• Catégories

  • Naïvement enlacée à la mer, Alger si loin de son destin …

    Naïvement enlacée à la mer, Alger si loin de son destin …

  • Articles récents

  • Visiteurs

    Il y a 2 visiteurs en ligne
  • mai 2018
    D L Ma Me J V S
    « jan    
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  
  • ARCHIVES

  • A quoi ressemblera l’économie mondiale en 2060 ?

    www.latribune.fr Pierre Manière | 09/11/2012

    Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dresse le portrait de l'économie mondiale en 2060. Elle prévoit un grand chambardement de l'ordre établi. Comme attendu, la Chine deviendra la première économie de la planète. L'Inde, pour sa part, se classera deuxième, devant les Etats-Unis. New Delhi voit ainsi la part de sa contribution au PIB mondial progresser de 7% à 18% ! La zone euro, elle, verra son poids dégringoler de 17% à 9%.
    Sur le même sujet
    L'exercice apparaît pour le moins ambitieux. Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dévoile sa photographie de l'économie mondiale en... 2060 ! Et ses résultats font état d'un vrai chambardement de l'équilibre économique mondial.
    • Une croissance maussade de 3% par an en moyenne
    D'abord, l'OCDE parie sur un retour progressif aux fondamentaux économiques d'avant crise à horizon 2020. "Une fois liquidé l'héritage de la crise financière mondiale, le PIB global pourrait croître d'environ 3% par an au cours des 50 prochaines années", grâce à "l'amélioration de la productivité" couplée à "l'accumulation de capital humain", précise le rapport. Une croissance profondément inégale, les vieux pays industrialisés affichant des taux bien inférieurs aux pays émergents.
    Un bémol, de taille, concerne toutefois la manière dont la crise actuelle impactera les prochaines décennies. Chef de la division de l'analyse des politiques structurelles de l'OCDE, Giuseppe Nicoletti concède qu'"il y a beaucoup d'incertitude" sur la date de rétablissement de l'économie mondiale. De plus, il souligne que la manière dont les Etats sortiront de la crise aura des conséquences importantes. "Si les Etats-Unis et l'Europe s'en sortent avec des niveaux de dettes trop élevés, cela peut avoir, à terme, des conséquences sur les marchés de capitaux, provoquer une baisse des investissements, et plomber le marché de l'emploi", prend-t-il en exemple.
    • La Chine et l'Inde en pole position
    La Chine devrait débuter ce premier demi-siècle sur les chapeaux de roues. Sur la base des parités de pouvoir d'achat de 2005, l'étude précise que Pékin devrait dépasser cette année la zone euro en termes de contribution au PIB global. Avant de chiper la première place aux Etats-Unis "quelques années plus tard", voyant son poids dans le PIB mondial passer de 17% à 28%. Dans son sillage, l'Inde verrait sa contribution au PIB mondial passer de 7% à 18% en 2060, et dépasser à son tour le pays de l'Oncle Sam. Ainsi, si la Chine est championne en terme de croissance jusqu'en 2020 (avec une moyenne de 10%), Pékin voit sa progression du PIB se tasser jusqu'à 2,3% en 2030-2060. Or sur cette période, New Delhi affiche une moyenne de 6,7% au compteur.
    Pour expliquer le tassement de la croissance chinoise, Giuseppe Nicoletti évoque "le vieillissement de la population chinoise", y voyant-là "les conséquences de la politique de l'enfant unique". De son côté, il justifie le "rattrapage" indien par le fait que son économie part de très bas, citant des exemples "historiques", comme les dragons asiatiques ou l'Europe d'après-guerre.
    • Le moindre poids de la zone euro et des Etats-Unis
    A l'opposé, le Vieux Continent et les Etats-Unis, ne pèsent plus aussi lourd. Représentant respectivement 17% et 23% du PIB mondial aujourd'hui, la zone euro et Washington voient leurs participations chuter de 8 et 7 points.
    • Un quadruplement du PIB par habitant des pays les pauvres
    Conséquence du rattrapage des pays en développement, le PIB par habitant des économies actuellement les plus pauvres "aura plus que quadruplé", souligne l'OCDE. Il sera même multiplié par sept pour la Chine et l'Inde Tandis que celui des économies les plus riches "se contentera de doubler". Toutefois, le classement des pays en fonction du PIB par habitant ne devrait pas bouger. "Certes, les écarts de productivité et de qualification de la main d'oeuvre se réduisent, mais les différences qui subsistent sont encore pour une bonne part à l'origine des écarts de niveau de vie observés en 2060", souligne l'étude.

  • Arrêtez avec le « je me battrai pour vous » de Voltaire !

    Par Zineb Dryef | Rue89 | 14/04/2011

    Deux fois en quelques heures ! D’abord, un éditeur qui invoque son esprit « voltairien » pour justifier la publication d’un livre d’Eric Zemmour. Ensuite, un faux Carl Lang (ex-Front national) qui flatte Pierre Haski sur Twitter pour obtenir la publication d’une tribune sur Rue89 : « On vous dit voltairien », sous-entendu « vous connaissez comme moi la fameuse phrase ».

    Mais Voltaire n’a jamais écrit « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » ! Il ne l’a même jamais dit. A l’origine de cette formule, une Britannique, Evelyn Beatrice Hall qui, dans un ouvrage consacré à Voltaire en 1906, lui attribue le célèbre « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it ».

    Dans un documentaire de la TSR retraçant l’histoire de cette phrase, Charles Wirz, le conservateur du musée Voltaire de Genève, confirme que le philosophe n’a jamais rien dit de tel et présente même l’aveu d’Evelyn Beatrice Hall : « Je ne suis pas d’accord avec vous […] est ma propre expression et n’aurait pas dû être mise entre guillemets. »

    Dans son « The Friends of Voltaire », Evelyne Beatrice Hall a tenté ainsi de résumer la pensée de Voltaire, notamment au moment de sa prise de position dans l’affaire Helvétius, l’un des philosophes qui contribua à L’Encyclopédie.

    Son livre, « De l’Esprit », irrite profondément Voltaire – il qualifie le texte de « fatras d’Helvétius » dans une lettre à de Brosses du 23 septembre 1758, citée par Gerhardt Stenger mais lui apporte son soutien face aux attaques virulentes dont il est victime après la parution de son ouvrage.

    Dans ce contexte, la phrase prêtée à Voltaire ne paraît pas dépasser sa pensée. Pourtant, plusieurs amoureux de l’écrivain s’émeuvent de l’utilisation qui en est faite. On les comprend.

    Nietzsche « Au soleil » avec Jennifer

    « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » est devenu l’un des poncifs les plus irritants des dernières années. Peut-être autant que le « ce qui ne tue pas rend plus fort » de Nietzsche, nouvel hymne de Jenifer « ce qui ne me tue pas me rend forte » dans une chanson sur les bienfaits du soleil.
    Plus injuste encore, il est devenu l’arme de défense de tous ceux qui se croient censurés par les-médias-dominants-la-pensée-unique-le-politiquement-correct.

    Dans les années 2000, Thierry Ardisson l’a largement popularisé dans son émission « Tout le monde en parle » en le citant à tout bout de champ pour justifier la présence du moindre invité un peu controversé. Se proclamer voltairien est ainsi devenu synonyme de partisan de la liberté d’expression totale. On retrouve donc pêle-mêle Eric Zemmour, Robert Ménard, Dieudonné, etc.

    « Ce n’est pas du tout lui cette phrase »

    Voltaire, défenseur de la liberté d’expression illimitée ? Une supercherie, nous répond la Société Voltaire : « Ce n’est pas du tout lui cette phrase. Prenons le credo chrétien qu’il a toujours combattu. Ou les Jésuites. Il ne les aurait jamais défendus. »
    Plus fort, le cas Fréron. Ce journaliste parisien, responsable du journal L’Année littéraire, détesté de Voltaire, a eu droit à une pièce « Le Café ou l’Ecossaise » rédigée contre lui mais n’a jamais eu le moindre signe de soutien à chaque fois que son périodique a été censuré par… Lamoignon de Malesherbes, un ami de Voltaire.
    http://www.rue89.com/hoax/2011/04/14/arretez-avec-le-je-me-battrai-pour-vous-de-voltaire-199690

    • Album : CASBAH LUMIERE
      <b>img08.jpg</b> <br />
  • Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui

  • L’immortel Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui (1), de son nom kabyle Si Mouḥ N Amar U Mouḥ (2), est né, selon l'état civil, le 23 juillet 1910 sous le nom patronymique Mohammed KHELOUAT, au hameau de Taâzibt, un petit village de la région d'Ihesnawen (3). C'est, d'ailleurs, du nom de sa région natale qu'il en tirera son pseudonyme artistique qui était à l'origine : « Ben Ammar Hasnaoui », puis « Cheikh Amar El-Hasnaoui », avant de devenir « Cheikh El-Hasnaoui » plus tard. Quelques années après sa naissance, il perdit sa mère, LAÂZIB Sadïa (Bent Ahmed) elle-même originaire d'Alger de parents originaires de Biskra. Elle mourra des suites d'une maladie après avoir perdu ses deux jeunes enfants : Omar et Ali. Son père, Si Amar KHELOUAT (4), est absent du foyer, car enrôlé par l'Armée française durant la Première Guerre Mondiale. Démobilisé après une blessure, son père rentre au pays, il ira chercher à Alger le jeune Mohamed et le plaça dans une école coranique. Son apprentissage ne durera que quelques années, il en est sorti à l'âge de 12 ans. À Alger, il exercera plusieurs petits métiers tout en se « frottant » aux grands maîtres de la musique « chaâbi » comme El-Anka et Cheikh Nador. Ainsi, il assimila toutes les finesses de ce genre musical exigeant et s'affirme, bientôt, comme un artiste accompli, maître de son art et capable de l'exprimer aussi bien dans sa langue maternelle : « Taqbaylit », comme il le dit si bien, ainsi qu'en Arabe populaire (dialectal), l'autre langue qu'il vient d'acquérir et de perfectionner. Il animera pendant cette période bon nombre de soirées « qui seront pour lui l'occasion de se produire en public et de monnayer son talent ». Il vivra jusqu'en 1936, date de son dernier retour dans sa région natale, des allers-retours entre Tizi-Ouzou et Alger. La situation ambiante (sociale, intellectuelle,…) ne lui plaisant guère (5), il confia, un jour d'été, à Si Saïd U L'Hadi (6), un de ses amis d'enfance : « Cette fois, si je quitte le village, je serai comme une fourmi ailée. Là où me poseront mes ailes, j'y resterai. » (7) À Paris, le « Maître » s'impose comme un artiste phare, illuminant de toute sa classe la vie artistique du moment qui reste confinée aux seuls cafés, véritables microcosmes de la société kabyle. De tempérament solitaire, il fréquente très peu de gens, même pas les « grands noms » de la chanson kabyle de l'époque, mais il se lie d'amitié avec Fatma-Zohra (8), son mari Mouh-akli et Mohamed IGUERBOUCHENE avec lequel il collabore dans des émissions radiophoniques. Sa carrière connaît une parenthèse, durant la Seconde Guerre Mondiale, le temps d'accomplir en Allemagne, le Service du Travail Obligatoire. C'est pendant cette période qu'il fera connaissance de celle qui deviendra plus tard sa femme, il s'agit d'une jeune Française du nom de Denise Marguerite Denis qu'il épousera le 14 août 1948. Cherchant le calme, il quittera la région parisienne et la maison qu'il a construite de ses mains à Anthony pour s'installer à Nice (Rue de Belgique). En 1985 il quittera sa seconde demeure pour un voyage qui le mènera dans les Antilles, où il séjournera, seul, quelques mois avant de repartir vers Nice rejoindre sa femme. En 1988, il récidivera en mettant le cap sur l'île de la Réunion où il s'installera à Saint-Pierre, en compagnie de sa femme Denise, dans la même année. À des milliers de kilomètres des siens et de toute personne qui le connaît, Cheikh El Hasnaoui se construit son havre de paix. Il faudra attendre plus de 20 ans pour qu'un musicologue du nom de Mehenna MAHFOUFI retrouve enfin sa trace et lui rendra trois fois visite afin de s'entretenir avec lui. Le chanteur Abdelli et la chanteuse Behdja Rahal en feront de même et auront le privilège de rencontrer le Maître quelques années seulement avant qu'il ne s'éteigne le samedi 06 juillet 2002, à l'âge de 92 ans. Il sera inhumé, conformément à ses vœux, à Saint-Pierre de la Réunion où un jardin public porte aujourd'hui son nom, il y est indiqué : Cheikh El Hasnaoui, Maître de la chanson Kabyle : Taâzibt 1910 – Saint-Pierre 2002. Ainsi, il est parti le Maître, discrètement comme il a toujours vécu, Cheikh El-Hasnaoui, celui qui mérite plus qu'un autre la place de véritable classique de la chanson kabyle (et même algérienne), nous a laissés emportant avec lui tous ses secrets, que de questions demeurent posées : Ses choix de vie ? La rupture avec le pays ? Paroles de certains de ses textes ?
  • Les vaillantes tribus Hadjoutes étaient menées par un poète, Boutheldja …

    (Par Belkacem Rabah Mohamed Khaled) (...) Il n'existe malheureusement pas de statistiques précises sur le nombre des populations Hadjoutes, mais nous estimons, à partir de certaines données contenues dans le rapport du duc de Rovigo, «vingt-trois tribus Hadjoutes et douze mille cavaliers» ... Dix huit mille cavaliers selon d'autres sources, à un total de plus de quarante mille habitants pour l'ensemble de ces tribus et douars. A la bataille de Staouéli, les 4 et 5 juillet 1830 (Sidi-Ferruch), contre la pénétration des armées françaises et avant la proclamation de Abdelkader comme Emir, les contingents fournis par les tribus Hadjoutes (douze mille cavaliers Hadjoutes) ont combattu vaillamment parmi les cinquante mille hommes engagés dans la bataille. Le général Changarnier qui a eu à combattre les armées Hadjoutes, écrit à leur sujet (Mémoires), après les avoir qualifiés d'«habitants rebelles au joug de l'étranger», de « patriotes énergiques» ,«les Hadjoutes avaient pu mettre en campagne et entretenir, pendant plusieurs années, de mille à mille huit cents cavaliers très courageux, qui avaient accompli des choses dont les cavaliers les plus célèbres de l'Europe se seraient honorés... » De même, le duc d'Orléans n'eut pas manqué de rendre hommage au patriotisme de ces partisans : « ... Ces hardis partisans faisaient plus de mal aux Français que tout le reste des forces ennemies, de même que les Cosaques, dans les guerres de l'empire, contribuèrent plus que toutes les troupes régulières à détruire l'Armée française ... Les Hadjoutes empêchaient l'armée de dormir en la tenant sur un qui-vive perpétuel ... Cependant la mort d'un simple cavalier Hadjoute, Boutheldja le poète, tué dans un de ces engagements, fut une perte sensible pour la cause arabe ... Au milieu du mouvement de résurrection de ce peuple, qui renaissait du sang de ses braves enfants, Boutheldja fut le plus inspiré parce qu'il était le plus convaincu de tous les poètes. Ses chants lyriques, d'une douleur touchante et d'un farouche patriotisme, étaient devenus populaires parmi la jeunesse arabe. Le poète préféra rester en volontaire, au premier rang des Hadjoutes, et, simple soldat, comme Koerner, il mourut comme lui de la main d'un Français, en combattant pour une patrie que tous deux avaient rêvée grande, et qu'ils ne connurent que malheureuse. »
  • Tazir M’hamed Bacha. Ancien militant de la cause nationale, compagnon de Mohamed Belouizdad – «Qui se souvient des 3024 disparus de La Casbah ?»

