire », Evelyne Beatrice Hall a tenté ainsi de résumer la pensée de Voltaire, notamment au moment de sa prise de position dans l’affaire Helvétius, l’un des philosophes qui contribua à L’Encyclopédie.

    Son livre, « De l’Esprit », irrite profondément Voltaire – il qualifie le texte de « fatras d’Helvétius » dans une lettre à de Brosses du 23 septembre 1758, citée par Gerhardt Stenger mais lui apporte son soutien face aux attaques virulentes dont il est victime après la parution de son ouvrage.

    Dans ce contexte, la phrase prêtée à Voltaire ne paraît pas dépasser sa pensée. Pourtant, plusieurs amoureux de l’écrivain s’émeuvent de l’utilisation qui en est faite. On les comprend.

    Nietzsche « Au soleil » avec Jennifer

    « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » est devenu l’un des poncifs les plus irritants des dernières années. Peut-être autant que le « ce qui ne tue pas rend plus fort » de Nietzsche, nouvel hymne de Jenifer « ce qui ne me tue pas me rend forte » dans une chanson sur les bienfaits du soleil.
    Plus injuste encore, il est devenu l’arme de défense de tous ceux qui se croient censurés par les-médias-dominants-la-pensée-unique-le-politiquement-correct.

    Dans les années 2000, Thierry Ardisson l’a largement popularisé dans son émission « Tout le monde en parle » en le citant à tout bout de champ pour justifier la présence du moindre invité un peu controversé. Se proclamer voltairien est ainsi devenu synonyme de partisan de la liberté d’expression totale. On retrouve donc pêle-mêle Eric Zemmour, Robert Ménard, Dieudonné, etc.

    « Ce n’est pas du tout lui cette phrase »

    Voltaire, défenseur de la liberté d’expression illimitée ? Une supercherie, nous répond la Société Voltaire : « Ce n’est pas du tout lui cette phrase. Prenons le credo chrétien qu’il a toujours combattu. Ou les Jésuites. Il ne les aurait jamais défendus. »
    Plus fort, le cas Fréron. Ce journaliste parisien, responsable du journal L’Année littéraire, détesté de Voltaire, a eu droit à une pièce « Le Café ou l’Ecossaise » rédigée contre lui mais n’a jamais eu le moindre signe de soutien à chaque fois que son périodique a été censuré par… Lamoignon de Malesherbes, un ami de Voltaire.
    http://www.rue89.com/hoax/2011/04/14/arretez-avec-le-je-me-battrai-pour-vous-de-voltaire-199690

    • Album : CASBAH LUMIERE
      <b>img08.jpg</b> <br />
  • Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui

  • L’immortel Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui (1), de son nom kabyle Si Mouḥ N Amar U Mouḥ (2), est né, selon l'état civil, le 23 juillet 1910 sous le nom patronymique Mohammed KHELOUAT, au hameau de Taâzibt, un petit village de la région d'Ihesnawen (3). C'est, d'ailleurs, du nom de sa région natale qu'il en tirera son pseudonyme artistique qui était à l'origine : « Ben Ammar Hasnaoui », puis « Cheikh Amar El-Hasnaoui », avant de devenir « Cheikh El-Hasnaoui » plus tard. Quelques années après sa naissance, il perdit sa mère, LAÂZIB Sadïa (Bent Ahmed) elle-même originaire d'Alger de parents originaires de Biskra. Elle mourra des suites d'une maladie après avoir perdu ses deux jeunes enfants : Omar et Ali. Son père, Si Amar KHELOUAT (4), est absent du foyer, car enrôlé par l'Armée française durant la Première Guerre Mondiale. Démobilisé après une blessure, son père rentre au pays, il ira chercher à Alger le jeune Mohamed et le plaça dans une école coranique. Son apprentissage ne durera que quelques années, il en est sorti à l'âge de 12 ans. À Alger, il exercera plusieurs petits métiers tout en se « frottant » aux grands maîtres de la musique « chaâbi » comme El-Anka et Cheikh Nador. Ainsi, il assimila toutes les finesses de ce genre musical exigeant et s'affirme, bientôt, comme un artiste accompli, maître de son art et capable de l'exprimer aussi bien dans sa langue maternelle : « Taqbaylit », comme il le dit si bien, ainsi qu'en Arabe populaire (dialectal), l'autre langue qu'il vient d'acquérir et de perfectionner. Il animera pendant cette période bon nombre de soirées « qui seront pour lui l'occasion de se produire en public et de monnayer son talent ». Il vivra jusqu'en 1936, date de son dernier retour dans sa région natale, des allers-retours entre Tizi-Ouzou et Alger. La situation ambiante (sociale, intellectuelle,…) ne lui plaisant guère (5), il confia, un jour d'été, à Si Saïd U L'Hadi (6), un de ses amis d'enfance : « Cette fois, si je quitte le village, je serai comme une fourmi ailée. Là où me poseront mes ailes, j'y resterai. » (7) À Paris, le « Maître » s'impose comme un artiste phare, illuminant de toute sa classe la vie artistique du moment qui reste confinée aux seuls cafés, véritables microcosmes de la société kabyle. De tempérament solitaire, il fréquente très peu de gens, même pas les « grands noms » de la chanson kabyle de l'époque, mais il se lie d'amitié avec Fatma-Zohra (8), son mari Mouh-akli et Mohamed IGUERBOUCHENE avec lequel il collabore dans des émissions radiophoniques. Sa carrière connaît une parenthèse, durant la Seconde Guerre Mondiale, le temps d'accomplir en Allemagne, le Service du Travail Obligatoire. C'est pendant cette période qu'il fera connaissance de celle qui deviendra plus tard sa femme, il s'agit d'une jeune Française du nom de Denise Marguerite Denis qu'il épousera le 14 août 1948. Cherchant le calme, il quittera la région parisienne et la maison qu'il a construite de ses mains à Anthony pour s'installer à Nice (Rue de Belgique). En 1985 il quittera sa seconde demeure pour un voyage qui le mènera dans les Antilles, où il séjournera, seul, quelques mois avant de repartir vers Nice rejoindre sa femme. En 1988, il récidivera en mettant le cap sur l'île de la Réunion où il s'installera à Saint-Pierre, en compagnie de sa femme Denise, dans la même année. À des milliers de kilomètres des siens et de toute personne qui le connaît, Cheikh El Hasnaoui se construit son havre de paix. Il faudra attendre plus de 20 ans pour qu'un musicologue du nom de Mehenna MAHFOUFI retrouve enfin sa trace et lui rendra trois fois visite afin de s'entretenir avec lui. Le chanteur Abdelli et la chanteuse Behdja Rahal en feront de même et auront le privilège de rencontrer le Maître quelques années seulement avant qu'il ne s'éteigne le samedi 06 juillet 2002, à l'âge de 92 ans. Il sera inhumé, conformément à ses vœux, à Saint-Pierre de la Réunion où un jardin public porte aujourd'hui son nom, il y est indiqué : Cheikh El Hasnaoui, Maître de la chanson Kabyle : Taâzibt 1910 – Saint-Pierre 2002. Ainsi, il est parti le Maître, discrètement comme il a toujours vécu, Cheikh El-Hasnaoui, celui qui mérite plus qu'un autre la place de véritable classique de la chanson kabyle (et même algérienne), nous a laissés emportant avec lui tous ses secrets, que de questions demeurent posées : Ses choix de vie ? La rupture avec le pays ? Paroles de certains de ses textes ?
  • Les vaillantes tribus Hadjoutes étaient menées par un poète, Boutheldja …

    (Par Belkacem Rabah Mohamed Khaled) (...) Il n'existe malheureusement pas de statistiques précises sur le nombre des populations Hadjoutes, mais nous estimons, à partir de certaines données contenues dans le rapport du duc de Rovigo, «vingt-trois tribus Hadjoutes et douze mille cavaliers» ... Dix huit mille cavaliers selon d'autres sources, à un total de plus de quarante mille habitants pour l'ensemble de ces tribus et douars. A la bataille de Staouéli, les 4 et 5 juillet 1830 (Sidi-Ferruch), contre la pénétration des armées françaises et avant la proclamation de Abdelkader comme Emir, les contingents fournis par les tribus Hadjoutes (douze mille cavaliers Hadjoutes) ont combattu vaillamment parmi les cinquante mille hommes engagés dans la bataille. Le général Changarnier qui a eu à combattre les armées Hadjoutes, écrit à leur sujet (Mémoires), après les avoir qualifiés d'«habitants rebelles au joug de l'étranger», de « patriotes énergiques» ,«les Hadjoutes avaient pu mettre en campagne et entretenir, pendant plusieurs années, de mille à mille huit cents cavaliers très courageux, qui avaient accompli des choses dont les cavaliers les plus célèbres de l'Europe se seraient honorés... » De même, le duc d'Orléans n'eut pas manqué de rendre hommage au patriotisme de ces partisans : « ... Ces hardis partisans faisaient plus de mal aux Français que tout le reste des forces ennemies, de même que les Cosaques, dans les guerres de l'empire, contribuèrent plus que toutes les troupes régulières à détruire l'Armée française ... Les Hadjoutes empêchaient l'armée de dormir en la tenant sur un qui-vive perpétuel ... Cependant la mort d'un simple cavalier Hadjoute, Boutheldja le poète, tué dans un de ces engagements, fut une perte sensible pour la cause arabe ... Au milieu du mouvement de résurrection de ce peuple, qui renaissait du sang de ses braves enfants, Boutheldja fut le plus inspiré parce qu'il était le plus convaincu de tous les poètes. Ses chants lyriques, d'une douleur touchante et d'un farouche patriotisme, étaient devenus populaires parmi la jeunesse arabe. Le poète préféra rester en volontaire, au premier rang des Hadjoutes, et, simple soldat, comme Koerner, il mourut comme lui de la main d'un Français, en combattant pour une patrie que tous deux avaient rêvée grande, et qu'ils ne connurent que malheureuse. »
  • Tazir M’hamed Bacha. Ancien militant de la cause nationale, compagnon de Mohamed Belouizdad – «Qui se souvient des 3024 disparus de La Casbah ?»

