• Catégories

  • Naïvement enlacée à la mer, Alger si loin de son destin …

    Naïvement enlacée à la mer, Alger si loin de son destin …

  • Articles récents

  • Visiteurs

    Il y a 1 visiteur en ligne
  • août 2018
    D L Ma Me J V S
    « juil    
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
  • ARCHIVES

  • A quoi ressemblera l’économie mondiale en 2060 ?

    www.latribune.fr Pierre Manière | 09/11/2012

    Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dresse le portrait de l'économie mondiale en 2060. Elle prévoit un grand chambardement de l'ordre établi. Comme attendu, la Chine deviendra la première économie de la planète. L'Inde, pour sa part, se classera deuxième, devant les Etats-Unis. New Delhi voit ainsi la part de sa contribution au PIB mondial progresser de 7% à 18% ! La zone euro, elle, verra son poids dégringoler de 17% à 9%.
    Sur le même sujet
    L'exercice apparaît pour le moins ambitieux. Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dévoile sa photographie de l'économie mondiale en... 2060 ! Et ses résultats font état d'un vrai chambardement de l'équilibre économique mondial.
    • Une croissance maussade de 3% par an en moyenne
    D'abord, l'OCDE parie sur un retour progressif aux fondamentaux économiques d'avant crise à horizon 2020. "Une fois liquidé l'héritage de la crise financière mondiale, le PIB global pourrait croître d'environ 3% par an au cours des 50 prochaines années", grâce à "l'amélioration de la productivité" couplée à "l'accumulation de capital humain", précise le rapport. Une croissance profondément inégale, les vieux pays industrialisés affichant des taux bien inférieurs aux pays émergents.
    Un bémol, de taille, concerne toutefois la manière dont la crise actuelle impactera les prochaines décennies. Chef de la division de l'analyse des politiques structurelles de l'OCDE, Giuseppe Nicoletti concède qu'"il y a beaucoup d'incertitude" sur la date de rétablissement de l'économie mondiale. De plus, il souligne que la manière dont les Etats sortiront de la crise aura des conséquences importantes. "Si les Etats-Unis et l'Europe s'en sortent avec des niveaux de dettes trop élevés, cela peut avoir, à terme, des conséquences sur les marchés de capitaux, provoquer une baisse des investissements, et plomber le marché de l'emploi", prend-t-il en exemple.
    • La Chine et l'Inde en pole position
    La Chine devrait débuter ce premier demi-siècle sur les chapeaux de roues. Sur la base des parités de pouvoir d'achat de 2005, l'étude précise que Pékin devrait dépasser cette année la zone euro en termes de contribution au PIB global. Avant de chiper la première place aux Etats-Unis "quelques années plus tard", voyant son poids dans le PIB mondial passer de 17% à 28%. Dans son sillage, l'Inde verrait sa contribution au PIB mondial passer de 7% à 18% en 2060, et dépasser à son tour le pays de l'Oncle Sam. Ainsi, si la Chine est championne en terme de croissance jusqu'en 2020 (avec une moyenne de 10%), Pékin voit sa progression du PIB se tasser jusqu'à 2,3% en 2030-2060. Or sur cette période, New Delhi affiche une moyenne de 6,7% au compteur.
    Pour expliquer le tassement de la croissance chinoise, Giuseppe Nicoletti évoque "le vieillissement de la population chinoise", y voyant-là "les conséquences de la politique de l'enfant unique". De son côté, il justifie le "rattrapage" indien par le fait que son économie part de très bas, citant des exemples "historiques", comme les dragons asiatiques ou l'Europe d'après-guerre.
    • Le moindre poids de la zone euro et des Etats-Unis
    A l'opposé, le Vieux Continent et les Etats-Unis, ne pèsent plus aussi lourd. Représentant respectivement 17% et 23% du PIB mondial aujourd'hui, la zone euro et Washington voient leurs participations chuter de 8 et 7 points.
    • Un quadruplement du PIB par habitant des pays les pauvres
    Conséquence du rattrapage des pays en développement, le PIB par habitant des économies actuellement les plus pauvres "aura plus que quadruplé", souligne l'OCDE. Il sera même multiplié par sept pour la Chine et l'Inde Tandis que celui des économies les plus riches "se contentera de doubler". Toutefois, le classement des pays en fonction du PIB par habitant ne devrait pas bouger. "Certes, les écarts de productivité et de qualification de la main d'oeuvre se réduisent, mais les différences qui subsistent sont encore pour une bonne part à l'origine des écarts de niveau de vie observés en 2060", souligne l'étude.

  • Arrêtez avec le « je me battrai pour vous » de Voltaire !

    Par Zineb Dryef | Rue89 | 14/04/2011

    Deux fois en quelques heures ! D’abord, un éditeur qui invoque son esprit « voltairien » pour justifier la publication d’un livre d’Eric Zemmour. Ensuite, un faux Carl Lang (ex-Front national) qui flatte Pierre Haski sur Twitter pour obtenir la publication d’une tribune sur Rue89 : « On vous dit voltairien », sous-entendu « vous connaissez comme moi la fameuse phrase ».

    Mais Voltaire n’a jamais écrit « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » ! Il ne l’a même jamais dit. A l’origine de cette formule, une Britannique, Evelyn Beatrice Hall qui, dans un ouvrage consacré à Voltaire en 1906, lui attribue le célèbre « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it ».

    Dans un documentaire de la TSR retraçant l’histoire de cette phrase, Charles Wirz, le conservateur du musée Voltaire de Genève, confirme que le philosophe n’a jamais rien dit de tel et présente même l’aveu d’Evelyn Beatrice Hall : « Je ne suis pas d’accord avec vous […] est ma propre expression et n’aurait pas dû être mise entre guillemets. »

    Dans son « The Friends of Voltaire », Evelyne Beatrice Hall a tenté ainsi de résumer la pensée de Voltaire, notamment au moment de sa prise de position dans l’affaire Helvétius, l’un des philosophes qui contribua à L’Encyclopédie.

    Son livre, « De l’Esprit », irrite profondément Voltaire – il qualifie le texte de « fatras d’Helvétius » dans une lettre à de Brosses du 23 septembre 1758, citée par Gerhardt Stenger mais lui apporte son soutien face aux attaques virulentes dont il est victime après la parution de son ouvrage.

    Dans ce contexte, la phrase prêtée à Voltaire ne paraît pas dépasser sa pensée. Pourtant, plusieurs amoureux de l’écrivain s’émeuvent de l’utilisation qui en est faite. On les comprend.

    Nietzsche « Au soleil » avec Jennifer

    « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » est devenu l’un des poncifs les plus irritants des dernières années. Peut-être autant que le « ce qui ne tue pas rend plus fort » de Nietzsche, nouvel hymne de Jenifer « ce qui ne me tue pas me rend forte » dans une chanson sur les bienfaits du soleil.
    Plus injuste encore, il est devenu l’arme de défense de tous ceux qui se croient censurés par les-médias-dominants-la-pensée-unique-le-politiquement-correct.

    Dans les années 2000, Thierry Ardisson l’a largement popularisé dans son émission « Tout le monde en parle » en le citant à tout bout de champ pour justifier la présence du moindre invité un peu controversé. Se proclamer voltairien est ainsi devenu synonyme de partisan de la liberté d’expression totale. On retrouve donc pêle-mêle Eric Zemmour, Robert Ménard, Dieudonné, etc.

    « Ce n’est pas du tout lui cette phrase »

    Voltaire, défenseur de la liberté d’expression illimitée ? Une supercherie, nous répond la Société Voltaire : « Ce n’est pas du tout lui cette phrase. Prenons le credo chrétien qu’il a toujours combattu. Ou les Jésuites. Il ne les aurait jamais défendus. »
    Plus fort, le cas Fréron. Ce journaliste parisien, responsable du journal L’Année littéraire, détesté de Voltaire, a eu droit à une pièce « Le Café ou l’Ecossaise » rédigée contre lui mais n’a jamais eu le moindre signe de soutien à chaque fois que son périodique a été censuré par… Lamoignon de Malesherbes, un ami de Voltaire.
    http://www.rue89.com/hoax/2011/04/14/arretez-avec-le-je-me-battrai-pour-vous-de-voltaire-199690

    • Album : CASBAH LUMIERE
      <b>img08.jpg</b> <br />
  • Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui

  • L’immortel Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui (1), de son nom kabyle Si Mouḥ N Amar U Mouḥ (2), est né, selon l'état civil, le 23 juillet 1910 sous le nom patronymique Mohammed KHELOUAT, au hameau de Taâzibt, un petit village de la région d'Ihesnawen (3). C'est, d'ailleurs, du nom de sa région natale qu'il en tirera son pseudonyme artistique qui était à l'origine : « Ben Ammar Hasnaoui », puis « Cheikh Amar El-Hasnaoui », avant de devenir « Cheikh El-Hasnaoui » plus tard. Quelques années après sa naissance, il perdit sa mère, LAÂZIB Sadïa (Bent Ahmed) elle-même originaire d'Alger de parents originaires de Biskra. Elle mourra des suites d'une maladie après avoir perdu ses deux jeunes enfants : Omar et Ali. Son père, Si Amar KHELOUAT (4), est absent du foyer, car enrôlé par l'Armée française durant la Première Guerre Mondiale. Démobilisé après une blessure, son père rentre au pays, il ira chercher à Alger le jeune Mohamed et le plaça dans une école coranique. Son apprentissage ne durera que quelques années, il en est sorti à l'âge de 12 ans. À Alger, il exercera plusieurs petits métiers tout en se « frottant » aux grands maîtres de la musique « chaâbi » comme El-Anka et Cheikh Nador. Ainsi, il assimila toutes les finesses de ce genre musical exigeant et s'affirme, bientôt, comme un artiste accompli, maître de son art et capable de l'exprimer aussi bien dans sa langue maternelle : « Taqbaylit », comme il le dit si bien, ainsi qu'en Arabe populaire (dialectal), l'autre langue qu'il vient d'acquérir et de perfectionner. Il animera pendant cette période bon nombre de soirées « qui seront pour lui l'occasion de se produire en public et de monnayer son talent ». Il vivra jusqu'en 1936, date de son dernier retour dans sa région natale, des allers-retours entre Tizi-Ouzou et Alger. La situation ambiante (sociale, intellectuelle,…) ne lui plaisant guère (5), il confia, un jour d'été, à Si Saïd U L'Hadi (6), un de ses amis d'enfance : « Cette fois, si je quitte le village, je serai comme une fourmi ailée. Là où me poseront mes ailes, j'y resterai. » (7) À Paris, le « Maître » s'impose comme un artiste phare, illuminant de toute sa classe la vie artistique du moment qui reste confinée aux seuls cafés, véritables microcosmes de la société kabyle. De tempérament solitaire, il fréquente très peu de gens, même pas les « grands noms » de la chanson kabyle de l'époque, mais il se lie d'amitié avec Fatma-Zohra (8), son mari Mouh-akli et Mohamed IGUERBOUCHENE avec lequel il collabore dans des émissions radiophoniques. Sa carrière connaît une parenthèse, durant la Seconde Guerre Mondiale, le temps d'accomplir en Allemagne, le Service du Travail Obligatoire. C'est pendant cette période qu'il fera connaissance de celle qui deviendra plus tard sa femme, il s'agit d'une jeune Française du nom de Denise Marguerite Denis qu'il épousera le 14 août 1948. Cherchant le calme, il quittera la région parisienne et la maison qu'il a construite de ses mains à Anthony pour s'installer à Nice (Rue de Belgique). En 1985 il quittera sa seconde demeure pour un voyage qui le mènera dans les Antilles, où il séjournera, seul, quelques mois avant de repartir vers Nice rejoindre sa femme. En 1988, il récidivera en mettant le cap sur l'île de la Réunion où il s'installera à Saint-Pierre, en compagnie de sa femme Denise, dans la même année. À des milliers de kilomètres des siens et de toute personne qui le connaît, Cheikh El Hasnaoui se construit son havre de paix. Il faudra attendre plus de 20 ans pour qu'un musicologue du nom de Mehenna MAHFOUFI retrouve enfin sa trace et lui rendra trois fois visite afin de s'entretenir avec lui. Le chanteur Abdelli et la chanteuse Behdja Rahal en feront de même et auront le privilège de rencontrer le Maître quelques années seulement avant qu'il ne s'éteigne le samedi 06 juillet 2002, à l'âge de 92 ans. Il sera inhumé, conformément à ses vœux, à Saint-Pierre de la Réunion où un jardin public porte aujourd'hui son nom, il y est indiqué : Cheikh El Hasnaoui, Maître de la chanson Kabyle : Taâzibt 1910 – Saint-Pierre 2002. Ainsi, il est parti le Maître, discrètement comme il a toujours vécu, Cheikh El-Hasnaoui, celui qui mérite plus qu'un autre la place de véritable classique de la chanson kabyle (et même algérienne), nous a laissés emportant avec lui tous ses secrets, que de questions demeurent posées : Ses choix de vie ? La rupture avec le pays ? Paroles de certains de ses textes ?
  • Les vaillantes tribus Hadjoutes étaient menées par un poète, Boutheldja …

    (Par Belkacem Rabah Mohamed Khaled) (...) Il n'existe malheureusement pas de statistiques précises sur le nombre des populations Hadjoutes, mais nous estimons, à partir de certaines données contenues dans le rapport du duc de Rovigo, «vingt-trois tribus Hadjoutes et douze mille cavaliers» ... Dix huit mille cavaliers selon d'autres sources, à un total de plus de quarante mille habitants pour l'ensemble de ces tribus et douars. A la bataille de Staouéli, les 4 et 5 juillet 1830 (Sidi-Ferruch), contre la pénétration des armées françaises et avant la proclamation de Abdelkader comme Emir, les contingents fournis par les tribus Hadjoutes (douze mille cavaliers Hadjoutes) ont combattu vaillamment parmi les cinquante mille hommes engagés dans la bataille. Le général Changarnier qui a eu à combattre les armées Hadjoutes, écrit à leur sujet (Mémoires), après les avoir qualifiés d'«habitants rebelles au joug de l'étranger», de « patriotes énergiques» ,«les Hadjoutes avaient pu mettre en campagne et entretenir, pendant plusieurs années, de mille à mille huit cents cavaliers très courageux, qui avaient accompli des choses dont les cavaliers les plus célèbres de l'Europe se seraient honorés... » De même, le duc d'Orléans n'eut pas manqué de rendre hommage au patriotisme de ces partisans : « ... Ces hardis partisans faisaient plus de mal aux Français que tout le reste des forces ennemies, de même que les Cosaques, dans les guerres de l'empire, contribuèrent plus que toutes les troupes régulières à détruire l'Armée française ... Les Hadjoutes empêchaient l'armée de dormir en la tenant sur un qui-vive perpétuel ... Cependant la mort d'un simple cavalier Hadjoute, Boutheldja le poète, tué dans un de ces engagements, fut une perte sensible pour la cause arabe ... Au milieu du mouvement de résurrection de ce peuple, qui renaissait du sang de ses braves enfants, Boutheldja fut le plus inspiré parce qu'il était le plus convaincu de tous les poètes. Ses chants lyriques, d'une douleur touchante et d'un farouche patriotisme, étaient devenus populaires parmi la jeunesse arabe. Le poète préféra rester en volontaire, au premier rang des Hadjoutes, et, simple soldat, comme Koerner, il mourut comme lui de la main d'un Français, en combattant pour une patrie que tous deux avaient rêvée grande, et qu'ils ne connurent que malheureuse. »
  • Tazir M’hamed Bacha. Ancien militant de la cause nationale, compagnon de Mohamed Belouizdad – «Qui se souvient des 3024 disparus de La Casbah ?»