    www.elwatan.com le 10.05.12

    L’Algérie s’est faite elle-même.
    «Le violence est infâme, son résultat est toujours incertain et nul ne peut agir justement quand il est poussé par la haine.» Antar Ibn Chadad
    Le hasard est parfois curieux. Il provoque les choses, soupire M’hamed qui pense que certains rendez-vous de l’histoire sont quelquefois étranges.A 18 ans, en 1944, il a été arrêté, torturé et jeté dans les caves de la préfecture d’Alger. Dix-huit ans après, en 1962, il est le patron de cette même préfecture d’Alger où il officie en tant que directeur de cabinet du regretté Nadir Kassab. Alors, il se rappelle des propos de son avocat d’autrefois, Maître Sansonneti et de sa flamboyante plaidoirie en déclarant : «Monsieur le président, depuis que je porte cette robe, je n’ai jamais eu peur de dire la vérité. Il y a quelque temps, sur ces mêmes bancs, j’ai défendu des socialistes, des communistes, des gaullistes. Ils sont actuellement au pouvoir. Il ne serait pas impossible que ces gens, que vous êtes en train de juger, seront un jour à la tête de ce pays.»
    Prémonitoires, les propos de l’avocat s’avérèrent justes, résume Tazir M’hamed Bacha, qui nous racontera les mille et une péripéties de sa vie mouvementée. De sa première militance au sein de la Jeunesse de Belcourt à la création de l’organisation spéciale dont il fut un témoin privilégié, à la solitude des prisons dont il a été un pensionnaire régulier, aux exactions innombrables de la soldatesque coloniale à l’origine notamment de la disparition de plus de 3000 Algériens à La Casbah, M’hamed raconte calmement cette étape douloureuse, car, dit-il : «Seuls peuvent juger la guerre ceux qui l’ont vécue dans leur âme et dans leur chair.»
    Comité de la jeunesse de Belcourt
    Mais M’hamed sait aussi faire la part des choses : «Le combat est la seule expérience où l’on peut éprouver un sentiment autentique de fraternité envers celui qui prend les mêmes risques que vous.» Et là, il met en avant les grands mérites de cet homme immense qu’a été Mohamed Belouizdad, brave parmi les braves, qui a été l’étincelle mais qui s’est éteint hélas très jeune, emporté par la maladie. Sur son lit de mort dans un sanatorium en France et alors que Ahmed Haddanou (El Caba) lui demandait s’il avait besoin de quelque chose qu’il pourrait lui rapporter, Belouizdad rétorqua : «Ce qui me manque malheureusement, tu ne peux pas me l’apporter. Ce dont j’ai besoin, c’est d’entendre El Adhan !»
    M’hamed parle de la guerre, mais aussi de paix. Celle qui fait cesser les fracas des canons et des bombes, mais aussi celle, beaucoup plus difficile à obtenir, qui doit se frayer un chemin dans le cœur de chacun. «Lors d’un voyage en France, j’ai pu lire un livre, prix Goncourt 2011, dont le titre L’art français de la guerre, d’Alexis Jenni. La lecture de certaines pages de cet ouvrage fut un choc pour moi. En effet, la liste des 3024 Algériens disparus lors de la bataille d’Alger en 1957 dont fait état l’auteur, je l’ai eue entre mes mains en août 1962 dans l’exercice de mes fonctions à la préfecture d’Alger. Cette liste reste une tache noire qu’il convient d’élucider», suggère-t-il.
    Tazir M’hamed Bacha est né le 2 janvier 1926 à Djendel (Aïn Defla). C’est en 1933 que son père, Mohamed Ben Mokhtar, vint s’installer à Cervantès avec sa famille. Il avait tourné le dos à sa vocation de fellah pour devenir petit commerçant à Belcourt près de son domicile.C’est dans ce quartier populeux que M’hamed Bacha grandit, fit ses études scolaires à l’école des Mûriers puis à Chazot, enfin au collège de Clauzel avec comme camarade de classe un certain Ali Haroun. Le débarquement des Américains en 1942 mit fin à cette aventure et M’hamed dut intégrer le monde du travail en exerçant en tant qu’auxiliaire aux PTT à la Grande-Poste.
    «On était jeunes. Les leaders politiques étaient pour la plupart emprisonnés. On ne devait pas rester les bras croisés. On a créé le Comité de la jeunesse de Belcourt avec Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, Ahmed El Caba, Moumdji…»
    Son militantisme lui valut d’être arrêté le 5 octobre 1944 chez lui, au 46 boulevard Cervantès. Il militait au PPA et distribuait l’Action algérienne, journal du parti. «C’est le commissaire Touron en personne qui procéda à mon arrestation. J’avais 18 ans et je venais de me marier. Ils m’ont amené dans les sous-sols de la préfecture d’Alger où les interrogatoires parraissaient interminables. Je suis resté 10 jours dans les caves avant d’être présenté devant un juge d’instruction militaire sous le chef d’inculpation ‘‘d’atteinte à la sécurité de l’Etat’’. C’est dans ces voûtes que j’ai connu Khider, Moali, Boulenouar, tous militants du PPA. Le 4 mai 1945, je suis déféré devant le tribunal militaire d’Alger.»
    Comme cela coïncidait avec les manifestations du 1er Mai 3 jours avant à Alger, les condamnations furent très sévères. 12 ans de prison et confiscation des biens. Il est envoyé à Lambese, mais retrouve sa liberté en avril 1946 après l’armistice. «Je reprends du service à Belcourt, où Belouizdad m’installe à la tête des Jeunes de Belcourt, c’est à ce titre que j’ai assisté au 1er Congrès du PPA entamé le 16 février 1947 à Bouzaréah et clôturé deux jours après à Belcourt à la limonaderie l’Africaine appartenant à un vieux militant du Parti, Melaine Mouloud. Lorsque, par hasard, nous nous trouvions parmi la foule de spectateurs du défilé militaire du 14 juillet que les Français organisaient chaque année pour célébrer la fin de la tyrannie chez eux, nous nous sentions secoués par le défi. Pourquoi ? Que représente pour nous cette cérémonie ? Pourquoi n’avons-nous pas nous aussi notre armée, notre drapeau ? Que devions-nous faire ? Les plus lucides répondaient : il faut nous organiser.
    De nombreuses idées germaient dans l’esprit des jeunes que nous étions. On était en pleine Deuxième Guerre mondiale. C’est ainsi que fut créé le Comité de la jeunesse de Belcourt, né tel un champignon sur un terrain fertilisé par la politique coloniale de la France qui s’acharnait depuis plus de cent ans par tous les moyens à soumettre notre peuple en lui fermant toute issue pour recouvrer sa dignité et sa fierté.» Les premiers membres fondateurs de ce comité : Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, M’hamed Yousfi, Hamouda et Tazir M’hamed. Le CJB fut intégré comme mouvement jeune du PPA.
    Belouizdad nous avait expliqué que c’était le seul parti vraiment nationaliste et révolutionnaire et dont le programme était clair, à savoir l’indépendance de l’Algérie et qui préconisait le seul et unique moyen d’atteindre ce but, à savoir l’action des masses populaires dont nous les jeunes devrions être l’avant-garde.»
    Belouizdad, un homme à part
    «A la tête du comité, Mohamed Belouizdad va déployer une intense activité et montrer un talent d’organisateur hors pair, qui le révéla rapidement aux instances supérieures du parti. La première grande décision du CJB fut la création d’un journal clandestin. Belouizdad lui donna le titre El Watan. C’était une modeste feuille tapée à la machine et reproduite en plusieurs exemplaires à l’aide de papier carbone. Entre militants, nous parlions souvent de Belouizdad toujours avec affection, respect et admiration.
    Mahsas l’appelait Saâd Zaghloul Bacha, en référence au leader arabe en lutte contre le protectorat anglais en Egypte et fondateur du parti Wafd dans les années vingt. Les discussions avec Mohamed étaient très enrichissantes pour nous. Il écoutait beaucoup et intervenait toujours en dernier. Par délicatesse, jamais il ne nous faisait sentir sa supériorité intellectuelle. Le plus instruit parmi nous à l’époque avait à peine le certificat d’études. Mohamed possédait déjà son brevet supérieur, l’équivalent du baccalauréat qu’il avait passé avec succès. La première fois que j’ai entendu parler de Karl Marx, c’était de la bouche de Mohamed, qui avait déjà lu le Capital.
    Dès 1947, Mohamed m’associa à la réception des armes. C’est ainsi qu’il me chargea de trouver des caches pour enfouir des armes provenant des restes des armées alliées. J’arrivais à dénicher deux endroits sûrs, le premier au pied de la falaise Cervantès, dans la maison du regretté militant Mohamed Meguerba. L’autre cache, dans une petite propriété à Bouzaréah appartenant à la famille d’un militant, le regretté Derkouche. J’avais connaissance d’une troisième cache qui avait été mise à la disposition de Belouizdad par Mohamed Saradouni, un vieux militant qui gérait un dépôt, à l’emplacement actuel de la station du téléphérique, près du cimetière de Sidi M’hamed. C’est au titre de responsable de la section des jeunes de Belcourt, une des plus importantes du pays, que j’ai eu le privilège d’assister au fameux congrès clandestin du PPA de 1947 au cours duquel fut décidée la création de l’OS qui devait préparer et entraîner les meilleurs militants en vue du déclenchement de l’action directe généralisée et le maintien de l’organisation clandestine politique PPA avec comme couverture légale le MTLD.
    Le congrès se déroula la première nuit dans une petite propriété appartenant à un militant de Bouzaréah où Messali était en résidence surveillée après son retour d’exil africain. Avant l’ouverture de la première séance par Messali, un des délégués de la Grande-Kabylie, Si Ouali, demanda la parole. Il tira son revolver caché sous sa ceinture, le posa sur la table et proposa la résolution suivante : ‘‘Tout participant à ce congrès national qui dévoilerait ne serait-ce qu’une partie des délibérations ou des noms de participants est condamné à mort.’’ Ce fut un moment de stupeur générale. On sentait déjà la mort planer sur nos têtes avant l’ouverture des débats. Messali lui-même resta muet, tellement la proposition de Si Ouali était inattendue.
    Plusieurs délégués condamnèrent cette proposition, le plus acharné fut le docteur Chawki Mostefaï qui parla des limites de la résistance humaine face à la torture, pratiquée systématiquement par la police coloniale, et surtout fit allusion à une découverte récente à cette date, le sérum de vérité, qui, administré à une personne, est susceptible de lui faire dire tout ce qu’elle sait malgré une volonté contraire. Tous les éléments développés laissèrent Si Ouali inébranlable. Il maintint sa proposition et demanda qu’on la soumette au vote. Le président du congrès, Messali, ne savait plus quoi faire. C’était le blocage total dans un silence impressionnant. On entendrait voler une mouche.
    C’est alors qu’on aperçut au fond de la salle une main se lever de quelqu’un qui demanda la parole pour la première fois. Le président lui fait signe qu’il peut parler : ‘‘Je propose, dit une voix claire avec une diction impeccable, qu’on remplace les mots ‘‘est condamné à mort’’ par ‘‘est passible de la peine de mort’’, ce fut un soulagement général. Mohamed Belouizdad venait par un intelligent et astucieux amendement de mettre fin au blocage qui paralysait le congrès avant même son ouverture. Messali, après un long regard de reconnaissance vers Mohamed mit aux voix la résolution amendée. Elle fut votée à l’unanimité y compris par Si Ouali.»
    Un laministe convaincu
    Le congrès s’acheva au lever du jour, après une longue intervention de Messali qui prononça la clôture de ces importantes assises d’où sortira l’Organisation spéciale dont la mise sur pied sera confiée à Mohamed Belouizdad. Il avait 24 ans, l’âge de l’Emir Abdelkader quand ce dernier reçut la Bayâ en 1832 afin d’organiser la lutte armée contre les Français. La jeunesse est l’âge de l’héroïsme, ce mot n’a jamais été aussi juste que dans le cas de la lutte du peuple algérien. Mais Messali écarta Debaghine et s’arrogea seul le droit de désigner la direction politique du parti. Depuis cette date et peut-être bien avant, les germes de la scission, qui allaient se produire quelques années plus tard entre centralistes et messalistes, étaient semés. Fort heureusement, le 1er Novembre est venu mettre fin à cet imbroglio.
    M’hamed milita à Alger avec Mokhtar Bouchafa notamment jusqu’à son arrestation le 1er mai 1957, «où des soldats sont venus à notre domicile pour arrêter mon père disparu jusqu’à ce jour. Alors que moi même je l’ai été par la DST. S’ensuivirent de longs séjours à Bouzarréah, Paul Cazelles, Beni Messous, Bossuet, jusqu’à la libération à la fin de l’année 1960». A l’indépendance, M’hamed est nommé chef de cabinet du préfet Kassab. «Au début, on a eu des problèmes avec les gens des frontières qui voulaient accaparer le siège de la wilaya pour en faire un ministère. Ils nous avaient menacés, et Dieu seul sait qu’à l’époque c’était la seule institution qui marchait.» Heureusement que dès la constitution du gouvernement en septembre 1962, le projet a été stoppé. M’hamed renoue avec ses premières amours, les PTT, puis s’occupe des affaires administratives à la présidence jusqu’en 1980 où il est nommé consul à Agades (Niger), puis au Kef (Tunisie). Il prend sa retraite en 1990.
    htahri@elwatan.com