    www.elwatan.com le 10.05.12

    L’Algérie s’est faite elle-même.
    «Le violence est infâme, son résultat est toujours incertain et nul ne peut agir justement quand il est poussé par la haine.» Antar Ibn Chadad
    Le hasard est parfois curieux. Il provoque les choses, soupire M’hamed qui pense que certains rendez-vous de l’histoire sont quelquefois étranges.A 18 ans, en 1944, il a été arrêté, torturé et jeté dans les caves de la préfecture d’Alger. Dix-huit ans après, en 1962, il est le patron de cette même préfecture d’Alger où il officie en tant que directeur de cabinet du regretté Nadir Kassab. Alors, il se rappelle des propos de son avocat d’autrefois, Maître Sansonneti et de sa flamboyante plaidoirie en déclarant : «Monsieur le président, depuis que je porte cette robe, je n’ai jamais eu peur de dire la vérité. Il y a quelque temps, sur ces mêmes bancs, j’ai défendu des socialistes, des communistes, des gaullistes. Ils sont actuellement au pouvoir. Il ne serait pas impossible que ces gens, que vous êtes en train de juger, seront un jour à la tête de ce pays.»
    Prémonitoires, les propos de l’avocat s’avérèrent justes, résume Tazir M’hamed Bacha, qui nous racontera les mille et une péripéties de sa vie mouvementée. De sa première militance au sein de la Jeunesse de Belcourt à la création de l’organisation spéciale dont il fut un témoin privilégié, à la solitude des prisons dont il a été un pensionnaire régulier, aux exactions innombrables de la soldatesque coloniale à l’origine notamment de la disparition de plus de 3000 Algériens à La Casbah, M’hamed raconte calmement cette étape douloureuse, car, dit-il : «Seuls peuvent juger la guerre ceux qui l’ont vécue dans leur âme et dans leur chair.»
    Comité de la jeunesse de Belcourt
    Mais M’hamed sait aussi faire la part des choses : «Le combat est la seule expérience où l’on peut éprouver un sentiment autentique de fraternité envers celui qui prend les mêmes risques que vous.» Et là, il met en avant les grands mérites de cet homme immense qu’a été Mohamed Belouizdad, brave parmi les braves, qui a été l’étincelle mais qui s’est éteint hélas très jeune, emporté par la maladie. Sur son lit de mort dans un sanatorium en France et alors que Ahmed Haddanou (El Caba) lui demandait s’il avait besoin de quelque chose qu’il pourrait lui rapporter, Belouizdad rétorqua : «Ce qui me manque malheureusement, tu ne peux pas me l’apporter. Ce dont j’ai besoin, c’est d’entendre El Adhan !»
    M’hamed parle de la guerre, mais aussi de paix. Celle qui fait cesser les fracas des canons et des bombes, mais aussi celle, beaucoup plus difficile à obtenir, qui doit se frayer un chemin dans le cœur de chacun. «Lors d’un voyage en France, j’ai pu lire un livre, prix Goncourt 2011, dont le titre L’art français de la guerre, d’Alexis Jenni. La lecture de certaines pages de cet ouvrage fut un choc pour moi. En effet, la liste des 3024 Algériens disparus lors de la bataille d’Alger en 1957 dont fait état l’auteur, je l’ai eue entre mes mains en août 1962 dans l’exercice de mes fonctions à la préfecture d’Alger. Cette liste reste une tache noire qu’il convient d’élucider», suggère-t-il.
    Tazir M’hamed Bacha est né le 2 janvier 1926 à Djendel (Aïn Defla). C’est en 1933 que son père, Mohamed Ben Mokhtar, vint s’installer à Cervantès avec sa famille. Il avait tourné le dos à sa vocation de fellah pour devenir petit commerçant à Belcourt près de son domicile.C’est dans ce quartier populeux que M’hamed Bacha grandit, fit ses études scolaires à l’école des Mûriers puis à Chazot, enfin au collège de Clauzel avec comme camarade de classe un certain Ali Haroun. Le débarquement des Américains en 1942 mit fin à cette aventure et M’hamed dut intégrer le monde du travail en exerçant en tant qu’auxiliaire aux PTT à la Grande-Poste.
    «On était jeunes. Les leaders politiques étaient pour la plupart emprisonnés. On ne devait pas rester les bras croisés. On a créé le Comité de la jeunesse de Belcourt avec Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, Ahmed El Caba, Moumdji…»
    Son militantisme lui valut d’être arrêté le 5 octobre 1944 chez lui, au 46 boulevard Cervantès. Il militait au PPA et distribuait l’Action algérienne, journal du parti. «C’est le commissaire Touron en personne qui procéda à mon arrestation. J’avais 18 ans et je venais de me marier. Ils m’ont amené dans les sous-sols de la préfecture d’Alger où les interrogatoires parraissaient interminables. Je suis resté 10 jours dans les caves avant d’être présenté devant un juge d’instruction militaire sous le chef d’inculpation ‘‘d’atteinte à la sécurité de l’Etat’’. C’est dans ces voûtes que j’ai connu Khider, Moali, Boulenouar, tous militants du PPA. Le 4 mai 1945, je suis déféré devant le tribunal militaire d’Alger.»
    Comme cela coïncidait avec les manifestations du 1er Mai 3 jours avant à Alger, les condamnations furent très sévères. 12 ans de prison et confiscation des biens. Il est envoyé à Lambese, mais retrouve sa liberté en avril 1946 après l’armistice. «Je reprends du service à Belcourt, où Belouizdad m’installe à la tête des Jeunes de Belcourt, c’est à ce titre que j’ai assisté au 1er Congrès du PPA entamé le 16 février 1947 à Bouzaréah et clôturé deux jours après à Belcourt à la limonaderie l’Africaine appartenant à un vieux militant du Parti, Melaine Mouloud. Lorsque, par hasard, nous nous trouvions parmi la foule de spectateurs du défilé militaire du 14 juillet que les Français organisaient chaque année pour célébrer la fin de la tyrannie chez eux, nous nous sentions secoués par le défi. Pourquoi ? Que représente pour nous cette cérémonie ? Pourquoi n’avons-nous pas nous aussi notre armée, notre drapeau ? Que devions-nous faire ? Les plus lucides répondaient : il faut nous organiser.
    De nombreuses idées germaient dans l’esprit des jeunes que nous étions. On était en pleine Deuxième Guerre mondiale. C’est ainsi que fut créé le Comité de la jeunesse de Belcourt, né tel un champignon sur un terrain fertilisé par la politique coloniale de la France qui s’acharnait depuis plus de cent ans par tous les moyens à soumettre notre peuple en lui fermant toute issue pour recouvrer sa dignité et sa fierté.» Les premiers membres fondateurs de ce comité : Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, M’hamed Yousfi, Hamouda et Tazir M’hamed. Le CJB fut intégré comme mouvement jeune du PPA.
    Belouizdad nous avait expliqué que c’était le seul parti vraiment nationaliste et révolutionnaire et dont le programme était clair, à savoir l’indépendance de l’Algérie et qui préconisait le seul et unique moyen d’atteindre ce but, à savoir l’action des masses populaires dont nous les jeunes devrions être l’avant-garde.»
    Belouizdad, un homme à part
    «A la tête du comité, Mohamed Belouizdad va déployer une intense activité et montrer un talent d’organisateur hors pair, qui le révéla rapidement aux instances supérieures du parti. La première grande décision du CJB fut la création d’un journal clandestin. Belouizdad lui donna le titre El Watan. C’était une modeste feuille tapée à la machine et reproduite en plusieurs exemplaires à l’aide de papier carbone. Entre militants, nous parlions souvent de Belouizdad toujours avec affection, respect et admiration.
    Mahsas l’appelait Saâd Zaghloul Bacha, en référence au leader arabe en lutte contre le protectorat anglais en Egypte et fondateur du parti Wafd dans les années vingt. Les discussions avec Mohamed étaient très enrichissantes pour nous. Il écoutait beaucoup et intervenait toujours en dernier. Par délicatesse, jamais il ne nous faisait sentir sa supériorité intellectuelle. Le plus instruit parmi nous à l’époque avait à peine le certificat d’études. Mohamed possédait déjà son brevet supérieur, l’équivalent du baccalauréat qu’il avait passé avec succès. La première fois que j’ai entendu parler de Karl Marx, c’était de la bouche de Mohamed, qui avait déjà lu le Capital.
    Dès 1947, Mohamed m’associa à la réception des armes. C’est ainsi qu’il me chargea de trouver des caches pour enfouir des armes provenant des restes des armées alliées. J’arrivais à dénicher deux endroits sûrs, le premier au pied de la falaise Cervantès, dans la maison du regretté militant Mohamed Meguerba. L’autre cache, dans une petite propriété à Bouzaréah appartenant à la famille d’un militant, le regretté Derkouche. J’avais connaissance d’une troisième cache qui avait été mise à la disposition de Belouizdad par Mohamed Saradouni, un vieux militant qui gérait un dépôt, à l’emplacement actuel de la station du téléphérique, près du cimetière de Sidi M’hamed. C’est au titre de responsable de la section des jeunes de Belcourt, une des plus importantes du pays, que j’ai eu le privilège d’assister au fameux congrès clandestin du PPA de 1947 au cours duquel fut décidée la création de l’OS qui devait préparer et entraîner les meilleurs militants en vue du déclenchement de l’action directe généralisée et le maintien de l’organisation clandestine politique PPA avec comme couverture légale le MTLD.
    Le congrès se déroula la première nuit dans une petite propriété appartenant à un militant de Bouzaréah où Messali était en résidence surveillée après son retour d’exil africain. Avant l’ouverture de la première séance par Messali, un des délégués de la Grande-Kabylie, Si Ouali, demanda la parole. Il tira son revolver caché sous sa ceinture, le posa sur la table et proposa la résolution suivante : ‘‘Tout participant à ce congrès national qui dévoilerait ne serait-ce qu’une partie des délibérations ou des noms de participants est condamné à mort.’’ Ce fut un moment de stupeur générale. On sentait déjà la mort planer sur nos têtes avant l’ouverture des débats. Messali lui-même resta muet, tellement la proposition de Si Ouali était inattendue.
    Plusieurs délégués condamnèrent cette proposition, le plus acharné fut le docteur Chawki Mostefaï qui parla des limites de la résistance humaine face à la torture, pratiquée systématiquement par la police coloniale, et surtout fit allusion à une découverte récente à cette date, le sérum de vérité, qui, administré à une personne, est susceptible de lui faire dire tout ce qu’elle sait malgré une volonté contraire. Tous les éléments développés laissèrent Si Ouali inébranlable. Il maintint sa proposition et demanda qu’on la soumette au vote. Le président du congrès, Messali, ne savait plus quoi faire. C’était le blocage total dans un silence impressionnant. On entendrait voler une mouche.
    C’est alors qu’on aperçut au fond de la salle une main se lever de quelqu’un qui demanda la parole pour la première fois. Le président lui fait signe qu’il peut parler : ‘‘Je propose, dit une voix claire avec une diction impeccable, qu’on remplace les mots ‘‘est condamné à mort’’ par ‘‘est passible de la peine de mort’’, ce fut un soulagement général. Mohamed Belouizdad venait par un intelligent et astucieux amendement de mettre fin au blocage qui paralysait le congrès avant même son ouverture. Messali, après un long regard de reconnaissance vers Mohamed mit aux voix la résolution amendée. Elle fut votée à l’unanimité y compris par Si Ouali.»
    Un laministe convaincu
    Le congrès s’acheva au lever du jour, après une longue intervention de Messali qui prononça la clôture de ces importantes assises d’où sortira l’Organisation spéciale dont la mise sur pied sera confiée à Mohamed Belouizdad. Il avait 24 ans, l’âge de l’Emir Abdelkader quand ce dernier reçut la Bayâ en 1832 afin d’organiser la lutte armée contre les Français. La jeunesse est l’âge de l’héroïsme, ce mot n’a jamais été aussi juste que dans le cas de la lutte du peuple algérien. Mais Messali écarta Debaghine et s’arrogea seul le droit de désigner la direction politique du parti. Depuis cette date et peut-être bien avant, les germes de la scission, qui allaient se produire quelques années plus tard entre centralistes et messalistes, étaient semés. Fort heureusement, le 1er Novembre est venu mettre fin à cet imbroglio.
    M’hamed milita à Alger avec Mokhtar Bouchafa notamment jusqu’à son arrestation le 1er mai 1957, «où des soldats sont venus à notre domicile pour arrêter mon père disparu jusqu’à ce jour. Alors que moi même je l’ai été par la DST. S’ensuivirent de longs séjours à Bouzarréah, Paul Cazelles, Beni Messous, Bossuet, jusqu’à la libération à la fin de l’année 1960». A l’indépendance, M’hamed est nommé chef de cabinet du préfet Kassab. «Au début, on a eu des problèmes avec les gens des frontières qui voulaient accaparer le siège de la wilaya pour en faire un ministère. Ils nous avaient menacés, et Dieu seul sait qu’à l’époque c’était la seule institution qui marchait.» Heureusement que dès la constitution du gouvernement en septembre 1962, le projet a été stoppé. M’hamed renoue avec ses premières amours, les PTT, puis s’occupe des affaires administratives à la présidence jusqu’en 1980 où il est nommé consul à Agades (Niger), puis au Kef (Tunisie). Il prend sa retraite en 1990.
    htahri@elwatan.com

  • La casbah de Dellys entre légende et réalité

    www.algerie-plus.com Par Khidr Omar | 05/05/2011 | 11:03 En dépit de la patine du temps et des séquelles irréversibles laissées par l'homme, la casbah de Dellys (80 km à l'est de Boumerdes) a su garder un cachet atypique, forgé par un passé glorieux auquel est associé une beauté naturelle exceptionnelle. Plus que tout ça, cette belle ville nichée à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, naturellement protégée contre les courants marins et les vents d'ouest par un long promontoire, connu sous le nom de cap Bengut, au-dessous duquel se love un vieux port turc, est traversée par la RN24 sur toute sa longueur, s'étirant depuis Takdempt, à l'ouest, jusqu'à la nouvelle ville, à l'est de l'oued Oubay. Au coeur de ce long boulevard, se situe la vieille ville, communément appelée la casbah de Dellys, qui était considérée jusqu'à un passé récent, comme le pouls de la ville. Aujourd'hui, ses échoppes, dont beaucoup sont désertées par leurs propriétaires, laissent apparaître des plaies béantes, dues aux aléas du temps, mais principalement au séisme de mai 2003, qui avait durement ébranlé ses vieilles constructions et fait disparaître du coup des pans entiers de la mémoire matérielle et immatérielle. Il n'en demeure pas moins que le visiteur à Dellys est irrésistiblement happé par la multitude de vestiges historiques encore visibles dans les dédales de sa casbah et de ses ruelles, où ont été recensées quelque 200 vieilles bâtisses datant de l'époque ottomane. Le vieux port, le phare de cap Bengut, la vieille mosquée du centre ville, l'école coranique Sidi Amar, le tombeau de Sidi el Harfi et le mur d'enceinte ceinturant cette cité sur plus de 2000 mètres, constituent notamment autant d'attractions sur lesquelles peuvent se fixer encore de nos jours les yeux des visiteurs avertis. Une cité en proie à toutes les convoitises Mais c'est surtout l'histoire glorieuse, à la limite de la légende, de la ville de Dellys, qui fait la fierté de ses habitants, à l'instar de Ami Rabah Edelssy (70 ans) qui considère que la « position géographique de cette ville est à l'origine des différentes convoitises et civilisations qui se sont succédées dans la région». Parfois, l'on peut ainsi surprendre des Déllyssiens nostalgiques, assis sur un rocher dans la quiétude du cap Bingut ou sur un banc de la place dite de la guinguette, mais dont il ne reste aujourd »hui que le nom, en train de suivre le passage des navires, voguant vers de lointains ports, ou simplement contempler la grande bleue, s'imaginant voir accoster sur les rivages de la région les navires des corsaires et autres envahisseurs. C'est ce riche passé que les habitants de Dellys tentent aujourd'hui de préserver coûte que coûte en exhortant les autorités concernées à manifester davantage d'intérêt pour le patrimoine de leur ville et pour tous ses vestige et patrimoine, dont de vieux manuscrits détenus par plusieurs citoyens Ils désirent, à cet effet, pouvoir les réunir dans un musée digne de la renommée de cette cité. Selon les historiens, l'édification de la vieille Casbah de Dellys remonte à l'époque ottomane, qui la baptisèrent « Tiddiles ». Elle était alors constituée d'un ensemble de constructions bien agencées et divisées par des rues et ruelles, possédant toutes les commodités de vie nécessaires sur une surface globale de 1200 ha. Selon le président de l'APC, c'est par souci de préservation et de protection du riche patrimoine renfermé par cette ville historique, que la tutelle a élaboré à partir de 2007 un « Plan permanent pour la protection et la restauration de la Casbah de Dellys ». La première étape de ce plan, a été réceptionnée fin 2009, avant son exécution qui consista, selon la même source, en la réalisation de « travaux d'urgence » axés sur la « restauration de sites sensibles » du patrimoine matériel. La seconde phase de ce plan, également réalisée début 2010, a consisté en la réalisation d' »études historiques et typologiques » sur le même site, tandis que la 3ème étape, attendue vers fin 2011, portera sur l'élaboration d'une mouture finale de ce même plan. Selon une étude historique réalisée par des chercheurs universitaires de Boumerdes, à l'occasion de la célébration du mois du patrimoine, le « rôle de Dellys en tant que grande cité est historiquement affirmé » grâce à sa « position stratégique sur la mer méditerranée, son sol fertile et sa proximité des cours d'eau « . De nombreuses civilisations se sont succédées sur cette cité maritime, à l'image, de la civilisation numide qui lui donna le nom « Thadlest ». Par la suite les Romains la baptisèrent à leur tour « Rusucurus », avant de devenir une importante ville de la Mauritanie césarienne. Les Phéniciens s'en emparèrent ultérieurement pour y fonder un grand comptoir commercial et une route vers la ville de Bejaia. Elle connut également le passage des Vandales et des Byzantins. Le passage de la ville de Dellys à la civilisation musulmane remonte au 16ème siècle, selon des documents historiques, qui font état de son rattachement successivement aux règnes des Fatimide, des Hamadite, des Mourabitoune et des Hafside. Après une courte période sous la coupe des Espagnols, cette cité antique connut son « âge d'or » grâce aux frères Aroudj et Kheireddine qui la délivrèrent et l'annexèrent à l'Etat ottoman. Le colonialisme français qui y entra en 1844, en fit une base militaire pour étendre son hégémonie sur toute la Kabylie. L'histoire de cette ville a été immortalisée par plusieurs historiens qui célébrèrent sa beauté au fil du temps, à l'image d'El Idrissi(21e siècle) qui en a fait l'éloge dans son célèbre « Nouzhate El Mochtake » (le plaisir du passionné), Al Hamiri (15e siècle) « Al Raoudh Al Miitar » ( les jardins parfumés), Hosseine Al Ourtilani (18 e) « Nouzhate Al Andhar » (le plaisir des yeux), ou encore par les recueils de l'officier français Carette et de l'allemand Heinrich Von Maltessen (19eme siècle).

SYNTHESE ET CONCLUSIONS DU 2ème FORUM D’ALGER

Posté par mouradpreure le 17 juin 2011

Hôtel Hilton, Alger, 28 Mai 2011

Par le Cabinet EMERGY

Samia KAID, Directrice Formation et Nouveaux Concepts
et Kahina BENLOUNES, Directrice Exécutive
Sous la Direction du Dr Mourad PREURE, Président du Cabinet

Version PDF: Synthèse et conclusions du 2ème Forum d’Alger.pdf

« L’eau, l’agriculture, l’homme. La question de l’autosuffisance alimentaire dans un monde en changement. La terre nourrira-t-elle ses enfants demain ? L’Algérie nourrira-t-elle ses enfants demain ? Tel est le thème proposé à réflexion lors du 2eme FORUM d’ALGER, événement organisé par le cabinet EMERGY, présidé par le Dr Mourad PREURE, en partenariat avec le quotidien LIBERTE

Si la première session du forum d’Alger a été dédiée aux questions énergétiques (un document synthétisant les travaux et débats a été diffusé par nos soins aux institutions de l’Etat et publié par le quotidien LIBERTE), lors de cette deuxième session, nous avons abordé une problématique que nous pourrions dire symétrique et, qui est plus que jamais d‘actualité, a savoir les ressources en eau et l’autosuffisance alimentaire .