    www.elwatan.com le 10.05.12

    L’Algérie s’est faite elle-même.
    «Le violence est infâme, son résultat est toujours incertain et nul ne peut agir justement quand il est poussé par la haine.» Antar Ibn Chadad
    Le hasard est parfois curieux. Il provoque les choses, soupire M’hamed qui pense que certains rendez-vous de l’histoire sont quelquefois étranges.A 18 ans, en 1944, il a été arrêté, torturé et jeté dans les caves de la préfecture d’Alger. Dix-huit ans après, en 1962, il est le patron de cette même préfecture d’Alger où il officie en tant que directeur de cabinet du regretté Nadir Kassab. Alors, il se rappelle des propos de son avocat d’autrefois, Maître Sansonneti et de sa flamboyante plaidoirie en déclarant : «Monsieur le président, depuis que je porte cette robe, je n’ai jamais eu peur de dire la vérité. Il y a quelque temps, sur ces mêmes bancs, j’ai défendu des socialistes, des communistes, des gaullistes. Ils sont actuellement au pouvoir. Il ne serait pas impossible que ces gens, que vous êtes en train de juger, seront un jour à la tête de ce pays.»
    Prémonitoires, les propos de l’avocat s’avérèrent justes, résume Tazir M’hamed Bacha, qui nous racontera les mille et une péripéties de sa vie mouvementée. De sa première militance au sein de la Jeunesse de Belcourt à la création de l’organisation spéciale dont il fut un témoin privilégié, à la solitude des prisons dont il a été un pensionnaire régulier, aux exactions innombrables de la soldatesque coloniale à l’origine notamment de la disparition de plus de 3000 Algériens à La Casbah, M’hamed raconte calmement cette étape douloureuse, car, dit-il : «Seuls peuvent juger la guerre ceux qui l’ont vécue dans leur âme et dans leur chair.»
    Comité de la jeunesse de Belcourt
    Mais M’hamed sait aussi faire la part des choses : «Le combat est la seule expérience où l’on peut éprouver un sentiment autentique de fraternité envers celui qui prend les mêmes risques que vous.» Et là, il met en avant les grands mérites de cet homme immense qu’a été Mohamed Belouizdad, brave parmi les braves, qui a été l’étincelle mais qui s’est éteint hélas très jeune, emporté par la maladie. Sur son lit de mort dans un sanatorium en France et alors que Ahmed Haddanou (El Caba) lui demandait s’il avait besoin de quelque chose qu’il pourrait lui rapporter, Belouizdad rétorqua : «Ce qui me manque malheureusement, tu ne peux pas me l’apporter. Ce dont j’ai besoin, c’est d’entendre El Adhan !»
    M’hamed parle de la guerre, mais aussi de paix. Celle qui fait cesser les fracas des canons et des bombes, mais aussi celle, beaucoup plus difficile à obtenir, qui doit se frayer un chemin dans le cœur de chacun. «Lors d’un voyage en France, j’ai pu lire un livre, prix Goncourt 2011, dont le titre L’art français de la guerre, d’Alexis Jenni. La lecture de certaines pages de cet ouvrage fut un choc pour moi. En effet, la liste des 3024 Algériens disparus lors de la bataille d’Alger en 1957 dont fait état l’auteur, je l’ai eue entre mes mains en août 1962 dans l’exercice de mes fonctions à la préfecture d’Alger. Cette liste reste une tache noire qu’il convient d’élucider», suggère-t-il.
    Tazir M’hamed Bacha est né le 2 janvier 1926 à Djendel (Aïn Defla). C’est en 1933 que son père, Mohamed Ben Mokhtar, vint s’installer à Cervantès avec sa famille. Il avait tourné le dos à sa vocation de fellah pour devenir petit commerçant à Belcourt près de son domicile.C’est dans ce quartier populeux que M’hamed Bacha grandit, fit ses études scolaires à l’école des Mûriers puis à Chazot, enfin au collège de Clauzel avec comme camarade de classe un certain Ali Haroun. Le débarquement des Américains en 1942 mit fin à cette aventure et M’hamed dut intégrer le monde du travail en exerçant en tant qu’auxiliaire aux PTT à la Grande-Poste.
    «On était jeunes. Les leaders politiques étaient pour la plupart emprisonnés. On ne devait pas rester les bras croisés. On a créé le Comité de la jeunesse de Belcourt avec Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, Ahmed El Caba, Moumdji…»
    Son militantisme lui valut d’être arrêté le 5 octobre 1944 chez lui, au 46 boulevard Cervantès. Il militait au PPA et distribuait l’Action algérienne, journal du parti. «C’est le commissaire Touron en personne qui procéda à mon arrestation. J’avais 18 ans et je venais de me marier. Ils m’ont amené dans les sous-sols de la préfecture d’Alger où les interrogatoires parraissaient interminables. Je suis resté 10 jours dans les caves avant d’être présenté devant un juge d’instruction militaire sous le chef d’inculpation ‘‘d’atteinte à la sécurité de l’Etat’’. C’est dans ces voûtes que j’ai connu Khider, Moali, Boulenouar, tous militants du PPA. Le 4 mai 1945, je suis déféré devant le tribunal militaire d’Alger.»
    Comme cela coïncidait avec les manifestations du 1er Mai 3 jours avant à Alger, les condamnations furent très sévères. 12 ans de prison et confiscation des biens. Il est envoyé à Lambese, mais retrouve sa liberté en avril 1946 après l’armistice. «Je reprends du service à Belcourt, où Belouizdad m’installe à la tête des Jeunes de Belcourt, c’est à ce titre que j’ai assisté au 1er Congrès du PPA entamé le 16 février 1947 à Bouzaréah et clôturé deux jours après à Belcourt à la limonaderie l’Africaine appartenant à un vieux militant du Parti, Melaine Mouloud. Lorsque, par hasard, nous nous trouvions parmi la foule de spectateurs du défilé militaire du 14 juillet que les Français organisaient chaque année pour célébrer la fin de la tyrannie chez eux, nous nous sentions secoués par le défi. Pourquoi ? Que représente pour nous cette cérémonie ? Pourquoi n’avons-nous pas nous aussi notre armée, notre drapeau ? Que devions-nous faire ? Les plus lucides répondaient : il faut nous organiser.
    De nombreuses idées germaient dans l’esprit des jeunes que nous étions. On était en pleine Deuxième Guerre mondiale. C’est ainsi que fut créé le Comité de la jeunesse de Belcourt, né tel un champignon sur un terrain fertilisé par la politique coloniale de la France qui s’acharnait depuis plus de cent ans par tous les moyens à soumettre notre peuple en lui fermant toute issue pour recouvrer sa dignité et sa fierté.» Les premiers membres fondateurs de ce comité : Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, M’hamed Yousfi, Hamouda et Tazir M’hamed. Le CJB fut intégré comme mouvement jeune du PPA.
    Belouizdad nous avait expliqué que c’était le seul parti vraiment nationaliste et révolutionnaire et dont le programme était clair, à savoir l’indépendance de l’Algérie et qui préconisait le seul et unique moyen d’atteindre ce but, à savoir l’action des masses populaires dont nous les jeunes devrions être l’avant-garde.»
    Belouizdad, un homme à part
    «A la tête du comité, Mohamed Belouizdad va déployer une intense activité et montrer un talent d’organisateur hors pair, qui le révéla rapidement aux instances supérieures du parti. La première grande décision du CJB fut la création d’un journal clandestin. Belouizdad lui donna le titre El Watan. C’était une modeste feuille tapée à la machine et reproduite en plusieurs exemplaires à l’aide de papier carbone. Entre militants, nous parlions souvent de Belouizdad toujours avec affection, respect et admiration.
    Mahsas l’appelait Saâd Zaghloul Bacha, en référence au leader arabe en lutte contre le protectorat anglais en Egypte et fondateur du parti Wafd dans les années vingt. Les discussions avec Mohamed étaient très enrichissantes pour nous. Il écoutait beaucoup et intervenait toujours en dernier. Par délicatesse, jamais il ne nous faisait sentir sa supériorité intellectuelle. Le plus instruit parmi nous à l’époque avait à peine le certificat d’études. Mohamed possédait déjà son brevet supérieur, l’équivalent du baccalauréat qu’il avait passé avec succès. La première fois que j’ai entendu parler de Karl Marx, c’était de la bouche de Mohamed, qui avait déjà lu le Capital.
    Dès 1947, Mohamed m’associa à la réception des armes. C’est ainsi qu’il me chargea de trouver des caches pour enfouir des armes provenant des restes des armées alliées. J’arrivais à dénicher deux endroits sûrs, le premier au pied de la falaise Cervantès, dans la maison du regretté militant Mohamed Meguerba. L’autre cache, dans une petite propriété à Bouzaréah appartenant à la famille d’un militant, le regretté Derkouche. J’avais connaissance d’une troisième cache qui avait été mise à la disposition de Belouizdad par Mohamed Saradouni, un vieux militant qui gérait un dépôt, à l’emplacement actuel de la station du téléphérique, près du cimetière de Sidi M’hamed. C’est au titre de responsable de la section des jeunes de Belcourt, une des plus importantes du pays, que j’ai eu le privilège d’assister au fameux congrès clandestin du PPA de 1947 au cours duquel fut décidée la création de l’OS qui devait préparer et entraîner les meilleurs militants en vue du déclenchement de l’action directe généralisée et le maintien de l’organisation clandestine politique PPA avec comme couverture légale le MTLD.
    Le congrès se déroula la première nuit dans une petite propriété appartenant à un militant de Bouzaréah où Messali était en résidence surveillée après son retour d’exil africain. Avant l’ouverture de la première séance par Messali, un des délégués de la Grande-Kabylie, Si Ouali, demanda la parole. Il tira son revolver caché sous sa ceinture, le posa sur la table et proposa la résolution suivante : ‘‘Tout participant à ce congrès national qui dévoilerait ne serait-ce qu’une partie des délibérations ou des noms de participants est condamné à mort.’’ Ce fut un moment de stupeur générale. On sentait déjà la mort planer sur nos têtes avant l’ouverture des débats. Messali lui-même resta muet, tellement la proposition de Si Ouali était inattendue.
    Plusieurs délégués condamnèrent cette proposition, le plus acharné fut le docteur Chawki Mostefaï qui parla des limites de la résistance humaine face à la torture, pratiquée systématiquement par la police coloniale, et surtout fit allusion à une découverte récente à cette date, le sérum de vérité, qui, administré à une personne, est susceptible de lui faire dire tout ce qu’elle sait malgré une volonté contraire. Tous les éléments développés laissèrent Si Ouali inébranlable. Il maintint sa proposition et demanda qu’on la soumette au vote. Le président du congrès, Messali, ne savait plus quoi faire. C’était le blocage total dans un silence impressionnant. On entendrait voler une mouche.
    C’est alors qu’on aperçut au fond de la salle une main se lever de quelqu’un qui demanda la parole pour la première fois. Le président lui fait signe qu’il peut parler : ‘‘Je propose, dit une voix claire avec une diction impeccable, qu’on remplace les mots ‘‘est condamné à mort’’ par ‘‘est passible de la peine de mort’’, ce fut un soulagement général. Mohamed Belouizdad venait par un intelligent et astucieux amendement de mettre fin au blocage qui paralysait le congrès avant même son ouverture. Messali, après un long regard de reconnaissance vers Mohamed mit aux voix la résolution amendée. Elle fut votée à l’unanimité y compris par Si Ouali.»
    Un laministe convaincu
    Le congrès s’acheva au lever du jour, après une longue intervention de Messali qui prononça la clôture de ces importantes assises d’où sortira l’Organisation spéciale dont la mise sur pied sera confiée à Mohamed Belouizdad. Il avait 24 ans, l’âge de l’Emir Abdelkader quand ce dernier reçut la Bayâ en 1832 afin d’organiser la lutte armée contre les Français. La jeunesse est l’âge de l’héroïsme, ce mot n’a jamais été aussi juste que dans le cas de la lutte du peuple algérien. Mais Messali écarta Debaghine et s’arrogea seul le droit de désigner la direction politique du parti. Depuis cette date et peut-être bien avant, les germes de la scission, qui allaient se produire quelques années plus tard entre centralistes et messalistes, étaient semés. Fort heureusement, le 1er Novembre est venu mettre fin à cet imbroglio.
    M’hamed milita à Alger avec Mokhtar Bouchafa notamment jusqu’à son arrestation le 1er mai 1957, «où des soldats sont venus à notre domicile pour arrêter mon père disparu jusqu’à ce jour. Alors que moi même je l’ai été par la DST. S’ensuivirent de longs séjours à Bouzarréah, Paul Cazelles, Beni Messous, Bossuet, jusqu’à la libération à la fin de l’année 1960». A l’indépendance, M’hamed est nommé chef de cabinet du préfet Kassab. «Au début, on a eu des problèmes avec les gens des frontières qui voulaient accaparer le siège de la wilaya pour en faire un ministère. Ils nous avaient menacés, et Dieu seul sait qu’à l’époque c’était la seule institution qui marchait.» Heureusement que dès la constitution du gouvernement en septembre 1962, le projet a été stoppé. M’hamed renoue avec ses premières amours, les PTT, puis s’occupe des affaires administratives à la présidence jusqu’en 1980 où il est nommé consul à Agades (Niger), puis au Kef (Tunisie). Il prend sa retraite en 1990.
    htahri@elwatan.com

  • La casbah de Dellys entre légende et réalité

    www.algerie-plus.com Par Khidr Omar | 05/05/2011 | 11:03 En dépit de la patine du temps et des séquelles irréversibles laissées par l'homme, la casbah de Dellys (80 km à l'est de Boumerdes) a su garder un cachet atypique, forgé par un passé glorieux auquel est associé une beauté naturelle exceptionnelle. Plus que tout ça, cette belle ville nichée à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, naturellement protégée contre les courants marins et les vents d'ouest par un long promontoire, connu sous le nom de cap Bengut, au-dessous duquel se love un vieux port turc, est traversée par la RN24 sur toute sa longueur, s'étirant depuis Takdempt, à l'ouest, jusqu'à la nouvelle ville, à l'est de l'oued Oubay. Au coeur de ce long boulevard, se situe la vieille ville, communément appelée la casbah de Dellys, qui était considérée jusqu'à un passé récent, comme le pouls de la ville. Aujourd'hui, ses échoppes, dont beaucoup sont désertées par leurs propriétaires, laissent apparaître des plaies béantes, dues aux aléas du temps, mais principalement au séisme de mai 2003, qui avait durement ébranlé ses vieilles constructions et fait disparaître du coup des pans entiers de la mémoire matérielle et immatérielle. Il n'en demeure pas moins que le visiteur à Dellys est irrésistiblement happé par la multitude de vestiges historiques encore visibles dans les dédales de sa casbah et de ses ruelles, où ont été recensées quelque 200 vieilles bâtisses datant de l'époque ottomane. Le vieux port, le phare de cap Bengut, la vieille mosquée du centre ville, l'école coranique Sidi Amar, le tombeau de Sidi el Harfi et le mur d'enceinte ceinturant cette cité sur plus de 2000 mètres, constituent notamment autant d'attractions sur lesquelles peuvent se fixer encore de nos jours les yeux des visiteurs avertis. Une cité en proie à toutes les convoitises Mais c'est surtout l'histoire glorieuse, à la limite de la légende, de la ville de Dellys, qui fait la fierté de ses habitants, à l'instar de Ami Rabah Edelssy (70 ans) qui considère que la « position géographique de cette ville est à l'origine des différentes convoitises et civilisations qui se sont succédées dans la région». Parfois, l'on peut ainsi surprendre des Déllyssiens nostalgiques, assis sur un rocher dans la quiétude du cap Bingut ou sur un banc de la place dite de la guinguette, mais dont il ne reste aujourd »hui que le nom, en train de suivre le passage des navires, voguant vers de lointains ports, ou simplement contempler la grande bleue, s'imaginant voir accoster sur les rivages de la région les navires des corsaires et autres envahisseurs. C'est ce riche passé que les habitants de Dellys tentent aujourd'hui de préserver coûte que coûte en exhortant les autorités concernées à manifester davantage d'intérêt pour le patrimoine de leur ville et pour tous ses vestige et patrimoine, dont de vieux manuscrits détenus par plusieurs citoyens Ils désirent, à cet effet, pouvoir les réunir dans un musée digne de la renommée de cette cité. Selon les historiens, l'édification de la vieille Casbah de Dellys remonte à l'époque ottomane, qui la baptisèrent « Tiddiles ». Elle était alors constituée d'un ensemble de constructions bien agencées et divisées par des rues et ruelles, possédant toutes les commodités de vie nécessaires sur une surface globale de 1200 ha. Selon le président de l'APC, c'est par souci de préservation et de protection du riche patrimoine renfermé par cette ville historique, que la tutelle a élaboré à partir de 2007 un « Plan permanent pour la protection et la restauration de la Casbah de Dellys ». La première étape de ce plan, a été réceptionnée fin 2009, avant son exécution qui consista, selon la même source, en la réalisation de « travaux d'urgence » axés sur la « restauration de sites sensibles » du patrimoine matériel. La seconde phase de ce plan, également réalisée début 2010, a consisté en la réalisation d' »études historiques et typologiques » sur le même site, tandis que la 3ème étape, attendue vers fin 2011, portera sur l'élaboration d'une mouture finale de ce même plan. Selon une étude historique réalisée par des chercheurs universitaires de Boumerdes, à l'occasion de la célébration du mois du patrimoine, le « rôle de Dellys en tant que grande cité est historiquement affirmé » grâce à sa « position stratégique sur la mer méditerranée, son sol fertile et sa proximité des cours d'eau « . De nombreuses civilisations se sont succédées sur cette cité maritime, à l'image, de la civilisation numide qui lui donna le nom « Thadlest ». Par la suite les Romains la baptisèrent à leur tour « Rusucurus », avant de devenir une importante ville de la Mauritanie césarienne. Les Phéniciens s'en emparèrent ultérieurement pour y fonder un grand comptoir commercial et une route vers la ville de Bejaia. Elle connut également le passage des Vandales et des Byzantins. Le passage de la ville de Dellys à la civilisation musulmane remonte au 16ème siècle, selon des documents historiques, qui font état de son rattachement successivement aux règnes des Fatimide, des Hamadite, des Mourabitoune et des Hafside. Après une courte période sous la coupe des Espagnols, cette cité antique connut son « âge d'or » grâce aux frères Aroudj et Kheireddine qui la délivrèrent et l'annexèrent à l'Etat ottoman. Le colonialisme français qui y entra en 1844, en fit une base militaire pour étendre son hégémonie sur toute la Kabylie. L'histoire de cette ville a été immortalisée par plusieurs historiens qui célébrèrent sa beauté au fil du temps, à l'image d'El Idrissi(21e siècle) qui en a fait l'éloge dans son célèbre « Nouzhate El Mochtake » (le plaisir du passionné), Al Hamiri (15e siècle) « Al Raoudh Al Miitar » ( les jardins parfumés), Hosseine Al Ourtilani (18 e) « Nouzhate Al Andhar » (le plaisir des yeux), ou encore par les recueils de l'officier français Carette et de l'allemand Heinrich Von Maltessen (19eme siècle).