  • La casbah de Dellys entre légende et réalité

    www.algerie-plus.com Par Khidr Omar | 05/05/2011 | 11:03 En dépit de la patine du temps et des séquelles irréversibles laissées par l'homme, la casbah de Dellys (80 km à l'est de Boumerdes) a su garder un cachet atypique, forgé par un passé glorieux auquel est associé une beauté naturelle exceptionnelle. Plus que tout ça, cette belle ville nichée à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, naturellement protégée contre les courants marins et les vents d'ouest par un long promontoire, connu sous le nom de cap Bengut, au-dessous duquel se love un vieux port turc, est traversée par la RN24 sur toute sa longueur, s'étirant depuis Takdempt, à l'ouest, jusqu'à la nouvelle ville, à l'est de l'oued Oubay. Au coeur de ce long boulevard, se situe la vieille ville, communément appelée la casbah de Dellys, qui était considérée jusqu'à un passé récent, comme le pouls de la ville. Aujourd'hui, ses échoppes, dont beaucoup sont désertées par leurs propriétaires, laissent apparaître des plaies béantes, dues aux aléas du temps, mais principalement au séisme de mai 2003, qui avait durement ébranlé ses vieilles constructions et fait disparaître du coup des pans entiers de la mémoire matérielle et immatérielle. Il n'en demeure pas moins que le visiteur à Dellys est irrésistiblement happé par la multitude de vestiges historiques encore visibles dans les dédales de sa casbah et de ses ruelles, où ont été recensées quelque 200 vieilles bâtisses datant de l'époque ottomane. Le vieux port, le phare de cap Bengut, la vieille mosquée du centre ville, l'école coranique Sidi Amar, le tombeau de Sidi el Harfi et le mur d'enceinte ceinturant cette cité sur plus de 2000 mètres, constituent notamment autant d'attractions sur lesquelles peuvent se fixer encore de nos jours les yeux des visiteurs avertis. Une cité en proie à toutes les convoitises Mais c'est surtout l'histoire glorieuse, à la limite de la légende, de la ville de Dellys, qui fait la fierté de ses habitants, à l'instar de Ami Rabah Edelssy (70 ans) qui considère que la « position géographique de cette ville est à l'origine des différentes convoitises et civilisations qui se sont succédées dans la région». Parfois, l'on peut ainsi surprendre des Déllyssiens nostalgiques, assis sur un rocher dans la quiétude du cap Bingut ou sur un banc de la place dite de la guinguette, mais dont il ne reste aujourd »hui que le nom, en train de suivre le passage des navires, voguant vers de lointains ports, ou simplement contempler la grande bleue, s'imaginant voir accoster sur les rivages de la région les navires des corsaires et autres envahisseurs. C'est ce riche passé que les habitants de Dellys tentent aujourd'hui de préserver coûte que coûte en exhortant les autorités concernées à manifester davantage d'intérêt pour le patrimoine de leur ville et pour tous ses vestige et patrimoine, dont de vieux manuscrits détenus par plusieurs citoyens Ils désirent, à cet effet, pouvoir les réunir dans un musée digne de la renommée de cette cité. Selon les historiens, l'édification de la vieille Casbah de Dellys remonte à l'époque ottomane, qui la baptisèrent « Tiddiles ». Elle était alors constituée d'un ensemble de constructions bien agencées et divisées par des rues et ruelles, possédant toutes les commodités de vie nécessaires sur une surface globale de 1200 ha. Selon le président de l'APC, c'est par souci de préservation et de protection du riche patrimoine renfermé par cette ville historique, que la tutelle a élaboré à partir de 2007 un « Plan permanent pour la protection et la restauration de la Casbah de Dellys ». La première étape de ce plan, a été réceptionnée fin 2009, avant son exécution qui consista, selon la même source, en la réalisation de « travaux d'urgence » axés sur la « restauration de sites sensibles » du patrimoine matériel. La seconde phase de ce plan, également réalisée début 2010, a consisté en la réalisation d' »études historiques et typologiques » sur le même site, tandis que la 3ème étape, attendue vers fin 2011, portera sur l'élaboration d'une mouture finale de ce même plan. Selon une étude historique réalisée par des chercheurs universitaires de Boumerdes, à l'occasion de la célébration du mois du patrimoine, le « rôle de Dellys en tant que grande cité est historiquement affirmé » grâce à sa « position stratégique sur la mer méditerranée, son sol fertile et sa proximité des cours d'eau « . De nombreuses civilisations se sont succédées sur cette cité maritime, à l'image, de la civilisation numide qui lui donna le nom « Thadlest ». Par la suite les Romains la baptisèrent à leur tour « Rusucurus », avant de devenir une importante ville de la Mauritanie césarienne. Les Phéniciens s'en emparèrent ultérieurement pour y fonder un grand comptoir commercial et une route vers la ville de Bejaia. Elle connut également le passage des Vandales et des Byzantins. Le passage de la ville de Dellys à la civilisation musulmane remonte au 16ème siècle, selon des documents historiques, qui font état de son rattachement successivement aux règnes des Fatimide, des Hamadite, des Mourabitoune et des Hafside. Après une courte période sous la coupe des Espagnols, cette cité antique connut son « âge d'or » grâce aux frères Aroudj et Kheireddine qui la délivrèrent et l'annexèrent à l'Etat ottoman. Le colonialisme français qui y entra en 1844, en fit une base militaire pour étendre son hégémonie sur toute la Kabylie. L'histoire de cette ville a été immortalisée par plusieurs historiens qui célébrèrent sa beauté au fil du temps, à l'image d'El Idrissi(21e siècle) qui en a fait l'éloge dans son célèbre « Nouzhate El Mochtake » (le plaisir du passionné), Al Hamiri (15e siècle) « Al Raoudh Al Miitar » ( les jardins parfumés), Hosseine Al Ourtilani (18 e) « Nouzhate Al Andhar » (le plaisir des yeux), ou encore par les recueils de l'officier français Carette et de l'allemand Heinrich Von Maltessen (19eme siècle).

Abandonnés, handicapés

Posté par mouradpreure le 10 novembre 2010

 Aymen est mort, je suis très triste. J’ai connu Aymen lorsque je présidais l’AAEFAB. Un enfant abandonné, hydrocéphale. Beaucoup d’enfants abandonnés sont handicapés à vie car leurs mamans, victimes de l’incompréhension et de l’hypocrisie de la société ont essayé par des moyens non médicaux de mettre fin à leur grossesse. En vain, mais l’enfant qui naîtra portera les stigmates de cet acte désespéré. Il cumulera sa situation combien difficile avec son handicap souvent invalidant. Il ne sera généralement pas adoptable, ni adopté. Il est temps que cesse l’injustice qui frappe les enfants abandonnés. Il est temps que leur statut dans la société soit reconsidéré, que leur dignité soit consacrée. Il n’est pas pensable que ces enfants portent comme une croix leur vie durant la responsabilité d’actes que la société honteusement et hypocritement réprouve, se refuse à assumer alors qu’ils font partie du quotidien. Nous savons tous que ce sont le plus souvent les filles de pauvres qui sont concernées par ces situations. Nous savons que pour faire un enfant il faut une femme et aussi un homme. Que devient l’homme et pourquoi la femme assume-t-elle seule le fardeau de la naissance hors mariage? Pourquoi ensuite, alors qu’il n’est concerné en rien dans les conditions qui ont présidé à sa naissance, l’enfant, dès lors que l’abandon est prononcé par la mère biologique, assumera seul toute sa vie la responsabilité de cette situation ?

La loi édictée en 1992 sous le gouvernement Ghozali, et après la Fatwa faite par le regretté Cheikh Hamani, encouragé par le regretté Saïd Aït Messaoudène, a permis la concordance de noms entre le parent Kafil et l’enfant Makfoul et a non seulement encouragé les adoptions (Kafala) mais a surtout permis aux enfants adoptés de trouver un meilleur équilibre car ils portent le nom de leur parent adoptif. Mais la loi en question avait prévu l’inscription de l’enfant Makoul dans le livret de famille du parent Kafil. Et il y a eu un recul sur cette question. L’enfant adopté ne figure pas encore sur le livret de famille de ses parents adoptifs. POURQUOI CETTE INJUSTICE ? Songez à un père qui a des enfants biologiques et des enfants adoptifs. Lorsqu’il voit sa fiche familiale d’état civil, il n’y trouve pas tous ses enfants. Songez à l’enfant qui n’y figure pas. Comment le lui expliquer ? Notre pays s’honorerait de réparer une telle injustice. L’inscription de l’enfant adopté sur le livret de famille doit être très vite une réalité. Tous ceux qui peuvent y contribuer doivent le faire.

Aymen est mort. Je suis très triste car j’ai encore en mémoire son regard, parfois son sourire lorsqu’il croise le regard de sa berceuse ou le mien. Je sais que ses berceuses, tous ceux qui l’ont entouré, les bienfaiteurs qui insistaient pour donner afin d’améliorer son confort, alléger ses souffrances, je sais que tous le pleurent. C’était notre enfant à tous, nous qui le pleurons, peut-être puis-je dire qu’ainsi dans sa brève existence, il n’aura pas tout à fait eu le sort de l’abandon. Il était aimé. Adieu Aymen, on t’aimait.

Mourad Preure

 

Voici l’article que lui a consacré Ali Bahmane dans El Watan

www.elwatan.com le 10.11.10 | 03h00

C’est à Blida que le jeune Aymen a été enterré jeudi après une hospitalisation au CHU de la ville. Hydrocéphale de naissance, il n’a pu survivre que neuf années à sa grave maladie. Peut-être qu’il aurait pu être de ce monde plus longtemps si une prise en charge spécifique lui avait été offerte. Ce ne fut pas le cas. Un autre handicap a joué en sa défaveur : c’est un enfant abandonné. Il a été recueilli à sa naissance par la Direction de l’action sociale (DAS) de Tipasa qui n’a pu le placer que dans une pouponnière gérée par une association, l’Association algérienne enfance et familles d’accueil bénévoles (AAEFAB). Celle-ci lui a prodigué, ainsi qu’aux autres enfants lourdement handicapés présents dans ses locaux, attention et soins.

Mais au détriment de sa vocation (à l’image des pouponnières sous tutelle directe de l’Etat) qui est le social. Ces dernières ne sont pas équipées pour traiter et suivre les pathologies de ces enfants gravement atteints, nécessitant des traitements et des appareillages de pointe ainsi qu’un personnel hautement qualifié. Il est temps donc que Messieurs les ministres de la Santé et de la Solidarité nationale se penchent sur ce dramatique problème et s’attellent à créer un hôpital ou une structure spécialisée pour traiter les handicaps de cette catégorie d’enfants particulière, victimes innocentes d’une double tragédie : l’abandon par leurs parents et la maladie invalidante.

C’est un devoir, car ces enfants sont sous la responsabilité des pouvoirs publics. Il faut faire vite, car le handicap perturbe leur croissance, les empêche de guérir et les prive de la possibilité d’être placés dans une famille adoptive. En même temps, leur présence dans les pouponnières en perturbe le fonctionnement. Sollicité pour des tâches auxquelles il n’est pas outillé, le personnel est sous tension constante. C’est en redoublant d’efforts et de dévouement qu’il a pu éviter que la prise en charge des autres bébés abandonnés, ceux en bonne santé, n’en pâtisse.

Le travail des pouponnières est admirable, mais les moyens ne sont pas toujours au rendez-vous. Les dotations budgétaires des structures dépendantes du ministère de la Solidarité nationale ne sont pas à la hauteur et les ressources des structures associatives, dont celles de l’AAEFAB, sont extrêmement aléatoires, car tributaires essentiellement des dons des particuliers, des entreprises et des ONG internationales. Le soutien des wilayas gagnerait à être plus conséquent eu égard à la mission humanitaire que remplissent ces pouponnières. Elles ont sauvé des milliers d’enfants privés de famille en les accueillant en leur sein, en servant de lien avec les mères biologiques puis en plaçant les bébés non repris par leurs parents dans des familles adoptives.

Un Etat se juge par sa capacité à prendre en charge les catégories les plus vulnérables de sa population. 3000 nourrissons sont abandonnés chaque année. Il faut agir en amont pour prévenir ce phénomène alarmant et en aval pour que ces innocents soient bien soignés, nourris et préservés des carences affectives. Et enfin, pour qu’ils retrouvent la chaleur d’une famille, qu’elle soit d’origine ou adoptive.

Ali Bahmane

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Les inventions qui bouleverseront la vie quotidienne

Posté par mouradpreure le 24 octobre 2010

www.capital.f Le 20/10/2010 

Dans dix ans, l’électricité n’aura plus besoin de fil, et les ordinateurs seront commandés par la pensée, nous promettent déjà les labos de recherche, notamment français. 

Vingt et un ans qu’on attendait ça ! A Tours, un jeune diplômé des Beaux-Arts vient d’exaucer le rêve de tous les fans de «Retour vers le futur» : il a réussi à reproduire Hoverboard, le skate volant qu’enfourche l’acteur Michael Fox dans cette célèbre fiction de 1989. Conçue avec le concours de l’entreprise néerlandaise Crealev, la planche lévite grâce à des électroaimants. Bon, soyons honnêtes : si le skate reste en l’air, il ne peut pas, pour l’instant, se déplacer. Mais dans dix ans, sait-on jamais ?

Ecrans flexibles, ordinateurs commandés par la pensée, oreillette de traduction simultanée automatique… A égrener les folles innovations que nous concoctent les chercheurs pour la prochaine décennie, on en viendrait presque à croire que tout est possible. «Après les ères de l’agriculture, de l’industrie et des services, nous sommes en train d’entrer dans l’économie du quaternaire», s’enflamme Michèle Debonneuil, membre du Conseil d’analyse économique

En précisant que, avec la généralisation de l’Internet mobile et de la géolocalisation, l’individu, où qu’il soit, pourra faire venir à lui tous les biens et services dont il aura besoin. De fait, il suffira bientôt de pianoter sur votre téléphone portable pour qu’un petit véhicule vienne vous chercher et vous conduise où vous voulez.

Inutile de préciser qu’il sera sans chauffeur. «Sans», c’est l’autre mot-clé de toutes les avancées technologiques en gestation : paiement sans contact, supermarchés sans caisses et, mieux encore, électricité sans fil. En jouant sur les champs magnétiques, les blouses blanches du Massachusetts Institute of Technology ont en effet réussi à faire briller une ampoule de 60 watts depuis une source située à 2 mètres.

Une révolution qui permettra de résoudre le problème des batteries de téléphone, pour lesquelles les progrès sont très lents. Et de fixer son téléviseur au mur sans que de gros câbles pendent au-dessous. Premier à tirer, Haier, le géant chinois de l’électroménager, a présenté en janvier un prototype de télé sans fil. On peut lui faire confiance : depuis 2008, il commercialise des machines à laver sans lessive. Sauf que, à la demande des clients, il a dû rajouter des billes pour en reproduire l’odeur… Tout le monde n’est pas encore prêt pour 2020.

Gilles Tanguy.