Lire la suite… »

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, ECONOMIE MONDIALE, FORUM D'ALGER EMERGY, Travaux et Interviews du Dr PREURE | Pas de Commentaire »

Algérie – Le stress hydrique risque d’être aggravé par la mauvaise gestion des ressources en eau

Posté par mouradpreure le 17 juin 2011

www.maghrebemergent.com Écrit par Farouk Djouadi Samedi, 28 Mai 2011

Algérie – Le stress hydrique risque d'être aggravé par la mauvaise gestion des ressources en eau  dans ALGERIE ECONOMIE 5360_ressources_en_eau_260

Abdelmalek Sellal, ministre algérien des Ressources en eau

L’Algérien consomme une moyenne de 600 m3 d’eau par an alors que la norme internationale, établie par la FAO, se situe à 1.000 m3/personne/an. Des spécialistes réunis samedi au Forum d’Alger, organisé par le cabinet Emergy et le quotidien « Liberté », ont révélé que la mauvaise gestion des ressources en eau aggrave en Algérie l’impact du stress hydrique qui touche presque l’ensemble du pourtour méditerranéen et la plupart des pays africains.

Lire la suite… »

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

GESTION DES RESSOURCES EN EAU Les systèmes de transfert devraient servir l’agriculture

Posté par mouradpreure le 17 juin 2011

www.lesoirdalgerie.com Dimanche 29 Mai 2011

 GESTION DES RESSOURCES EN EAU Les systèmes de transfert devraient servir l’agriculture dans ALGERIE ECONOMIE 220

Les grands complexes et systèmes de transferts d’eau lancés ou en projet devraient servir à l’irrigation et au développement de l’agriculture, notamment dans les Hauts- Plateaux. Quant aux stations de dessalement de l’eau de mer, elles devraient couvrir les besoins en eau potable dans les zones urbaines.

C’est ce que l’ancien ministre des Ressources en eau, Abdelmadjid Attar, a notamment rappelé et recommandé, hier à l’hôtel Hilton, lors de la seconde édition du Forum d’Alger, organisée par le cabinet de consulting Emergy et le quotidien Liberté, et consacrée à la problématique de «l’eau, l’agriculture, l’homme : la question de l’autosuffisance alimentaire dans un monde en changement. La terre pourra-t-elle nourrir ses enfants demain ? L’Algérie pourra-telle nourrir ses enfants demain ?»

Et ce, selon l’ancien ministre, dans la mesure où le développement du pays réside dans l’agriculture et que la gestion rationnelle des ressources hydrauliques s’impose, et d’autant que l’Algérie reste un pays à stress hydrique même si elle dispose de potentialités agricoles.

Une problématique également traitée par des représentants de groupes agroalimentaires privés Amor Benamor et Agro-Consulting International qui ont développé leur expertise dans le domaine de l’amélioration des rendements et de la qualité des produits agricoles ainsi que l’utilisation optimale des techniques d’irrigation.
C. B.

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

Les ressources hydrauliques en débat à Alger

Posté par mouradpreure le 17 juin 2011

Pluviométrie aléatoire, fuite d’eau et barrages qui déversent

www.latribune-online.com 31-05-2011 – Par Youcef Salami

Les ressources hydrauliques en débat à Alger dans ALGERIE ECONOMIE 220

Débat fort intéressant sur «La sécurité alimentaire et l’eau», organisé samedi, 28 mai, à Alger, par le cabinet Emergy et le quotidien Liberté.

Il y a plus d’eau en Algérie qu’en Libye ou en Mauritanie, pour l’exemple. Est-ce pour autant que le pays est à l’abri du problème d’eau ? Le fait est qu’en Algérie la pluviométrie est aléatoire; l’est et le centre du pays sont bien arrosés, l’Ouest l’est moins. Le volume des précipitations enregistrées dans l’ouest du pays a baissé de trente pour cent, comparées à celles enregistrés au milieu des années 1970.

En outre, les ressources hydrauliques dont dispose le pays sont mal gérées, pas bien exploitées, ainsi que l’explique Abdelmadjid Attar, ancien ministre des Ressources en eau, présent à cette rencontre. Celui-ci a relevé que les barrages de Taksabet, à Tizi Ouzou, de Keddara à Boumerdès et de Béni Haroun dans la wilaya de Mila déversent actuellement leur trop-plein, une perdition sèche. Attar estime que ces volumes d’eau pourraient être récupérés, s’ils y avaient des systèmes de transfert d’eau. S’y ajoute le problème des fuites d’eau. Celles-ci représentent 50% des quantités d’eau distribuées. La réhabilitation du réseau AEP est en cours depuis déjà plusieurs années, mais elle n’est pas encore achevée. L’eau ne manquait pas ces dernières années, par la grâce du Ciel.

L’Algérien consomme en moyenne 600 m3 d’eau par an, la norme internationale est de 1 000 m3/personne/an. Le potentiel hydrique de l’Algérie tourne autour de 17 milliards de m3 par an, dont 70% sont orientés vers le secteur agricole, des données intéressantes fournies par Tahar Aïchaoui, directeur d’études au niveau du ministère des Ressources en eau, présent également à ce débat. L’agriculture et l’irrigation, deux points à l’ordre jour, ont été mises en relief par des spécialistes présents à cette rencontre.

Des représentants de Benamor, un groupe opérant dans l’agroalimentaire, ont fait deux exposés sur les systèmes d’irrigation et sur la filière de la tomate industrielle, une branche très développée dans la région Est. Les deux intervenants ont mis en évidence deux éléments essentiels : le secteur agricole a besoin de bras, parce que les jeunes ne s’intéressent pas au travail de la terre, et le prix du mètre cube d’eau distribué aux agriculteurs n’incite pas à l’économie de cette ressource. Ils ont en outre souligné que les méthodes d’irrigation et la fertilisation demeurent classiques et archaïques. Et cela ne peut qu’influer sur le rendement.

A l’échelle planétaire, les ressources hydrauliques sont différentes d’un continent à un autre, d’une sous-région à une autre. Les spécialistes de la question se sont accordés à dire, à la faveur du débat de samedi dernier, qu’il n’est pas exclu que des conflits armés éclatent, à cause de l’eau.

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

Les ressources hydrauliques en débat à Alger Pluviométrie aléatoire, fuite d’eau et barrages qui déversent

Posté par mouradpreure le 17 juin 2011

www.latribune-online.com 31-05-2011 – Par Youcef Salami

Les ressources hydrauliques en débat à Alger Pluviométrie aléatoire, fuite d’eau et barrages qui déversent  dans ALGERIE ECONOMIE 220

Débat fort intéressant sur «La sécurité alimentaire et l’eau», organisé samedi, 28 mai, à Alger, par le cabinet Emergy et le quotidien Liberté.

Il y a plus d’eau en Algérie qu’en Libye ou en Mauritanie, pour l’exemple. Est-ce pour autant que le pays est à l’abri du problème d’eau ? Le fait est qu’en Algérie la pluviométrie est aléatoire; l’est et le centre du pays sont bien arrosés, l’Ouest l’est moins.

Le volume des précipitations enregistrées dans l’ouest du pays a baissé de trente pour cent, comparées à celles enregistrés au milieu des années 1970. En outre, les ressources hydrauliques dont dispose le pays sont mal gérées, pas bien exploitées, ainsi que l’explique Abdelmadjid Attar, ancien ministre des Ressources en eau, présent à cette rencontre. Celui-ci a relevé que les barrages de Taksabet, à Tizi Ouzou, de Keddara à Boumerdès et de Béni Haroun dans la wilaya de Mila déversent actuellement leur trop-plein, une perdition sèche. Attar estime que ces volumes d’eau pourraient être récupérés, s’ils y avaient des systèmes de transfert d’eau. S’y ajoute le problème des fuites d’eau. Celles-ci représentent 50% des quantités d’eau distribuées.

La réhabilitation du réseau AEP est en cours depuis déjà plusieurs années, mais elle n’est pas encore achevée. L’eau ne manquait pas ces dernières années, par la grâce du Ciel. L’Algérien consomme en moyenne 600 m3 d’eau par an, la norme internationale est de 1 000 m3/personne/an. Le potentiel hydrique de l’Algérie tourne autour de 17 milliards de m3 par an, dont 70% sont orientés vers le secteur agricole, des données intéressantes fournies par Tahar Aïchaoui, directeur d’études au niveau du ministère des Ressources en eau, présent également à ce débat. L’agriculture et l’irrigation, deux points à l’ordre jour, ont été mises en relief par des spécialistes présents à cette rencontre.

Des représentants de Benamor, un groupe opérant dans l’agroalimentaire, ont fait deux exposés sur les systèmes d’irrigation et sur la filière de la tomate industrielle, une branche très développée dans la région Est. Les deux intervenants ont mis en évidence deux éléments essentiels : le secteur agricole a besoin de bras, parce que les jeunes ne s’intéressent pas au travail de la terre, et le prix du mètre cube d’eau distribué aux agriculteurs n’incite pas à l’économie de cette ressource. Ils ont en outre souligné que les méthodes d’irrigation et la fertilisation demeurent classiques et archaïques. Et cela ne peut qu’influer sur le rendement. A l’échelle planétaire, les ressources hydrauliques sont différentes d’un continent à un autre, d’une sous-région à une autre.

Les spécialistes de la question se sont accordés à dire, à la faveur du débat de samedi dernier, qu’il n’est pas exclu que des conflits armés éclatent, à cause de l’eau.

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

Le 2e forum d’Alger l’a souligné La sécurité alimentaire fortement dépendante de l’eau

Posté par mouradpreure le 3 juin 2011

www.liberte-algerie.com Mercredi 01 Juin 2011 Par : Djamel Zidane

 Le 2e forum d’Alger l’a souligné La sécurité alimentaire fortement dépendante de l’eau  dans ALGERIE ECONOMIE 220

Premier rappel douloureux, les importations alimentaires algériennes ont quadruplé en quelques années, passant de 2 à 8 milliards de dollars. Ce qui souligne le caractère précaire de la position du pays, qui voit sa sécurité alimentaire atteindre et dépasser largement le seuil d’alerte.

Comme il est souvent utile de rappeler des évidences, il faut souligner les liens indissociables entre les performances de l’agriculture et les possibilités de mise en œuvre de techniques d’irrigation fiable, donc de limitation du gaspillage afin d’arriver à réduire la dépendance alimentaire, vis-à-vis de l’étranger. Tout ce qui précède doit être considéré en de hors de la politique publique de soutien à l’agriculture et à l’industrie agroalimentaire, même si comme le souligne Mme Samia Kaïd, “il est urgent de définir les stratégies les plus compétitives et les mieux adaptées à l’Algérie pour arriver à limiter cette dépendance”.

Lire la suite… »

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, ECONOMIE MONDIALE, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

LE DEUXIÈME FORUM D ALGER CONSACRÉ À LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : Les leçons d’une rencontre

Posté par mouradpreure le 3 juin 2011

www.liberte-algerie.com Mercredi 01 Juin 2011 Par : A. HAMMA

 LE DEUXIÈME FORUM D ALGER CONSACRÉ À LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : Les leçons d’une rencontre   dans ALGERIE ECONOMIE 220

Le deuxième Forum d’Alger, organisé le samedi 28 mai, à l’hôtel Hilton, par le quotidien Liberté, en partenariat avec le cabinet Emergy, s’est tenu sous le thème sensible de la sécurité alimentaire. “L’eau, l’agriculture, l’homme. La question de l’autosuffisance alimentaire dans un monde en changement. La terre pourra-t-elle nourrir ses enfants demain ? L’Algérie pourra-t-elle nourrir ses enfants demain ?”

Ouvert par MM. Abrous Outoudert et Mourad Preure, respectivement directeur du journal et président du cabinet, cette rencontre a donné lieu à des débats animés. Il faut dire que la participation de personnalités scientifiques, de hauts cadres de l’administration et d’entreprises, de diplomates, dont l’ambassadeur d’Italie, et de chercheurs universitaires, ainsi que la gravité des questions traitées, ne pouvait, forcément pas, laisser l’assistance indifférente. La réflexion a été lancée par M. Attar, ancien ministre des Ressources en eau, par une communication d’une grande pertinence, intitulée “L’eau dans le monde : réalité et perspectives à long terme”, suivie par d’autres intervenants dont la nature des problématiques qu’ils ont soulevées, a été toute aussi pertinente. M. Aouadi, ancien vice-président de Sonatrach en retraite, s’est interrogé sur le contenu scientifique et l’apport technique du concept d’un nouveau système de gestion des ressources en eau, inspirée de l’invention ingénieuse des “fouggaras” dans le Sud algérien et produit par M. Abdelkader Meberbeche, hydraulicien de formation et inventeur de vocation. Ce dernier, après avoir exposé son concept à l’auditoire, a résumé la finalité de son système qui “consiste à économiser l’eau, en aidant à sa répartition rationnelle en direction des consommateurs au moindre coût”.

Parmi les questions importantes qui ont focalisé les débats, la sécurité alimentaire, la gestion rationnelle de nos ressources naturelles dont celles de l’eau, l’expérience des techniques de dessalement de l’eau de mer et son coût, le foncier agricole, notre dépendance de l’importation des biens de consommation alimentaire dont la facture avoisine les 7 milliards de dollars, l’élargissement des périmètres irrigables avec une perspective à moyen terme d’atteindre les 1 600 000 hectares irrigués, le développement de la filière blé dur, qui représente 60% de la facture alimentaire, à travers notamment l’amélioration de la nature génétique de la semence locale et celle des rendements à l’hectare, le problème des prix des fruits et légumes ; autant d’interrogations auxquelles les communicateurs ont tenté d’apporter des réponses.

Pour M. Attar, il s’agit de recentrer le débat, en se posant la question de savoir si l’Algérie “serait en mesure de nourrir sa population à l’horizon 2020-2030, sachant que si nous avons pu assurer la satisfaction relative des besoins prioritaire en eau potable, il reste que l’agriculture accuse un déficit d’irrigation, du fait que notre pays appartient à la zone géographique frappée par le stress hydrique”. Pour l’orateur, “la crise mondiale de l’eau n’est pas une crise de pénurie mais celle de la gestion de la ressource en eau” et de rappeler le spectre de l’insécurité alimentaire, car, selon lui, 200 millions d’Africains souffrent de mal nutrition. Il conclut en affirmant : “À travers le développement durable, il faut assurer les besoins du présent, sans compromettre ceux des générations futures.” Pour leur part, les représentants du groupe Benamor, après avoir exposé leur expérience dans l’expansion de la filière de la tomate industrielle et l’amélioration sensible du rendement, qui a été multiplié par cinq, grâce notamment à l’adaptation variétale pour contourner les périodes de stress hydrique ont intervenu dans le débat pour souligner la nécessité de fédérer les agriculteurs céréaliers pour améliorer la productivité et la qualité du blé dur local et réduire les importations de céréales, en agissant concomitamment sur la recherche et les habitudes alimentaires des algériens.