UN NOIR EST MORT

Posté par mouradpreure le 23 septembre 2011

La peine de mort est un acte barbare où la justice se rabaisse au niveau du criminel qu’elle croit châtier.  Rien ne peut la justifier, pas même quand ce fut l’acte le plus barbare commis par l’homme qu’elle réprime. En revanche, exclure de la société, emprisonner à vie, est ici le geste absolu, ultime, et probablement le plus difficile à subir par le criminel, laissé seul le restant de sa vie face à son crime.

La peine infligée à Troy Davis est encore plus inacceptable car elle nous renvoie immanquablement à une image douloureuse : ce pauvre homme noir aurait pu être une femme, cette femme noire aurait pu être violée par un monsieur puissant et riche … dans une suite d’un grand hôtel new-yorkais où elle exerçait comme femme de ménage … de la même manière la justice aurait encore une fois tragiquement détourné le regard … ainsi va le sort des damnés de la terre, fussent-ils citoyens de la patrie de Jefferson…

Mourad Preure

www.lequotidien-oran.com par K. Selim Jeudi 22 septembre 2011

UN NOIR EST MORT dans SOCIETE h-20-2595922-1316686054

A moins d’un miracle de dernière minute, Troy Davis est à cette heureci un pauvre noir mort. Le Comité des grâces de l’Etat de Géorgie (Etats-Unis) a été totalement insensible aux failles criantes du dossier et notamment le fait que sept des neufs témoins qui le mettaient en cause dans l’assassinat d’un policier se sont rétractés. C’est énorme. Et cela aurait normalement suffi à relancer l’affaire. Il n’en a rien été.

C’est pour cela qu’on ne peut même pas écrire que Troy Davis est un citoyen américain de plein exercice. Il est noir et pauvre. S’il avait été un Américain à part entière, il aurait bénéficié des droits minimaux que la Constitution et les lois accordent aux vrais citoyens de ce pays. Dans un système où l’expression de «justice de classe» n’est pas un vain mot et où l’argent crée une inégalité manifeste devant la justice, comme on a pu le constater lors d’une récente affaire new-yorkaise, les droits minimaux de Troy Davis sont ignorés. Quand un comité des grâces, ultime recours avant la mort, n’est pas troublé par le fait que sept témoins à charge sur neuf se soient rétractés, on est au-delà de l’aveuglement. On ne peut pas s’empêcher d’y voir de l’acharnement. Quitte à donner de la justice américaine une image des plus sinistres.

Lire la suite… »

Publié dans SOCIETE | 1 Commentaire »

Peine de mort aux États-Unis : la dernière lettre de Troy Davis

Posté par mouradpreure le 23 septembre 2011

Le Point.fr – Publié le 22/09/2011 à 10:27 –


L’Afro-Américain, exécuté jeudi matin aux États-Unis, a fait parvenir une ultime missive à tous ses soutiens juste avant l’injection mortelle.

Des anonymes pleurent la mort de Troy Davis, jeudi matin, devant la Maison-Blanche. © Charles Dharapak /AP, SipaPeine de mort aux États-Unis : la dernière lettre de Troy Davis dans SOCIETE
Par Cyriel Martin

Il était 5 h 8, ce jeudi matin, quand Troy Davis a rendu son dernier souffle. Cet Afro-Américain de 42 ans, devenu un symbole de la lutte contre la peine capitale, a été exécuté après avoir clamé son innocence jusqu’au bout, mais sans pouvoir remporter son ultime marathon judiciaire. Peu avant de recevoir l’injection mortelle, Troy Davis a fait parvenir une lettre à ses avocats. En voici de larges extraits (traduction Le Point.fr).

Lire la suite… »

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Relativité: Einstein contredit par des chercheurs français

Posté par mouradpreure le 23 septembre 2011

Par www.lefigaro.fr – Cyrille Vanlerberghe le 22/09/2011

Relativité: Einstein contredit par des chercheurs français dans SOCIETE d9f9a4fc-e54a-11e0-a699-c05cb3283739
Albert Einstein écrit une équation portant sur la desnité de la Voie Lactée, en janvier 1931. Crédits photo : AP/ASSOCIATED PRESS

Des chercheurs du CNRS ont montré que des particules sont capables de voyager plus vite que la lumière.

«Si c’est vrai, c’est une véritable bombe pour la physique, c’est une découverte comme il en arrive tous les siècles», commente Thibault Damour, grand spécialiste de la relativité d’Einstein à l’Ihes (Institut des hautes études scientifiques à Bures-sur-Yvette). La raison de cette effervescence est simple: une équipe de chercheurs de l’Institut de physique nucléaire de Lyon a montré que des neutrinos «superluminiques», des particules très légères, sont capables de voyager plus vite que la lumière. Un phénomène tout simplement impossible d’après la théorie de la relativité restreinte d’Einstein, qui définit la vitesse de la lumière comme une limite infranchissable pour tout objet doté d’une masse. Si les mesures de Dario Autiero et de ses collègues du CNRS à Lyon sont justes, c’est toute la physique moderne qui est à revoir. Les conséquences seraient tellement importantes que tous les spécialistes se veulent prudents et demandent que l’expérience soit reproduite ailleurs, avec une autre équipe, avant de jeter d’un coup à la poubelle tout le travail d’Einstein sur la relativité.

Lire la suite… »

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Les secrets de la machine Nutella

Posté par mouradpreure le 23 septembre 2011

Le Point – Publié le 25/08/2011 Par Gwendoline Dos Santos

Les secrets de la machine Nutella dans SOCIETE

« Le Nutella ? C’est une drogue dure ! J’en ai donné à mon chien. Il était comme fou et m’a suivi pendant des heures ! » Pierre Dukan, le médecin, auteur du fameux régime, n’y va pas avec le dos de la cuillère. Son chien n’est pas seul à avoir succombé. Le pot de Nutella atterrit dans le chariot de trois familles françaises sur quatre. Les « dealers » ont, il est vrai, pignon sur rue : 5 000 points de vente en France. Nutella détient 85 % du marché de la pâte à tartiner. Le pot est dans toutes les cuisines, toutes les crêperies. Une domination commerciale inédite dans un univers où la concurrence fait rage.

Lire la suite… »

Publié dans SOCIETE, STRATEGIE, INTELLIGENCE ECONOMIQUE | Pas de Commentaire »

Quelle est la pire ville au monde où conduire?

Posté par mouradpreure le 23 septembre 2011

www.slate.fr Vendredi 9 septembre 2011

Quelle est la pire ville au monde où conduire? dans ENERGIE, PETROLE, GAZ embouteillagemexico200

Vous ne supportez plus les embouteillages pour aller au travail ou rentrer chez vous? Ce que les citadins vivent n’est rien par rapport à ce que doivent supporter les habitants d’autres villes du monde, comme nous le rappelle IBM dans son étude annuelle sur la pénibilité de ces trajets quotidiens.

Lire la suite… »

Publié dans ENERGIE, PETROLE, GAZ, SOCIETE | Pas de Commentaire »

«Nous demeurons dans le mauvais système dominé par le dollar»

Posté par mouradpreure le 26 août 2011

Jean-Louis Perrault. Maître de conférences à l’université de Rennes 1 (France)

www.elwatan.com le 08.08.11 |

 «Nous demeurons dans le mauvais système dominé par le dollar» dans CRISE ECONOMiQUE dette-americaine-coup-de-semonce-de-moodys-alarme-de-la-fed-la-chine-inquiete

- Les Etats-Unis, avec une dette publique dépassant les 14 300 milliards de dollars, est le pays le plus endetté du monde. Quelle analyse faites-vous de cette formule de financement du déficit par l’endettement ?

La question du financement par l’endettement renvoie à une évidence : le capitalisme se compose, par essence, d’économies de crédit organisé. En revanche, il convient de rappeler que la science économique n’a pas tranché la question du meilleur mode de financement d’un déficit public. Le vieux modèle IS-LM, dans le cadre duquel John Hicks avait cru transcrire la pensée de Keynes, en 1936, estimait clairement que le meilleur modèle de financement du déficit public était, d’abord, la création monétaire, ensuite l’emprunt, et, enfin, la hausse de l’impôt. Les remises en cause de cette approche par les idéologues de l’école de Chicago ont fait prévaloir l’idée selon laquelle le déficit public se régulait de lui-même. Mais que la meilleure façon de le financer était l’emprunt. Depuis lors, dans les principales économies occidentales, la création monétaire est le fait des banques privées qui demandent, par ailleurs, des actifs sans risque : les obligations d’Etat. En d’autres termes, la dette gouvernementale, aux Etats-Unis comme en Europe, permet d’améliorer le ratio de solvabilité des banques en diminuant le risque associé à leur portefeuille d’actifs. Une question essentielle, face aux innombrables crises financières qui nous accompagnent depuis 20 ans, pourrait être : «Qu’est-ce qui a désorganisé le crédit ?» Sachant que le crédit est privé, les offreurs de crédit sont les seuls responsables de cette désorganisation.

- Le modèle fiscal des Etats-Unis et les différentes dépenses de l’Etat fédéral ne posent-ils pas problème ?

Ce que l’on retrouve dans la gestion budgétaire fédérale, ce sont les influences de quelques groupes de pression. En outre, dans le cas des Etats-Unis, il faut rappeler que cinq administrations républicaines se sont succédées depuis 1980, c’est-à-dire pendant 20 ans, si l’on excepte les deux mandats du président Clinton (1993-2001), lui-même contraint par un Congrès républicain d’adopter le Balanced Enforcement Act. Nous observons les conséquences d’une même idéologie budgétaire : réduction des dépenses fédérales avec militarisation de l’action gouvernementale et réduction de l’assiette fiscale. Or, ces éléments contribuent à définir un budget pro-cyclique. En effet, déjà bien entamée sous les mandats du président Reagan, la «révolution fiscale» a été achevée pendant les deux mandats du président Bush Jr. L’idéologie fiscale des néoconservateurs fut d’abord que la baisse des impôts avait des effets de relance de la croissance. La démonstration n’ayant pas eu lieu, l’Administration néoconservatrice a développé l’argument «d’affamer la bête» (starving the beast). En d’autres termes, la réduction des revenus de l’Etat est, selon cette hypothèse, la meilleure façon d’amener à réduire les dépenses. Mais, et nous y assistons à présent, d’importantes réductions d’impôts qui ne sont pas accompagnées de réductions de dépenses engendrent une crise fiscale. À titre d’illustration, les recettes fiscales fédérales, qui oscillaient depuis 1950 entre 17% et 19% du PNB, ont été ramenées à 14% avec la récession, en 2011. Alors que, à l’inverse, les dépenses sont passées mécaniquement de 19% à 25% du PNB.

- La dette globale publique et privée s’élève, cependant, à 50 531 milliards de dollars. Quels seraient les risques futurs sur l’économie américaine ainsi que sur l’économie mondiale ?

L’administration du président Obama est confrontée à une situation totalement subie. Ainsi, entre 2008 et 2011, l’Administration fédérale aura perdu plus de 400 milliards de dollars de recettes et vu augmenter de plus de 900 milliards ses dépenses, dont 150 milliards pour la défense. Les 750 autres milliards sont essentiellement les augmentations de dépenses «sociales». Le compromis sur la dette devant le Congrès n’a contribué qu’à entériner les vues pathologiques néolibérales. Paul Krugman l’évoque dans le New York Times : cet accord est un désastre qui va rendre le problème du déficit américain encore plus grave. Le résultat ne s’est pas fait attendre puisque le 4 août, en partie pour des raisons techniques, la dette publique des Etats-Unis a franchi 100% du PIB (le niveau de l’Islande). Un résultat qui, là encore, est équivalent à celui de 1949. Ces théoriciens, qui raisonnent comme des apothicaires ou des notaires, en Europe comme aux Etats-Unis, affaiblissent l’économie mondiale. La Chine, le plus grand créancier des Etats-Unis avec 1152,5 milliards de dollars, a annoncé qu’elle allait continuer à diversifier ses investissements en devises étrangères face aux menaces qui continuent de peser sur le dollar en raison de la dette des Etats-Unis.

- Quel serait, d’après vous, le comportement futur des autres créanciers si cette crise venait à se rééditer ?

Il s’agit, me semble-t-il, autant de géopolitique que de finance… Affaiblir le dollar peut être occasionnellement l’intérêt du gouvernement chinois, notamment au regard des besoins structurellement croissants de l’économie et de la société chinoises en matières premières. En effet, les cours des matières premières sont repartis à la hausse depuis 2010, par conséquent affaiblir le dollar c’est compresser les coûts de la production manufacturière et, accessoirement, les coûts de la vie quotidienne pour le peuple chinois. A l’inverse, bien sûr, cet affaiblissement induit une hausse des prix des produits fabriqués en Chine. De la même façon, cela enchérit le coût des investissements directs étrangers, toujours effectués en devises, des compagnies chinoises. Pour autant, le mécanisme d’érosion du dollar vis-à-vis du yuan est engagé depuis plus de 10 ans. La monnaie chinoise s’est appréciée de 4,2% par an pendant le second mandat du président Bush. Cette appréciation s’est accélérée pour atteindre 5,3% depuis que les autorités chinoises ont élargi la marge de fluctuation du yuan vis-à-vis du dollar, en 2010. L’intervention de M. Guan Tao, le 6 août, menaçait d’une réduction des actifs en dollars détenus par les autorités, si les autorités américaines accéléraient le processus d’affaiblissement de leur monnaie. Pour autant, il n’existe toujours pas, à ce jour, de monnaie mondiale, de monnaie véhiculaire – unité de compte et de règlement, suffisamment disponible en quantité – pour constituer un substitut au dollar. L’euro reste un instrument de placement et son poids dans le règlement des échanges reste excessivement limité. Par conséquent, à moyen terme, nous demeurons dans le mauvais système dominé par le dollar.

- En toile de fond de ce modèle de financement du déficit par l’endettement figure le risque de soumettre l’économie des Etats-Unis à l’appréciation des agences de notation. Quel est votre avis ?

L’agence Standard & Poor’s a rétrogradé de «AAA» à «AA+», le 5 août, la note sur la dette à long terme des Etats-Unis, pour la première fois de son histoire. Cet événement montre l’emprise aberrante des agences de notation sur les Etats souverains, puisque ces structures, strictement opaques, sont privées et émanent du système financier. Or, la dégradation de la note peut constituer une assez bonne affaire pour le système bancaire qui pourra relever la prime de risque (spread) sur les prêts au gouvernement. Il faut comprendre que le système bancaire, aux Etats-Unis, a ouvert 4400 milliards de dollars de crédits nets de remboursements à l’économie en 2007. Or, l’état critique du système financier a débouché sur des remboursements excédentaires depuis 2008 : c’est-à-dire que le système bancaire a reçu 650 milliards de plus de remboursements qu’il n’a effectué de prêts en 2009. Parmi ces chiffres, en revanche, les crédits du secteur bancaire au Trésor représentaient +1443 milliards en 2009 contre +237 milliards en 2007. En d’autres termes, les prêts au gouvernement ont pris le relais des prêts au secteur privé dans la structure des nouvelles créances bancaires. Cela peut constituer une compensation dans la mesure où les crédits à la consommation ne cessent de marquer le pas : depuis 2008 où ils ont atteint 2561 milliards de dollars, ils sont tombés sous le seuil de 2400 milliards. Dans une économie où, grâce au système fiscal, les compagnies s’autofinancent largement, le renchérissement de la dette publique constitue la meilleure solution pour distribuer la rente au système bancaire.
Ali Titouche

Publié dans CRISE ECONOMiQUE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Un sénateur français veut la reconnaissance civile de la kafala

Posté par mouradpreure le 13 août 2011

www.lequotidien-oran.com par Moncef Wafi – 24/07/2011

 Un sénateur français veut la reconnaissance civile de la kafala dans SOCIETE

A une année des présidentielles françaises, la proposition du sénateur UMP du Vaucluse, Alain Milon, d’intégrer la kafala dans le code civil promet de faire des remous au sein des deux chambres et dans la famille politique même du sénateur.