Demain, les fenêtres ressembleront à un gros iPhone. Sur simple pression du doigt, elles afficheront la météo et les dernières infos. Et plus besoin de rideaux ni de volets : en un instant, la fenêtre passera de l’état opaque pour la nuit à un état laiteux pour illuminer la chambre. Les ingénieurs de Quantum Glass, une filiale de Saint-Gobain, planchent très sérieusement sur ces pistes.

Adieu nœuds, rallonges, cordons ! En 2020, une bonne partie des équipements de la maison pourrait fonctionner sans le moindre câble électrique. Il suffira d’installer une antenne émettrice branchée sur une prise classique et des récepteurs sur chaque objet. Le MIT travaille sur cette technologie.

Le téléphone du futur n’aura pas grand-chose à voir avec nos mobiles actuels. Il épousera le contour de la peau grâce à ses matériaux flexibles et transparents, sera autonome grâce à ses capteurs solaires et même autonettoyant. Les chercheurs de Nokia, qui se sont fixé ces objectifs, espèrent bien les atteindre avant 2020.

Les chauffeurs de taxi ont du mouron à se faire. En 2020, de petits véhicules électriques sans pilote seront capables d’aller chercher le client à son domicile et de le conduire où il veut grâce au GPS. L’Institut national de recherche en informatique et automatique testera dès septembre trois voitures de ce type à La Rochelle.

Les chercheurs du labo d’Intel, à Pittsburgh (Pennsylvanie), l’ont promis : en 2020, on pourra jeter clavier et souris à la poubelle. A chaque mot ou image pensés correspond en effet une variation spécifique des flux sanguins du cerveau. Ces blouses blanches ­projettent donc d’implanter des capteurs sous la peau pour les analyser et les convertir en texte ou en ordres. Attention aux mauvaises idées…

Dans dix ans, l’iPad passera pour une antiquité. C’est en effet sur un support électronique flexible comme du papier que l’on pourra lire son magazine préféré. En pointe sur le sujet, le groupe audiovisuel japonais NHK peaufine un écran Oled de ce type…

Plus besoin d’interprètes ! Demain, tout bon négociateur disposera d’une prothèse reliée à un smartphone, qui reconnaîtra les mots de son interlocuteur, les traduira et les resynthétisera dans sa propre langue. Phonak, le fabricant suisse de Sonotone travaille dans cette direction.

Fini, la causette avec la caissière. En 2020, celle-ci aura disparu des hypers au profit de bornes quasi invisibles qui scanneront votre chariot en une fraction de seconde grâce aux étiquettes RFID collées sur chaque article. Et débiteront votre Carte bleue sans que vous ayez à la sortir. Les Français de Tagsys planchent sur ces technologies.

Pourquoi éclairer une rue déserte ? Dans une dizaine d’années, les lampadaires ne s’allumeront qu’à l’approche du piéton. Mieux  : les ampoules fonctionneront avec l’énergie produite par les pas de ce dernier, captée par des trottoirs intelligents. La ville de Toulouse testera cette technologie à l’automne.

Tous les fans d’Alonso en ont rêvé : le téléspectateur de demain pourra vivre un Grand Prix comme un vrai pilote. Depuis son canapé, il cliquera sur la voiture de son choix et accédera à tout le tableau de bord du conducteur : température de l’habitacle, jauge d’essence, vitesse… Apple, qui veut s’implanter dans l’univers de la télé, a déposé l’an dernier un brevet sur cette innovation.

GT

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

« PowerPoint, c’est du cinéma »

Posté par mouradpreure le 17 octobre 2010

LE MONDE MAGAZINE | 17.10.10

 

AFP/TIM CLARY

Frank Frommer rappelle que c’est avec un exposé PowerPoint que l’ex-secrétaire d’Etat américain à la défense Colin Powell « avait tenté de démontrer, aux Nations unies, l’existence d’armes de destruction massive en Irak ».

Que le cadre sup’ qui ne s’est jamais assoupi, après déjeuner, dans l’ambiance tamisée d’une réunion PowerPoint, qui ne s’est jamais arraché les cheveux à résumer une année de travail en dix slides (diapositives) et cinquante bullet points (points forts), jette le premier rétroprojecteur à Franck Frommer.

Ce quinquagénaire, ex-journaliste amoureux de la langue française, est tombé dans la communication d’entreprise il y a une vingtaine d’années, au sein d’un grand groupe financier international. Il y a découvert l’outil dont on ne saurait se passer sous peine de déchoir de son statut de salarié modèle : PowerPoint, le logiciel Microsoft de présentation visuelle destiné à accompagner les exposés oraux.

Il a constaté son omniprésence. Et sa vacuité, à l’en croire. Le formatage par le bas de la pensée auquel il contribue. Le patron des éditions La Découverte, lui-même tenu d’assister à son lot de présentations PowerPoint, lui a suggéré d’en faire un livre, paru le 7 octobre, La Pensée PowerPoint. Enquête sur ce logiciel qui rend stupide. Entretien.

Pourquoi un livre sur PowerPoint, ce simple logiciel qui a permis de rendre accessible à tous la présentation graphique, et dont chacun peut faire l’usage qu’il entend ?

J’ai d’abord été frappé par son hégémonie. Ce logiciel de présentation assistée par ordinateur, qui mêle textes courts, graphiques, son, images, vidéos, est utilisé par 500 millions de personnes dans le monde, au bas mot. C’est énorme. Un quasi-monopole. Dans l’entreprise, on ne peut plus avoir de relation de travail, à un certain niveau de responsabilités, sans savoir utiliser PowerPoint (Ppt).

Dès qu’on doit discuter ou vendre un projet, répondre à un appel d’offres, prendre une décision ou échanger avec les collègues dans l’entreprise, les partenaires, les fournisseurs, les clients, les consultants à l’extérieur, on utilise ce logiciel. Ce qui pourrait n’être qu’une simple note de deux ou trois pages se transforme en Ppt. On vous dit : « Un PowerPoint devrait suffire… »

En réunion Ppt, les salariés corrigent d’autres Ppt sur leur ordinateur portable ! Il est devenu impensable de réunir trois personnes sans Ppt. Sinon, c’est une réunion pour rien, ça ne fait pas sérieux. D’ailleurs, maintenant, pour décliner une invitation à une réunion, on dit : « Vous m’enverrez les slides«  (diapositives projetées).

Dans les années 1980-1990, on était dans une culture Word, le logiciel de traitement de textes de Microsoft. Aujourd’hui, on a basculé dans PowerPoint. On est passé du texte écrit, construit, articulé, à une exhibition plus esthétique. Comme souvent les cadres dirigeants ne savent pas, ou n’ont pas le temps. Ils ont des petites mains, celles qui auparavant rédigeaient les discours et qui, désormais, sont valorisées voire promues simplement parce qu’elles maîtrisent la réalisation de Ppt. Et entre deux réunions, on reçoit dans notre boîte électronique des Ppt comiques ! C’est devenu un moyen universel de communication avec ses codes, sa grammaire, sa rhétorique.

Comment ce logiciel, créé à la fin des années 1980 aux Etats-Unis, s’est-il imposé à ce point ?

D’abord, c’est un logiciel ingénieux et particulièrement ludique, qui permet de produire des présentations multimédias de façon simple et rapide. On peut intégrer des images, des photos, des sons, des diagrammes, des vidéos, des liens Internet et même des transitions rigolotes, avec une voiture de course, par exemple, qui transporte le texte par en haut ou par en bas, dans un bruit pétaradant.

D’ailleurs, certains abusent tellement de toutes ces possibilités visuelles que c’en devient illisible. Sur le Web circulent des recueils d’animations risibles. Surtout, PowerPoint est arrivé sur le marché, au début des années 1990, alors que les entreprises fonctionnaient moins de façon hiérarchisée, cloisonnée, et que s’imposait le management par projet.

On travaille désormais de manière transversale, en collaboration, et le salarié doit se montrer créatif. La réunion, autrefois occasionnelle, est devenue une pratique quotidienne. Or, quand vous faites parler les gens de différents secteurs et niveaux hiérarchiques, il vous faut des supports de communication communs, un langage universel.

Tout cela est allé de pair avec la prolifération des consultants. Ils arrivent à deux ou trois, avec leur mallette magique de projection PowerPoint, pour vendre leurs préconisations stratégiques. PowerPoint est leur outil de travail, la slide leur mode de communication principal et, de plus en plus, même le produit vendu au client est fabriqué dès le départ sous forme de présentation.

Vous évoquez aussi des facteurs sociologiques ayant concouru au succès de ce logiciel…

PowerPoint témoigne d’une évolution de notre société. Il a l’avantage de la rapidité, il va même jusqu’à un certain simplisme. Et il coûte peu. Autant de qualités demandées aux néomanagers de l’entreprise du XXIe siècle.

Il témoigne aussi de l’injonction, dans notre époque si narcissique, à communiquer, à nous mettre en scène. C’est une exhibition de soi destinée à « se vendre », à se valoriser auprès des autres, à rendre visible son activité. Comme le salarié est en situation de danger permanent dans l’entreprise, il doit toujours démontrer qu’il est dans le mouvement. Il y a les gens qui « se lâchent » en réunion Ppt, qui jouent le jeu à fond. Et ceux qui n’y arrivent pas sont jugés peu adaptés, à la limite de l’employabilité…

Et puis nous sommes dans une société du contrôle perpétuel. Au sein de l’entreprise, tout doit être validé par un supérieur, c’est souvent à cela que servent les réunions Ppt. Sinon, on prend le risque d’être tenu pour responsable…

Aux Etats-Unis, une critique de PowerPoint a émergé il y a quelques années déjà. De qui émanait-elle ?

En 2001, le New Yorker a consacré un article (« Comment un logiciel édicte nos pensées ») à l’omniprésence de Ppt dans des secteurs comme l’école ou l’armée, racontant que certains patrons préfèrent en interdire l’usage. « PowerPoint, y lisait-on, est étrangement habile à dissimuler la fragilité d’une proposition, la vacuité d’un business plan, devant un public toujours respectueux ; grâce à la distraction visuelle, l’orateur peut rapidement occulter toutes les failles ridicules de son argumentation. »

Puis, en 2006, un expert en communication graphique, Edward Tufte, a écrit un livre (The Cognitive Style of PowerPoint, Graphics Press), qui démontrait comment les mécanismes graphiques et discursifs Ppt avaient fait passer les ingénieurs de la Nasa à côté d’informations essentielles qui auraient dû les alerter et éviter l’explosion de la navette Columbia. La commission d’enquête a d’ailleurs dénoncé l’utilisation de Ppt par la Nasa, son inadaptation au traitement de telles informations.

On ne peut pas évoquer des sujets très précis, scientifiques, articulés, avec Ppt. C’est du cinéma. La transformation de la parole en un spectacle où la raison n’a plus cours.

L’armée américaine utilise-t-elle beaucoup ce logiciel ?

C’est avec un exposé PowerPoint que l’ex-secrétaire d’Etat américain à la défense Colin Powell avait tenté de démontrer, aux Nations unies, l’existence d’armes de destruction massive en Irak, en s’appuyant sur tous les artifices offerts par le logiciel. Il a « vendu » sa guerre en Irak, avec force images floues, scénographie, et textes assertifs…

En avril, un général des marines, James Mattis, a lancé un cri d’alarme : « PowerPoint nous rend stupides ! » L’activité de nombreux militaires aujourd’hui consiste à fabriquer des diaporamas. Les plans d’attaque sont des slides. L’avenir de l’Afghanistan est un schéma illisible, une sorte de plat de spaghettis dont le New York Times s’est moqué. « Quand nous aurons compris cette slide, nous aurons gagné la guerre ! », s’est écrié celui qui dirigeait les forces américaines en Afghanistan, le général McChrystal, qui a même accusé Ppt d’être devenu le principal ennemi de l’armée des Etats-Unis.

Car il peut créer l’illusion de la compréhension et du contrôle. Or, certains problèmes du monde ne sont pas « bulletisables ». Les listes de points forts ne tiennent pas compte des relations complexes entre forces politiques, économiques, ethniques. Elles étouffent la discussion, la prise de décision raisonnée.

D’ailleurs, les militaires reconnaissent que l’un des intérêts de Ppt est de ne pas vraiment fournir d’informations lors des conférences de presse… Il est sûr qu’on peut trafiquer comme on veut les graphiques, en jouant sur les échelles. PowerPoint est aussi très utilisé pour présenter les résultats financiers. Les mauvais chiffres ne sautent plus aux yeux.

Pourquoi PowerPoint rendrait-il stupide ?

Pour faire entrer ce que l’on veut dire dans le cadre très contraignant de la dizaine de maquettes proposées, il faut couper, recouper les phrases, éliminer tous les liens logiques. Bon nombre d’ingénieurs, de managers, de financiers se plaignent de passer des heures à « faire de la slide«  plutôt que de se consacrer à leur activité de base. A trouver des titres courts, des listes qui permettront de tout dire sur une seule slide, des astuces, des jeux de mots, une bonne image pour illustrer, à faire attention à la reproduction du logo de l’entreprise…

Bref, à être sur la forme, en superficie, davantage que sur le fond. A mobiliser un système de connaissances tout à fait différent de celui qu’ils mobiliseraient pour rédiger une note. Il faut séduire, capter. On est dans une dynamique de vente.

Paradoxalement, le prétendu support privilégié de la nouvelle idéologie de la créativité dans l’entreprise produit des formes très directives et appauvrissantes d’organisation de la pensée. Il faut aller à l’essentiel, afficher des points forts, valoriser des concepts-clés, promouvoir l’action.

Evidemment, tout cela n’est censé tenir lieu que de « prompteur » d’une prestation orale. Sauf que tout le monde n’est pas Steve Jobs. Certains se contentent de lire ligne à ligne ! De plus, le Ppt est souvent le document de référence, celui qui restera.

Vous parlez de rhétorique des petits points.

Chaque slide doit avoir un titre court, comme un slogan publicitaire, pioché dans quelques dizaines de mots de la novlangue économico-financière. Cela donne des libellés elliptiques, des formules passe-partout, d’une grande pauvreté sémantique (« Des fondamentaux solides », « Un environnement tendu »…). On abuse des verbes à l’infinitif (« rationaliser », « déployer »…) à forte puissance d’injonction…

Puis suivent des listes de points forts, les fameux bullet points, sans lien de causalité entre elles. On raisonne par menu. Notre pensée est comme une liste de commandes, une arborescence de programme d’ordinateur. Sans chaîne signifiante. Ni pensée continue.

Les réunions PowerPoint ne créent-elles pas les conditions d’un échange ?

Non. On donne à voir, c’est tout. Dans le noir, tout le monde regarde l’écran lumineux, ces slides projetées en gros qui s’imposent d’elles-mêmes, interdisant toute discussion sur la véracité des informations qu’elles présentent. L’animateur parle à l’écran, sans toujours regarder son public. Il a toute autorité puisque c’est lui qui maîtrise l’apparition, la disparition des slides.