Quant à M. Rabah Allam, PDG de l’AIC Agro-Consulting, l’Algérie est en mesure de relever le défis de la production et de la productivité du secteur agricole, pour peu qu’on libère les énergies créatrices du secteur privé. Intervenant dans les débats, des représentants de la presse, s’adressant d’abord à M. Attar et aux autres intervenants ensuite, a évoqué une série de préoccupations en relation avec les thématiques exposées. Un confrère s’est interrogé sur l’arrêt par Sonatrach, même si cela n’est pas sa vocation, des expériences concluantes des fermes agricoles dans le Sud, notamment de Guassi Touil et d’Adrar ; ce à quoi, M. Attar a répondu qu’en dehors du “vieillissement des sols, des problèmes de gestion et de changements d’orientation, cette expérience s’est traduite par un échec, alors que Sonatrach voulait donner l’exemple, en démontrant qu’il était possible de développer l’agriculture dans le sud du pays”. Par ailleurs, s’agissant de l’option des stations de dessalement de l’eau de mer, qui nécessitent une consommation d’énergie (gaz) alors que celle-ci est épuisable, la réponse au même questionneur a été que les technologies évoluent et que l’énergie solaire, et éventuellement nucléaire, peuvent être substituées aux énergies traditionnelles, et qu’en tout état de cause, l’Algérie, à l’instar d’autres pays, est obligée de recourir à ces procédés.

En ce qui concerne l’épineuse question des prix des fruits et légumes et du foncier agricole, face au débordement de nos étals par les produits importés de même nature et des forces de la spéculation, alors qu’on affiche une volonté d’aller vers un équilibre de nos besoins alimentaires, entre l’importation et sa réduction par l’accroissement de la production nationale, les animateurs ont répondu que cette question, de nature politique, trouvera sa solution dans les efforts de régulation du marché et de l’application de la loi sur l’orientation de la politique agricole qui autorise le système de concessions, dont l’objectif est de rassurer les agriculteurs.

Les contributeurs à ce deuxième forum ont conclu sur un consensus optimiste, qui se résume en la capacité de notre pays à relever les défis de la sécurité alimentaire, tout en mettant en avant, l’existence de niches potentielles de gain de productivité, et des immenses potentialités en énergies renouvelables dont nous disposons, pour que la terre Algérie garantisse la pérennité à ses enfants. À eux d’en prendre la responsabilité.

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, ECONOMIE MONDIALE, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

Forum d’Alger – Sécurité alimentaire Les experts tirent la sonnette d alarme

Posté par mouradpreure le 3 juin 2011

www.liberte-algerie.com Mercredi 01 Juin 2011Par : Khaled R.

 Forum d'Alger - Sécurité alimentaire Les experts tirent la sonnette d alarme  dans ALGERIE ECONOMIE 220

Libérer les initiatives

Les experts, qui ont animé la seconde session, du Forum d’Alger centré, sur la sécurité alimentaire ont tiré la sonnette d’alarme. Des importations alimentaires qui ont quadruplé depuis 2000, une baisse de la pluviométrie, enregistrée à l’Ouest, prévisible en raison des changements climatiques, une situation de stress hydrique qui risque de s’accentuer avec l’augmentation de la population et la réduction des disponibilités en ressources en eau par la pollution et la désertification. Autant de facteurs qui risquent d’hypothéquer l’avenir des générations futures.

Thématique centrale du forum : L’Algérie pourra-t-elle, en d’autres termes, nourrir ses enfants demain, c’est-à-dire en 2030, en 2050 ? Il est patent que l’Algérie a des atouts indéniables pour relever ce défi, en dépit de ressources hydriques limitées. Les interventions des experts ont montré sur ce point qu’elle dispose de réserves de productivité. Il suffit de professionnaliser, moderniser l’acte de production agricole pour que les rendements augmentent. En matière de céréales, si nous ne pouvons pas atteindre l’autosuffisance, on peut réduire, en revanche, de manière significative les importations de blé. Il s’agit, de surcroît, de libérer les initiatives du secteur privé en permettant à de véritables professionnels de mettre en valeur des milliers d’hectares, voire des dizaines de milliers d’hectares. Dans cette bataille en vue d’atteindre de meilleurs rendements, il appartient également de mobiliser les jeunes diplômés en agronomie, en leur facilitant l’accès à la terre.

Autre perspective favorable : en démultipliant les succès des entreprises comme Benamor ou ACI, ou ceux des agriculteurs ayant obtenu de hauts rendements à l’est ou à l’ouest du pays, on serait sur la bonne voie pour optimiser les 13 milliards de dollars consacrés à l’agriculture dans le plan de relance 2010-2014. La démarche qualité, les économies d’eau à travers la généralisation du goutte-à-goutte constituent aussi des solutions adéquates pour limiter les gaspillages de ressources. L’avancée dans le dessalement d’eau de mer dont une partie pourrait être réservée à l’agriculture représente également un atout pour l’avenir. Une alimentation à l’énergie solaire des usines de dessalement pourrait pérenniser ce type d’activité.

Mais tous ces efforts seront vains si on ne fait pas attention aux débouchés agricoles. La désorganisation actuelle du commerce intérieur, le poids des lobbies de l’import dans certains produits agroalimentaires découragent l’acte de production, d’où la flambée des prix orchestrée épisodiquement par les spéculateurs, favorisée par l’impuissance des institutions de contrôle. Enfin, la véritable réponse à la problématique précitée réside dans la capacité de l’Algérie à créer de la richesse hors hydrocarbures, à diversifier son économie.
K. R

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, ECONOMIE MONDIALE, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

Flambée des prix alimentaires : vers de nouvelles « émeutes de la faim » ?

Posté par mouradpreure le 3 juin 2011

Flambée des prix alimentaires : vers de nouvelles

Interview de Philippe Hugon, directeur de recherche à l’IRIS par Camille Belsoeur (L’Expansion.com, 20 avril 2011)

Dans un rapport intitulé « La volatilité et le niveau élevé des prix alimentaires continuent de menacer les pauvres », la Banque mondiale sonne l’alarme. La hausse vertigineuse des prix alimentaires, qui sont revenus à leur niveau de 2008, pèse sur des millions d’habitants dans les pays en développement et notamment en Afrique. Des émeutes contre la vie chère se sont d’ailleurs déjà produites en Ouganda ces derniers jours. Décryptage avec Philippe Hugon, auteur de l’ouvrage Les Suds dans la crise (éd Armand Colin, 2009) et directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

Comment s’explique la très forte hausse des prix alimentaires depuis un an ?
Il y a d’abord une double croissance de la demande mondiale de produits alimentaires, avec à la fois l’augmentation de la population mondiale et la constitution de classes moyennes, aux besoins nouveaux, toujours plus importantes dans les pays en développement. Ensuite, on assiste à une instabilité de l’offre sur le marché planétaire. Les politiques agricoles à l’échelle locale, comme la Pac pour l’Union européenne, vont influer sur le niveau des stocks mondiaux. Il y a également la concurrence croissante des agrocarburants qui réduit la surface des cultures de produits alimentaires et donc la quantité de réserves disponibles. Enfin, la spéculation autour des denrées agricoles participe aussi à la hausse des tarifs.

La situation ressemble-t-elle à la crise alimentaire de 2008?
Oui. Avec un prix du pétrole très haut et une forte spéculation autour des produits alimentaires. Il y a par exemple des pays qui bloquent l’écoulement de leur production en prévision d’une hausse de cours, comme l’avait fait les Philippines en 2008. Et comme toujours, ce sont les pays en développement qui sont les plus touchés.

Quelles sont les solutions que peuvent apporter les institutions internationales ?
Je pense que la posture du FMI et de la Banque mondiale n’est plus la même depuis 2008. Ces institutions seront plus réactives aujourd’hui qu’il y a trois ans. Plusieurs solutions s’offrent à elles. Premièrement, il existe la possibilité de contrôler les marges spéculatives sur les marchés tout en surveillant les prix des denrées alimentaires à l’exportation. Certains pays peuvent aussi vider leurs stocks et soulager le marché mondial. Enfin, en cas d’urgence il y a toujours la solution de distribuer de la nourriture aux populations scolaires des pays en difficultés. Même si ce n’est pas l’idéal.

Quelles sont les régions les plus à risques ?
Encore une fois c’est l’Afrique qui est le continent le plus touché. Le Niger est très exposé à la flambée des tarifs, l’Afrique subsaharienne, notamment à l’est, est concernée et en Afrique de l’ouest les tensions en Côte-d’Ivoire ont également contribué à une hausse des prix, même si des circuits économiques se sont reconstitués grâce aux pays voisins, comme le Ghana.

Publié dans ECONOMIE MONDIALE, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

Abelkader Meberbeche à Liberté : “La distribution de l’eau par injection : un système d’avenir”

Posté par mouradpreure le 3 juin 2011

www.liberte-algerie.com Mercredi 01 Juin 2011 Par : S. B.

Abelkader Meberbeche à Liberté : “La distribution de l'eau par injection : un système d'avenir”  dans ALGERIE ECONOMIE foggaras 

Les travaux du Forum sur l’eau ont été marqués par l’intervention de M. Abdelkader Meberbeche, qui a présenté sa nouvelle invention, à savoir la mise en place d’un nouveau système de distribution et de gestion de l’eau par injection assistée en s’inspirant du système des foggaras. Il revient sur cette invention particulière qui pourra révolutionner la gestion de l’eau dans nos villes et habitations non seulement chez nous, mais aussi dans le monde.

Liberté : Comment êtes parvenu à cette découverte?
A. Meberbeche : Tout est parti d’une idée et d’une inspiration. D’abord, je suis ingénieur dans le domaine de l’hydraulique en maîtrisant les aspects techniques et scientifiques et ensuite j’ai une longue expérience sur le terrain. Ce sont des facteurs qui m’ont aidé et orienté vers la découverte de ce procédé technique.

Vous vous êtes inspiré du système des foggaras, n’est-ce pas?
Oui, j’ai eu l’occasion de travailler là-dessus pour connaître ses principes, son fonctionnement et ses avantages. Ce fut l’une des inventions qui avaient marqué notre histoire passée de par sa justesse, sa pertinence et son efficacité. Il permet une économie de l’eau, une distribution judicieuse et équitable entre les exploitations selon les besoins et l’éloignement. Oui je peux dire que tout est parti de là en introduisant les techniques et les procédés modernes.

En quoi consiste votre système et en quoi apporte-t-il du nouveau?
Vous savez, il existe deux systèmes de distribution et de canalisation de l’eau, qu’elle soit potable ou destinée à l’irrigation en obéissant aux systèmes de pression pour acheminer l’eau tout naturellement grâce aux châteaux notamment et de suppression lorsque la pression est faible. Ces deux systèmes ont des inconvénients énormes: le premier devient de plus en plus inopérationnel avec les constructions en hauteur avec des gâchis sur la gestion de l’eau, bénéficiant les étages inférieurs et délaissant les supérieurs. D’où le recours à la suppression encore coûteuse pour faire parvenir l’eau précieuse. C’est de là que m’est venue l’idée d’un troisième système en m’inspirant de celui des foggaras.

En quoi consistent justement ce système et cette trouvaille?
Il fallait réfléchir en profondeur aux systèmes de distribution en place qui obéissent à un système classique en un tout intégré. Il fallait tout simplement procéder à la répartition avec la mise en place de circuits adaptés et plus maîtrisés tout comme dans le système de foggaras. En plus, nous avons pensé à un système d’injection pour la conduite de l’eau pour assurer une souplesse, une efficacité et une régularité dans la gestion de l’eau permettant à tout le monde d’en profiter selon ses besoins avec des économies notables.

Quels sont justement ces avantages?
Vous savez, il stoppe les fuites d’eau, assure de l’eau aussi bien à ceux des étages inférieurs que supérieurs des grands immeubles. Ensuite, étant donné que le circuit de distribution est séparé entre les grandes conduites et les conduites secondaires, la gestion de ces dernières par l’introduction de sources renouvelables devient permise et recommandée. Nous pensons que cela va être le système de distribution du futur.

Vous parlez avec assurance. Avez-vous eu des expériences concluantes sur le terrain?
Heureusement que oui. C’est maintenant un système breveté au plan national et international. D’abord, en Algérie avec des résultats concluants. J’ai réalisé notamment un projet avec le ministère de la Défense nationale. Ensuite, je travaille pour développer ce système dans les cités et habitations avec de grands succès. Mais en ce moment, je travaille avec un groupe espagnol pour la concrétisation de ce projet qui aura certainement des répercussions à l’échelle mondiale car c’est le système d’avenir de distribution et de gestion de l’eau.

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

Messaoud Chebah (groupe Benamor) : “Le triangle de la tomate Guelma-Skikda-Tarf se réveille”

Posté par mouradpreure le 3 juin 2011

www.liberte-algerie.com Mercredi 01 Juin 2011 Par : S. B.

Messaoud Chebah (groupe Benamor) : “Le triangle de la tomate Guelma-Skikda-Tarf se réveille”  dans ALGERIE ECONOMIE logo

Intervenant lors des travaux du Forum sur l’eau et ses implications dans la stratégie agroalimentaire en Algérie, les représentants de ce groupe venus en force ont laissé une bonne impression sur cette expérience réussie qui pourra être non seulement généralisée à d’autres régions du pays, mais étendue à d’autres filières dont le blé dur. Les résultats obtenus sont remarquables en peu de temps passant de 20 tonnes à l’ha au début des années 2000 à 70 tonnes actuellement avec en plus des économies significatives d’eau et de surface. Liberté a fait le point avec l’un des instigateurs de ce grand projet à la dimension nationale: L’expérience menée depuis une dizaine d’années par le groupe Benamor dans la région du Nord-est du pays, l’une des plus fertiles et des plus arrosées, pour introduire la culture de tomate industrielle commence à donner des résultats probants en faisant école.

91358_0 dans FORUM D'ALGER EMERGY

Tout a commencé en 2002. La crise, souvenez-vous de la tomate, devenue rare et chère, durant le Ramadhan de cette année-là et presque introuvable, put provoquer le déclic salutaire. Le groupe Benamor en tant que principal transformateur fut le premier concerné par cette crise. Il engagea une réflexion en concertation avec des ingénieurs et spécialistes de la culture de la tomate pour d’abord faire le constat, situer les problèmes et les contraintes et ensuite dégager les solutions appropriées. Cela fut long à se dégager, mais la réussite fut au bout de cet effort.

Un vrai travail de spécialistes fut entamé lentement, patiemment et surtout selon les critères objectifs d’analyse et d’observation. C’est ainsi qu’un constat a été fait sur les techniques culturales suivies en constatant la mauvaise qualité de la matière première, la mévente du produit fini dct, la prolifération de produits importés, et l’absence d’une organisation de la filière. En 2003, le diagnostic a donné lieu aux résultats suivants: choix variétal non adapté, non maîtrise de la gestion de l’irrigation, non maîtrise de la fertilisation, mettant à nu la faiblesse des rendements.

Ces derniers comparés à ceux de quelques pays producteurs, montrent que notre pays en dépit des aptitudes et avantages, campe en dernière position, une situation anormale et anachronique, à laquelle il faut faire face au plus pressé pour renverser la tendance. Il faut avoir à l’idée que dans cette culture, il n’y a pas place à la fatalité. À titre d’exemple, les rendements sont les suivants: Algérie (20 tonnes par ha), Maroc 42, Italie 80, Tunisie 60, Espagne 70, Turquie, 60, Grèce 43. Ce constat alarmant a incité à passer à l’étape d’action. Il fallait y croire et s’y mettre.

C’est ainsi que la démarche a abouti à la création en 2004 d’une cellule agronomique avec l’engagement de cinq ingénieurs avec pour mission d’assister les opérateurs et producteurs, de les former, de les sensibiliser sur la nécessité de changer de manière de travailler, de vulgariser les techniques et d’informer en permanence. Dans le domaine de la recherche et développement et diffusion du progrès technique, il a été décidé la création d’un pôle pour le développement de la filière tomate industrielle.