La proposition de loi enregistrée à la présidence du Sénat, le 10 mars 2011, est relative à l’adoption des enfants régulièrement recueillis en kafala, quelque 200 enfants algériens et marocains entreraient en France par an à ce titre. Ce projet de loi, Alain Milon le défend en s’appuyant sur l’exemple d’autres pays européens, « pragmatiques, reconnaissent la kafala dans tous ses effets et la transforment en adoption, créatrice d’un lien de filiation ».

2fe6042e386c71b13546481d8e584c7b dans SOCIETE

Le souci premier du sénateur est que « les enfants de kafala puissent bénéficier des mêmes droits au sein de leur famille et dans le pays où ils habitent que les autres enfants recueillis régulièrement dans des pays étrangers par des familles adoptives ». Ces enfants sont généralement des enfants sans famille, recueillis légalement pour la plupart d’entre eux en Algérie ou au Maroc par des familles venues de différents pays d’Europe, l’Espagne, l’Italie, la Suisse, la Belgique, mais aussi la France. Mais pas seulement, puisque de nombreuses mères préfèrent sacrifier l’éducation d’un enfant, en bas âge, en l’envoyant généralement en France pour être pris en kafala par des membres de la famille. La kafala est un mode de recueil prévu par le droit musulman et reconnu par la Convention internationale des droits de l’enfant comme une mesure pérenne de protection de l’enfant sans famille.

Alain Milon s’inspire aussi de la position de la Cour de cassation et de la jurisprudence au cours des années 1990. Dans un arrêt de principe du 10 mai 1995, rappelle-t-il, la Cour de cassation a affirmé en substance qu’un couple de français peut adopter un enfant dont la loi personnelle ne connaît pas, ou prohibe, cette institution, à l’exemple de la kafala en islam, à la condition qu’indépendamment des dispositions de cette loi, le représentant du mineur ait accepté les effets attachés par la loi française à l’adoption et, en particulier, dans le cas d’adoption en forme plénière, du caractère complet et irrévocable de la rupture des liens entre le mineur et sa famille par le sang ou les autorités de tutelle de son pays d’origine, derrière la kafala. Partant de ce principe, explique-t-il, les cours et tribunaux, saisis par les familles de requêtes en adoption d’un enfant recueilli en Algérie ou au Maroc, analysaient les situations au cas par cas, afin de déterminer si le représentant légal du mineur avait donné son consentement à l’adoption et pour quel type d’adoption, puisque le droit français en connaît deux, la plénière et la simple.

Le sénateur du Vaucluse fera remarquer que cette orientation de la jurisprudence française n’a jamais empêché les autorités marocaines et algériennes de continuer à confier des enfants en kafala à des familles françaises, en sachant pertinemment que l’adoption serait prononcée en France. L’opposition au prononcé de l’adoption des enfants en kafala est venue des services du ministère de la Justice. Dans une circulaire du garde des Sceaux du 16 février 1999, il était affirmé que le droit international s’opposait à la constitution en France d’un rapport de filiation sur le fondement d’une kafala, ce lien n’étant pas susceptible d’être reconnu dans le pays d’origine des enfants concernés. Il rappellera les différentes étapes du combat pour la reconnaissance de la kafala qui passera par une loi qui dit que « l’adoption d’un mineur étranger ne peut être prononcée si la loi personnelle prohibe cette institution, sauf si ce mineur est né et réside habituellement en France ». Le 25 février 2009, la Cour de cassation a rendu un nouvel arrêt énonçant que le refus de prononcer l’adoption recueillie par kafala ne constitue pas une différence de traitement ni une atteinte au droit de mener une vie familiale normale et ne méconnaît pas l’intérêt supérieur de l’enfant. Ceux qui sont recueillis en kafala par des familles espagnoles, italiennes, belges ou suisses, peuvent bénéficier d’une adoption et partant d’une vraie vie familiale dans leur pays d’accueil, affirme le sénateur.

Une autre disposition législative a contribué à modifier le statut des enfants recueillis en kafala, la loi n°2003-1119 du 26 novembre 2003 relative à la maîtrise de l’immigration, au séjour des étrangers en France et à la nationalité exigeant désormais une durée de recueil de 5 ans pour que l’enfant recueilli en France et élevé par une personne de nationalité française, puisse faire une déclaration de nationalité française, alors qu’aucune durée n’est exigée en cas d’adoption simple, affirme-t-il. En réalité, les enfants recueillis en kafala se trouvent aujourd’hui dans un statut précaire ; ils ne bénéficient pas des mêmes droits que tous les autres enfants résidant sur notre territoire, parce que ces droits reposent d’abord sur le lien de filiation qui les unit à un père et/ou une mère. Le nombre des visas délivrés pour ces enfants n’est pas communiqué. Mais selon les sources algériennes et marocaines, il se situerait entre 150 et 200 par an, précisera-t-il.

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Le dernier HIC …

Posté par mouradpreure le 16 juillet 2011

Le dernier HIC ... dans SOCIETE 20110716

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Hadi Dadenna . Ex-président de l’Association du ksar de Ouargla Les ksouriens ont donné un belle leçon de citoyenneté positive

Posté par mouradpreure le 17 juin 2011

www.elwatan.com www.elwatan.com le 03.06.11 |
Hadi Dadenna . Ex-président de l’Association du ksar de Ouargla Les ksouriens ont donné un belle leçon de citoyenneté positive dans LITTERATURE, ARTS, CULTURE hadi-dadenna-ex-pdt-associa_499739_465x348
- Que veulent au juste les ksouriens ?

La loi coutumière et la préservation de l’intérêt de la collectivité ont poussé les habitants du ksar à se révolter contre la dilapidation du foncier urbain dont ils ont fait don à la communauté. Le titulaire d’un acte administratif a fait fi de cette loi coutumière alors que les héritiers Khémis sont clairs : ce bien leur revient en vertu d’un acte datant de 1917. Il a fait l’objet d’une expropriation pour l’intérêt public et si un particulier doit en jouir à présent, autant que ca soit eux. Ils veulent tout simplement que le projet d’une médiathèque ou d’un stade voie le jour. Une belle leçon de citoyenneté positive.

- Le message a-t-il été saisi ?

Le wali a exigé des chef de daïra et des P/APC de venir vers nous et nous écouter. Les fondateurs de cette ville n’ont qu’un souhait, celui de voir les enfants de Ouargla réconciliés et libres du tribalisme primitif et de la concurrence interquartiers. Ouargla est une ville millénaire qui mérite que tous ses enfants l’aiment assez pour la construire et batailler pour elle.

- Vous exprimez tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Pensez-vous que le moment est propice ?

Il est plus que temps de revoir notre façon de vivre ensemble en impliquant tout le monde dans une réflexion sur l’avenir de la ville sans parti pris ni idées préconçues. Les problèmes tribaux existent, ceux en relation avec les populations venues des 48 wilayas également, il faut crever l’abcès et avoir le courage d’ouvrir une nouvelle page pour l’intérêt de tous. Les ksouriens ont rappelé leur appui au bien-être de la communauté et demandent aux autres d’en faire autant.

- Ceci est la voix des patriarches, les jeunes, eux, sont d’un autre avis…

Les problèmes des jeunes du ksar sont communs aux autres jeunes du pays, la malvie, le chômage, etc. Ces voix juvéniles en colère voulant tout dévaster pour faire valoir une souffrance sont dures à maîtriser. Nous leur avons dit la chose suivante : nos problèmes sont plus profonds qu’un simple recrutement de six mois dans le pétrole, il faut recenser nos moyens et les solutions possibles et réalisables. En premier, valoriser les effets réels de la classification du ksar de Ouargla datant du 28 avril dernier en tant que patrimoine à sauvegarder. C’est une aubaine qui va permettre de ressusciter tout un pan de métiers et de savoirs-faire générateur d’emplois pour les artisans, les jeunes et les femmes au foyer. Nous sommes une force de proposition respectueuse de la citoyenneté et des lois, nous allons proposer la création d’ateliers pour divers métiers, dont l’emballage et la commercialisation de la datte et espérons que les autorités nous accompagnent dans cette démarche d’apaisement et de résolution progressive et profonde des vrais problèmes.

Publié dans LITTERATURE, ARTS, CULTURE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Ouargla – Le ksar en effervescence

Posté par mouradpreure le 17 juin 2011

www.elwatan.com le 03.06.11 |

Ouargla - Le ksar en effervescence dans LITTERATURE, ARTS, CULTURE khemis-messaoud_499716

Généreux, certes, mais pas crédules ! Les ksouriens de Ouargla qui ont fait don de leurs palmeraies au profit de la communauté montent au créneau. Et pour cause, un particulier, avec la complicité de la bureaucratie administrative, fait main basse sur le terrain censé abriter un projet d’intérêt public.

Passifs, inactifs, béni-oui-oui, les ksouriens de Ouargla ont toujours eu mauvaise presse. Résolus contre les manifestations de violence et les saccages accompagnant les émeutes qui secouent la wilaya depuis sept ans, les fondateurs de Ouargla se sont révoltés la semaine dernière à cause de la dilapidation du foncier ksourien. Une première dans les annales locales. Leur sit-in a été organisé de nuit aux abords du ksar, le blocage de la route a exclu les véhicules à destination de l’hôpital à proximité, pas de pneus brûlés ni de pillage. Les ksouriens, citadins qui ont offert à la communauté leurs meilleures terres, les palmeraies de Bahmid et Ifri, refusent que celles-ci quittent la sphère publique.

La parcelle de terrain objet du litige, de 1500 m2, est la dernière portion d’une palmeraie expropriée par l’Etat à feu Khémis Baâfou. Son héritier reconnaît que les autorités de la wilaya de Ouargla n’ont pas nié sa propriété de la parcelle litigieuse et que la situation a été compliquée par la bureaucratie des services du cadastre qui ont atermoyé ses demandes de régularisation durant 40 ans. Et même si les tôles du chantier mis en place la semaine dernière ont été enlevées, le titulaire de l’acte administratif délivré par l’agence foncière de Ouargla menace de revenir à la charge. Le souci des ksouriens révoltés est de voir le projet d’une école coranique, une médiathèque ou un stade matico voir le jour sur une partie du terrain restant de Bahmid. A l’heure où le foncier devient rare et flambe au centre de Ouargla, les héritiers Khémis ont encore cédé une partie de leur foncier à la communauté. Ils ont rencontré le wali il y a trois mois sur le terrain pour l’assurer de leur bonne volonté, mais refusent qu’un particulier fasse main basse sur leurs derniers mètres carrés.

Par ce geste citoyen, ils interpellent la population et les pouvoirs publics sur la situation du foncier ksourien et appellent à une enquête sérieuse sur le sujet, une valorisation réelle du ksar, sans colmatage ni saupoudrage. Messaoud Khémis, fils du propriétaire exproprié, avait les larmes aux yeux quand nous l’avons rencontré. Il se rappelle avec amertume de l’amour de son père pour sa palmeraie cédée à l’Etat pour construire l’actuelle cité Bahmid. Il n’est pas le seul dans cette situation d’expropriation de biens ksouriens dilapidés par des personnes influentes. Une révolte oui, la violence non, mais les ksouriens demandent de la considération à présent et ils se disent prêts à tout pour recouvrer leurs droits. El Watan Week-end a sollicité le décryptage d’un des sages du ksar, Hadi Dadenna.
Houria Alioua

Publié dans LITTERATURE, ARTS, CULTURE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

DSK, nouveau cygne noir ?

Posté par mouradpreure le 3 juin 2011

http://resultat-exploitations.blogs.liberation.fr/finances/2011/05/dsk.html Rédigé le 18/05/2011

DSK, nouveau cygne noir ? dans ECONOMIE MONDIALE

DSK menotté. DSK mal rasé, hagard. DSK poussé dans une voiture-pie du NYPD. DSK enfermé dans la sinistre île-prison de Rykers Island. Ces images tournent en boucle sur nos écrans et provoquent un effet de « sidération », mot souvent repris sur les différents médias. Certes, on savait l’homme très porté sur le jupon, certes des mises en garde, très isolées, avaient été émises sur son comportement et les incidences que celui-ci pouvait avoir dans un pays comme les USA. Nous savons fort bien, hélas, que l’attrait du pouvoir est tel qu’il déclenche des batailles féroces, des coups tordus, des rebondissements inattendus. On pouvait dès lors facilement imaginer que des révélations, des « fuites » sur d’éventuelles frasques sexuelles de DSK apparaissent dans les journaux une fois celui-ci déclaré. Mais entre des fuites dans la presse et le passage dans une geôle US sous les regards des caméras du monde entier, il y a un grand écart. Et entre un séducteur trop empressé et un agresseur sexuel aussi. Personne ne pouvait s’imaginer que la Roche Tarpéienne serait si près du Capitole (sans jeu de mot) pour DSK et que le chemin serait celui-ci. Outre le destin de l’homme, les répercussions sont nombreuses et surtout imprévisibles. Sur le plan de la politique intérieure française, cela change la donne de l’élection et pourrait modifier la politique économique de notre pays pour 5 ans (que le candidat de droite ou de gauche soit au final élu). A l’international, le FMI se trouve privé de son charismatique leader à un moment où les périls sont nombreux. John Lipsky, qui remplace DSK au pied levé mais est partant dans 4 mois, saura-t-il mener la barque du FMI avec autant de fermeté que DSK ? Ne risque-t-il pas d’être moins « intéressé » par les crises de la dette souveraine en Europe que ne l’était son français de prédécesseur ? Et cette crise ne va-t-elle pas rompre l’équilibre né de Bretton Woods qui voulait qu’un européen préside le FMI (quand un américain préside le Banque Mondiale) ? Ce pourrait être l’occasion pour les pays émergents de s’engouffrer dans la brèche. Un événement totalement inattendu donc (en tout cas sous cette forme), aux répercussions importantes et difficilement prévisible et que l’on tente de rationaliser à posteriori. Tous les attributs de ce que l’on nomme « un cygne noir ».

Le cancer, c’est pour les autres

Nassim Nicholas Taleb a été trader pendant 20 ans. Puis il est passé à la recherche et à l’écriture: il est désormais titulaire d’une chaire d’ingénierie du risque à la NY University. Il est devenu célèbre lors de la publication d’un livre nommé The black swan – the impact of highly improbable (« Le Cygne noir » en français – et non, rien à voir avec le film) qui est devenu un best-seller en 2007. Il avait écrit précédemment un livre nommé Le hasard sauvage : des marchés boursiers à notre vie, le rôle caché de la chance. Ce sur quoi travaille Taleb, c’est le rôle de l’imprévu (on peut aussi l’appeler la chance ou le hasard) dans nos vies. Avec comme corollaire la gestion du risque. Pour Taleb, les humains font une mauvaise appréciation des risques qu’ils encourent: ce jugement serait le fait de nos émotions plus que de notre rationalité et nous avons trop tendance à nous fier au passé pour estimer la probabilité d’un risque futur.

La première façon de voir la chose est donc celle du biais cognitif. Un biais cognitif, c’est en quelque sorte un « bug » de notre cerveau qui nous fait obtenir une réponse inadéquate à partir des informations dont on dispose. Il en existe de nombreux, mais arrêtons-nous sur le biais d’optimisme dans lequel chacun d’entre nous se retrouvera facilement, d’une façon ou d’une autre. Celui-ci repose sur l’hypothèse que l’individu accorde plus d’importance à sa perception subjective du risque qu’aux données fournies par son environnement. En bref, il s’agit d’un mécanisme de pensée qui agit de telle façon que nous sur-estimons systématiquement nos chances et sous-estimons systématiquement les risques que nous courrons.