Aux Etats-Unis, on dit que les présentations Ppt sont les « somnifères des organisations ». Ces présentations anéantissent les capacités de réaction du public, qui est comme hypnotisé. C’est d’ailleurs pour cela que les formateurs détestent Ppt. Il empêche les allers-retours, les digressions, les contradictions, tout ce qui constitue le travail de la pensée. On est tenu par le temps de présentation (dix slides, vingt minutes, selon la règle d’or) et par l’impossibilité de revenir en arrière – cela ne ferait pas sérieux. On n’est plus dans une logique de la relation mais dans celle de la transaction.

Dans quelles sphères d’activité estimez-vous que PowerPoint peut s’avérer dangereux ?

Dans certains domaines, écarter le rationnel, anesthésier l’esprit critique, la capacité à raisonner, peut s’avérer dangereux. PowerPoint, qui est même utilisé dans les tribunaux aux Etats-Unis, est en train de contaminer le secteur public en France. A l’heure de la révision générale des politiques publiques et de la rigueur budgétaire, l’Etat s’empare de cet outil de management issu de l’entreprise. L’activité des services publics peut-elle se résumer à coups de bullet points ? Des consultants travaillent à réformer les hôpitaux avec ces méthodes.

A l’université, on commence à diffuser des slides plutôt que des polycopiés. Dans les écoles de commerce, de gestion, de communication, les étudiants ne sont plus évalués sur leur capacité à « problématiser » mais à produire des slides et les défendre.

Dans la gestion des ressources humaines, PowerPoint sert à noyer le poisson quand on présente les restructurations à venir, les rapports d’expertise sur les plans sociaux. PowerPoint crée une certaine irréalité, met à distance, concourt à une certaine analphabétisation. Gare à la « powerpointisation » des esprits !

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Le dernier HIC …

Posté par mouradpreure le 13 octobre 2010

Le dernier HIC ... dans SOCIETE 20101013

El Watan -  13 octobre 2010

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Le prix Nobel d’économie Maurice Allais est mort

Posté par mouradpreure le 13 octobre 2010

LE FIGARO Par Arnaud Rodier 10/10/2010 

Le prix Nobel d'économie Maurice Allais est mort dans ECONOMIE MONDIALE a79250c2-d49d-11df-bf29-c3f4b6c4eef2

Maurice Allais est couronné prix Nobel d’économie en 1988 pour ses contributions à la théorie des marchés et de l’utilisation des ressources. Crédits photo: Sipa 

Maurice Allais, le seul citoyen français a avoir reçu le prix Nobel d’économie est mort samedi après-midi à son domicile de Saint-Cloud. Il avait 99 ans et demi. Un hommage lui sera rendu ce lundi ou mardi par le gouvernement. Il devrait être enterré aux Invalides samedi 16 octobre.

Né le 31 mai 1911 à Paris, ce fils de commerçants, dont le père avait disparu très tôt en captivité lors de la Première Guerre mondiale, avait été élevé par sa mère dans des conditions qu’il avouait lui-même difficiles. Brillant élève au lycée Lakanal de Sceaux, puis au lycée Louis-le-Grand, il est surtout fasciné par l’histoire.

Ce sont ses professeurs qui l’orienteront sur une autre voie, vers l’École polytechnique, où il entre en 1931 et dont il sort «major» en 1933 avant de choisir le corps des Mines. Élève de l’École des mines de 1934 à 1936, il lui sera d’ailleurs fidèle toute sa vie, comme professeur jusqu’à sa retraite en mai 1981, puis en continuant d’y mener des recherches et y donner des cours de longues années après.

Choqué par la Grande Dépression américaine

En fait, rien ne prédisposait a priori Maurice Allais à se tourner vers les sciences économiques. Ses premiers travaux l’orientent au contraire vers les sciences du concret et les expériences de physique fondamentale, sur lesquelles il publiera d’ailleurs de nombreux ouvrages, notamment sur les oscillations pendulaires et les lois de la gravitation. Tout au long de sa vie, il restera passionné par cette science, alors même que ce sont ses théories économiques qui lui vaudront de recevoir la récompense suprême.

La petite histoire veut que sa rencontre avec l’économie coïncide avec son premier voyage aux États-Unis, pendant l’été 1933, en plein milieu de la Grande Dépression. Il est choqué par les conséquences sociales désastreuses qu’elle provoque et par le fait que personne n’en comprenne véritablement l’origine. C’est cette ignorance qui le poussera à vouloir l’analyser pour tenter d’en démonter les mécanismes et éviter qu’une telle crise puisse se reproduire ailleurs dans le monde. Les troubles de 1936 en France le conforteront tout naturellement dans cette démarche.

En France, c’est en 1988 que le grand public découvre Maurice Allais, couronné prix Nobel d’économie, le seul Français, encore jusqu’à aujourd’hui, à avoir décroché cette distinction. Lors de la remise de son épée d’académicien, en octobre 1993, il rappellera d’ailleurs que deux dates ont jalonné sa vie : «1943, année de la publication de mon premier ouvrage, A la recherche d’une discipline économique, l’économie pure, qui a décidé de toute ma carrière, et dont la date est gravée sur le talon de la garde de mon épée; et 1988, année où j’ai reçu le prix Nobel de sciences économiques, qui a consacré mon œuvre, et qui est rappelé par la lettre “N” gravée sur la garde de mon épée». Ironie de l’histoire, cinq ans plus tôt, en 1983, un autre Français, Gérard Debreu, qui avait été élève en économie de Maurice Allais, avait obtenu aussi ce prix Nobel. Mais, naturalisé américain, celui-ci a toujours été considéré comme un Nobel d’outre-Atlantique.

«Libéral socialiste»

Maurice Allais n’a pas toujours été bien compris, loin s’en faut. «Beaucoup de lecteurs le considèrent comme un champion du protectionnisme», ce qui est un «jugement profondément inexact», soulignait, lors de la même cérémonie, l’enseignant et chercheur Thierry de Montbrial. Mais il est vrai qu’à force de vouloir que l’union politique précède l’union économique, Maurice Allais s’était affirmé comme un farouche défenseur d’une Communauté européenne d’abord soucieuse d’assurer sa propre sécurité économique, ce qui l’avait fait passer pour celui qui voulait bâtir une forteresse autour de l’Europe.

Auteur de plus d’une centaine d’ouvrages, Maurice Allais qui avait été fait grand-croix de la Légion d’honneur cette année, se définissait lui-même comme un «libéral socialiste». C’est, expliquait-il cette position qui lui faisait souhaiter par exemple, pour éviter une destruction de l’agriculture et de l’industrie françaises, le rétablissement de préférences régionales au sein du commerce international dès lors que les écarts de salaires devenaient trop importants. Collaborant dans de nombreux journaux, à commencer par Le Figaro, il rappelait ainsi l’an dernier dans le magazine Marianne, qu’un «protectionnisme raisonné entre des pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire». L’annonce de sa mort survient alors que ce lundi l’académie Nobel doit dévoiler le nom du nouveau lauréat au titre de l’économie.

Publié dans ECONOMIE MONDIALE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Grâce au numérique, nous redeviendrons compétitifs. Innover dans un monde globalement numérique, massivement interconnecté.

Posté par mouradpreure le 24 septembre 2010

slate.frn – Vendredi 24 septembre 2010   

 Grâce au numérique, nous redeviendrons compétitifs. Innover dans un monde globalement numérique, massivement interconnecté. dans ECONOMIE MONDIALE usb-brique

Rien ne nous empêche de sortir de la crise par le haut, de s’appuyer sur elle pour faire de l’Europe un continent réussissant une forte croissance qualitative fondée sur un effort soutenu d’innovation globale, technique, organisationnelle, exemplaire pour beaucoup de pays. Rien ne nous en empêche. Ni la dette, ni les manques de ressources financières ou naturelles. Rien sauf l’emprise d’idées fausses et la domination d’éthiques incompatibles avec un développement durable, au sens littéral du terme, dans un monde fini. A moins de se contenter de la durabilité, au sens des sangsues et des mafias «raisonnables», qui limitent leurs exactions pour que survivent –médiocrement– des victimes et des territoires à exploiter… La France et l’Europe peuvent construire rapidement la Renaissance du XXIe siècle si elles surmontent des obstacles d’ordre purement immatériel, qui concernent nos visions, nos valeurs et notre volonté. 

La construction de la valeur 

Il ne servirait à rien de déplorer tant d’aveuglements, de courses folles vers l’abîme, sans agir en conséquence. L’ardente obligation est désormais de rompre avec le passé pour construire l’avenir que nous voulons. Nous devons pour cela exploiter l’apport des progrès techniques et notamment des technologies numériques, dans un monde devenu massivement interconnecté, ce qui influence directement la production de valeur. Encore faut-il combattre une vision à la fois mécaniste et uniquement monétaire. La valeur financière, humaine, est toujours le fruit d’interactions pertinentes, entre des objets, des idées, des personnes, des entreprises, des organisations… Une organisation peut être représentée comme un ensemble de flux [1] d’interactions entre acteurs internes et entre l’organisation et ses parties prenantes externes. Il faut donc raisonner en flux et non en stocks, ce qui signifie en particulier que l’entreprise ne possède pas ses salariés, ses fournisseurs, ses clients. Elle entretient avec eux des interactions et sa valeur découle de sa capacité à valoriser ces différents flux pour créer notamment plus de ressource financière qu’elle n’en consomme. Une organisation ne peut vivre durablement que si elle est perçue comme créant suffisamment de valeur non seulement par le capital mais aussi par les clients actuels et potentiels, son personnel, ses fournisseurs et la société dans laquelle elle se trouve. Sinon les conditions d’une viabilité durable ne sont pas remplies. Dans cette optique, il n’y a de valeur que perçue par le «client». Les coûts sont objectifs, la valeur est subjective; si mon client potentiel n’apprécie pas ce que je fais pour lui, je dépense des ressources sans créer aucune valeur tangible. 

L’impact des coûts de transaction 

Dans toute relation marchande, la création de valeur résulte d’une interaction réussie entre une offre effective et une demande potentielle. L’interaction ne débouche sur une transaction et donc sur une création de valeur pour les parties que si trois conditions sont remplies. Il faut qu’il y ait: 

  • communication (je n’achète un produit ou service que si je sais qu’il existe), 

  • confiance (j’achète l’espoir d’être satisfait) 

  • émotion car toute décision comporte une dimension affective.[2] 

La construction d’une communication effective de qualité, chargée de confiance et d’émotion à un niveau «suffisant» implique des efforts et donc des coûts notamment financiers. Ceci conduit à souligner l’importance de la notion de coûts de transaction qui a valu le prix Nobel d’économie à Ronald Coase et l’année dernière à son ancien étudiant, Oliver Eaton Williamson. Rappelons que Ronald Coase a expliqué que l’existence des firmes se justifiait par le fait qu’un certain nombre d’opérations étaient moins coûteuses en interne. Trop petite, l’entreprise n’est pas viable car elle est obligée de dépenser trop pour se procurer sur le marché ce qu’elle ne peut faire elle-même. Au-dessus d’une certaine taille, les frais de structure grèvent les opérations menées en interne.

Les technologies numériques (informatique et télécommunications fixes et mobiles comprises) et la diffusion d’Internet fixe et mobile ont une conséquence évidente: les communications, les coopérations sont beaucoup plus rapides, aisées et économiques. Les coûts de transactions en particulier s’effondrent. On considère qu’une opération bancaire qui revient à un euro en agence et 0,7 euro par téléphone ne coûte plus que 0,1 euro si l’on exploite Internet. La taille minimale des entreprises se trouve donc en principe réduite, puisque l’on peut faire effectuer plus d’opérations en extérieur sans surcoût, rechercher dans une zone géographique à la limite planétaire ses fournisseurs, partenaires et clients, même si dans certains cas une collaboration de qualité exige toujours le face-à-face. On peut donc être plus petit et aussi efficace et la création d’une entreprise pour exploiter une idée, une compétence, réclame moins de capitaux puisque l’on peut s’appuyer sur un réseau de compétences extérieures. Les zones de chalandise et de collaboration s’étendent. 

L’ère des effets boule de neige 

Le monde, devenu incompréhensible sans un mode de pensée systémique, est plus que jamais soumis aux phénomènes caractéristiques des réseaux. Ces derniers ont et ont toujours eu des propriétés particulières d’amplification: de petites causes peuvent avoir des conséquences énormes. C’est l’effet du bouche à oreille, de la rumeur qui enfle par un effet boule de neige, Le numérique accélère ces effets dans des proportions qui peuvent être très brutales comme le montrent les crises boursières. Selon qui exploite le mieux la nouvelle donne numérique, ses conséquences peuvent aussi bien favoriser les grandes organisations centralisées ou les petits acteurs.

Le marché prétendument roi était faussé jusqu’à présent par une offre toute puissante face à un consommateur très peu informé, facilement abusé. Les travaux [3] sur l’influence de l’asymétrie d’information qui assure la domination de l’offre sur la demande l’ont bien montré. Les coûts de transaction, dont font partie les efforts de documentation, contribuent à cette dissymétrie d’information. Les énormes dépenses en publicité et communication consenties par un Microsoft et un Intel pour convaincre le public de la supériorité du système Windows-Intel sur les solutions concurrentes en sont l’illustration. Or le citoyen consommateur n’est potentiellement plus seul face aux institutions, administrations, entreprises, employeurs, spécialistes de tous les domaines. Il a de plus en plus de facilités à se documenter, Wikipedia en main, à profiter de l’expérience de millions d’autres personnes.

Ma maison, mon bureau, sont là où je suis 

La multiplication des moyens de connexion transforme les relations entre lieux, moments de la journée et nature des activités. Il y a encore dix ans, en Europe et aux Etats-Unis, on pouvait affirmer en risquant peu d’erreur, qu’une personne à son domicile s’adonnait à des tâches ou des plaisirs domestiques, que sur les lieux de travail et pendant les heures ouvrées elle gérait sa vie professionnelle, et que, dans les transports, elle s’efforçait de tuer le temps. Avec l’explosion du téléphone portable puis de l’Internet accessible en situation de mobilité, tout cela n’est plus vrai. Se construit une société où chacun peut, s’il le veut, demeurer connecté à ses différentes sphères, domestique, familiale, professionnelle, sociale, à tout moment, où qu’il soit, quel que soit le terminal dont il dispose, ordinateur ou téléphones fixe ou portable, console de jeux, ou autre. Le correspondant que nous joignons peut se trouver dans un transport et travailler ou gérer sa vie privée à distance, il est peut-être dans un centre commercial, en train de régler des problèmes domestiques ou professionnels tout en comparant sur son terminal l’offre d’un magasin à celle d’autres enseignes physiques ou en ligne.