Ce pôle a travaillé pour assurer la diffusion du progrès, notamment pour le choix variétal, la gestion de la fertilisation, la mécanisation de l’agriculture avec l’installation d’une station météorologique, et surtout la gestion de l’irrigation avec la généralisation du goutte-à-goutte pour réguler la gestion en diminuant les excès ou les déficits et le stress hydrique pour passer d’une gestion aléatoire à une gestion raisonnée. Les résultats obtenus ont démontré aux producteurs qu’il est aisément possible de multiplier leur rendement par 2, voire par 3 en passant de 20 à 70 t/ha.

Maintenant grâce à cette expérience, la visibilité devient claire pour le développement de la tomate et la couverture des besoins nationaux. Une lecture comparée fait ressortir que besoins nationaux sont de l’ordre de 100 000 tonnes équivalant à 500 000 tonnes de tomates fraîches. Avec ces nouveaux procédés, les besoins en surface et en eau seront diminués presque de moitié.

Avec un rendement de 70 tonnes par ha, on n’aura besoin que de 7000 ha contre 16 000 pour l’ancien et seulement 36 millions de m3 contre le double pour s’autosuffire. On arrive à la conclusion que l’agriculture algérienne à l’exemple de la tomate doit être modernisée, et que la pratique de cultures et l’utilisation de techniques d’irrigation qui consomment peu d’eau, doivent entrer dans les habitudes.

Nous pensons que notre expérience mérite d’être soutenue avec l’espoir d’en faire d’autres régions du pays avec pour ferme conviction non seulement de s’auto-suffire, mais penser à l’exportation; De même, le groupe Benamor, fort de cette expérience et des résultats obtenus, développe un programme pour la généraliser aux céréales, notamment le blé dur.

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

M. Rabah Allam, PDG d’Agro Consulting International (ACI) : “Il faut passer à une agriculture moderne”

Posté par mouradpreure le 3 juin 2011

www.liberte-algerie.com Mercredi 01 Juin 2011 Par : S. S.
M. Rabah Allam, PDG d’Agro Consulting International (ACI) : “Il faut passer à une agriculture moderne”  dans ALGERIE ECONOMIE 220

Dans cet entretien, le patron de cette société spécialisée dans l’agriculture plaide pour une grande professionnalisation des agriculteurs

Liberté : Est-ce qu’on est en train d’utiliser les bonnes méthodes dans l’agriculture ?
Rabah Allam : Pas encore. Il faut passer à une agriculture moderne, il faut passer aux multi-chapelles, il faut vulgariser les nouvelles techniques, les nouvelles variétés.
Il faut reconnaître que la nouvelle loi sur l’orientation agricole va nous permettre de régler déjà pas mal de problèmes et de passer à une agriculture intensive et améliorer les rendements, pas en augmentant les surfaces qui sont en train de se réduire d’année en année.

Comment faire justement pour passer à cette agriculture moderne ?
Avec cette loi sur l’orientation agricole, on a réglé le problème du foncier agricole. Ça c’est déjà une première étape. L’agriculture aujourd’hui a un problème d’investissement et de savoir-faire.
L’Algérie a formé beaucoup d’ingénieurs agronomes qu’il faut intégrer dans la sphère de la production. Il s’agira donc de libérer les initiatives.
Il faut encourager celui qui crée de la richesse. Pas forcément financièrement.
Il s’agira de le mettre en avant, pour qu’il soit un modèle pour les autres.
Il faut mettre les leaders en avant pour qu’ils entraînent les autres vers le modernisme.

Quels sont vos projets futurs ?
Déjà nous avons pris 1 000 hectares à Biskra, en concession, et nous allons essayer de faire une ferme-pilote.
Il s’agira bien sûr de faire de la datte, mais nous sommes également en train de faire des expériences avec des agrumes.
On a pris plusieurs variétés pour voir qu’elle est celle qui s’adapte au climat de Biskra.
Nous allons certainement faire des multi-chapelles pour faire des plants maraîchers à fournir aux agriculteurs.
Nous allons planter certainement des oliviers. Nous avons aussi à Zeralda planté 70 hectares de raisin de table.

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

L’expérience du groupe Benamor : Une réussite à démultiplier

Posté par mouradpreure le 3 juin 2011

www.liberte-algerie.com Mercredi 01 Juin 2011 Par : Said Smati
L’expérience du groupe Benamor : Une réussite à démultiplier dans ALGERIE ECONOMIE 202

Lors de la seconde édition du Forum d’Alger, organisé par Liberté en collaboration avec le cabinet Emergy le 28 mai dernier sous le thème “L’eau, l’agriculture, l’homme. La question de l’autosuffisance alimentaire dans un monde en changement. La terre pourra-t-elle nourrir ses enfants demain ? L’Algérie pourra-t-elle nourrir ses enfants demain ?”, les nombreux présents ont eu l’occasion de découvrir l’expérience du groupe agroalimentaire Benamor. Le responsable de la filière tomate du groupe Benamor, Messaoud Chebbah, a expliqué que le processus a commencé, à partir de 2002, par un audit de la production de tomate de la région (Skikda, Annaba, Guelma). Le groupe agroindustriel a commencé par travailler avec 15 agriculteurs pris sur le tas la première année, précise Chebbah Messaoud. La manière de procéder était la création d’une cellule agronomique mobile qui sillonnait Guelma, Skikda et les autres régions de l’Est pour s’informer d’abord sur les agriculteurs et sur leurs moyens de production (qualification, puissance des tracteurs, matériels, etc.). Le travail de terrain a vite démontré que le mal de la tomate, c’était les plants et que beaucoup d’agriculteurs travaillaient à perte, ce qui avait fini par les décourager.

 dans FORUM D'ALGER EMERGY

Tomate : le rendement est passé de 40 à 70 quintaux à l’hectare

La cellule agronomique, qui est fonctionnelle depuis des années, est constituée de plusieurs ingénieurs agronomes ayant des missions d’assistance, de vulgarisation, de formation et d’information. Outre le choix des variétés, les techniques d’irrigation sont aussi derrière les bons résultats dans le rendement.

Selon Messaoud Chebbah, l’option prise pour la technique du goutte-à-goutte a était dans beaucoup dans la multiplication du rendement. Le travail pédagogique effectué envers les agriculteurs, l’assistance des agriculteurs aux nouvelles techniques de culture et d’irrigation de la tomate, entre autres, ont fait tripler le rendement.

Devant le succès de cette expérience dans la filière tomate industrielle, le groupe industriel Benamor s’est fixé comme objectif de reconduire cette expérience aux céréales, précisément le blé dur.

Après avoir constaté que la qualité de la production nationale de blé dur reste en deçà des exigences du consommateur, le groupe a initié un programme de promotion et de développement de la qualité du blé dur dans les régions où le blé dur est cultivé à grande échelle. Selon Mme Sadli, consultante et experte en transformation de céréales auprès du groupe Benamor, le constat de départ était que le blé dur local était inadapté à la transformation dans la mesure où il contenait beaucoup de déchets.

La technique du désherbage étant totalement non maîtrisée par les agriculteurs. Cet état de fait faisait que ce blé ne s’adaptait pas aux équipements des minotiers. Les transformateurs, notamment ceux en constante recherche de la qualité de leur produit trituré, aspire à disposer d’une matière première des plus performantes.

Cela est d’autant plus réalisable, à la condition que les céréaliculteurs optent pour ce même objectif. Et pour produire du blé qui répond aux exigences des minotiers, la démarche du groupe Benamor consiste donc, outre l’accompagnement qu’elle prodigue aux agriculteurs, de développer les variétés adéquates aux conditions de culture en Algérie. Mme Sadli a précisé, à ce titre, que ces variétés ne sont pas forcément celles qui ont besoin d’eau mais plutôt des variétés qui résistent au stress hydrique.

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

1ère Session du Forum d’Alger « Les convulsions de la scène énergétique internationale et les perspectives à long terme. Epuisement des ressources, nouveaux pôles de la croissance mondiale, lutte pour le leadership et l’accès aux ressources. » – Synthèse des Débats et Projections

Posté par mouradpreure le 11 mars 2011

Par le Dr Mourad PREURE
Expert Pétrolier International
Président du Cabinet EMERGY

1ère Session du Forum d’Alger « Les convulsions de la scène énergétique internationale et les perspectives à long terme. Epuisement des ressources, nouveaux pôles de la croissance mondiale, lutte pour le leadership et l’accès aux ressources. » - Synthèse des Débats et Projections  dans ALGERIE ECONOMIE 25703

Le Forum d’Alger organisé par EMERGY et LIBERTE a inauguré sa première session par l’énergie. Nous voulons inaugurer une tradition en organisant chaque année à l’occasion du 24 février une rencontre de haut niveau portant sur l’énergie. Nous savons combien les évolutions de la scène énergétique internationale agissent sur les équilibres de notre économie. Nous avons aussi vocation à être un acteur marquant de cette industrie. Pour ces deux raisons nous voulons impulser une réflexion de très haut niveau en Algérie sur ces questions, une réflexion caractérisée par la rigueur, le professionnalisme et le caractère innovant des approches et des concepts développés. Ainsi serions-nous en accord avec l’esprit du FORUM d’ALGER qui est voulu comme un espace citoyen dédié à la production de sens, voué à contribuer à éclairer sur les grands enjeux posés par l’insertion de notre pays dans l’environnement hautement compétitif de la mondialisation. Quels challenges se présentent pour l’Algérie, comment appréhender la complexité, l’évolution de plus en plus discontinue, imprévisible du monde ? Quelles opportunités, quelles menaces, quels sont nos facteurs clé de succès ?

Toutes ces questions sont impératives, il faut y répondre d’abord par une meilleure visibilité sur le changement, une meilleure compréhension des tendances à l’œuvre, des jeux d’acteurs, des possibilités inouïes qu’ouvre le nouveau siècle à l’humanité. Commençons donc par l’énergie et interrogeons-nous : Quels sont les traits marquants de la scène énergétique internationale aujourd’hui ? Quelles sont les tendances à long terme ?

1. Dans le contexte d’une économie globale, interconnectée et fortement compétitive, l’industrie pétrolière est marquée par la volatilité des prix et la montée des risques géopolitiques.

L’industrie pétrolière connaît une situation singulière où les prix s’orientent à la hausse alors que le marché est surraprovisionné. Alors même que la reprise de l’économie mondiale reste fragile la demande en 2010 a progressé de 2.5 Mbj (millions de barils par jours) et l’on pense qu’elle progressera de 1.1 Mbj en 2011 jusqu’à 2015. Pour notre part nous anticipons une progression plus franche à partir de 2012-2013, de plus de

2 Mbj par an. Cependant les capacités inutilisées de l’OPEC aujourd’hui, de l’ordre de 6 Mbj, restent relativement fortes et les stocks détenus par les pays consommateurs à un niveau historiquement élevé de 61 jours de consommation. Les prix du pétrole ont été en moyenne de 80 dollars le baril en 2010, soit une progression de 30% par rapport à l’année précédente. Selon nos estimations ils devraient se placer à un niveau moyen de 90 dollars en 2011. Comme nous l’avions anticipé les prix se sont engagés dans un sentier haussier le dernier trimestre 2010, gagnant 14 dollars le baril entre septembre et décembre.

Nous avions par ailleurs émis de sérieux doutes quant à la vigueur de la reprise de l’économie mondiale, considérant les anticipations du FMI, prévoyant une reprise durable et une croissance de 4% en 2011, exagérément optimistes. Selon notre prévision, la reprise serait en W voire au mieux en U allongé. La réalité aujourd’hui est que cette reprise est à fort contenu budgétaire, que les Etats se sont sévèrement endettés pour mener leurs politiques économiques. Nous avions aussi considéré qu’alors que la sphère financière, désormais interconnectée à l’échelle de la planète, a assujetti l’économie réelle, développant et déployant des mécanismes de couverture contre le risque, d’arbitrage et de spéculation totalement opaques, échappant aux Etats, la question de la régulation, et partant de la gouvernance de l’économie mondiale, était la clé. De fait la chute du mur de Berlin et la révolution des technologies de l’information et de la communication au début des années quatre-vingt-dix ont créé une réalité qualitativement nouvelle : la globalisation. Désormais l’économie mondiale n’est plus constituée de la juxtaposition d’économies nationales en interrelation mais d’un espace sans frontières, fortement compétitif, et où se meuvent des acteurs globaux. Le mouvement de fusions-acquisitions du début des années quatre-vingt-dix en a préparé les conditions. Par la suite le déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’est avec comme nouveaux moteurs la Chine et l’Inde notamment a rendu possible un nouveau paradigme des relations internationales caractérisé par l’interdépendance, la complexité, l’accélération du changement, désormais de plus en plus discontinu, imprévisible. De fait nous vivons aujourd’hui la première crise post-mondialisation. Les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, nous avons connu des cycles de crises tous les dix ans, ces cycles tendent à se raccourcir. Voilà pourquoi nous ne pensons pas que nous allons quitter la tempête pour un ciel serein. La crise économique mondiale que nous vivons et que les pays occidentaux s’emploient à contenir ne ressemble en rien à la crise de 1929. Elle est multidimensionnelle et comprend plusieurs forces centrifuges chacune engendrant une dynamique particulière de fragmentation. Finances, gestion des ressources rares, décalages de prospérité, environnement, etc. toutes les questions sont liées et requièrent une solution globale. La seule conviction que nous avons est que cette crise pose de manière impérative la question du mode de gouvernance de l’économie mondiale et partant celle du leadership. La Chine est devenue en juillet 2010 la seconde puissance mondiale, il semble certain qu’elle passera en tête en 2030. Elle postule dès à présent au leadership mondial et convoite ouvertement les ressources énergétiques vitales à son économie.

La crise politique dans certains pays arabes a surgi dans ce contexte d’incertitude sur les ressources et d’équilibre économique fragile, ce qui en a forcément amplifié l’impact. Mais cette crise n’est-elle pas aussi un impact collatéral de la crise économique mondiale et de la forte concurrence autour des ressources, auquel cas elle n’aurait pas révélé toute son ampleur et son potentiel de diffusion. Beaucoup d’experts pensent que les crises pétrolières sont surtout des crises politiques dans le monde arabe. En fait lorsque des monarchies comme Bahrein voire Oman sont la proie de troubles le marché extrapole forcément et imagine un potentiel de diffusion des crises de plus large échelle avec une remise en cause de l’ordre monarchique séculaire. Tout ceci combiné à ce qui se passe dans les autres pays arabes, apparaîtrait comme un potentiel renversement d’équilibre dans les pays producteurs d’hydrocarbures du Moyen-Orient, ce qui est en effet une véritable révolution, tenant compte du fait que ces sources sont convoitées aussi par les nouveaux centres de la croissance mondiale que sont la Chine et l’Inde.