On pourrait croire que cela est réservé à quelques optimistes béats. Mais pas du tout, nous subissons tous ce biais (même moi, pessimiste patenté). La psychologie sociale a multiplié les expériences. Par exemple:

Un groupe de personnes a été rassemblé selon un protocole expérimental. Les chercheurs leur ont soumis un questionnaire dans lequel ils devaient répondre à la question, sur une échelle de -4 à +4 : A combien estimez-vous la probabilité de vivre un événement heureux par rapport à votre voisin (ex : devenir riche)? On découvre que toutes les personnes du groupe sont persuadées d’avoir plus de chance que les autres de vivre cet événement désirable. Ce qui est étonnant, c’est à quel point cette notion est relativement peu connue du grand public et à quel point elle influence nos vies et le monde économique. Quelques exemples:

  • les milliards engrangés par la Française des Jeux chaque année en sont une conséquence directe. Chaque joueur surestime nettement ses risques par rapport à la sécheresse des probabilités (sinon pas grand monde ne jouerait …)
  • moi comme des millions d’autres fument… en se disant que le cancer, c’est pour les autres (ça marche dans les deux sens … on sous-estime aussi les risques). On peut remplacer la cigarette par l’alcool/la vitesse en voiture/la drogue etc etc
  • les petits porteurs se font souvent plumer en bourse car ils surestiment leurs chances de gain (alors que les pros, eux, font tourner des modèles mathématiques, ce qui permet de réduire l’affect au minimum)
  • la planète est dans une impasse écologique, le réchauffement climatique arrive, les ressources se raréfient mais la technologie trouvera un remède d’un façon ou d’une autre (parlez-en aux habitants de l’Ile de Pâques…)

Biais cognitif et 11 septembre

Mais le biais que met en avant Taleb est d’un autre ordre. Il nous montre que les hommes ont tendance à trop s’appuyer sur leur expérience passée pour prévoir l’avenir. Ainsi, les européens ont longtemps cru que tous les cygnes étaient blancs. Et pour cause, tous ceux qu’ils voyaient l’étaient! Sauf qu’il en existe des noirs en Australie. C’est de cet exemple qu’est tirée le nom de la théorie. Elle aurait pu aussi s’appeler la dinde de Thanksgiving car c’est un autre exemple que donne Taleb : une dinde gavée en vue de la célèbre fête pourrait (si elle raisonnait comme un être humain) en déduire que la vie est très sympa: on est choyé et nourri. Sauf que, contre toute attente, un jour, la dinde est transformée en festin.

 dans SOCIETELe 11 septembre est un parfait exemple de cygne noir. Personne n’avait imaginé qu’un avion (et encore moins deux!) puisse être détourné pour aller faire un strike dans une tour bondée. Pourtant, de nombreux détournement aériens avaient eu lieu et on soupçonne même que le détournement du vol Air France en 1994 par le GIA avait pour but de crasher l’avion sur Paris. Mais l’impensable n’était tout simplement pas… pensable ! Les mesures de sécurité prises à la suite du 9/11 sont aussi instructives: les preneurs d’otages ont pénétré par la cabine? On verrouille les cabines. Ils ont visé des villes? On renforce la sécurité (intercepteurs prêts à décoller) près des villes. Bref, on se prépare à une reproduction du scenario, pas à un nouveau scenario. Depuis que Richard Reid a tenté de faire sauter le Miami-Paris avec des semelles piégées, nous devons nous déchausser dans les aéroports. Et pourtant, un terroriste n’essaierait-il pas une autre méthode? Toujours le retour vers les expériences du passé. On sait gré à Reid de ne pas avoir caché sa bombe dans une partie cachée de son anatomie, sans quoi les déplacements aériens seraient devenus plus qu’inconfortables.

Induction logique et Fukushima

L’autre angle d’attaque, c’est l’induction logique. Il s’agit d’un type de raisonnement qui vise à dégager une théorie générale de l’observation des faits, sur une base probabiliste. En clair, j’observe un nombre de cygnes que je considère suffisamment élevé et s’ils sont tous blancs, j’en déduis que tous les cygnes sont blancs. Sauf que, pour que ça marche, l’échantillon doit être valable (il faut donc, dans ce cas, aller jusqu’en Australie). Pourquoi utiliser l’induction? Tout simplement parce que, si les sciences « dures » (logique, maths, …) peuvent agir uniquement par déduction (élaborer des axiomes), les sciences plus « molles » (notamment l’économie ou la sociologie) ne le peuvent pas. En économie, les chercheurs observent la réalité, raisonnent par induction pour en tirer des théories en principe valides … jusqu’à ce qu’un cygne noir s’envole (ou qu’une crise économique se déclare). Par ailleurs, cette technique d’induction est largement utilisée car elle correspond au fonctionnement de notre cerveau: notre apprentissage se fait au contact de la réalité. Nous observons le monde extérieur et en tirons des conclusions.

L’histoire du raisonnement par induction est longue, des syllogismes imaginés par Aristote, en pensant par les intutions de Hume (philosophe et économiste écossais) considérant que l’induction naît de la notion d’habitude chez l’homme puis le formalisme de la méthode inductive par le théorème de Cox-Jaynes. Si cette méthode de raisonnement a progressé, elle n’en marque pas moins fortement de son empreinte (et de ses biais) notre raisonnement personnel (et collectif). L’économie, comme je l’ai mentionné, étant une science humaine (même si elle s’appuie sur beaucoup de mathématiques, elle tend à modéliser les rapports entre des humaines), s’appuie fortement sur ce type de raisonnements et se trouve souvent dépourvue face aux situation inédites (notamment de crise). Et elle est alors moquée pour son incapacité à prévoir les convulsions économiques et par l’empressement des experts à expliquer le passé («Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir», aurait dit Pierre Dac).

On rentre ici précisément dans le pattern dessiné par Taleb concernant les cygnes noirs :

  1. Un événement fortement improbable
  2. Un événement aux très fortes conséquences
  3. On va, à titre individuel ou particulier, essayer de trouver des raisons logiques (rationalisation a posteriori)

La catastophe de Fukushima rentre totalement dans ce cadre-là: un séisme de magnitude 9.0, près des côtes, avec une vague de 14 mètres, c’était totalement improbable, même au Japon. Les conséquences sont de toute évidence très graves. Et les tentatives de rationalisation a posteriori ont été légions: pourquoi a-t-on construit au bord de la mer? Pourquoi tant de centrales au Japon? L’EPR n’aurait-il pas mieux résisté? Le cygne noir n’est ceci dit pas forcément un événement « noir ». Le printemps arabe peut aussi être vu comme un cygne noir. La probabilité que les régimes tunisien et égyptien chutent en quelques semaines, que la Lybie soit bombardée par l’OTAN, que la Syrie soit en proie à la rébellion est bien mince… Les conséquences sont énormes sur les équilibres géostratégiques (sans même parler des populations concernées) et les experts sont venus expliquer en masse pourquoi tout cela était inévitable!

Une théorie intéressante et une pente glissante

La théorie de Taleb est intéressante et on voit qu’elle s’applique parfaitement à l’actualité de la dernière décennie. On a même l’impression que les cygnes noirs se multiplient (mais peut-être est-ce un biais cognitif de ma part?). Mais que tirer de la théorie de Taleb? Lui en déduit qu’il faut admettre que le hasard, la chance ou l’imprévu ont une part bien plus grande dans nos destinées individuelles ou collectives que ce que nous pensons. Et qu’il faut adapter notre façon de penser pour ne pas trop être affectés par les cygnes noirs négatifs et pouvoir tirer parti des cygnes noirs positifs, qui peuvent nous faire connaître grâce et félicité.

Autant la pensée globale de Taleb est intéressante et peut nous inciter à regarder les choses différemment (notamment à essayer de raisonner « out-of-the-box » pour la prévention des risques futurs, ou encore nous méfier de trop nous appuyer sur notre passé, ou encore faire preuve d’humilité dans nos prédictions), autant cette vision de «l’avenir appartient à celui qui tirera profit des cygnes noirs» me semble relever de la philosophie de magazine féminin («repérer les cygnes noirs sur la plage cet été») et d’une morale très élitiste (ah si les habitants de Fukushima avaient pu être plus « agiles » et tirer parti du cygne noir…).

C’est une aussi une pente très glissante. En effet, si l’on se dit que le hasard et l’imprévu dominent, nous pouvons nous laisser glisser sur une pente fataliste (la « destinée ») et assez moyennâgeuse (le hasard remplaçant la colère ou la sollicitude des dieux). Surtout, cette théorie discrédite en creux (et même un peu plus) les experts, prévisionnistes, commentateurs de la vie économique, politique. Puisque des événements totalement inimaginables se produisent et bouleversent toutes les prévisions, que valent celles-ci? Une pensée dangereuse à l’heure ou les experts et les élites sont discrédités, notamment à la suite de la crise financière. La survenance d’événements comme le 11 septembre ou le printemps arabe ne doivent pas nous faire renoncer à analyser, comprendre et tenter d’anticiper et prévoir. Juste nous appeler à plus d’humilité. Selon les conclusions de Taleb, les politologues, intervieweurs, commentateurs ont gaspillé leur salive et leur encre en spéculant sur la candidature DSK alors que celle-ci a volé en éclat avant même d’être sur orbite. Ce n’est pas ma vision des choses.
Photos © Reuters

Publié dans ECONOMIE MONDIALE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Plus efficace encore que les dictatures : Le lavage de cerveaux en liberté

Posté par mouradpreure le 14 avril 2011

http://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/CHOMSKY/14992AOUT 2007 – Pages 1, 8 et 9

Rachats de grands journaux – le « Wall Street Journal » aux Etats-Unis, « Les Echos » en France – par des hommes fortunés habitués à plier la vérité au gré de leurs intérêts (lire aussi, dans ce numéro, « Prédateurs de presse et marchands d’influence », par Marie Bénilde), médiatisation outrancière de M. Nicolas Sarkozy, cannibalisation de l’information par les sports, la météo et les faits divers, le tout dans une débauche de publicités : la « communication » constitue l’instrument de gouvernement permanent des régimes démocratiques. Elle est, pour eux, ce que la propagande est aux dictatures. Dans un entretien accordé au journaliste de France Inter Daniel Mermet, l’intellectuel américain Noam Chomsky analyse ces mécanismes de domination et les replace dans leur contexte historique. Il rappelle, par exemple, que les régimes totalitaires se sont appuyés sur les ressorts de la communication publicitaire perfectionnés aux Etats-Unis au lendemain de la première guerre mondiale. Au-delà, il évoque les perspectives de transformation sociale dans le monde actuel, et ce à quoi pourrait ressembler l’utopie pour ceux qui, malgré la pédagogie de l’impuissance martelée par les médias, n’ont pas renoncé à changer le monde.
Par NOAM CHOMSKY

Professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Boston, Etats-Unis. Auteur notamment de Les Etats manqués. Abus de puissance et déficit démocratique, Fayard, Paris, 2007. La plupart des textes de Noam Chomsky sont disponibles sur son site Internet.

Commençons par la question des médias. En France, en mai 2005, lors du référendum sur le traité de Constitution européenne, la plupart des organes de presse étaient partisans du « oui », et cependant 55 % des Français ont voté « non ». La puissance de manipulation des médias ne semble donc pas absolue. Ce vote des citoyens représentait-il aussi un « non » aux médias ?

Le travail sur la manipulation médiatique ou la fabrique du consentement fait par Edward Herman et moi n’aborde pas la question des effets des médias sur le public (1). C’est un sujet compliqué, mais les quelques recherches en profondeur menées sur ce thème suggèrent que, en réalité, l’influence des médias est plus importante sur la fraction de la population la plus éduquée. La masse de l’opinion publique paraît, elle, moins tributaire du discours des médias.
Prenons, par exemple, l’éventualité d’une guerre contre l’Iran : 75 % des Américains estiment que les Etats-Unis devraient mettre un terme à leurs menaces militaires et privilégier la recherche d’un accord par voie diplomatique. Des enquêtes conduites par des instituts occidentaux suggèrent que l’opinion publique iranienne et celle des Etats-Unis convergent aussi sur certains aspects de la question nucléaire : l’écrasante majorité de la population des deux pays estime que la zone s’étendant d’Israël à l’Iran devrait être entièrement débarrassée des engins de guerre nucléaires, y compris ceux que détiennent les troupes américaines de la région. Or, pour trouver ce genre d’information dans les médias, il faut chercher longtemps.
Quant aux principaux partis politiques des deux pays, aucun ne défend ce point de vue. Si l’Iran et les Etats-Unis étaient d’authentiques démocraties à l’intérieur desquelles la majorité détermine réellement les politiques publiques, le différend actuel sur le nucléaire serait sans doute déjà résolu. Il y a d’autres cas de ce genre.
Concernant, par exemple, le budget fédéral des Etats-Unis, la plupart des Américains souhaitent une réduction des dépenses militaires et une augmentation, en revanche, des dépenses sociales, des crédits versés aux Nations unies, de l’aide économique et humanitaire internationale, et enfin l’annulation des baisses d’impôts décidées par le président George W. Bush en faveur des contribuables les plus riches.
Sur tous ces sujets-là, la politique de la Maison Blanche est totalement contraire aux réclamations de l’opinion publique. Mais les enquêtes qui relèvent cette opposition publique persistante sont rarement publiées dans les médias. Si bien que les citoyens sont non seulement écartés des centres de décision politique, mais également tenus dans l’ignorance de l’état réel de cette même opinion publique.
Il existe une inquiétude internationale relative à l’abyssal « double déficit » des Etats-Unis : le déficit commercial et le déficit budgétaire. Or ceux-ci n’existent qu’en relation étroite avec un troisième déficit : le déficit démocratique, qui ne cesse de se creuser, non seulement aux Etats-Unis, mais plus généralement dans l’ensemble du monde occidental.

Chaque fois qu’on demande à un journaliste vedette ou à un présentateur d’un grand journal télévisé s’il subit des pressions, s’il lui arrive d’être censuré, il réplique qu’il est entièrement libre, qu’il exprime ses propres convictions. Comment fonctionne le contrôle de la pensée dans une société démocratique ? En ce qui concerne les dictatures, nous le savons.   

Quand des journalistes sont mis en cause, ils répondent aussitôt : « Nul n’a fait pression sur moi, j’écris ce que je veux. » C’est vrai. Seulement, s’ils prenaient des positions contraires à la norme dominante, ils n’écriraient plus leurs éditoriaux. La règle n’est pas absolue, bien sûr ; il m’arrive moi-même d’être publié dans la presse américaine, les Etats-Unis ne sont pas un pays totalitaire non plus. Mais quiconque ne satisfait pas certaines exigences minimales n’a aucune chance d’être pressenti pour accéder au rang de commentateur ayant pignon sur rue.    C’est d’ailleurs l’une des grandes différences entre le système de propagande d’un Etat totalitaire et la manière de procéder dans des sociétés démocratiques. En exagérant un peu, dans les pays totalitaires, l’Etat décide de la ligne à suivre et chacun doit ensuite s’y conformer. Les sociétés démocratiques opèrent autrement. La « ligne » n’est jamais énoncée comme telle, elle est sous-entendue. On procède, en quelque sorte, au « lavage de cerveaux en liberté ». Et même les débats « passionnés » dans les grands médias se situent dans le cadre des paramètres implicites consentis, lesquels tiennent en lisière nombre de points de vue contraires.
Le système de contrôle des sociétés démocratiques est fort efficace ; il instille la ligne directrice comme l’air qu’on respire. On ne s’en aperçoit pas, et on s’imagine parfois être en présence d’un débat particulièrement vigoureux. Au fond, c’est infiniment plus performant que les systèmes totalitaires.
Prenons, par exemple, le cas de l’Allemagne au début des années 1930. On a eu tendance à l’oublier, mais c’était alors le pays le plus avancé d’Europe, à la pointe en matière d’art, de sciences, de techniques, de littérature, de philosophie. Puis, en très peu de temps, un retournement complet est intervenu, et l’Allemagne est devenue l’Etat le plus meurtrier, le plus barbare de l’histoire humaine.
Tout cela s’est accompli en distillant de la peur : celle des bolcheviks, des Juifs, des Américains, des Tziganes, bref, de tous ceux qui, selon les nazis, menaçaient le cœur de la civilisation européenne, c’est-à-dire les « héritiers directs de la civilisation grecque ». En tout cas, c’est ce qu’écrivait le philosophe Martin Heidegger en 1935. Or la plupart des médias allemands qui ont bombardé la population avec des messages de ce genre ont repris les techniques de marketing mises au point… par des publicitaires américains.
N’oublions pas comment s’impose toujours une idéologie. Pour dominer, la violence ne suffit pas, il faut une justification d’une autre nature. Ainsi, lorsqu’une personne exerce son pouvoir sur une autre – que ce soit un dictateur, un colon, un bureaucrate, un mari ou un patron –, elle a besoin d’une idéologie justificatrice, toujours la même : cette domination est faite « pour le bien » du dominé. En d’autres termes, le pouvoir se présente toujours comme altruiste, désintéressé, généreux.