Le développement de l’Internet mobile à haut débit par la téléphonie, par les techniques sans fil venues du monde informatique, Wi-Fi, WiMax, font que l’on commence à pouvoir entamer chez soi une communication ou un travail en ligne sur un terminal fixe ou, souvent, mobile, et continuer, sur son téléphone «intelligent» ou d’autres terminaux portables, dans la rue, les lieux de travail où l’on remarque que déjà de plus en plus de cadres utilisent sur un ordinateur portables qui les accompagnera quand ils rentreront chez eux ou iront voir un client. Nous sommes rentrés dans l’ère de l’Atawad, «any time, any where, any devices» (tout le temps, n’importe où, quel que soit l’outil).

Ne pas automatiser le passé 

Le contre-sens majeur serait d’exploiter le progrès technique pour poursuivre cette course aveugle à la productivité à court terme et à tout prix qui a tué, selon Henry Mintzberg, l’esprit d’entreprise américain [PDF]. Automatiser le passé, comme on l’a pratiqué souvent, conduit à détruire de la valeur en répétant l’histoire du poinçonneur des Lilas: une économie sur le moment payée par un coût financier et social élevé des années durant. Si l’on utilise les techniques numériques pour faire la chasse aux personnels humains, on arrive à des situations absurdes. Des opérateurs téléphoniques utilisent les télécommunications pour faire travailler dans des pays lointains à bas salaire des personnels mal formés en soutien technique de clients forcément peu satisfaits des services médiocres obtenus ainsi. Dans un contexte de concurrence mondiale, de telles situations risquent de se payer cher. 

Une obsession: de meilleures synergies 

Le premier champ d’exploitation des techniques numériques est interne, il s’agit de l’organisation elle-même, qu’elle soit une entreprise ou une administration, ou un territoire. Si l’intelligence collective n’est pas la somme des talents individuels mais la résultante de la qualité des interactions entre talents et projets personnels,[4] les techniques collaboratives de travail en réseau, de capitalisation et de mutualisation d’expériences, y compris ratées, constituent une ressource précieuse.

L’innovation n’est pas l’apanage des chercheurs, ni même des ingénieurs, une société comme Michelin, chez qui un employé sur trois a proposé en 2008 au moins une idée innovante dont la moitié ont été appliquée, permet de mesurer l’immense réservoir de créativité négligé par tant de grands groupes. Naturellement, si l’on ne demande aux gens que des idées pour renforcer la productivité afin de pouvoir les licencier, la source tarit vite. Si l’entreprise a une volonté d’expansion, elle est capable de mobiliser la créativité et l’expérience de terrain pour renforcer, étendre son offre, dans une stratégie de croissance solidaire.

La construction d’écosystèmes 

Il est temps en effet de transformer le slogan du client censé se trouver au centre des préoccupations de l’entreprise en réel levier du développement. Exploiter les techniques numériques dans ce but signifie s’efforcer d’écouter les clients actuels ou potentiels, de déceler leurs attentes latentes et traduire celles-ci en produits ou services. Le vrai métier de toute entreprise doit se définir par cette capacité de détection et de traduction. Si l’on renonce au superbe mépris du client à qui un bon commerçant doit pouvoir fourguer n’importe quoi, on devient capable de tirer profit de l’Internet, outil typiquement interactif, pour faire s’exprimer le marché. Celui-ci, étant donné la force des aspirations individualistes, va réclamer de plus en plus du sur mesure, des produits et services conformes aux valeurs, aux concepts de chacun. Or les technologies informatisées rendent possible le sur mesure de masse dans des conditions économiques que seules la production en séries monotones permettait d’atteindre à l’époque de la mécanisation taylorienne.

Le numérique permet de pratiquer un marketing en temps réel en observant, par exemple, des groupes de clients témoins comparant sur des blogs leurs expériences respectives d’outils confiés en test. Des sites proposent aux internautes de co-créer, de voter pour tel créateur, voir d’investir des sommes modiques pour lancer le musicien qui rassemble le plus de suffrages. Pour les entrepreneurs au regard positif, le client devient une ressource de créativité et d’expérience. Ce client, comme nous l’avons vu, n’est plus seul, il s’appuie sur l’avis de ses proches, il peut profiter sur son portable de l’expérience de milliers d’autres consommateurs. L’entreprise a intérêt à tenir compte de cela. Elle peut, comme nombre de vieux champions accoutumés à imposer leur offre, user de sa puissance pour tenter des passages en force par les matraquages publicitaires et les pressions. Une innovation économique consiste au contraire à coopérer avec son client. Le modèle économique le plus prometteur est sans doute résumé par la formule «vendre avant de produire». C’est ce qui dans les années 1994-2000 a permis à Dell sa foudroyante ascension, le chiffre d’affaire passant de 2,9 milliards de dollars à 25,3 milliards. En même temps les stocks, d’un mois chez les concurrents, fondaient à 3 jours. Dell enregistrait les commandes de chaque client, partageait cette information avec ses fournisseurs dont plusieurs étaient également ses concurrents.

Le poids des clients finaux 

Un point essentiel, c’est que le client final, le grand public, n’est plus seul car il est constamment connecté et peut en permanence se documenter, se faire conseiller. Il devient possible de contacter le prospect à tout moment, de construire un lien quotidien avec lui, ce qui constitue une source potentielle majeure de revenus. C’est ainsi que Nestlé a créé un site donnant des conseils sans aucune offre marchande pendant neuf mois aux futures mamans. Dans ce contexte de connexion continue sans rupture entre des positions fixes (maison, bureau), mobiles (marche, conduite, transports…), nomades (fixe ou mobile mais temporaire) les marchés deviennent poreux et les risques de désintermédiations sont nombreux.

Chacun aura les moyens de joindre et d’agir sur sa maison, son lieu de travail, son véhicule y compris lorsqu’il ne sera pas dans ces trois espaces physiques. Cela signifie que les zones et moments de chalandise s’interpénètrent comme les temps de vie et que les acteurs de la maison, de la gestion de l’énergie, de la sécurité, des transports, de la distribution, entrent en concurrence pour de nouveaux métiers correspondant à l’orchestration de la vie quotidienne. Le client achètera de plus en plus de la tranquillité, de la sécurité, des moments de temps à valeur ajoutée. Ce que Mondial Assistance fournit aux assurés, le dépannage, le secours en cas d’événement imprévu, des acteurs vont l’offrir pour faciliter le cours normal de la vie quotidienne. Ces acteurs pourront aussi résulter d’alliances bien comprises entre métiers complémentaires dans la logique du client; un électricien avec un transporteur, un banquier, un assureur, un épicier… les acteurs gagnants seront ceux qui sauront le mieux se mettre dans la situation et la logique du client. Ils créeront de la croissance car ils sauront proposer les prestations que ce client est prêt à payer. Et il est si coûteux d’établir un lien avec le client qu’il faut exploiter le contact de deux façons.

D’autre part, le plus rentable à terme est de fidéliser pour transformer la vente occasionnelle en revenu récurent durable, et si l’on incorpore dans la relation assez de confiance et d’émotion, le client deviendra un efficace propagandiste, ce qui, avec le bouche-à-oreille d’Internet, peut avoir des conséquences considérables. Ce principe peut s’appliquer à des domaines allant jusqu’au tourisme culturel.[5] 

André-Yves Portnoff et Xavier Dalloz 

Photo: Brick Poster Close / USB via Flicker CC License by 



[1] André-Yves Portnoff avec Véronique Lamblin, La valeur réelle des organisations, Futuribles n° 288, juillet-août 2003, pp. 43-62. 

[2] Antonio R. Damasio, L’Erreur de Descartes : la raison des émotions, Odile Jacob, Paris, 1995, 368 p. 

[3] Le prix Nobel d’économie 2001 a été attribué à George A. Akerlof, Michael A. Spence et Joseph E. Stiglitz «pour leur travaux sur les marchés avec asymétrie d’information ». 

[4] PORTNOFF André-Yves, Le Pari de l’intelligence-Betting on Intelligence, Col. Bilingue Perspectives Futuribles. 2004 Paris. [PDF

[5] X;Dalloz, A-Y Portnoff, J-F Susbielle, Visite culturelle et TIC, Le numérique au service de la visite touristique et culturelle. Atout France, 2009. 

Publié dans ECONOMIE MONDIALE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Chawki Amari, son dernier billet: « L’APC de Mekka »

Posté par mouradpreure le 21 septembre 2010

El Watan – le 21.09.10

Il y a quelque chose dans l’Algérien de fondamentalement magnifique mais de profondément tragique. Après le récent viol-meurtre de la petite Sarah à La Mecque, les 300 Algériens présents sur les lieux du crime pour la omra, qui ne sont ni des jeunes émeutiers ni de turbulents fauteurs de troubles à la solde de l’opposition et des ennemis associés, ni même encore de pauvres demandeurs de logement ou d’emploi, se sont unanimement et naturellement rassemblés sur les lieux du crime, l’hôtel où a été violée et jetée la pauvre petite Sarah. Si les versions de cette tragique histoire sont nombreuses, ce qui est sûr c’est qu’aux dernières nouvelles, les Algériens ont fermé des rues de La Mecque, ce qui n’était jamais arrivé dans cette capitale sainte de l’Islam.

Cette facilité à demander à ce que justice soit faite et à braver l’ensemble des forces de sécurité devrait interpeller l’Etat algérien sur le sens d’une nation, ce désir fou d’objectifs communs et d’appartenance collective. Aux dernières nouvelles des dernières nouvelles, les Algériens partis pour le pèlerinage cherchaient encore l’APC de La Mecque pour la fermer, ou éventuellement prendre en otage le maire. Cette organisation de la contestation, après des milliers d’émeutes, de manifestations de mécontentements et de batailles contre cet ordre invisible, a trouvé écho à La Mecque, où les représentants du 1,5 milliard de musulmans ont dû admirer le geste. Premier bilan, qu’il soit à La Mecque ou à Diar El Kef, l’Algérien s’élève contre l’injustice.

L’équivalent de Ould Kablia en Arabie Saoudite serait en train de gérer la situation, mais, d’ores et déjà, le vrai Ould Kablia devrait se poser des questions sur sa stratégie de contrôle et son idée du peuple. L’Algérien n’aime pas forcément l’émeute, mais il n’aime surtout pas l’injustice. Il peut même oublier Dieu, un temps, pour se consacrer à l’œuvre de l’homme. 

Chawki Amari 

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Hommage à Mohammed Arkoun

Posté par mouradpreure le 17 septembre 2010

tsa-algerie.com – 17/09/2010

 

Mohammed Arkoun, passeur entre les cultures, pionnier d’une islamologie contemporaine critique et de lectures nouvelles de l’Islam a tiré sa révérence dans la nuit du 14 au 15 septembre à Paris. Un personnage clef d’une conscience islamique contemporaine a quitté la scène. Avec lui, une voix importante s’éteint. Une voix, qui invitait ses interlocuteurs de toutes confessions à changer de perspective, les confrontant avec leur propre impensé, avec le domaine de l’ombre, leur posant des questions tues depuis longtemps.

Mohammed Arkoun était né en février 1928 à Taourirt-Mimoun, en Grande Kabylie, dans une modeste famille. Il apprit très jeune et douloureusement, qu’en tant que berbère dans une Algérie colonisée, il était marginalisé de deux manières puisqu´il ne parlait – dans un premier temps –, ni la langue du colonisateur ni celle du Coran. Grâce au soutien d´un oncle, il put faire ses études secondaires en Oranie, puis poursuivre des études de littérature arabe à l´université d´Alger. Elles furent complétées par celle du droit, de la philosophie et de la géographie. Agrégé en langue et littérature arabes à la Sorbonne, il consacrera sa thèse à Miskawayh, pour démontrer l’existence d’un humanisme arabe jusque-là nié par l´Occident.

Ainsi et après avoir étudié la période classique, il concentra ses recherches à l’Islam contemporain. Professeur d’histoire des idées arabes à Paris Vincennes, il sera nommé, en 1980, directeur du département d’arabe et d’histoire des idées islamiques à Sorbonne Nouvelle. Dans le même temps, il dirigea la revue Arabica, dont il élargit le champ et la notoriété.

Nommé professeur émérite en 1993, il poursuivit avec dynamisme ses enseignements en tant que professeur invité dans les universités européennes et américaines. Il parcourut également d´autres régions du monde, allant jusqu´en Indonésie pour y animer des conférences très attendues. Parfait polyglotte, il assurait ses conférences indifféremment en anglais, en arabe ou en français. A relever également son engagement pour l’Institut des études ismaïliennes de Londres en tant qu’enseignant et membre du conseil de surveillance.

Mohammed Arkoun dont l´œuvre a été distinguée par quantité de Prix, aspirait à repenser l’Islam en tant que système culturel et religieux. Cette critique de la raison islamique s’effectue, de son point de vue, par des changements radicaux de perspective. Il exigeait également la pluralité du sens, même si cela entraîne la fin de clarté et de l´unité. Pour lui, les changements de perspective ne pouvaient être introduits qu´en appliquant à l’islamologie les sciences sociales et humaines de même que leurs méthodes qu´il complétait et élargissait par ses propres concepts.

Avec cette approche, il quitte le ghetto méthodologique de l’islamologie et développe des contre stratégies. Ce qui ne rencontre pas forcément l´adhésion des islamologues «traditionnels». Il s’agit, par exemple, de son exigence d’une islamologie appliquée ou du concept théorique du fait islamique et coranique et celui des sociétés du Livre/livre, de l’impensé et de l’impensable. Cela a eu une influence considérable sur son approche du Coran et de ses lectures. Il a vite appliqué l’analyse de l’imaginaire développée par l’École des Annales à des sociétés musulmanes et a la pensée islamique.

La pensée de Arkoun et les concepts créés et travaillés pendant sa vie de chercheur sont complexes. On peut les décrire à l’aide de la métaphore d’un rhizome ou du motif des étoiles infinies des faïences maures: un enchevêtrement d’aspects bifurquant, dont on peut difficilement cerner l’origine et qui se ramifient davantage tout en créant de nouvelles conjonctions.

C’est surtout le rhizome qui correspond au changement de paradigme qui était considéré comme urgent par Arkoun: une approche globale remplace le regard dualiste, la pluralité remplace les éléments détachés. Le tout s’accomplit seulement dans une pluralité de sens et en plusieurs couches.

Mohammed Arkoun n’était pas seulement un intellectuel perspicace et un humaniste de profonde conviction. Doté d´un sens de l’humour très subtil, il était aussi un conférencier passionné et charismatique et un enseignant engagé. Il se sentait „proche de tout ce qui était capable d’ouvrir des nouvelles routes à l’intelligence“ et se considérait comme „un intellectuel révolté´´.