Le marché pétrolier semble avoir surréagi à la dernière en date de ces crises, la crise libyenne. S’il fallait considérer le poids de ce pays dans la scène pétrolière mondiale, (1.55 Mbj de production sur une demande mondiale de 87 Mbj et 44 Gbls de réserves sur un total mondial de 1 476 Gbls) alors même que les capacités inutilisées de l’OPEC sont de 6 Mbj (ils étaient de 2 Mbj en juillet 2008 lorsque les prix ont atteint le seuil historique de 147 dollars le baril), on ne s’expliquerait pas la fébrilité des marchés. De fait, il faut replacer la réaction du marché pétrolier dans le cadre des tendances à l’œuvre sur la scène énergétique, particulièrement pétrolière internationale. Cette crise a pu accentuer certaines tendances à l’œuvre ainsi que la grande volatilité du marché qui me semble au final avoir surréagi à la crise libyenne particulièrement. La situation pétrolière mondiale est assez singulière. Après avoir connu une baisse exceptionnelle en 2009 de 147 dollars à 32 dollars en six mois, les prix se sont relativement raffermis. Mais l’année 2010 a connu une forte volatilité dans un contexte de sortie de crise encore périlleux. La forte spéculation et le jeu de balancier entre pétrole et dollar, l’un augmente lorsque l’autre descend et inversement a accentué encore l’instabilité des cours. Cependant il faut souligner que contrairement à ce que l’on entend parfois, la spéculation ne provoque pas les mouvements haussiers et baissiers, elle les amplifie seulement. Nous avons connu des mouvements haussiers et baissiers violents en 2010 signalant le poids encore fort de la crise économique. En fait nous connaissons sur le marché pétrolier un conflit entre tendances opposées : (i) une tendance haussière de long terme qui intègre une anticipation d’épuisement et de prééminence de l’OPEC dans les approvisionnements mondiaux. Ainsi la production de l’OPEC devrait passer de 34 Mbj aujourd’hui à 39 Mbj en 2015, sa part dans les réserves mondiales devrait passer de 41% aujourd’hui à 70% en 2030. (ii) des facteurs et tendances baissiers de court terme qui rendent compte de la faiblesse relative de la demande du fait de la crise puis de la fragilité de la reprise à fort contenu budgétaire. Il y a aussi une prime géopolitique qui reflète l’inquiétude sur le potentiel de diffusion des crises dans le pays arabes. Ainsi le marché est hautement volatil et « psychologique » aujourd’hui de sorte qu’il est plus aisé de prévoir le long terme que le court terme. Les prix semblent tester le seuil de 120 dollars avec une forte probabilité qu’ils se maintiennent au dessus de 100 dollars quelques semaines. Le risque d’une correction brutale me semble réel dans la mesure où la reprise de l’économie mondiale supporterait difficilement des prix élevés. Le risque est réel de voir l’économie mondiale rentrer dans un nouveau cycle de récession difficilement contrôlable. Cependant, toutes choses égales par ailleurs, nous pensons que les prix devraient gagner en moyenne annuelle 10 dollars par rapport à 2010 et se placer à un niveau de 90 dollars.

2. L’industrie gazière se remet de la crise et prend son élan. Restructuration et nouvelle donne.

L’industrie gazière se remet d’une grave crise qui avait eu trois déterminants : (i) la crise économique mondiale qui a provoqué la première baisse de la demande gazière mais aussi électrique depuis 1945, (ii) la révolution technologique des gaz de schistes aux Etats-Unis qui a tari ce débouché, le marché américain a connu un retournement de son équilibre, et tend à être autosuffisant, les gaz non conventionnels représentant 30% de la production nationale, (iii) l’arrivée sur le marché d’importants volumes de gaz provenant de projets GNL achevés, Qatargas II, Sakhalin II, Nigeria, Yemen. 100 Gm3 de GNL, soit le quart de la capacité mondiale étaient en trop. Ces volumes se sont adressés en priorité sur les marchés spot de gaz dont les prix ont été divisés par 3 atteignant 4 dollars le baril. Tout ceci a mis en difficulté les contrats de long terme dont les prix, indexés sur les prix du pétrole, étaient orientés à la hausse à la suite de ces derniers, se plaçant autour des 12 dollars le million de btu. Aujourd’hui l’écart entre prix spot et de long terme s’est résorbé de 40% de même que l’écart entre prix marché européen, tirés à la hausse par l’appréciation du charbon s’est accentué avec les prix marchés américains tirés à la baisse par l’arrivée des volumes de gaz non conventionnels notamment. La reprise de la demande gazière, entrainée par la reprise économique, s’est faite plus rapidement que prévu. Dans le même temps les contrats de long terme qui se sont trouvés menacés par les transactions spot ont recommencé à être considérés comme un gage irremplaçable de sécurité des approvisionnements gaziers pour les consommateurs. Cependant beaucoup suggèrent de facturer les transactions dans ces contrats sur la base des cours des marchés spot. La Russie dont la production a baissé de 16% en 2009 pour des raisons internes et dont des parts de marché ont été prises par des nouveaux entrants, dont le Qatar, a adopté une attitude offensive pour reprendre ces parts de marché et a ainsi consenti à facturer jusqu’à 15% de ses transactions de long terme sur la base des prix spot. Ceci conjugué à la forte agressivité commerciale qatarie sur le marché européen a amené les acheteurs européen à réévaluer leurs exigences vis-à-vis des pays producteurs et à demander la généralisation de cette pratique aux autres contrats en cours et à venir.

Il faut cependant comprendre que la chaîne gazière est plus capitalistique et plus rigide que la chaîne pétrolière qui est très flexible, le produit se stocke et se transporte dans des conditions meilleures. Les transactions de long terme avec clause de take or pay présentent pour intérêt de répartir le risque entre producteur et vendeur, le premier prend le risque marché, le second le risque volume. Généraliser les transactions spot, voire la facturation sur ce principe conduit à reporter sur le pays producteur et le risque volume et le risque marché. Il va de soi qu’aucun producteur dans ce cas n’investirait pour développer les capacités nécessaires pour satisfaire la demande future. Considérant que l’Europe, qui est dépendante aujourd’hui à 56% des sources extra-communautaires le sera à 80% en 2030, tout porte à croire que dans ces conditions, elle s’achemine vers un choc gazier (le premier de l’histoire) à cette échéance. Aujourd’hui la bulle gazière annonce sa résorption vers 2013-2014 avec une forte tension sur l’offre attendue à cette échéance.

Mais le marché européen semble être devenu excessivement compétitif, cela au détriment de ses équilibres à long terme. L’arrivée de nouveaux entrants, essentiellement le Qatar qui est à présent le premier producteur mondial de GNL avec 77.2 MTA (Algérie : 20.3 MTA) et qui dispose de surcapacités créées initialement pour approvisionner le marché américain, complique les jeux d’acteurs et donne aux consommateurs la fausse illusion de l’abondance. Cela les amène à négliger leurs sources traditionnelles comme l’Algérie. Le risque pour l’Europe est que les volumes Qataris demain ne s’adressent dans leur quasi-totalité vers les marchés asiatiques de plus en plus voraces en énergie, forcément plus rémunérateurs, et demain mis en demeure de basculer leur mix électrique du charbon vers une énergie propre comme le gaz. Profiter des équilibres gaziers à court terme pour inciter les producteurs à abandonner les contrats à long terme, voire à facturer les transactions sur les prix spots me semble être de courte vue. La solution serait à notre avis de construire des partenariats d’intégration croisée entre producteurs et consommateurs où les compagnies nationales comme Sonatrach en partenariat avec Sonelgaz par exemple accèderaient à l’aval gazier et à la génération électrique et pourraient vendre des molécules de gaz et des Kwh aux clients finaux européen et capter ainsi une partie de l’importante marge aval pendant que les compagnies gazières européennes investiraient dans l’amont et partageraient ainsi le risque avec les producteurs. Voilà qui permettrait de sécuriser les approvisionnements pour les consommateurs et en même temps les débouchés pour les producteurs. Faute de cela l’Europe risque lâcher la proie pour l’ombre et de tout perdre car les sources gazières sud-méditerranéennes risquent de s’adresser alors vers des marchés plus lointains, la révolution technologique dans les méthaniers (dont la taille est passée de 135 00 m3 maximum à aujourd’hui 260 000 m3) le permettra. Les sources sud-méditerranéennes risquent alors d’être intégrées dans des dynamiques de délocalisation industrielle engagées par les pays asiatiques et échapper définitivement à leurs débouchés d’origine, laissant l’Europe dans un face-à-face avec son voisin russe.

L’offre gazière reste donc également marquée par une forte incertitude. Si les réserves, de l’ordre de 64 ans contre 42 ans pour le pétrole, sont au même niveau, en équivalence thermique avec les réserves pétrolières, aujourd’hui la géopolitique gazière tend vers le modèle pétrolier. La révolution des gaz non conventionnels a été selon nous exagérément amplifiée par effet médiatique. Peut-être était-ce un moyen d’agir favorablement sur la position de négociation des consommateurs au moment où les ressources sont de plus en plus convoitées. Le gaz est désormais considéré comme une « destination energy », non plus comme une « bridge energy ». Il est clair que hormis aux Etats-Unis pour les gaz de schistes et l’Australie pour les « coal bed methane », il semble difficile de généraliser l’utilisation de ces technologies dans des conditions économiques et sans porter atteinte à l’environnement. De plus aux Etats-Unis cette vague commence à connaître un reflux avec la vente d’actif par les petits indépendants. La baisse des prix n’arrangeant rien.

3. Quels indices nous renseignent sur le long terme ? Quel futur construire ?

Le monde engage sa transition énergétique depuis un modèle fossile (80% du bilan énergétique mondial) vers un modèle non carboné, non fossile. On pense que vers 2050 les énergies fossiles ne représenteraient que 50% de la demande mondiale. Les énergies renouvelables qui représentent aujourd’hui 14% de la demande mondiale devraient voir leur part se renforcer. Le scénario 450 ppm de l’AIE prévoit de porter la part des énergies renouvelables vers 20% en 2030 et 40% du mix électrique. Nous considérons cette anticipation irréaliste et prévoyons qu’une part significative de la demande sera plutôt satisfaite par le gaz naturel, ce qui va accentuer la lutte pour le contrôle des ressources gazières.

Les ressources pétrolières sont limitées et beaucoup plus proches de l’épuisement. Lors des débats du FORUM d’ALGER, la question du peak oil est revenue souvent sans qu’un consensus n’apparaisse. La réalité est têtue. Sur les 2 700 Gbls de réserves en place à la naissance de l’industrie pétrolière depuis le premier forage à Titusville dans l’Oklahoma par le fameux colonel Drake en 1856, il n’en reste aujourd’hui que 1 476 Gbls soit la moitié, la plus difficile à produire. Aujourd’hui nous consommons 6 barils de pétrole lorsque nous n’en découvrons qu’un seul. Depuis vingt ans plus aucun gisement géant conventionnel n’est découvert. Le taux de déclin annuel des réserves est estimé à 8% l’an alors que les plus grands gisements du monde sont eux-mêmes en déclin : Ghawar en Arabie Saoudite (opéré depuis 1948 et qui décline au rythme de 8% l’an),

Burgan au Koweït (dont officiellement il avait été annoncé que les réserves n’étaient plus que 25% de celles annoncées, ce qui a provoqué une crise politique dans l’Emirat), Cantarell au Mexique, Daqin en Chine. Selon l’expert Colin Campbell de l’ASPO, 46% des réserves de l’OPEC sont fausses ou surévaluées. Ce point de vue a été conforté par M. Saddad EL Husseini ancien vice-président amont de l’Aramco Saoudienne. Les découvertes ont atteint leur pic mondial en 1965 avec 66 Gbl découverts et déclinent depuis. La mer profonde (plus de 2000 m de profondeur) ne représente au mieux 6 Gbl, (inférieur à 3 mois de consommation et 5% de la production mondiale). Pour compenser le déclin de la production mondiale il faudrait découvrir l’équivalent d’une nouvelle Arabie Saoudite.

Tout ceci nous amène à penser que le peak oil est une réalité, qu’il surviendra les dix années à venir selon la vigueur de la demande. Nous pensons qu’il prendra la forme d’un plateau ondulé plutôt que d’un point d’asymptote classique. Il y a une course poursuite entre la demande et la technologie pour accroître les réserves. L’arbitre sera les prix, or les prix sont comme nous l’avons dit pris dans la nasse d’une crise économique récurrente. Tout ceci fait que l’industrie pétrolière, mais aussi gazière, est un cheval fou dont il est difficile de prévoir les directions qu’elle prendrait. Toute la communication faite sur ces questions dans les pays consommateurs, y compris les jugements d’experts (toujours moutonniers comme on le sait) ont à notre avis surtout une vertu thérapeutique. Annoncer la reprise rassure les acteurs, les investisseurs comme les consommateurs et favorise précisément la reprise. La réalité est que la demande mondiale est de 87 Mbj, qu’elle sera autour des 110-115 Mbj en 2030, cela alors que les experts convergent pour penser que la terre pourra difficilement produire au-delà de 100 Mbj. Cela alors que 14 Chinois sur 1000 ont une automobile contre 580 américains sur 1000. Si 50 Chinois sur mille ont une automobile la planète explose. Unanimement, il est admis que c’est la fin du pétrole bon marché. Mais plus encore, nous ajoutons que de plus en plus le marché tendra à intégrer la perspective de la raréfaction des ressources. Il le fait déjà. Les convulsions de l’économie mondiale, en tirant les prix vers le bas, pénalisent l’investissement qui a baissé de 16% en 2009 pour se redresser tendanciellement depuis 2010 à un rythme de 10 à 12% ce qui est peu selon nous pour compenser le déclin des gisements. Considérant la faiblesse relative de l’investissement, soit le rattrapage insuffisant du retard subi du fait de la crise, de la vigueur de la demande, principalement asiatique, (par ailleurs difficilement maîtrisable car elle part de très bas) il semble qu’un supply crunch, un choc d’offre, soit difficilement évitable la fin de la décennie. Ce choc pétrolier, si des modes de gouvernance de l’économie mondiale n’ont pas été mis en place d’ici là, et considérant les incertitudes d’ordre géopolitiques toujours prégnantes, risque d’avoir un impact cataclysmique sur l’économie mondiale. Même si la demande pétrolière, sévèrement mise sous contrainte dans les pays occidentaux, entame son déclin historique, le pétrole restera l’énergie clé dans les transports dans un avenir prévisible.

La première conclusion est que le modèle de consommation énergétique occidental n’est pas soutenable ni sur le plan des ressources, ni sur le plan environnemental. La seconde conclusion est que la transition énergétique engagée sous la direction des pays consommateurs ne peut pas laisser sur le bord de la route les pays producteurs. Pour que ceux-ci consentent à augmenter leurs productions pour satisfaire la demande en croissance, ils doivent être impliqués dans les mutations structurelles qui donneront naissance à la scène énergétique de demain. Ce n’est pas en agitant devant leurs yeux le spectre d’un pic de la demande (qui fera que leur pétrole risque de ne pas se vendre demain) que l’on va les inciter à cela.