Quand la violence d’Etat ne suffit plus

   Dans les années 1930, les règles de la propagande nazie consistaient, par exemple, à choisir des mots simples, à les répéter sans relâche, et à les associer à des émotions, des sentiments, des craintes. Quand Hitler a envahi les Sudètes [en 1938], ce fut en invoquant les objectifs les plus nobles et charitables, la nécessité d’une « intervention humanitaire » pour empêcher le « nettoyage ethnique » subi par les germanophones, et pour permettre que chacun puisse vivre sous l’« aile protectrice » de l’Allemagne, avec le soutien de la puissance la plus en avance du monde dans le domaine des arts et de la culture.
En matière de propagande, si d’une certaine manière rien n’a changé depuis Athènes, il y a quand même eu aussi nombre de perfectionnements. Les instruments se sont beaucoup affinés, en particulier et paradoxalement dans les pays les plus libres du monde : le Royaume-Uni et les Etats-Unis. C’est là, et pas ailleurs, que l’industrie moderne des relations publiques, autant dire la fabrique de l’opinion, ou la propagande, est née dans les années 1920.
Ces deux pays avaient en effet progressé en matière de droits démocratiques (vote des femmes, liberté d’expression, etc.) à tel point que l’aspiration à la liberté ne pouvait plus être contenue par la seule violence d’Etat. On s’est donc tourné vers les technologies de la « fabrique du consentement ». L’industrie des relations publiques produit, au sens propre du terme, du consentement, de l’acceptation, de la soumission. Elle contrôle les idées, les pensées, les esprits. Par rapport au totalitarisme, c’est un grand progrès : il est beaucoup plus agréable de subir une publicité que de se retrouver dans une salle de torture.
Aux Etats-Unis, la liberté d’expression est protégée à un degré que je crois inconnu dans tout autre pays du monde. C’est assez récent. Dans les années 1960, la Cour suprême a placé la barre très haut en matière de respect de la liberté de parole, ce qui exprimait, à mon avis, un principe fondamental établi dès le XVIIIe siècle par les valeurs des Lumières. La position de la Cour fut que la parole était libre, avec pour seule limite la participation à un acte criminel. Si, par exemple, quand je rentre dans un magasin pour le dévaliser, un de mes complices tient une arme et que je lui dis : « Tire ! », ce propos n’est pas protégé par la Constitution. Pour le reste, le motif doit être particulièrement grave avant que la liberté d’expression soit mise en cause. La Cour suprême a même réaffirmé ce principe en faveur de membres du Ku Klux Klan.
En France, au Royaume-Uni et, me semble-t-il, dans le reste de l’Europe, la liberté d’expression est définie de manière très restrictive. A mes yeux, la question essentielle est : l’Etat a-t-il le droit de déterminer ce qu’est la vérité historique, et celui de punir qui s’en écarte ? Le penser revient à s’accommoder d’une pratique proprement stalinienne.
Des intellectuels français ont du mal à admettre que c’est bien là leur inclination. Pourtant, le refus d’une telle approche ne doit pas souffrir d’exception. L’Etat ne devrait avoir aucun moyen de punir quiconque prétendrait que le Soleil tourne autour de la Terre. Le principe de la liberté d’expression a quelque chose de très élémentaire : ou on le défend dans le cas d’opinions qu’on déteste, ou on ne le défend pas du tout. Même Hitler et Staline admettaient la liberté d’expression de ceux qui partagaient leur point de vue…
J’ajoute qu’il y a quelque chose d’affligeant et même de scandaleux à devoir débattre de ces questions deux siècles après Voltaire, qui, comme on le sait, déclarait : « Je défendrai mes opinions jusqu’à ma mort, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez défendre les vôtres. » Et c’est rendre un bien triste service à la mémoire des victimes de l’Holocauste que d’adopter une des doctrines fondamentales de leurs bourreaux.

Dans un de vos livres, vous commentez la phrase de Milton Friedman : « Faire des profits est l’essence même de la démocratie »…

    A vrai dire, les deux choses sont tellement contraires qu’il n’y a même pas de commentaire possible… La finalité de la démocratie, c’est que les gens puissent décider de leur propre vie et des choix politiques qui les concernent. La réalisation de profits est une pathologie de nos sociétés, adossée à des structures particulières. Dans une société décente, éthique, ce souci du profit serait marginal. Prenez mon département universitaire [au Massachusetts Institute of Technology] : quelques scientifiques travaillent dur pour gagner beaucoup d’argent, mais on les considère un peu comme des marginaux, des gens perturbés, presque des cas pathologiques. L’esprit qui anime la communauté académique, c’est plutôt d’essayer de faire des découvertes, à la fois par intérêt intellectuel et pour le bien de tous.

Dans l’ouvrage qui vous est consacré aux éditions de L’Herne, Jean Ziegler écrit : « Il y a eu trois totalitarismes : le totalitarisme stalinien, nazi et maintenant c’est Tina (2). » Compareriez-vous ces trois totalitarismes ?

   Je ne les mettrais pas sur le même plan. Se battre contre « Tina », c’est affronter une emprise intellectuelle qu’on ne peut pas assimiler aux camps de concentration ni au goulag. Et, de fait, la politique des Etats-Unis suscite une opposition massive à l’échelle de la planète. L’Argentine et le Venezuela ont jeté le Fonds monétaire international (FMI) dehors. Les Etats-Unis ont dû renoncer à ce qui était encore la norme il y a vingt ou trente ans : le coup d’Etat militaire en Amérique latine. Le programme économique néolibéral, qui a été imposé de force à toute l’Amérique latine dans les années 1980 et 1990, est aujourd’hui rejeté dans l’ensemble du continent. Et on retrouve cette même opposition contre la globalisation économique à l’échelle mondiale.
Le mouvement pour la justice, qui est sous les feux des projecteurs médiatiques lors de chaque Forum social mondial, travaille en réalité toute l’année. C’est un phénomène très nouveau dans l’histoire, qui marque peut-être le début d’une vraie Internationale. Or son principal cheval de bataille porte sur l’existence d’une solution de rechange. D’ailleurs, quel meilleur exemple de globalisation différente que le Forum social mondial ? Les médias hostiles appellent ceux qui s’opposent à la globalisation néolibérale les « antimondialistes », alors qu’ils se battent pour une autre mondialisation, la mondialisation des peuples.
On peut observer le contraste entre les uns et les autres, parce que, au même moment, a lieu, à Davos, le Forum économique mondial, qui travaille à l’intégration économique planétaire, mais dans le seul intérêt des financiers, des banques et des fonds de pension. Puissances qui contrôlent aussi les médias. C’est leur conception de l’intégration globale, mais au service des investisseurs. Les médias dominants considèrent que cette intégration est la seule qui mérite, en quelque sorte, l’appellation officielle de mondialisation.
Voilà un bel exemple du fonctionnement de la propagande idéologique dans les sociétés démocratiques. A ce point efficace que même des participants au Forum social mondial acceptent parfois le qualificatif malintentionné d’« antimondialistes ». A Porto Alegre, je suis intervenu dans le cadre du Forum, et j’ai participé à la Conférence mondiale des paysans. Ils représentent à eux seuls la majorité de la population de la planète…

On vous range dans la catégorie des anarchistes ou des socialistes libertaires. Dans la démocratie telle que vous la concevez, quelle serait la place de l’Etat ?

   On vit dans ce monde, pas dans un univers imaginaire. Dans ce monde, il existe des institutions tyranniques, ce sont les grandes entreprises. C’est ce qu’il y a de plus proche des institutions totalitaires. Elles n’ont, pour ainsi dire, aucun compte à rendre au public, à la société ; elles agissent à la manière de prédateurs dont d’autres entreprises seraient les proies. Pour s’en défendre, les populations ne disposent que d’un seul instrument : l’Etat. Or ce n’est pas un bouclier très efficace, car il est, en général, étroitement lié aux prédateurs. A une différence, non négligeable, près : alors que, par exemple, General Electric n’a aucun compte à rendre, l’Etat doit parfois s’expliquer auprès de la population.
Quand la démocratie se sera élargie au point que les citoyens contrôleront les moyens de production et d’échange, qu’ils participeront au fonctionnement et à la direction du cadre général dans lequel ils vivent, alors l’Etat pourra disparaître petit à petit. Il sera remplacé par des associations volontaires situées sur les lieux de travail et là où les gens vivent.

Est-ce les soviets ?

   C’étaient les soviets. Mais la première chose que Lénine et Trotski ont détruit, sitôt après la révolution d’Octobre, ce sont les soviets, les conseils ouvriers et toutes les institutions démocratiques. Lénine et Trotski ont été à cet égard les pires ennemis du socialisme au XXe siècle. En tant que marxistes orthodoxes, ils ont estimé qu’une société retardataire comme la Russie de leur époque ne pouvait pas passer directement au socialisme avant d’être précipitée de force dans l’industrialisation.
En 1989, au moment de l’effondrement du système communiste, j’ai pensé que cet effondrement représentait, paradoxalement, une victoire pour le socialisme. Car le socialisme tel que je le conçois implique, au minimum, je le répète, le contrôle démocratique de la production, des échanges et des autres dimensions de l’existence humaine.
Toutefois, les deux principaux systèmes de propagande se sont accordés pour dire que le système tyrannique institué par Lénine et Trotski, puis transformé en monstruosité politique par Staline, était le « socialisme ». Les dirigeants occidentaux ne pouvaient qu’être enchantés par cet usage absurde et scandaleux du terme, qui leur a permis pendant des décennies de diffamer le socialisme authentique.
Avec un enthousiasme identique, mais de sens contraire, le système de propagande soviétique a tenté d’exploiter à son profit la sympathie et l’engagement que suscitaient pour beaucoup de travailleurs les idéaux socialistes authentiques.

N’est-il pas vrai que toutes les formes d’auto-organisation selon les principes anarchistes se sont finalement effondrées ?

   Il n’y a pas de « principes anarchistes » fixes, une sorte de catéchisme libertaire auquel il faudrait prêter allégeance. L’anarchisme, du moins tel que je le comprends, est un mouvement de la pensée et de l’action humaines qui cherche à identifier les structures d’autorité et de domination, à leur demander de se justifier et, dès qu’elles en sont incapables, ce qui arrive fréquemment, à tenter de les dépasser.
Loin de s’être « effondré », l’anarchisme, la pensée libertaire, se porte très bien. Il est à la source de nombreux progrès réels. Des formes d’oppression et d’injustice qui étaient à peine reconnues, et encore moins combattues, ne sont plus admises. C’est une réussite, une avancée pour l’ensemble du genre humain, pas un échec.
(Propos recueillis par Daniel Mermet, revus et corrigés par l’auteur.)

Publié dans GEOPOLITIQUE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Ontologie de l’hélicoptère- Par Chawki Amari

Posté par mouradpreure le 14 avril 2011

www.elwatan.com le 29.03.11

 

Ontologie de l’hélicoptère- Par Chawki Amari dans SOCIETE helicoptere-eurocopter-ec-145-gendarmerie

C’est comme un oiseau et il y a des humains dedans. C’est donc un être qui possède de fait une métaphysique ; c’est un organisme susceptible d’être analysé par l’ontologie (philosophiquement l’étude de l’être). A l’origine, l’hélicoptère a été créé pour surveiller de loin, se déplacer, déposer des hommes ou les reprendre, tirer sur la foule ou sauver un noyé, tout en ayant une surface réduite de décollage et d’atterrissage. Des décennies après, à cause de budget en hausse, la DGSN algérienne s’en est acheté quelques-uns. Mais qu’en fait-elle ? Elle les utilise pour d’autres fonctions qui ne sont pas inscrites dans le manuel ni détaillées dans le mode d’emploi livré avec l’appareil : survoler la crise politique sans jamais prendre de décisions politiques. Rester en état stationnaire sans jamais avancer vers un objectif. Tourner en rond en restant carré, observer sans ne rien voir, faire de l’ombre alors qu’il fait froid et, accessoirement, faire du bruit pour couvrir les cris des mécontents au sol.

De moyen de transport, l’hélicoptère est devenu une arme de gestion. Des flux citoyens, des trajectoires politiques, des mouvements de protestation, des cheminements de l’opposition et de la force centripète qui fait converger tous les manifestants vers la Présidence. On l’aura compris, dans le cas algérien, l’hélicoptère est une forme de mépris aérien, un perversion de voyeuriste, un contrôleur suspendu de vers de terre et une chape de métal qui recouvre les possibilités nationales. L’occasion de citer ce poème d’un grand artiste, daté de mars 2011 : «Dans le ciel bleu des oiseaux bruyants dérangent les nuages. Rotors à vide balayant de l’air vicié et pâles pales déchirant la lumière des enfants. Ces oiseaux pondent-ils des œufs ?» En gros, la question intime que pose ce poète au chômage est celle-ci : avec un dossier Ansej, peut-on obtenir un hélicoptère pour faire du transport public ?
Chawki Amari

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Les 36 millions de Meursault – Par Kamel Daoud

Posté par mouradpreure le 14 avril 2011

www.lequotidien-oran.com 13/03/2011 par Kamel Daoud

Pourquoi les Algériens qui se révoltent un par un, ne se révoltent pas tous en même temps ? Question de base, trois mois presque après la fuite du Dictateur de Tunis, suivi par la démission du Pharaon de l’Egypte. Que se passe-t-il chez nous ? Pourquoi les Algériens, grands détenteurs de la légitimité révolutionnaire, initiateurs fervents des coups d’Etat, descendants immédiats de la décolonisation ne se sentent pas intéressés par le jeu de dominos ? Où est passé l’ego révolutionnaire qui nous a valu le classement de meilleur peuple de colériques et manifestants dans le monde arabe ? Les observateurs satellitaires du monde entier se posent cette question sur ce peuple-là, exactement. Les réponses sont donc nombreuses et vont de l’explication par la peur, à celle par la fatigue, en transitant par celle, inexplicable de «peuple content de son régime dans l’ensemble mais pas dans le détail». On en choisira une : celle d’un ami du chroniqueur qui explique la situation algérienne par le déplacement massif de la population vers l’Ailleurs absolu et irréversible. Détaillons : selon cet ami, tous les Algériens ou presque ne vivent plus en Algérie, même ceux qui y vivent physiquement, ligotés à leurs sols par la chaussure et les impossibilités diverses. «Tout le monde est parti il y a des années».

Les Algériens sont donc des harraguas collectifs, ne vivent plus dans le pays pour demander à le changer ou à le démocratiser. Ils sont donc ailleurs, dans la tête ou par les rames et les pieds. On ne peut pas parler donc d’un projet collectif dans un arrêt de bus, une salle d’attente ou un hangar de transit. Certains sont partis vers le Nord, d’autres vers les profondeurs de leurs âmes. Du coup, personne ne voit l’utilité de faire la révolution dans un pays provisoire ou de mourir alors qu’il veut partir.

Le dernier souvenir d’une volonté nationale remonte en effet à vingt ans et, depuis, des gens sont morts, d’autres n’arrivent pas à naître et des derniers ont des cabas dans le regard. Du coup, encore une fois, tout le monde est spectateur : c’est comme lorsqu’on voit une dispute dans une gare alors que le souci numéro un est le bagage, le sandwich ou le ticket de train. Cette sensation est donc nationale et a fini par émietter la volonté de changer en une volonté individuelle de s’en sortir. Le pays n’est plus un projet de tous mais un empêchement pour chacun. Du coup, les révolutions sont de l’ordre du chacun pour soi : gardes communaux, médecins, avocats, architectes, chômeurs, travailleurs de Sonatrach, journalistes, femmes, lycéens…etc. Le passé est commun à cause des morts, mais l’avenir est solitaire à cause des enfants de chacun. «Aujourd’hui Maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais plus. J’ai reçu un télégramme de l’asile «Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués.» Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.». C’est la phrase du roman de chacun. Prononcée par 36 millions d’étrangers assis l’un à côté de l’autre. Des Meursault sans Camus, fabriqués par meurtre de soi et de l’autre, dans un monde absurde et sous un soleil sans raison.

Publié dans LITTERATURE, ARTS, CULTURE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Bonne année 2011

Posté par mouradpreure le 1 janvier 2011

Toute l’équipe du Cabinet EMERGY

s’associe au Dr Mourad PREURE pour

vous présenter tous ses voeux de bonheur,

santé et réussite

pour la nouvelle année.

 

 

Bonne année 2011 dans SOCIETE

 

 

 

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Grâce au numérique, nous redeviendrons compétitifs. Innover dans un monde globalement numérique, massivement interconnecté.

Posté par mouradpreure le 1 janvier 2011

Grâce au numérique, nous redeviendrons compétitifs. Innover dans un monde globalement numérique, massivement interconnecté. dans ECONOMIE MONDIALE usb-brique

slate.frn – Vendredi 24 septembre 2010

Rien ne nous empêche de sortir de la crise par le haut, de s’appuyer sur elle pour faire de l’Europe un continent réussissant une forte croissance qualitative fondée sur un effort soutenu d’innovation globale, technique, organisationnelle, exemplaire pour beaucoup de pays. Rien ne nous en empêche. Ni la dette, ni les manques de ressources financières ou naturelles. Rien sauf l’emprise d’idées fausses et la domination d’éthiques incompatibles avec un développement durable, au sens littéral du terme, dans un monde fini. A moins de se contenter de la durabilité, au sens des sangsues et des mafias «raisonnables», qui limitent leurs exactions pour que survivent –médiocrement– des victimes et des territoires à exploiter… La France et l’Europe peuvent construire rapidement la Renaissance du XXIe siècle si elles surmontent des obstacles d’ordre purement immatériel, qui concernent nos visions, nos valeurs et notre volonté.

La construction de la valeur

Il ne servirait à rien de déplorer tant d’aveuglements, de courses folles vers l’abîme, sans agir en conséquence. L’ardente obligation est désormais de rompre avec le passé pour construire l’avenir que nous voulons. Nous devons pour cela exploiter l’apport des progrès techniques et notamment des technologies numériques, dans un monde devenu massivement interconnecté, ce qui influence directement la production de valeur. Encore faut-il combattre une vision à la fois mécaniste et uniquement monétaire. La valeur financière, humaine, est toujours le fruit d’interactions pertinentes, entre des objets, des idées, des personnes, des entreprises, des organisations… Une organisation peut être représentée comme un ensemble de flux [1] d’interactions entre acteurs internes et entre l’organisation et ses parties prenantes externes. Il faut donc raisonner en flux et non en stocks, ce qui signifie en particulier que l’entreprise ne possède pas ses salariés, ses fournisseurs, ses clients. Elle entretient avec eux des interactions et sa valeur découle de sa capacité à valoriser ces différents flux pour créer notamment plus de ressource financière qu’elle n’en consomme. Une organisation ne peut vivre durablement que si elle est perçue comme créant suffisamment de valeur non seulement par le capital mais aussi par les clients actuels et potentiels, son personnel, ses fournisseurs et la société dans laquelle elle se trouve. Sinon les conditions d’une viabilité durable ne sont pas remplies. Dans cette optique, il n’y a de valeur que perçue par le «client». Les coûts sont objectifs, la valeur est subjective; si mon client potentiel n’apprécie pas ce que je fais pour lui, je dépense des ressources sans créer aucune valeur tangible.