Le monde musulman et occidental ont perdu en cet éclaireur non seulement un homme de principes, mais aussi une irremplaçable voix qui leur traçait le chemin à parcourir pour se comprendre et se compléter au lieu de s´affronter. Homme de dialogue aux idées fécondes, son action, sa pensée, ne furent malheureusement pas toujours appréciées à leur juste dimension dans le monde musulman et particulièrement dans son propre pays, ce qu´il regrettait secrètement. Il faudra également encore beaucoup de temps, y compris aux islamologues et orientalistes occidentaux pour prendre la mesure de son apport et cesser de voir en lui l´iconoclaste qui entreprit de remettre en cause leurs visions étroites et leur monopole. Il me confiait un jour : «Je suis un allumeur de brasiers » et c´est bien vrai que l´islamologie s´éclairera longtemps encore des feux de la réflexion qu´il aura, ici et là, nourrie de sa fertile pensée.

*Islamologue allemande, le Dr Ursula Gunther est spécialiste de la pensée de Mohammed Arkoun. Elle a consacré de nombreuses recherches à son œuvre. 

Publié dans LITTERATURE, ARTS, CULTURE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Le pasteur extrémiste renonce à son projet de brûler le Coran: L’Amérique a tremblé

Posté par mouradpreure le 12 septembre 2010

Le Quotidien d’Oran – 12/09/2010 – par Yazid Alilat

Le pasteur extrémiste renonce à son projet de brûler le Coran: L'Amérique a tremblé  dans SOCIETE 20100912 

 (Dessin de HIC paru sur El Watan du 12 septembre 2010)

L’Amérique a-t-elle vraiment tremblé à la veille du 9e anniversaire du 11 septembre 2001 ? 

D’une certaine manière oui, parce que la hantise d’un autre psychodrame menaçant les fondements de l’Amérique avait pris la forme d’un autodafé pour la destruction par le feu de 200 exemplaires du Saint Coran, en guise d’anniversaire des attentas du 11 septembre 2001. Et, tout le monde avait poussé vendredi un ouf de soulagement lorsque le pasteur de Gainsville (Floride), jusque-là un illustre inconnu, avait annoncé qu’il renonçait à son funeste projet de brûler des exemplaires du Coran, créant une grande polémique tant aux Etats-Unis que dans le reste du monde, notamment dans les pays musulmans. Le projet du pasteur américain Terry Jones de brûler des exemplaires du Coran samedi – jour anniversaire des attentats du 11-Septembre – ne sera pas mené à son terme.

 Le pasteur chrétien intégriste Terry Jones a assuré hier dans un entretien à la chaîne de télévision américaine NBC que son église ne brûlerait «ni aujourd’hui ni jamais» le Coran, comme il avait prévu de le faire en ce jour anniversaire des attentats du 11-Septembre. «Non, nous n’allons résolument pas brûler le Coran», a-t-il dit, avant d’ajouter «ni aujourd’hui ni jamais», en réponse à une question pour savoir s’il avait juste reporté son projet d’autodafé ou s’il y avait renoncé pour de bon. Le pasteur a expliqué que l’objectif de son église était «de montrer qu’il y a un élément très dangereux et très radical dans l’islam». «Nous avons totalement accompli cette mission», s’est-il félicité.

 Vendredi un de ses proches, K.A.Paul, un ami évangéliste du pasteur Terry Jones, avait indiqué lors d’une conférence de presse que «pour être clair, je voudrais confirmer à 100% qu’il n’y aura pas de corans brûlés samedi à 18h00 comme c’était prévu». Plus tard dans la soirée il a annoncé que Jones était parti pour New York où il entend rencontrer l’imam Feisal Abdul Rauf, à l’origine d’un projet de construction d’une mosquée près de Ground Zero où se trouvaient les tours jumelles du World Trade Center, détruites le 11 septembre 2001 par un groupe d’Al-Qaïda. Le pasteur, qui veut convaincre l’imam Feisal Abdul Rauf de renoncer à son projet, avait déclaré dans l’après-midi qu’il n’avait pas eu de nouvelles de sa part mais qu’il avait «toujours grand espoir de le rencontrer» et qu’il était convaincu que la rencontre aurait lieu samedi. Le pasteur avait annoncé jeudi qu’il abandonnait son initiative – après avoir laissé planer une lourde incertitude – en échange de la promesse que la mosquée ne se construirait pas à l’endroit prévu. Mais l’imam Feisal Abdul Rauf a très vite démenti tout accord et a affirmé qu’il n’avait pas convenu de rencontrer le pasteur à New York. Mais, l’idée du pasteur de Gainsville a été un détonateur pour un homme d’affaires sud-africain qui a été empêché par un tribunal de brûler des exemplaires de la Bible, en réponse au projet de Terry J. La Haute cour de Johannesburg a publié vendredi soir un arrêt d’urgence interdisant à Mohammed Vawda d’organiser une «journée d’autodafé de la Bible» prévue sur une place de la ville, a précisé le Saturday Star. M. Vawda lui-même s’est déclaré satisfait de la décision du tribunal après que celui-ci eut cité, à l’appui de son jugement, des versets du Coran et en soulignant l’importance de respecter les textes sacrés, la Bible ou la Torah.

 Toute cette polémique, sur fond de menace de résurgence de violences aux Etats-Unis et dans les pays musulmans, sur les événements tragiques du 11 septembre avait provoqué une vive tension aux Etats-Unis à la veille de la date anniversaire de ces attentats. Le président américain Barack Obama a reconnu hier que l’anniversaire était un «moment difficile» pour les Etats-Unis, aux prises avec une montée de l’islamophobie, et a appelé ses compatriotes à éviter de se laisser aller à la «division» et «l’amertume». Il s’est rendu au Pentagone pour une cérémonie en hommage aux près de 3.000 victimes des attentats de 2001. Il a reconnu dans son allocution hebdomadaire que l’anniversaire du 11 septembre 2001 était un «moment difficile pour notre pays». «Et c’est souvent dans de tels moments que certains essaient d’instiller de l’amertume, de nous diviser sur la base de nos différences, de nous aveugler sur ce que nous avons en commun», a affirmé le président. «Mais en ce jour, nous nous rappelons que lorsque nous donnons le meilleur de nous-mêmes, nous ne cédons pas à cette tentation. Nous sommes solidaires les uns des autres, nous luttons les uns pour les autres». Le 11 septembre 2001, deux appareils s’étaient écrasés contre les tours jumelles du World Trade Center à New York, un autre contre le Pentagone à Washington et le quatrième en pleine campagne en Pennsylvanie.

 Depuis ces attentats revendiqués par le chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden, l’Amérique est toujours traumatisée. Récemment, il a été ravivé par le projet de construction d’un centre culturel islamique près du site de Ground Zero, là où s’élevaient les tours détruites.

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

AID MOUBARAK

Posté par mouradpreure le 10 septembre 2010

بمناسبة عيد الفطر المبارك أتقدم لكم و لعائلتكم الكريمة بأحر التهاني

 و أطيب الأماني  راجيا من الله أن يتقبل صلاتنا وصيامنا وقيامنا 

  وأن يعيده علينا وعليكم بمزيد من المغفرة و الثواب.

A l’occasion de la fête de l’Aid, je présente

à toutes les personnes qui m’honorent en visitant mon blog

tous mes vœux de bonheur, santé et réussite

et leur souhaite Sawm maqboul et Aïd moubarak

 

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Selon une étude de la revue Foreign policy – L’élite Algérienne en mauvaise posture !

Posté par mouradpreure le 3 septembre 2010

El Watan - 02.09.10 – Abderrahmane Semmar

L’élite algérienne est malmenée par les difficultés de la vie, la marginalisation sociale et politique orchestrée par ses autorités publiques.

C’est le constat amer qu’a dressé sans complaisance la célèbre revue américaine Foreign Policy qui vient de consacrer une enquête minutieuse aux pays les plus vulnérables du monde. A cet effet, la prestigieuse revue américaine a même classé notre pays parmi les plus vulnérables au monde. Mais, dans cet énième triste palmarès, qui vient s’ajouter à tant d’autres, Foreign Policy  n’hésite pas à tirer la sonnette d’alarme sur la situation déplorable de l’élite algérienne.   

La catastrophique note de 8,6 sur 10 est attribuée à l’Algérie pour la disparition et la dispersion de l’élite ! Il s’agit là d’une des notes les plus mauvaises du monde dans le classement dressé par Foreign Policy. La revue américaine pointe du doigt les conditions de vie déplorables de nos cadres et cerveaux lesquels fuient, chaque année, en nombre le pays à la recherche de «cieux plus cléments».  Les très bas salaires et l’environnement politique défavorable hypothèquent, selon Foreign Policy, les possibilités d’épanouissement de notre élite. Celle-ci, si la situation du pays continue à se dégrader, risque de s’effriter encore davantage au grand dam de notre pays qui se retrouverait ainsi sans son intelligentsia  pour construire son avenir !     

Publié dans ALGERIE ECONOMIE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Jacques Attali: la fin du téléphone mobile – La conversation téléphonique est-elle appelée à disparaître?

Posté par mouradpreure le 31 août 2010

Slate.fr 8 août 2010

Jacques Attali: la fin du téléphone mobile - La conversation téléphonique est-elle appelée à disparaître? dans SOCIETE TelepMobilesRecycl

 Photo: Téléphones mobiles récupérés pour être recyclés en Californie REUTERS/Mike Blake

Le débat sur la sécurité du BlackBerry, (lancé récemment dans certains pays qui ne supportent pas qu’il leur soit impossible de briser les codes de transmission des messages) et plusieurs articles dans la presse spécialisée américaine (Clive Thomson,  The death of the phone call, Wired) posent la question de l’avenir du téléphone mobile.

On a longtemps cru, et écrit, que son développement, faisant suite à celui du cinéma et de la télévision, allait entraîner la fin du courrier, du livre et de l’écrit en général. L’apparition d’internet et du SMS a tempéré cette prédiction. Et voici maintenant qu’apparaît une prédiction radicalement inverse: et si c’était la conversation téléphonique qui était appelée à disparaître?

Ceux qui défendent cette thèse en veulent pour preuve que, aux Etats-Unis, selon l’institut Nielsen, le nombre d’appels téléphoniques  décroît tous les ans depuis 2007, qui aura été l’année d’un record. De plus, ces appels sont de plus en plus brefs: s’ils étaient en moyenne de 3 minutes en 2005, ils ont maintenant perdu près de la moitié de leur durée. A cela s’ajoute que, partout dans le monde, les opérateurs gagnent beaucoup plus d’argent par le transfert de données que par la voix, qui n’est plus qu’une dimension annexe de l’ARPU. Enfin, il est exact que de nombreux jeunes n’utilisent  presque plus leur Smartphone comme téléphone, mais essentiellement comme un moyen d’échanger des messages  par SMS, email, BBM, ou sur Facebook ou Twitter.

Pourquoi? D’abord parce que la voix transmet un message beaucoup plus subjectif et moins fiable que l’écrit. Ensuite –et surtout–  parce que, dans un monde où chacun est de plus en plus en relation avec un très grand nombre de gens, on est de plus en plus soucieux de protéger son intimité. Aussi, chacun accepte-t-il  de moins en moins l’agression que représente un appel téléphonique. La vieille question apparue à la fin du 19e siècle, au moment même de l’émergence du téléphone («pourquoi répondre quand on vous sonne?») revient d’actualité. Beaucoup de gens désormais ne répondent pas quand on les sonne. Aussi, on ne décroche pas quand des inconnus appellent; et même, avec des amis,  prend-on de plus en plus rendez-vous  par SMS pour se parler par téléphone; et on écoute même de moins en moins les messages téléphoniques laissés sur les boîtes vocales.   

Tout cela renvoie à quelque chose de profond, parfaitement prévisible: notre idéologie de la liberté individuelle conduit chacun à ne s’intéresser de plus en plus qu’à lui-même, à ne vouloir en faire qu’à sa tête,  et même, plus encore, à l’autisme, au narcissisme, au plaisir de soi. Et donc à refuser toute intrusion d’autrui non sollicitée dans la bulle de son égo. On aime donc recevoir des SMS, des mails ou des BBM, parce qu’on les lit quand et si on veut. Mais on n’aime pas prendre un appel téléphonique qui vous force à obéir à l’injonction d’autrui, de parler, ici et maintenant. Une fois de plus, la musique annonçait cette mutation, par le développement de l’écoute solitaire.  

De fait, un objet nouveau sert d’abord à ce à quoi servait l’objet précédent. Et il est normal que le mobile ait été d’abord un téléphone. Désormais, il va trouver son véritable usage. Les mobiles seront donc de plus en plus des instruments pour se mettre à disposition de l’autre, qui décidera s’il veut de nous.  Et si la voix n’y est plus importante, on peut en changer radicalement la forme, pour faciliter l’échange d’écrits d’abord. Mais aussi, au-delà de l’écrit, par l’échange d’images, fixes ou mobiles, de photos ou de vidéos.

Un peu plus tard, l’extension des capacités de conversation en vidéo changera beaucoup de choses. Chacun pourra se proposer  à la vue de l’autre, qui pourra décider à sa guise s’il veut le voir et s’il veut lui renvoyer son image.

On pourra en particulier  communiquer avec le corps, sans l’usage de la voix; par exemple par des signes: la vidéo conduisant à une possible universalisation du langage des sourds muets.

Chacun sera donc en situation de voir les autres, sans être vu, s’il ne le souhaite pas; en tout cas, s’il peut le refuser, car il y a des cas où on ne peut refuser d’être vu d’un autre: on peut imaginer des mères imposant à leurs enfants d’être sans cesse visibles; des amoureux l’exigeant de leurs partenaires; des patrons l’exigeant de leurs cadres; des juges y obligeant des condamnés.

Là sera d’ailleurs la vraie mesure de la liberté: est libre celui qui n’est pas obligé de répondre au téléphone, et qui n’est pas tenu d’être vu par les autres.

Jacques Attali : Jacques Attali est un des fondateurs de Slate.fr. Economiste, écrivain, éditorialiste à l’Express, Président de Planet Finance. Il est l’auteur de nombreux essais et romans dont récemment La Crise et après ?

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

« Le Monde Magazine » : Au secours ! Tout va trop vite !

Posté par mouradpreure le 30 août 2010

LE MONDE MAGAZINE | 29.08.10 

1. SENTIMENT D’URGENCE 

L’homme contemporain remonte désespérément une pente qui s’éboule. Nous fonçons pour rester à la même place, dans un présent qui fuit sans cesse. Car si nous arrêtons une seconde de courir – après le travail, nos courriels, nos rendez-vous, nos obligations, notre argent, après le temps qui file – nous tombons. Dans le chômage, la pauvreté, l’oubli, la désocialisation. Voilà le portrait du moderne, selon le sociologue allemand Hartmut Rosa. Le temps désormais s’accélère et nous dévore, comme hier Cronos ses enfants. L’accélération technique, au travail, sur les écrans, dans les transports, la consommation, a mené à l’accélération effrénée de notre rythme de vie. Puis a précipité le changement social. Rien n’y résiste.