Il faut que leurs compagnies énergétiques nationales, que leurs PME et leurs universités soient parties prenantes des technologies de demain, autant dans les économies d’énergie que dans les énergies renouvelables, mais également dans le nucléaire pour les réacteurs de petite et moyenne capacité qui peuvent être couplés avec des usines de dessalement d’eau de mer, et pour les réacteurs de troisième et demain quatrième génération. Il faut que l’on imagine une organisation originale du cycle du combustible qui, tout en évitant les risques de prolifération nucléaire, n’assujettisse pas les souverainetés des pays postulant à l’électricité nucléaire aux fournisseurs d’assemblages d’uranium enrichi. Il faut que les compagnies nationales des pays producteurs accèdent aux marchés finaux des pays consommateurs pour s’intégrer « from well to wheel » et que des perspectives stratégiques réelles leur soient ouvertes. En tant que fournisseurs de produits pétroliers, molécules de gaz et kilowattheures, ils sécuriseront leurs débouchés ainsi que l’approvisionnement énergétique des pays consommateurs en même temps que les compagnies de ces pays contribuent à développer davantage l’amont pétrolier et gazier dans les pays producteurs aux cotés des compagnies nationales. Il faut que dans l’harmonie, tous ces acteurs opèrent leur mutation depuis un modèle carboné vers un modèle non carboné non fossile. Il faut que les PME et les universités des pays producteurs soient engagées dans ces dynamiques dont l’essence même est un partenariat de type nouveau.

Le Forum d’Alger, dans sa session consacrée à l’énergie a fait apparaitre les grandes lignes de ces problématiques. Le soutien et les encouragements du Dr Youcef Yousfi, Ministre de l’Energie et des Mines, la participation au panel de personnalités comme MM. Claude Mandil, ancien Directeur Général de l’Agence Internationale de l’Energie, Ali Hached, Conseiller principal de M. le Ministre de l’Energie et des Mines et ancien vice-président de Sonatrach, Nouredine Bouterfa, Président Directeur Général de la Sonelgaz, du professeur Amor Khelif, du Président du Cabinet EMERGY, les interventions pertinentes dans le débat de MM.Abdelmadjid Attar, ancien PDG de Sonatrach et ancien ministre, Belkacem Nabi, ancien ministre de l’énergie, Mustapha Mekidèche, expert et vice-président du CNES, Boukhlifa, et d’autres, la présence de M. Saïd Aktreche, PDG de NAFTAL, ont contribué à la réussite de cette première session du Forum d’Alger que le Cabinet EMERGY et le quotidien LIBERTE ont organisé en partenariat.

© EMERGY 2011

Abréviations utilisées :
• Mbj : Millions de barils jours (équivalent à 50 millions de tonnes an)
• Gbl : Milliards de barils
• Bcm : Milliards de mètres cubes
• MTA : Millions de tonnes an

Sources data et statistiques:
• ASPO : Association for Study of Peak Oil and Gas : http://www.peakoil.net/
• BP Statistical Review: http://www.bp.com/productlanding.do?categoryId=6929&contentId=7044622
• OPEC Annual Statistical Bulletin: http://www.opec.org/opec_web/en/
• Joint Oil Data Initiative: http://www.jodidata.org/

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, ENERGIE, PETROLE, GAZ, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

Déclarations forum d’Alger

Posté par mouradpreure le 11 mars 2011

Liberté – Mercredi 09 Mars 2011

Déclarations forum d’Alger dans ALGERIE ECONOMIE 25701

En marge du forum d’Alger, nous avons recueilli les avis et impressions de spécialistes qui ont contribué à la richesse du débat organisé lors de cette rencontre.

Claude Mandil : “On va consommer de plus en plus de produits pétroliers” C’est vrai qu’on va non pas vers moins de pétrole ; la consommation des produits pétroliers va continuer à augmenter dans le monde, mais en proportion peut-être moins que l’augmentation de l’ensemble de la consommation d’énergie. Mais elle va continuer à augmenter ne serait-ce que parce que la consommation des marchés de transport et des voitures dans les pays émergeants, comme la chine, vont exploser. Donc, on va continuer à consommer de plus en plus de produits pétroliers. C’est vrai qu’il y a une très forte proportion du monde à être de plus en plus électrique.

De plus en plus d’électricité dans le bâtiment, dans la consommation commerciale et même dans le transport avec le développement de la voiture électrique. Et c’est pour cela que je pense qu’on va consommer de plus en plus de gaz parce que le gaz est une façon de produire de l’électricité, pas la seule mais c’est une façon très commode. On a de tels besoins en énergie et notamment en électricité que je crois qu’on va avoir besoin de tout. Il ne faut pas opposer les choses. On va avoir besoin de plus de gaz, de plus d’énergie renouvelable, de plus de nucléaire et même peut-être de plus en plus de charbon à condition qu’on arrive à faire de la capture et de la séquestration de CO2.

Ce qui va peut-être le plus manquer dans le monde ce sont les moyens financiers. Il faut faire attention à commencer toujours avec les situations les moins coûteuses. Et les énergies renouvelables, très souvent, continuent à être très très chères.

Donc, il faut le progrès technologique qui permet de baisser les prix des énergies renouvelables. L’énergie solaire, par exemple, est pour l’instant beaucoup trop coûteuse. Il faut du progrès technologique, il faut faire baisser le coût des énergies renouvelables. Si on y arrive, il y aura une place importante pour les énergies renouvelables. Mais il y aura aussi une place importante pour le gaz.
S. S.

Abdelmadjid Attar, ancien P-DG de Sonatrach : “Les énergies renouvelables, c’est encore loin”

Les thèmes abordés sont très intéressants, ils sont d’actualité à tout point de vue. Point de vue social, point de vue politique. Au point de vue régional aussi, c’est-à-dire pour l’Afrique et pour la Méditerranée. C’est un début. C’est la première fois qu’on rentre dans le fond des sujets, dans ce secteur de l’énergie. Il va falloir ensuite décliner sur des thèmes un peu plus précis. C’est-à-dire leur accorder le temps qu’il faut en appelant des experts aussi bien institutionnels que hors institutions.

En matière d’énergies renouvelables, les gens prévoient d’atteindre même pas les 50% à l’horizon 2050. Je parle des pays développés qui ont déjà développé des industries et des technologies.
Les énergies renouvelables c’est encore loin. Mais ça se développe petit à petit. Ça se développe, y compris chez nous. Le gouvernement a, dernièrement, approuvé un programme et c’est une bonne chose. Mais ce n’est pas pour demain.
S. S.

Mustapha Mekideche, économiste spécialiste des questions énergétiques : “Il y a beaucoup d’incertitudes sur le marché”

Le débat, durant ce premier Forum d’Alger, a tourné sur le cadre général de l’évolution du marché mondial de l’énergie au sens large. Des diverses formes d’énergie : les énergies carbonés, les énergies renouvelables. Il est intéressant de voir comment les choses peuvent évoluer. Il y a deux choses qu’on peut retenir. En premier, sur le court terme, on a des difficultés à prévoir. On voit ce qui s’est passé dans le monde arabe qui a fait qu’en deux semaines les prix du brut ont augmenté de 30 dollars, et quand il y eu la crise de 1986, personne n’a vu venir. Par conséquent, déjà sur le court terme, il est difficile de prévoir. Pour le long terme, c’est encore plus difficile, donc, il y a beaucoup d’incertitudes. Les incertitudes relèvent aussi sur le fait qu’on nous a rien dit sur l’évolution des marchés européens de l’énergie, sur les politiques européennes en matière d’énergies renouvelables. Parce que cela conditionne également notre propre politique énergétique à l’export. C’est-à-dire qu’on se mettra dans les segments évidement les plus rentables. Et si, comme j’ai pu l’entendre, les prix de l’énergie vont être à des niveaux bas, par exemple celui du gaz naturel, cela ne pourra pas encourager les énergies alternatives, contrairement à ce qu’affirme la commission européenne sur la nécessité d’aller d’ici 2020 vers une augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix. Ce sont toutes ses questions que je considère comme des questions centrales à partir, évidement, d’une vision, d’un modèle énergétique national renouvelé.

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, ENERGIE, PETROLE, GAZ, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

Forum d’Alger – Claude Mandil, ancien directeur général de l’AIE, consultant international, à Liberté: “Il convient d’éviter le gaspillage des richesses hydrocarbures”

Posté par mouradpreure le 11 mars 2011

Liberté – Mercredi 09 Mars 2011 – Remouche

Forum d’Alger - Claude Mandil, ancien directeur général de l’AIE, consultant international, à Liberté: “Il convient d’éviter le gaspillage des richesses hydrocarbures” dans ALGERIE ECONOMIE claude-1_361512

Cet ancien patron de l’Agence internationale de l’énergie, grand invité du conclave, était l’un des principaux animateurs de la rencontre. Les réponses à cet entretien résument en bonne partie ses interventions lors du forum.

Liberté : Certains spécialistes disent que le peak-oil sera atteint en 2018-2020. Partagez-vous cette conclusion ?

Claude Mandil : Je ne crois pas que le problème soit de nature géologique. Et de toute façon, on peut produire des carburants liquides avec beaucoup d’autres matières premières que le pétrole brut : les sables bitumineux, les pétroles extra-lourds du Venezuela, le charbon, le gaz, les végétaux par exemple. Mais il est vrai que ces voies de substitutions sont très gourmandes en investissement alors que l’investissement en exploration-production pétrolière rencontre des obstacles de plus en plus nombreux : la crise financière rend leur financement difficile, une recrudescence du nationalisme complique la vie des compagnies internationales, les opinions publiques sont de plus en plus hostiles aux grands projets industriels, en tout cas en Occident. De plus, la consommation elle-même s’infléchit sous l’effet des politiques de protection du climat. Au total, la consommation de pétrole brut pourrait donc connaître un plateau vers la fin de la décennie. Mais ça ne signifie pas que les consommateurs vont manquer de carburants liquides, cela signifie qu’ils devront les payer plus cher.

Quel est l’état actuel de la demande en Europe, particulièrement en Espagne, en Italie et en France ?

Pensez-vous que le gazoduc Medgaz sera rempli à 100% en 2011-2012 ? La consommation de gaz dans ces pays a été freinée par la crise économique, et la découverte des gaz de schistes aux états-Unis provoque une abondance de gaz sur le marché à court terme, ce qui limite le recours aux contrats à long terme, particulièrement en Espagne. Medgaz risque donc de ne pas être utilisé à pleine capacité dans les prochaines années. Mais à plus long terme il ne devrait pas y avoir d’inquiétude, car les besoins en gaz dans le monde vont croître, peut-être pas en priorité en Europe, plutôt en Asie, mais cela signifie quand même que le GNL du Moyen-Orient va alimenter le marché asiatique plutôt que le marché atlantique ; la “bulle gazière” devrait donc avoir une fin. à quelle année situez-vous l’éclatement de la bulle gazière ? L’Agence internationale de l’énergie le situe vers la fin de la décennie, si on entend par-là le retour à une tension sur les marchés, avec une demande de gaz supérieure à l’offre disponible. Mais je ne possède pas de boule de cristal : tant d’événements imprévus peuvent survenir durant les dix prochaines années !

Pourquoi insistez-vous sur la désindexation des prix du gaz sur les prix du pétrole ?

Le pétrole est surtout utilisé pour le transport (voitures, camions, avions, navires) et pour la pétrochimie, le gaz est surtout utilisé pour tous les autres usages, et surtout pour la production d’électricité et de vapeur, et le chauffage. Pétrole et gaz ne sont donc plus substituables comme ils l’étaient il y a vingt ans. Du coup, les signaux donnés par les prix sont erronés et peuvent être contre-productifs : par exemple en ce moment, le prix du gaz indexé sur le pétrole est très élevé, comme le prix du pétrole lui-même, ce qui suggère au consommateur qu’il doit réduire sa demande et par exemple utiliser du charbon à la place du gaz, alors même que le marché regorge de gaz. C’est une situation absurde et qui ne profite à personne. Ca ne veut pas dire qu’il faut abandonner les contrats à long terme, bien au contraire, mais qu’il faut trouver une indexation qui soit plus en rapport avec les usages du gaz. C’est peut-être suivant les marchés, le prix de l’électricité, ou, pourquoi pas, le prix du gaz à court terme. Je pense que certains acteurs, à la fois producteurs et consommateurs, seraient intéressés par des contrats à prix fixe sur plusieurs années. Vous prédisez un âge d’or du gaz naturel au cours des prochaines décennies.

Pouvez-vous être plus explicite ?

Je crois que le monde va accepter de traiter avec sérieux le problème du changement climatique. Mais en même temps, les solutions à très long terme que sont les renouvelables, le nucléaire et la capture et séquestration du CO2 (sans oublier l’efficacité énergétique) ne prendront toute leur place que dans plusieurs décennies car il faudra avoir développé de nouvelles technologies, soit pour mettre la technique au point (capture et séquestration du CO2), soit pour réduire le volume et la nocivité des déchets (nucléaire dit de quatrième génération), soit pour réduire massivement les coûts (cas des renouvelables et en particulier du photovoltaïque).

Dans l’intervalle, la façon la plus simple et la plus efficace de réduire les émissions de gaz à effet de serre est d’accroître la pénétration de l’électricité et de remplacer le charbon par le gaz pour la produire. Cela promet de beaux jours pour le gaz.

Comment l’Algérie devra-t-elle assurer une meilleure utilisation de sa rente pétrolière en vue d’éviter le syndrome hollandais ?

Ce qu’on appelle le mal hollandais (parce qu’on l’a observé aux Pays-Bas), c’est une situation économique très désagréable dans laquelle la diversification de l’économie en dehors de l’industrie pétrolière et gazière n’est plus possible, parce que les exportations d’hydrocarbures augmentent la valeur de la monnaie, et aussi parce que les ressources humaines et financières du pays sont orientées vers ce secteur au détriment des autres.

C’est une situation potentiellement très dangereuse, surtout pour un pays comme l’Algérie, dont les réserves en hydrocarbures ne sont pas très longues, à la différence des pays du Moyen-Orient. Il est donc essentiel qu’une partie substantielle de la rente soit utilisée pour développer les activités susceptibles de créer de la richesse et de l’emploi à long terme, c’est-à-dire l’agriculture, l’industrie manufacturière et le tourisme. Il faut aussi éviter de gaspiller la richesse naturelle que représentent les hydrocarbures. C’est pourquoi utiliser la rente pour maintenir les prix de l’énergie anormalement bas ne me paraît pas la bonne solution : elle incite au gaspillage car les consommateurs ne sont pas informés de la vraie valeur des ressources en énergie. Je comprends tout à fait qu’une partie de la population algérienne dispose de revenus très faibles et doit être aidée, mais il vaudrait mieux le faire directement, par des allocations financières, plutôt que par un rabais sur les carburants, rabais qui, en plus, profite surtout aux plus riches : ceux qui ont les plus grosses voitures et circulent le plus.

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, ENERGIE, PETROLE, GAZ, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

FORUM D’ALGER – POUR UN MEILLEUR USAGE DE LA RENTE PÉTROLIÈRE

Posté par mouradpreure le 10 mars 2011

Liberté – Mercredi 09 Mars 2011 – Djamel Zidane

 

FORUM D’ALGER - POUR UN MEILLEUR USAGE DE LA RENTE PÉTROLIÈRE dans ALGERIE ECONOMIE 152150

La rencontre centrée sur le thème “Les convulsions de la scène énergétique et perspectives à long terme. épuisement des ressources, nouveaux pôles de croissance mondiale, lutte pour le leadership et l’accès aux ressources” organisé le 26 février dernier avec le soutien du ministère de l’énergie par le cabinet Emergy et le quotidien Liberté, à l’occasion de la célébration du 24 février, date de la nationalisation des hydrocarbures, a regroupé une centaine de participants dont des P-DG de compagnies nationales particulièrement de Sonelgaz, de Naftal et des représentants de compagnies internationales dont notamment Total, Gazprom et Talisman

 

Après la communication du Dr Mourad Preure, expert pétrolier international, président du cabinet Emergy, c’est M. Ali Hached, conseiller principal du ministre de l’énergie et des Mines qui a évoqué les tendances lourdes de la transition énergétique des prochaines années, avant que M. Claude Mandil, ancien président de l’Institut français du pétrole et ex-DG de l’AIE ne le relaye pour parler tendances lourdes, pour le long terme, sur le même sujet.