L’impact des coûts de transaction

Dans toute relation marchande, la création de valeur résulte d’une interaction réussie entre une offre effective et une demande potentielle. L’interaction ne débouche sur une transaction et donc sur une création de valeur pour les parties que si trois conditions sont remplies. Il faut qu’il y ait:

  • communication (je n’achète un produit ou service que si je sais qu’il existe),
  • confiance (j’achète l’espoir d’être satisfait)
  • émotion car toute décision comporte une dimension affective.[2]

La construction d’une communication effective de qualité, chargée de confiance et d’émotion à un niveau «suffisant» implique des efforts et donc des coûts notamment financiers. Ceci conduit à souligner l’importance de la notion de coûts de transaction qui a valu le prix Nobel d’économie à Ronald Coase et l’année dernière à son ancien étudiant, Oliver Eaton Williamson. Rappelons que Ronald Coase a expliqué que l’existence des firmes se justifiait par le fait qu’un certain nombre d’opérations étaient moins coûteuses en interne. Trop petite, l’entreprise n’est pas viable car elle est obligée de dépenser trop pour se procurer sur le marché ce qu’elle ne peut faire elle-même. Au-dessus d’une certaine taille, les frais de structure grèvent les opérations menées en interne.

Les technologies numériques (informatique et télécommunications fixes et mobiles comprises) et la diffusion d’Internet fixe et mobile ont une conséquence évidente: les communications, les coopérations sont beaucoup plus rapides, aisées et économiques. Les coûts de transactions en particulier s’effondrent. On considère qu’une opération bancaire qui revient à un euro en agence et 0,7 euro par téléphone ne coûte plus que 0,1 euro si l’on exploite Internet. La taille minimale des entreprises se trouve donc en principe réduite, puisque l’on peut faire effectuer plus d’opérations en extérieur sans surcoût, rechercher dans une zone géographique à la limite planétaire ses fournisseurs, partenaires et clients, même si dans certains cas une collaboration de qualité exige toujours le face-à-face. On peut donc être plus petit et aussi efficace et la création d’une entreprise pour exploiter une idée, une compétence, réclame moins de capitaux puisque l’on peut s’appuyer sur un réseau de compétences extérieures. Les zones de chalandise et de collaboration s’étendent.

L’ère des effets boule de neige

Le monde, devenu incompréhensible sans un mode de pensée systémique, est plus que jamais soumis aux phénomènes caractéristiques des réseaux. Ces derniers ont et ont toujours eu des propriétés particulières d’amplification: de petites causes peuvent avoir des conséquences énormes. C’est l’effet du bouche à oreille, de la rumeur qui enfle par un effet boule de neige, Le numérique accélère ces effets dans des proportions qui peuvent être très brutales comme le montrent les crises boursières. Selon qui exploite le mieux la nouvelle donne numérique, ses conséquences peuvent aussi bien favoriser les grandes organisations centralisées ou les petits acteurs.

Le marché prétendument roi était faussé jusqu’à présent par une offre toute puissante face à un consommateur très peu informé, facilement abusé. Les travaux [3] sur l’influence de l’asymétrie d’information qui assure la domination de l’offre sur la demande l’ont bien montré. Les coûts de transaction, dont font partie les efforts de documentation, contribuent à cette dissymétrie d’information. Les énormes dépenses en publicité et communication consenties par un Microsoft et un Intel pour convaincre le public de la supériorité du système Windows-Intel sur les solutions concurrentes en sont l’illustration. Or le citoyen consommateur n’est potentiellement plus seul face aux institutions, administrations, entreprises, employeurs, spécialistes de tous les domaines. Il a de plus en plus de facilités à se documenter, Wikipedia en main, à profiter de l’expérience de millions d’autres personnes.

Ma maison, mon bureau, sont là où je suis

La multiplication des moyens de connexion transforme les relations entre lieux, moments de la journée et nature des activités. Il y a encore dix ans, en Europe et aux Etats-Unis, on pouvait affirmer en risquant peu d’erreur, qu’une personne à son domicile s’adonnait à des tâches ou des plaisirs domestiques, que sur les lieux de travail et pendant les heures ouvrées elle gérait sa vie professionnelle, et que, dans les transports, elle s’efforçait de tuer le temps. Avec l’explosion du téléphone portable puis de l’Internet accessible en situation de mobilité, tout cela n’est plus vrai. Se construit une société où chacun peut, s’il le veut, demeurer connecté à ses différentes sphères, domestique, familiale, professionnelle, sociale, à tout moment, où qu’il soit, quel que soit le terminal dont il dispose, ordinateur ou téléphones fixe ou portable, console de jeux, ou autre. Le correspondant que nous joignons peut se trouver dans un transport et travailler ou gérer sa vie privée à distance, il est peut-être dans un centre commercial, en train de régler des problèmes domestiques ou professionnels tout en comparant sur son terminal l’offre d’un magasin à celle d’autres enseignes physiques ou en ligne.

Le développement de l’Internet mobile à haut débit par la téléphonie, par les techniques sans fil venues du monde informatique, Wi-Fi, WiMax, font que l’on commence à pouvoir entamer chez soi une communication ou un travail en ligne sur un terminal fixe ou, souvent, mobile, et continuer, sur son téléphone «intelligent» ou d’autres terminaux portables, dans la rue, les lieux de travail où l’on remarque que déjà de plus en plus de cadres utilisent sur un ordinateur portables qui les accompagnera quand ils rentreront chez eux ou iront voir un client. Nous sommes rentrés dans l’ère de l’Atawad, «any time, any where, any devices» (tout le temps, n’importe où, quel que soit l’outil).

Ne pas automatiser le passé

Le contre-sens majeur serait d’exploiter le progrès technique pour poursuivre cette course aveugle à la productivité à court terme et à tout prix qui a tué, selon Henry Mintzberg, l’esprit d’entreprise américain [PDF]. Automatiser le passé, comme on l’a pratiqué souvent, conduit à détruire de la valeur en répétant l’histoire du poinçonneur des Lilas: une économie sur le moment payée par un coût financier et social élevé des années durant. Si l’on utilise les techniques numériques pour faire la chasse aux personnels humains, on arrive à des situations absurdes. Des opérateurs téléphoniques utilisent les télécommunications pour faire travailler dans des pays lointains à bas salaire des personnels mal formés en soutien technique de clients forcément peu satisfaits des services médiocres obtenus ainsi. Dans un contexte de concurrence mondiale, de telles situations risquent de se payer cher.

Une obsession: de meilleures synergies

Le premier champ d’exploitation des techniques numériques est interne, il s’agit de l’organisation elle-même, qu’elle soit une entreprise ou une administration, ou un territoire. Si l’intelligence collective n’est pas la somme des talents individuels mais la résultante de la qualité des interactions entre talents et projets personnels,[4] les techniques collaboratives de travail en réseau, de capitalisation et de mutualisation d’expériences, y compris ratées, constituent une ressource précieuse.

L’innovation n’est pas l’apanage des chercheurs, ni même des ingénieurs, une société comme Michelin, chez qui un employé sur trois a proposé en 2008 au moins une idée innovante dont la moitié ont été appliquée, permet de mesurer l’immense réservoir de créativité négligé par tant de grands groupes. Naturellement, si l’on ne demande aux gens que des idées pour renforcer la productivité afin de pouvoir les licencier, la source tarit vite. Si l’entreprise a une volonté d’expansion, elle est capable de mobiliser la créativité et l’expérience de terrain pour renforcer, étendre son offre, dans une stratégie de croissance solidaire.

La construction d’écosystèmes

Il est temps en effet de transformer le slogan du client censé se trouver au centre des préoccupations de l’entreprise en réel levier du développement. Exploiter les techniques numériques dans ce but signifie s’efforcer d’écouter les clients actuels ou potentiels, de déceler leurs attentes latentes et traduire celles-ci en produits ou services. Le vrai métier de toute entreprise doit se définir par cette capacité de détection et de traduction. Si l’on renonce au superbe mépris du client à qui un bon commerçant doit pouvoir fourguer n’importe quoi, on devient capable de tirer profit de l’Internet, outil typiquement interactif, pour faire s’exprimer le marché. Celui-ci, étant donné la force des aspirations individualistes, va réclamer de plus en plus du sur mesure, des produits et services conformes aux valeurs, aux concepts de chacun. Or les technologies informatisées rendent possible le sur mesure de masse dans des conditions économiques que seules la production en séries monotones permettait d’atteindre à l’époque de la mécanisation taylorienne.

Le numérique permet de pratiquer un marketing en temps réel en observant, par exemple, des groupes de clients témoins comparant sur des blogs leurs expériences respectives d’outils confiés en test. Des sites proposent aux internautes de co-créer, de voter pour tel créateur, voir d’investir des sommes modiques pour lancer le musicien qui rassemble le plus de suffrages. Pour les entrepreneurs au regard positif, le client devient une ressource de créativité et d’expérience. Ce client, comme nous l’avons vu, n’est plus seul, il s’appuie sur l’avis de ses proches, il peut profiter sur son portable de l’expérience de milliers d’autres consommateurs. L’entreprise a intérêt à tenir compte de cela. Elle peut, comme nombre de vieux champions accoutumés à imposer leur offre, user de sa puissance pour tenter des passages en force par les matraquages publicitaires et les pressions. Une innovation économique consiste au contraire à coopérer avec son client. Le modèle économique le plus prometteur est sans doute résumé par la formule «vendre avant de produire». C’est ce qui dans les années 1994-2000 a permis à Dell sa foudroyante ascension, le chiffre d’affaire passant de 2,9 milliards de dollars à 25,3 milliards. En même temps les stocks, d’un mois chez les concurrents, fondaient à 3 jours. Dell enregistrait les commandes de chaque client, partageait cette information avec ses fournisseurs dont plusieurs étaient également ses concurrents.

Le poids des clients finaux

Un point essentiel, c’est que le client final, le grand public, n’est plus seul car il est constamment connecté et peut en permanence se documenter, se faire conseiller. Il devient possible de contacter le prospect à tout moment, de construire un lien quotidien avec lui, ce qui constitue une source potentielle majeure de revenus. C’est ainsi que Nestlé a créé un site donnant des conseils sans aucune offre marchande pendant neuf mois aux futures mamans. Dans ce contexte de connexion continue sans rupture entre des positions fixes (maison, bureau), mobiles (marche, conduite, transports…), nomades (fixe ou mobile mais temporaire) les marchés deviennent poreux et les risques de désintermédiations sont nombreux.

Chacun aura les moyens de joindre et d’agir sur sa maison, son lieu de travail, son véhicule y compris lorsqu’il ne sera pas dans ces trois espaces physiques. Cela signifie que les zones et moments de chalandise s’interpénètrent comme les temps de vie et que les acteurs de la maison, de la gestion de l’énergie, de la sécurité, des transports, de la distribution, entrent en concurrence pour de nouveaux métiers correspondant à l’orchestration de la vie quotidienne. Le client achètera de plus en plus de la tranquillité, de la sécurité, des moments de temps à valeur ajoutée. Ce que Mondial Assistance fournit aux assurés, le dépannage, le secours en cas d’événement imprévu, des acteurs vont l’offrir pour faciliter le cours normal de la vie quotidienne. Ces acteurs pourront aussi résulter d’alliances bien comprises entre métiers complémentaires dans la logique du client; un électricien avec un transporteur, un banquier, un assureur, un épicier… les acteurs gagnants seront ceux qui sauront le mieux se mettre dans la situation et la logique du client. Ils créeront de la croissance car ils sauront proposer les prestations que ce client est prêt à payer. Et il est si coûteux d’établir un lien avec le client qu’il faut exploiter le contact de deux façons.

D’autre part, le plus rentable à terme est de fidéliser pour transformer la vente occasionnelle en revenu récurent durable, et si l’on incorpore dans la relation assez de confiance et d’émotion, le client deviendra un efficace propagandiste, ce qui, avec le bouche-à-oreille d’Internet, peut avoir des conséquences considérables. Ce principe peut s’appliquer à des domaines allant jusqu’au tourisme culturel.[5]

André-Yves Portnoff et Xavier Dalloz
Photo: Brick Poster Close / USB via Flicker CC License by
________________________________________
[1] André-Yves Portnoff avec Véronique Lamblin, La valeur réelle des organisations, Futuribles n° 288, juillet-août 2003, pp. 43-62.
[2] Antonio R. Damasio, L’Erreur de Descartes : la raison des émotions, Odile Jacob, Paris, 1995, 368 p.
[3] Le prix Nobel d’économie 2001 a été attribué à George A. Akerlof, Michael A. Spence et Joseph E. Stiglitz «pour leur travaux sur les marchés avec asymétrie d’information ».
[4] PORTNOFF André-Yves, Le Pari de l’intelligence-Betting on Intelligence, Col. Bilingue Perspectives Futuribles. 2004 Paris. [PDF]
[5] X;Dalloz, A-Y Portnoff, J-F Susbielle, Visite culturelle et TIC, Le numérique au service de la visite touristique et culturelle. Atout France, 2009.

Publié dans ECONOMIE MONDIALE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Les sociétés musulmanes face aux défis de la science : une crise systémique de créativité

Posté par mouradpreure le 11 décembre 2010

L’UNESCO vient de rendre public, dans sa version 2010, le rapport sur la science qu’elle publie tous les cinq ans. Par la diversité et la densité des informations qu’il contient, ce rapport est extrêmement instructif, non seulement sur le domaine même de la science, mais également, en filigrane, sur les grandes évolutions de notre monde, particulièrement dominé par « le rôle croissant de la connaissance dans l’économie globale » pour reprendre le titre du premier chapitre du rapport de l’UNESCO. En effet, de toute évidence, de plus en plus, la maîtrise de la science et de la technologie apparaît comme étant au cœur des ressorts les plus essentiels de toute croissance économique réelle et c’est donc bien pourquoi l’ensemble des questions qui s’articulent autour d’elle sont très révélatrices des problèmes structurels que vivent les sociétés contemporaines. Si l’on examine, de ce point de vue, les données fournies par le rapport sur la science 2010 de l’UNESCO concernant les pays musulmans, elles sont très intéressantes à analyser.

Pour aller à l’essentiel, je prendrai en considération celles relatives à la production scientifique – il s’agit des sciences naturelles et physiques ainsi que des mathématiques – telles que saisies par les grandes bases de données spécialisées dans le domaine et traitées pour les besoins du rapport. En termes de part relative, pour l’année 2008, la répartition globale est la suivante : pays de l’OCDE (76,4%), Chine (10,6%), Inde (3,7%), Russie (2,7%) et Brésil (2,7%). Soit au total, 96,1% de la production qui est concentrée au niveau de ces grands acteurs de l’économie mondiale ; le « reste » ne représentant que 3,9%.

En ce qui concerne les pays musulmans, correspondant à l’espace de l’Organisation de la Conférence Islamique, les données disponibles permettent d’avoir le tableau d’ensemble suivant : Turquie – par ailleurs, membre de l’OCDE – (1,8%), Monde Arabe (1,4%), Iran (1,1%), un ensemble Pakistan/Afghanistan/Bangladesh/Indonésie/Malaisie (0,7%), soit au total 5,0% de la production scientifique mondiale. Deux autres ensembles appartenant partiellement à l’aire culturelle de l’Islam ne contribuent de leur côté que très faiblement à la production scientifique mondiale : l’Afrique subsaharienne, hors Afrique du sud, pour 0,6% et les pays de la Communauté des Etats Indépendants d’Asie centrale pour 0,2%. En partant de l’hypothèse qu’une partie de la production scientifique de ces deux derniers ensembles est générée dans le contexte de pays musulmans, je retiendrai sur les 0,8% concernés, 0,3%. Ce qui permet de formuler l’hypothèse raisonnable qu’au final, en 2008, sensiblement 5,3% de la production scientifique mondiale (986 099 publications recensées) est assurée dans des pays musulmans, soit environ 52 300 publications ; 1,4% du total des publications, soit 13 574 publications, l’étant dans les pays arabes, saisis comme tels dans le rapport.
Ces données n’ayant que peu de sens en elles-mêmes doivent, bien sûr, être rapportées à la population des ensembles concernés. Pour ce qui concerne les pays musulmans, la part relative de 5,3% de la production scientifique mondiale doit être rapportée, toujours en considérant les mêmes espaces – qui ne prennent pas, bien sûr, en considération les minorités musulmanes vivant d’autres pays, y compris l’importante minorité d’environ 160 millions de musulmans vivant en Inde – à une population d’environ 1,350 milliards, soit de l’ordre de 20 % de la population mondiale, telle qu’estimée dans le rapport à un total de 6,670 milliards pour 2007. Il est entendu que ces données ne concernent pas l’ensemble des musulmans dans le monde dont la population estimée à 1,600 milliards, représentait, à la même période de l’ordre de 24% de la population mondiale. En tout état de cause, l’information la plus significative à retenir est celle des contributions relatives : en ce qui concerne les pays musulmans, 20% de la population mondiale ne contribue qu’à hauteur de 5,3% de la production scientifique mondiale ; soit 3,77 fois moins eu égard à la population. En ce qui concerne les pays arabes : 4,9% de la population mondiale (329,2 millions, d’après le rapport) ne contribue qu’à hauteur de 1,4% de la production scientifique mondiale ; soit 3,50 fois moins eu égard à la population et correspondant à un « décalage » très proche de celui enregistré pour l’ensemble des pays musulmans.

La comparaison avec les performances d’autres régions du monde est très édifiante. Ainsi, l’impact total de l’ensemble des pays musulmans (52 300 publications) se situe entre celui des deux pays de la péninsule ibérique réunis, Espagne et Portugal, avec 42 845 publications ou bien celui de l’Italie avec 45 273 et celui de la France avec 57 133. Celui de tous les pays arabes (13 574) est pratiquement équivalent à celui de la Belgique (13 773), légèrement supérieur à celui d’Israël (10 069) et nettement inférieur à celui de la Suède (16 068) ou de la Suisse (18 156). En termes de nombre de publications par million d’habitant, les pays musulmans se situent à 38,74 et les pays arabes à 41,23 ; la moyenne mondiale étant à 147,82. A titre indicatif, la performance de la Suisse est de 2388,95, d’Israël de 1459,28, du Canada de 1 323,37, des Etats-Unis de 1 022,75, de la Corée du sud de 682,94, du Japon de 585,70 et du Brésil de 139,31. La Turquie avec 243,66 publications par million d’habitants et l’Iran avec 150,47 se situent au-dessus de la moyenne mondiale de 147,82. Ce qui est également le cas pour les pays arabes suivants : Emirats Arabes Unis (147,2), Qatar (152,2), Jordanie (157,1), Tunisie (196,2) et Koweït (222,5). Ceci dit, les seuils les plus élevés atteints par les pays musulmans indiquent clairement qu’ils demeurent modestes et encore très éloignés de ceux réalisés par les pays les plus avancés dans le monde.

Conscient de cette situation qui dure depuis longtemps déjà, un document de la Banque Islamique de Développement établissait, en 2008, le lucide constat suivant : « Les 57 pays à population majoritairement musulmane ont sensiblement 23% de la population mondiale, mais moins d’1% des scientifiques qui produisent moins de 5% de la science et font à peine 0,1% des découvertes originales mondiales liées à la recherche chaque année. Les pays musulmans ont un pourcentage négligeable des dépôts de brevets aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Il est encore plus préoccupant que la main-d’œuvre consacrée à la recherche et développement dans les pays musulmans constitue seulement 1,18% de l’ensemble de la main-d’œuvre en charge de science et technologie. ». Dans un autre document de la même institution – « Dans les pays musulmans, transformer les économies en économies basées sur la connaissance » – la première phrase est la suivante : « Les deux problèmes les plus importants auxquels doivent, à l’heure actuelle, faire face les pays musulmans sont : la mondialisation et l’émergence de l’économie basée sur la connaissance ».

Il est donc clair que les véritables défis auxquels doivent urgemment faire face l’ensemble des pays musulmans, y compris donc les pays arabes, s’articulent autour de l’incontournable maîtrise de la science et de la technologie qui constitue absolument le seul levier en mesure de leur ouvrir les perspectives d’une croissance économique durable, basée sur une production endogène de connaissances, biens et services, conforme aux conditions de la rude compétition mondiale en cours.

Mais, par delà la seule dimension économique, certes, importante en elle-même, le défi pour toutes les sociétés musulmanes – en dernière analyse, de nature ontologique – est bien celui de démontrer leurs capacités effectives à se transformer en des espaces favorables à l’épanouissement de la créativité humaine, comme condition indispensable de toute production scientifique significative. Car, en effet, tout autant l’importance considérable des écarts qui les séparent des pays avancés que la durée de la longue période historique qui les a vus se constituer – objectivement mesurable en termes de siècles – conduisent à penser que leurs déficits actuels prennent un caractère de grave crise systémique de créativité dont la prise en charge sera très difficile. Dans cette perspective, il est clair que, désormais, toutes les solutions envisageables ne sauraient relever de simples processus techniques, consistant à jouer de temps à autre, çà et là, sur telle ou telle variable d’ajustement, comme il est d’usage de le faire dans des approches que résume bien l’expression « business as usual ».

Tout au contraire, les sociétés musulmanes devront nécessairement mener un immense et courageux effort collectif d’introspection afin, d’une part, de clairement établir les raisons, nécessairement internes – excluant donc les éternelles recherches de boucs émissaires – qui les ont conduites aux impasses actuelles et, d’autre part, tout aussi clairement, de définir les nouvelles politiques qui leur permettront de participer activement à la production de connaissances, biens et services s’inscrivant dans le cadre des logiques de créativité qui, chaque jour un peu plus, bouleversent notre monde. De ce point de vue, une reformulation complète des problématiques culturelles actuellement dominantes apparaît comme un passage obligé dans lequel le problème majeur qui se posera est incontestablement celui d’un effort totalement renouvelé de (re)lecture de tout le patrimoine intellectuel islamique. L’effort à conduire devra aller dans le sens d’un dépassement des approches réductrices qui aujourd’hui prévalent et qui, fondamentalement, reposent sur deux postulats de base, profondément liés entre eux et procédant de dichotomies simplificatrices. Pour le premier, c’est l’opposition du patrimoine de la civilisation islamique à celui du « reste du monde », plus précisément encore à celui de « l’Occident » et pour le second la distinction entre aspects matériels et intellectuels du patrimoine.

La première dichotomie, « nous et les autres », procède d’une lecture essentialiste du patrimoine intellectuel de la civilisation islamique, posant que l’on est en présence, face à celui de « l’Occident », de deux réalités bien distinctes et cloisonnées, correspondant à deux logiques d’accumulation intellectuelle parallèles, n’ayant entretenu aucun lien, l’une avec l’autre. Or, ce n’est pas du tout le cas, tant les échanges, tout au long de l’histoire, ont été importants, notamment avec « l’Occident » lorsque des philosophes musulmans, sans complexe aucun, ont commenté et se sont inspiré de l’œuvre de philosophes « étrangers », tels que Platon pour Al-Farabi et Aristote pour Ibn Rochd. En sens inverse, l’œuvre de ces deux philosophes – notamment celle d’Ibn Rochd, au point qu’on parlera « d’averroïsme latin – irriguera toute la philosophie européenne du Moyen Age, alimentant directement les fondements intellectuels de la Renaissance européenne, alors en pleine gestation.

La seconde, « aspects matériels et aspects intellectuels » procède fondamentalement de la même vision que la précédente et postule que l’échange avec la culture « occidentale » doit être conçu comme obéissant au principe de base suivant : sous l’empire de la nécessité, bénéficier de tous ses biens matériels, en tant que produits « neutres » de la science et de la technologie et ce, tout en rejetant systématiquement sa production intellectuelle, considérée comme « non-neutre », au motif qu’elle procède de logiques intellectuelles « étrangères » et, en tant que telles, condamnables. Or, les liens entre les logiques intellectuelles ayant généré les deux types de produit, matériel et intellectuel, sont extrêmement étroits car l’extraordinaire développement de la science et de la technologie en « Occident » – fournisseur de la matérialité aujourd’hui si recherchée – n’aurait jamais été possible sans une longue et riche accumulation intellectuelle. A laquelle l’aire culturelle de l’Islam a contribué par l’intermédiaire de deux filières, aussi décisive l’une que l’autre : l’une philosophique et l’autre scientifique, toutes deux porteuses de logiques fondamentales de rationalité. C’est bien pourquoi, aujourd’hui, rejeter purement et simplement tout apport « occidental » c’est d’abord nous amputer d’une partie de nous-mêmes.

L’analyse de l’expérience historique d’autres aires culturelles non-européennes – essentiellement asiatiques : japonaise, indienne, chinoise, coréenne – aujourd’hui à la pointe des processus mondiaux de créativité, à commencer par ceux de la science, montre bien que, partout, les voies de la Renaissance ont impliqué – grâce à une (re)lecture du patrimoine intellectuel, seule garante de l’endogénéité de la démarche menée – une profonde remise en cause de soi, nécessairement accompagnée d’une réelle ouverture sur le reste du monde. Dans cette perspective, les analyses de deux grands philosophes maghrébins – malheureusement décédés cette année – Mohamed Abed Al Jabiri et Mohammed Arkoun, sont absolument essentielles et nous fournissent un éclairage très précieux pour la compréhension des enjeux et défis qui structurent l’œuvre de rénovation nécessaire.

Les sociétés musulmanes ne doivent oublier ni que le tout premier mot de la révélation coranique – « Lis » – a été une injonction claire en faveur du savoir, ni que le Prophète Mohamed, dans ses « hadiths », à plusieurs reprises, a fortement encouragé la recherche de ce même savoir ; « jusqu’en Chine », dans l’un des plus célèbres. Alors que demeure encore vivace dans la conscience collective – souvent sur le mode mythique d’un âge d’or à retrouver – le souvenir d’une très longue tradition d’ouverture intellectuelle et de production scientifique qui a marqué des siècles de contribution au savoir universel, il est permis d’espérer que l’aire culturelle de l’Islam – autant par l’évaluation critique de sa propre expérience que par son ouverture sur les autres cultures – saura se ressaisir afin d’emprunter l’unique voie aujourd’hui possible : apporter sa propre contribution à la créativité contemporaine. Seule en mesure de lui éviter une autre trajectoire possible, celle du déclin.

Nadji SAFIR, sociologue algérien (nadji.safir@gmail.com)
Source : Le Monde du 18.11.2010

Publié dans GEOPOLITIQUE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Cadres marginalisés Un riche potentiel de créateurs d’entreprises

Posté par mouradpreure le 11 décembre 2010

www.elwatan.com le 06.12.10 |

Victimes du chômage, marginalisés dans les entreprises nationales et incapables de monter leurs propres affaires dans un pays où les outils de l’économie de marché tardent à se mettre en place, les compétences algériennes sont contraintes de tenter leur chance sous d’autres cieux ou à attendre une éventuelle embellie du climat des affaires pour monter leurs propres entreprises dans leur pays

Si, il y a plus de vingt ans, ces départs ne concernaient que les scientifiques de haut rang, l’émigration des cadres algériens a pris une tournure plus dramatique au cours de ces vingt dernières années, en affectant tout le champ des élites qu’elles soient scientifiques, littéraires, artistiques et managériales. Des milliers cadres dirigeants d’entreprises publiques formés à grands frais par l’Etat algérien sont ainsi partis à l’étranger pour créer leur propres entreprises ou encadrer celles des autres, privant le pays d’un savoir faire et d’une capacité d’entreprendre sans pareils à l’échelle africaine.

La réussite de nombreux compatriotes en dehors de leur pays d’origine montre, à l’évidence, que lorsque les mécanismes du marché fonctionnent et que l’Etat de droit existe les algériens sont en mesure de créer et de gérer avec compétence diverses activités.

La marginalisation et les échecs professionnels que la plupart d’entre eux y avaient subis avant de se faire une place au soleil à l’étranger montrent, à contrario, que la réussite professionnelle est beaucoup plus hypothétique dans un pays où les mécanismes du marché et l’Etat de droit n’existent pas, quand bien même ces cadres disposeraient d’une compétence hors du commun.

Vingt années de reformes économiques et sociales n’ont, en effet rien changé au mode de désignation des cadres dirigeants des entreprises publiques qui reste aussi hasardeux et clientéliste qu’il l’était du temps où les entreprises publiques étaient placées sous la tutelle de ministères.

Les PDG accumulant plusieurs exercices comptables déficitaires sans jamais être inquiétés continuent, aujourd’hui encore, à sévir dans ces sociétés grâce à leurs appuis, bloquant ainsi l’alternance au profit de cadres mieux formés qui, las d’attendre, rejoindront, pour certains, le secteur privé national pour monter leurs propres affaires ou pour y servir en tant que cadres ou pour carrément rejoindre les rangs des élites expatriés dans ces pays de prédilection que sont la France, la Suisse, la Belgique, le Canada et les Etats-Unis d’Amérique.

Une centaine de milliers de chefs d’entreprises d’origine algérienne auraient ainsi été recensés pour le seul continent européen, par un institut français de statistiques au milieu des années 2000. Ces entreprises de droit français et de divers statuts juridiques (SARL, SPA, sociétés anonymes, etc.), ainsi créées, dépasseraient aujourd’hui allégrement ce chiffre, pour au moins deux raisons majeures.

Il y a d’abord l’installation massive, en France notamment, de cadres algériens marginalisés dans leur propre pays, mais suffisamment bien formés pour créer dans le pays d’accueil des entreprises à la mesure de leurs compétences, de leurs moyens et de leurs ambitions. Il y a également les riches entrepreneurs installés en Algérie, de plus en plus nombreux à chercher un pied à terre à l’étranger pour leurs enfants, en leur créant des sociétés devant principalement servir au financement de leur scolarité et de leur train de vie, dans le pays d’accueil.

Un climat des affaires repoussoir

Si les terrains de prédilection des entreprises créés à l’étranger sont, assurément , le commerce et la distribution, les algériens expatriés sont également fort nombreux à investir dans des activités aussi variées que l’industrie électronique, l’agroalimentaire, l’informatique, les transports, le négoce, l’expertise comptable, l’hôtellerie, et même les médias lourds. L’écrasante majorité de ces chefs d’entreprises a pour caractéristique d’avoir gravi les échelons de la réussite économique et sociale par la seule force de leur volonté, favorisée, il est vrai, par l’existence dans le pays d’accueil d’un véritable Etat de droit et de mécanismes de marchés transparents et bien huilés, qu’ils n’ont pas eu la chance d’avoir dans leur pays d’origine. Placés dans les conditions de travail qui prévalent actuellement en Algérie, ces derniers auraient été certainement conduits à être moins performants et, dans de nombreux cas, contraints à l’abandon si ce n’est à la faillite, en raison de barrières bureaucratiques qu’elles auraient eu bien du mal à franchir. Persuadés que la contrainte majeure réside précisément à ce niveau, les cadres marginalisés en quête de conditions favorables à la création d’entreprises personnelles sont d’ailleurs constamment à l’écoute d’éventuels changements qui pourraient améliorer le climat des affaires dans leur pays pour sortir de la marginalisation à la quelle le secteur public rentier et clientéliste les a relégués. S’agissant des cadres expatriés, on sait à travers les propos recueillis par les médias algériens, que si la plupart d’entre eux excluent, pour le moment, le retour définitif au pays, leur souhait quasi unanime est de commencer à faire dans l’immédiat quelque chose pour commencer déjà y mettre pied. Les retombées positives de certaines infrastructures en cours de réalisation, comme l’autoroute Est-Ouest, le Cyberpark de Sidi Abdellah et autres équipements structurants, constituent en effet pour eux, comme pour les cadres marginalisés résidants encore dans leur pays, autant d’espoirs de promotion d’affaires en Algérie. Pratiquement tous les cadres marginalisés d’entreprises que nous avons interrogés ont en tête un ou plusieurs projets d’investissement à réaliser pour peu que l’environnement des affaires s’améliore durablement. C’est dire l’importance du potentiel de créateurs d’entreprises que constituent les cadres algériens marginalisés.

Djamila Fernane. Post-graduante en management – Université de Tizi Ouzou

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Le dernier HIC …

Posté par mouradpreure le 20 novembre 2010

 

Le dernier HIC ... dans SOCIETE 20101120

 

Source El Watan -  20 Novembre 2010

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

AIDKOUM MOUBARAK

Posté par mouradpreure le 17 novembre 2010

 

A l’occasion de l’Aid El Adha El Moubarak je présente à tous les amis qui me font l’honneur de visiter mon blog tous mes voeux de bonheur, santé et réussite.

Aidkoum moubarak oua koullou âm ouantoum bikheir

Amitiés

Dr Mourad PREURE
Président du Cabinet EMERGY

AIDKOUM MOUBARAK dans SOCIETE logo%20web
27 Rue Vallois Pascal – Bouzaréah – Alger
Mail:
emergydz@ymail.com
contact@emergy-dz.com

Publié dans SOCIETE, Travaux et Interviews du Dr PREURE | Pas de Commentaire »

1234
 

JE VOUS DIS TOUT |
forever |
Maud in Mumbai ! |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | LA FRANCE LIBRE
| ELEVAGE AMATEUR DE BOULEDOGUES
| You're on my official's WEB...