Selon Claude Mandil, les problèmes du changement climatique vont peser de plus en plus lourdement sur les politiques énergétiques mondiales. “Le centre du monde va se déplacer de plus en plus vers l’Asie et plus particulièrement la Chine, alors que le pétrole Opec va être de plus en plus sollicité”. Par contre, selon ce même conférencier, “l’âge d’or du gaz est à venir, à condition que les prix ne soient pas excessifs”. S’il faut oublier l’idée d’un pétrole bon marché, “le peak-oil ne peut pas être un problème géologique mais un problème d’investissements et d’impact sur l‘environnement”. La demande en produits pétroliers devrait fortement augmenter, tirée par la croissance du parc automobile dans les pays émergents.
Vers un âge d’or du gaz

Il n’en demeure pas moins que le pétrole brut devrait connaître à l’avenir un plateau autour de 70 Mbj. D’autres ressources énergétiques seront plus exploitées comme le condensat, le GPL, les pétroles non conventionnels, les biocarburants. “Le rôle de l’Opep va devenir prépondérant par rapport à ce qui est attendu des pays non-Opep. Le monde va s’électrifier de plus en plus, grâce au nucléaire, aux énergies renouvelables et au charbon aussi, si on améliore les techniques de capture et de séquestration du CO2. Car le charbon est un moyen simple de fabriquer de l’électricité qui restera dominant jusqu’en 2035 en Europe et en Chine”.

Si la part des énergies renouvelables augmente un peu partout, dans les pays de l’UE ainsi qu’en Chine, le gaz entre dans la plupart des scénarios de l’AIE et devrait voir sa part croître de 50% vers 2035, dans la consommation globale d’énergie, selon Claude Mandil. Les USA sont en train d’évoluer d’un statut de pays importateur net de gaz, à un statut d’exportateur. Le gaz deviendra durablement, dans un avenir proche, un élément important du mix énergétique. Avec l’arrivée de nouveaux producteurs sur le marché du gaz, le développement des exportations qataries de GNL, “l’AIE pense que les prix du gaz finiront par devenir plus modérés”.

Une affirmation soutenue par l’ancien président de l’AIE, qui pourtant, dès sa prise de parole, avait annoncé ne parler qu’en son propre nom, et n’engager que sa personne. Or, il s’avère que cette position coïncide exactement avec celle de l’ensemble des pays consomateurs !

Il pense que les contrats de gaz à long terme, à des prix modérés s’entend, continueront à avoir de beaux jours devant eux. “Mais les prix du gaz ne devraient pas être absolument indexés à ceux du pétrole”. Il faut savoir que le prix du gaz en valeur comparée en tep, 1 tep (tonne équivalent pétrole) = 1 000 m3 de gaz, équivaut au tiers de celui du pétrole environ. Le pétrole coûte plus cher parce que ses sous produits sont plus nombreux.

 

L’Algérie doit utiliser sa rente pour développer l’industrie et l’agriculture

Selon Claude Mandil, les prix du gaz devraient être indexés sur ceux du marché spot ou de l’électricité, même s’il admet que les prix du gaz devraient être suffisamment élevés mais raisonnables, pour permettre les investissements d’exploration et d’exploitation qui coûtent cher. Mais l’Algérie devrait augmenter les prix du carburant qui sont trop bas, selon Claude Mandil, et continuer à collaborer avec les institutions internationales. Le Professeur Amor Khelif rappelle que “l’Algérie n’est ni l’Arabie Saoudite pour le pétrole, ni la Russie pour le gaz, et qu’il lui faudra satisfaire un marché intérieur qui progresse rapidement et préparer le long terme, en sanctuarisant les réserves de pétrole et de gaz en les inscrivant, au besoin, dans la constitution afin d’en éviter la dilapidation, en résistant aux pressions démultipliées exercées par les pays consommateurs sur les pays producteurs”. La rente pétrolière devrait, aussi, être mieux utilisée selon les intervenants. Claude Mandil, vers la fin de son intervention avait abordé brièvement le syndrome hollandais, le “dutch disease”, pour recommander d’éviter sa propagation.

Qu’est-ce que le syndrome hollandais

Le terme “syndrome hollandais” provient d’une crise qui s’est déclenchée aux Pays-Bas dans les années 1960 à la suite de la découverte de vastes gisements de gaz naturel en mer du Nord.
Cette richesse subite a renforcé la valeur du florin hollandais, rendant les exportations de tous les produits non pétroliers moins compétitifs sur le marché mondial. Nous sommes en plein scénario algérien. En attendant d’en changer.

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, ENERGIE, PETROLE, GAZ, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

Le Forum d’Alger – Baisse des prix du gaz et perspectives sombres pour le brut – La rente pétrolière sous pression internationale

Posté par mouradpreure le 10 mars 2011

Liberté – Mercredi 09 Mars 2011 Remouche

 

Le Forum d’Alger - Baisse des prix du gaz et perspectives sombres pour le brut -  La rente pétrolière sous pression internationale dans ALGERIE ECONOMIE 152150

Bataille pour l’accès aux ressources énergétiques

Le forum d’Alger, organisé le 26 février dernier, a constitué une excellente opportunité de débattre des questions énergétiques de l’heure. Il aura permis de présenter les perspectives à court, moyen et long terme des marchés internationaux de l’énergie. Il en ressort beaucoup d’incertitudes sur l’évolution de l’offre et la demande en pétrole et en gaz, et partant, sur les cours du brut et du gaz. La volatilité des prix de ces matières premières peut entraîner une baisse conséquente de nos entrées en devises avec pour conséquences à l’évidence un nouveau cycle d’instabilité sociale. En d’autres termes, la chute des prix du gaz sur les marchés internationaux due actuellement à une baisse de la demande, si elle perdure, risque d’affecter durablement nos exportations d’hydrocarbures, d’autant que les pays consommateurs exercent des pressions pour maintenir des cours planchers. N’oublions pas que les ventes de gaz peuvent représenter 40% de nos recettes exportations. Claude Mandil, ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie, le grand invité de la rencontre, a développé, nous semble-t-il, au cours du forum le point de vue des pays consommateurs. Il plaide en faveur de la désindexation des prix du gaz sur les prix du pétrole, si on veut garantir un âge d’or pour cette énergie fossile moins polluante. Ce qui a fait promptement réagir Ali Hached, conseiller principal au ministère de l’Énergie, représentant de ce département. Pour cet expert, l’écart entre les prix du pétrole et les cours du gaz est déjà très important. Il a défendu bec et ongles la position des pays producteurs : le maintien de l’indexation, qui rémunère assez correctement jusqu’à présent l’effort de production des exportateurs grâce aux contrats à long terme. En effet, la tendance vers des prix bas du gaz, poussée par les pays consommateurs, risque de porter préjudice à l’industrie internationale du gaz. À cette allure, les pays producteurs n’engageront pas de lourds investissements dans la chaîne gazière : production – transport – transformation du gaz – logistique commerciale, conduisant à la longue à une crise dans les approvisionnements de l’Europe et de l’Asie, d’où l’indispensable concertation entre pays producteurs et pays consommateurs sur ces questions.

À cet égard, dans le contexte actuel de déprime des prix du gaz, les principaux acteurs, l’Algérie, la Russie, le Qatar devraient miser sur le jeu de la coopération et la complémentarité plutôt que sur la concurrence sur les marchés européen et asiatique. Cette approche est beaucoup plus payante, si on veut que les prix du gaz soient tirés vers le haut et non pas vers le bas comme aujourd’hui. Quant au pétrole, on s’attend à des perspectives sombres à partir de 2040-2050. Selon, Claude Mandil, la demande sur le brut diminuera sensiblement au profit du gaz, des énergies renouvelables, du nucléaire et du charbon, d’où l’urgence pour l’Algérie de développer l’énergie solaire, éolienne, les économies d’énergie et d’adopter un modèle de consommation énergétique plus rationnel.

Le volet politique des questions énergétiques a été également abordé. Outre les effets de la crise financière internationale, la bataille entre grandes puissances pour l’accès aux ressources pétrolières et gazières de la planète est un facteur d’exacerbation des crises comme on l’a vu au Moyen-Orient et aujourd’hui en Lybie. Le P-DG de Sonelgaz, M. Bouterfa, lui, a posé à juste titre, la problématique de l’accès inégalitaire à l’énergie dans le monde. Une partie de l’humanité n’a pas droit au développement, suggère l’un des principaux animateurs de la rencontre. Une injustice consacrée par le nouvel ordre mondial.

Dans la foulée, il évoquera les difficultés des pays en développement à acquérir les technologies en matière de
renouvelable. Mais l’exposé des solutions a été peu convaincant. Beaucoup de spécialistes disent que la technologie s’achète. Dans ce cas, pourquoi l’Algérie devrait-elle avancer avec les pieds liés. À l’instar de la Chine qui a domestiqué ces savoir-faire, pourquoi s’abstiendra-t-elle d’acquérir via Sonatrach des compagnies à l’étranger détenant les technologies du solaire ou de l’exploration-production du gaz non conventionnel, au nom d’une attitude hyper prudente de gestion des devises, soutient un autre expert. En un mot, la réglementation de la Banque d’Algérie devra être révisée pour permettre aux sociétés algériennes d’investir à l’étranger, quitte à placer des garde-fous en vue d’ empêcher la fuite des capitaux. Cet ajustement pourrait libérer les grandes entreprises locales et contribuer au développement durable du pays, au profit des générations futures.

moz-screenshot-27 dans ENERGIE, PETROLE, GAZmoz-screenshot-28 dans FORUM D'ALGER EMERGY

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, ENERGIE, PETROLE, GAZ, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

LES COURS DU PÉTROLE À 115 DOLLARS – Une hausse bénéfique mais pas trop pour l’Algérie

Posté par mouradpreure le 8 mars 2011

www.lesoirdalgerie.com Lundi 07 Mars 2011

 

LES COURS DU PÉTROLE À 115 DOLLARS - Une hausse bénéfique mais pas trop pour l’Algérie  dans ENERGIE, PETROLE, GAZ petrole%20plate-forme

La hausse des cours du pétrole à 115 dollars le baril est certes bénéfique pour l’Algérie, en termes de recettes d’exportation importantes, mais la prudence s’impose vu le risque d’inflation.

Chérif Bennaceur – Alger (Le Soir) – Le week-end écoulé, les cours du pétrole ont atteint 104,42 dollars le baril à New York, et 115,97 dollars à Londres. A leur plus haut niveau, depuis septembre 2008, les cours subissent l’impact des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la hausse de la demande. Les cours se sont envolés d’environ 18 dollars (soit plus de 21%) sur les deux dernières semaines, à New York. L’arrivée de nouveaux investisseurs, l’incertitude et l’émotivité des spéculateurs, les perturbations d’approvisionnement en brut léger, au regard de la situation en Libye, au Nigeria et en Angola, le recul du chômage aux Etats-Unis expliquent selon les analystes cette tendance haussière.

Pour autant, cette hausse des cours risque de ne pas être durable, comme le relève l’expert Mourad Preure, président du cabinet d’études et consulting Emergy. Dans le mesure où cette hausse reflète davantage un comportement sur-réactif du marché, mais aussi l’anticipation, et que le risque d’une «correction brutale» des cours n’est pas à écarter. En effet, les conditions d’une hausse réelle des cours ne sont pas réunies, note cet expert, qui relève le niveau de demande mondiale à 87 millions de barils/j, tandis que l’organisation pétrolière dispose d’un excédent inutilisé de 6 millions de barils/j. Selon cet expert, l’évolution des cours subit une tendance haussière, sur le long terme, qui intègre l’épuisement des gisements mais aussi la hausse de la part de l’Opep dans le monde en termes de niveaux de production (passant de 34 à 39 millions de barils/jour à 39 mbj en 2015) et de réserves (de 40% à 70% à l’horizon 2030). Cela même si la tendance de court terme, liée à la reprise faible de la croissance économique mondiale, à fort contenu budgétaire, doit être également prise en compte. Dans la mesure où une hausse de 10 dollars des cours représente une perte de 0,25% de croissance économique. Or, les cours ont déjà gagné 14 dollars durant le dernier trimestre 2010 et 18 dollars durant les dernières semaines. Cependant, cette hausse est bénéfique pour l’Algérie, pays producteur et exportateur de pétrole, en termes de recettes d’exportation plus importantes que celles réalisées en 2010. Avec un prix moyen de 80 dollars en 2010, en hausse de 30% depuis 2009, l’Algérie avait engrangé plus de 50 milliards de dollars. Avec un prix de plus de 110 dollars, le calcul est aisé.

A ce propos, Mourad Preure prévoit un prix moyen de 90 dollars en 2011, tout en relevant que le prix acceptable se situe à 100 dollars. Néanmoins, le caractère erratique des cours, le risque de chute brutale des cours à 70 dollars, l’incertitude quant à la durabilité de la reprise économique… incitent à la prudence extrême, précise le président d’Emergy. Selon M. Preure, l’économie algérienne devra gérer ces turbulences, prendre en considération le risque d’inflation forte dans le monde, l’impact de l’appréciation du dollar, monnaie de facturation de nos exportations, sur les importations. Et d’autant qu’un dollar fort n’est pas nécessairement bon pour l’équilibre de notre balance commerciale, l’économie nationale étant liée à 60% à la monnaie européenne et sa capacité à diversifier ses sources de croissance restant incertaine. En d’autres termes, la hausse des cours est certes bénéfique, mais non de manière absolue, pour l’économie nationale.
C. B.

Publié dans ENERGIE, PETROLE, GAZ, FORUM D'ALGER EMERGY | Pas de Commentaire »

EMERGY lance en partenariat avec le quotidien LIBERTE le FORUM d’Alger

Posté par mouradpreure le 5 mars 2011

EMERGY lance en partenariat avec le quotidien LIBERTE le FORUM d'Alger dans ALGERIE ECONOMIE 151460

Concept général

Le projet a fondamentalement un objectif citoyen. Il vise à contribuer si modestement soit-il à aider les citoyens à comprendre leur environnement, les grandes questions qui touchent à l’économie, à la science et à la technologie et qui agissent en profondeur sur la politique et déterminent leur devenir. Le monde est aujourd’hui un « global village » où les frontières n’ont plus du tout le même sens qu’auparavant. C’est un monde interdépendant où évoluent à leur gré des acteurs globaux, firmes, institutions financières, voire mainstream companies, grands médias écrits et télévisuels qui reformulent totalement la notion de périmètre national et ce qui en découle, la souveraineté. Celle-ci est de plus en plus une notion dynamique qui tient de la performance des acteurs nationaux.

Lire la suite… »

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, FORUM D'ALGER EMERGY, Travaux et Interviews du Dr PREURE | Pas de Commentaire »

123
 

JE VOUS DIS TOUT |
forever |
Maud in Mumbai ! |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | LA FRANCE LIBRE
| ELEVAGE AMATEUR DE BOULEDOGUES
| You're on my official's WEB...