Les métiers changent en quelques années, les machines en quelques mois, aucun emploi n’est assuré, les traditions et les savoir-faire disparaissent, les couples ne durent pas, les familles se recomposent, l’ascenseur social descend, le court terme règne, les événements glissent. L’impression de ne plus avoir de temps, que tout va trop vite, que notre vie file, l’impression d’être impuissant à ralentir nous angoisse et nous stresse. Ainsi Hartmut Rosa, 45 ans, professeur à l’université Friedrich- Schiller d’Iéna, développe sa « critique sociale du temps » de la « modernité tardive » dans sa magistrale étude, Accélération (La Découverte). Après les études inquiètes de Paul Virilio sur la vitesse, Hartmut Rosa examine la dissolution de la démocratie, des valeurs, de la réflexion, de notre identité, emportées par la vague de l’accélération. Entretien de rentrée, alors que déjà, tous, congés derrière nous, on se magne.

C’est la rentrée, le moment où on ressent avec le plus d’acuité la façon dont nos vies s’accélèrent. Nous avons même souvent le sentiment que les vacances se sont passées à toute allure. Comment expliquer ce sentiment d’urgence permanent ? 

Hartmut Rosa : Aujourd’hui, le temps a anéanti l’espace. Avec l’accélération des transports, la consommation, la communication, je veux dire « l’accélération technique », la planète semble se rétrécir tant sur le plan spatial que matériel. Des études ont montré que la Terre nous apparaît soixante fois plus petite qu’avant la révolution des transports. Le monde est à portée de main. Non seulement on peut voyager dans tous les coins, rapidement, à moindres frais et sans faire beaucoup d’efforts, mais on peut aussi, avec l’accélération des communications, la simultanéité qu’elle apporte, télécharger ou commander presque chaque musique, livre ou film de n’importe quel pays, en quelques clics, au moment même où il est produit. Cette rapidité et cette proximité nous semblent extraordinaires, mais au même moment chaque décision prise dans le sens de l’accélération implique la réduction des options permettant la jouissance du voyage et du pays traversé, ou de ce que nous consommons. Ainsi les autoroutes font que les automobilistes ne visitent plus le pays, celui-ci étant réduit à quelques symboles abstraits et à des restoroutes standardisés.

Les voyageurs en avion survolent le paysage à haute altitude, voient à peine la grande ville où ils atterrissent et sont bien souvent transportés dans des camps de vacances, qui n’ont pas grand-chose à voir avec le pays véritable, où on leur proposera de multiples « visites guidées ». En ce sens, l’accélération technique s’accompagne très concrètement d’un anéantissement de l’espace en même temps que d’une accélération du rythme de vie. Car, même en vacances, nous devons tout faire très vite, de la gymnastique, un régime, des loisirs, que nous lisions un livre, écoutions un disque, ou visitions un site. Voilà pourquoi on entend dire à la rentrée : « Cet été, j’ai fait la Thaïlande en quatre jours. » Cette accélération des rythmes de vie génère beaucoup de stress et de frustration. Car nous sommes malgré tout confrontés à l’incapacité de trop accélérer la consommation elle-même. S’il est vrai qu’on peut visiter un pays en quatre jours, acheter une bibliothèque entière d’un clic de souris, ou télécharger des centaines de morceaux de musique en quelques minutes, il nous faudra toujours beaucoup de temps pour rencontrer les habitants, lire un roman ou savourer un air aimé. Mais nous ne l’avons pas. Il nous est toujours compté, il faut se dépêcher. C’est là un des stress majeurs liés à l’accélération du rythme de vie : le monde entier nous est offert en une seconde ou à quelques heures d’avion, et nous n’avons jamais le temps d’en jouir.

Selon vous, l’accélération de la vie se traduit par l’augmentation de plus en plus rapide du nombre d’actions à faire par unité de temps. C’est-à-dire ? 

Ces jours-ci, les gens rentrent de congés et déjà tous, vous comme moi, se demandent comment ils vont réussir à venir à bout de leur liste de choses « à faire ». La boîte mail est pleine, des factures nouvelles se présentent, les enfants réclament les dernières fournitures scolaires, il faudrait s’inscrire à ce cursus professionnel, ce cours de langue qui me donnerait un avantage professionnel, je dois m’occuper de mon plan de retraite, d’une assurance santé offrant des garanties optimales, je suis insatisfait de mon opérateur téléphonique, et cet été j’ai constaté que je négligeais mon corps, ne faisais pas assez d’exercice, risquais de perdre ma jeunesse d’allure, si concurrentielle. Nous éprouvons un réel sentiment de culpabilité à la fin de la journée, ressentant confusément que nous devrions trouver du temps pour réorganiser tout cela. Mais nous ne l’avons pas. Car les ressources temporelles se réduisent inexorablement. Nous éprouvons l’impression angoissante que si nous perdons ces heures maintenant, cela serait un handicap en cette rentrée sur les chapeaux de roue, alors que la concurrence entre les personnes, le cœur de la machine à accélération, s’aiguise. Et même si nous trouvions un peu de temps, nous nous sentirions coupables parce qu’alors nous ne trouverions plus un moment pour nous relaxer, passer un moment détendu avec notre conjoint et nos enfants ou encore aller au spectacle en famille, bref profiter un peu de cette vie. Au bout du compte, vous voyez bien, c’est l’augmentation du nombre d’actions par unité du temps, l’accélération du rythme de vie qui nous bouscule tous.

En même temps, chaque épisode de vie se réduit…

En effet, la plupart des épisodes de nos journées raccourcissent ou se densifient, au travail pour commencer, où les rythmes s’accélèrent, se « rationalisent ». Mais aussi en dehors. On assiste à une réduction de la durée des repas, du déjeuner, des moments de pause, du temps passé en famille ou pour se rendre à un anniversaire, un enterrement, faire une promenade, jusqu’au sommeil. Alors, pour tout faire, nous devons densifier ces moments. On mange plus vite, on prie plus vite, on réduit les distances, accélère les déplacements, on s’essaie au multitasking, l’exécution simultanée de plusieurs activités. Hélas, comme nos ressources temporelles se réduisent, cet accroissement et cette densification du volume d’actions deviennent vite supérieurs à la vitesse d’exécution des tâches. Cela se traduit de façon subjective par une recrudescence du sentiment d’urgence, de culpabilité, de stress, l’angoisse des horaires, la nécessité d’accélérer encore, la peur de « ne plus pouvoir suivre ». A cela s’ajoute le sentiment que nous ne voyons pas passer nos vies, qu’elles nous échappent.

Nous assistons, dites-vous, à une « compression du présent », qui devient de plus en plus fuyant. Pouvez-vous nous l’expliquer ?

Si nous définissons notre présent, c’est-à-dire le réel proche, comme une période présentant une certaine  stabilité, un caractère assez durable pour que nous y menions des expériences permettant de construire l’aujourd’hui et l’avenir proche, un temps assez conséquent pour que nos apprentissages nous servent et soient transmis et que nous puissions en attendre des résultats à peu près fiables, alors on constate une formidable compression du présent. A l’âge de l’accélération, le présent tout entier devient instable, se raccourcit, nous assistons à l’usure et à l’obsolescence rapide des métiers, des technologies, des objets courants, des mariages, des familles, des programmes politiques, des personnes, de l’expérience, des savoir-faire, de la consommation.

Dans la société pré-moderne, avant la grande industrie, le présent reliait au moins trois générations car le monde ne changeait guère entre celui du grand-père et celui du petit-fils, et le premier pouvait encore transmettre son savoir-vivre et ses valeurs au second. Dans la haute modernité, la première moitié du xxe siècle, il s’est contracté à une seule génération : le grand-père savait que le présent de ses petits-enfants serait différent du sien, il n’avait plus grand-chose à leur apprendre, les nouvelles générations devenaient les vecteurs de l’innovation, c’était leur tâche de créer un nouveau monde, comme en Mai 68 par exemple. 

Cependant, dans notre modernité tardive, de nos jours, le monde change plusieurs fois en une seule génération. Le père n’a plus grand-chose à apprendre à ses enfants sur la vie familiale, qui se recompose sans cesse, sur les métiers d’avenir, les nouvelles technologies, mais vous pouvez même entendre des jeunes de 18 ans parler d’ »avant » pour évoquer leurs 10 ans, un jeune spécialiste en remontrer à un expert à peine plus âgé que lui sur le « up to date ». Le présent raccourcit, s’enfuit, et notre sentiment de réalité, d’identité, s’amenuise dans un même mouvement.

Propos recueillis par Frédéric Joignot  

2. LE TEMPS, C’EST DE L’ARGENT 

C’est septembre, nous reprenons le travail. Au début de l’été, le directeur général de France Télécom reconnaissait que le suicide d’un de ses employés était un accident du travail. Il y a eu près de cinquante suicides au sein du groupe depuis 2008. Comment en sommes-nous arrivés là ? L’accélération au travail en est-elle la cause ?

Evidemment, pour l’économie capitaliste, que nous le voulions ou non, l’équation simple selon laquelle « le temps c’est de l’argent » se vérifie partout. Pour les employeurs, gagner du temps revient à améliorer leurs bénéfices, et ils y réussissent en accélérant la production et la circulation des biens, c’est-à-dire en faisant travailler ouvriers et employés plus vite, avec toutes les techniques de « gestion par le stress » qui vont avec. Dorénavant, lorsqu’une entreprise ou une administration licencie des gens, cela ne signifie pas qu’il y a moins de travail à faire, mais que ceux qui restent en auront plus à réaliser. Tout cela conduit à une polarisation malsaine, bien montrée par les études de sociologie, entre ceux qui sont surchargés de travail et ceux qui sont exclus du système d’accélération par le chômage. Car le chômage est aujourd’hui une forme de décélération forcée, et mal vécue. Cependant, ce n’est pas simplement parce que les gens ont beaucoup de tâches à faire et doivent travailler plus vite qu’ils tombent malades ou sont victimes de dépression. Ce qui fait aller vraiment mal, jusqu’au « burn-out » et au suicide, c’est le sentiment général de courir de plus en plus vite sans jamais aller nulle part et que la valeur de leur travail se déprécie rapidement. 

Un être humain peut encaisser de grands efforts dans le but d’atteindre un objectif, ou de se construire une carrière où il déploiera un talent. Mais l’impression dominante des salariés actuels, au moins dans nos sociétés occidentales, c’est qu’ils doivent courir de plus en plus vite simplement pour faire du surplace, juste pour ne pas tomber du monde du travail, pour survivre…

C’est votre image du travailleur d’aujourd’hui, un homme courant sur un tapis roulant, s’épuisant pour rester immobile… 

De nos jours, même en Allemagne les entreprises ont commencé à imposer la « flexibilité » au détriment des emplois stables. Des études récentes ont révélé une érosion constante des emplois durables depuis les années 1990, une réduction sensible de la durée d’emploi au sein d’une même entreprise, une augmentation des déplacements d’une entreprise à l’autre, une recrudescence des contrats à court et moyen terme. Ajoutez la dérégulation des conditions de travail, les nouvelles formes d’emploi intérimaire, à temps partiel, à la maison, etc., qui renforcent cette impression d’insécurité professionnelle et de course vers nulle part. Si on ne court pas, nous en sommes persuadés, on décline, on perd en qualification, le chômage nous guette, la dépression, la misère. A l’accélération technique, à celle des rythmes de vie, il faut ajouter une accélération sociale. Aujourd’hui, aucune situation n’est assurée, la transmission n’est pas garantie, le précaire règne. Il est symptomatique de constater que les parents ne croient plus que leurs enfants auront des vies meilleures que les leurs. Ils se contentent d’espérer qu’elles ne seront pas pires.

Il existe une autre raison pour laquelle les gens se sentent si mal, déprimés, voire suicidaires au travail. Régulièrement, les dirigeants des entreprises présentent de nouveaux projets, des stratégies pour gagner du temps et de l’argent, rentabiliser la production, dégraisser les effectifs. Ou encore, ils mettent en place de nouveaux outils informatiques plus performants, ou des concepts marketing présentés comme innovants, ou réorganisent les chaînes de travail, et ainsi de suite. Les marchés financiers saluent ces mouvements comme autant de signes positifs d’activité. Mais très souvent, ces formes frénétiques d’accélération et de réorganisation ne procèdent pas d’un processus d’apprentissage à l’intérieur de l’entreprise, ou d’une meilleure utilisation des talents, il s’agit presque toujours de changements aléatoires, erratiques, caractériels, des changements pour le changement, dépourvus de sens. Et comme la plupart du temps ils ne débouchent sur aucune amélioration réelle, ils accroissent le sentiment de dévalorisation et d’anxiété chez les travailleurs concernés. Dans le même temps, les directions d’entreprise entendent conserver leurs « normes de qualité », ajoutent toujours de nouvelles formes de classement, d’évaluation et de notation des employés, créant une tension supplémentaire qui finit par rattraper les dirigeants eux-mêmes. 

Le résultat peut être observé dans presque toutes les sphères du travail contemporain, à tous les niveaux des entreprises. Les employés se sentent non seulement stressés et menacés, mais encore sous pression, désarmés, incapables de montrer leur talent, bientôt découragés. Voyez comme partout les enseignants se plaignent de ne plus avoir de temps pour apprendre à leurs étudiants, les médecins et infirmières pour s’occuper humainement de leurs patients, les chercheurs pour se concentrer sans être soumis à des évaluations permanentes. D’où ce sentiment de courir sur un tapis roulant ou une pente qui s’éboule. Au final, nous éprouvons tous ce que le sociologue Alain Ehrenberg nomme la « fatigue d’être soi » (Odile Jacob, 1998) tandis que, constate-t-il, la dépression devient la pathologie psychique la plus répandue de la modernité avancée.

Propos recueillis par Frédéric Joignot  

3. LA PERTE DE L’IDENTITÉ STABLE 

Vous parlez de la « nervosité permanente » de l’individu contemporain…

Jusqu’à aujourd’hui, la modernité comme l’idée de progrès nous promettaient que les gens finiraient par être libérés de l’oppression politique et de la nécessité matérielle, pourraient vivre une existence choisie et autodéterminée. Cette idée repose sur la supposition que nous portons tous quelque chose qui ressemble à un « projet d’existence », notre propre rêve de ce qu’on pourrait appeler la « bonne vie ». C’est pourquoi, dans les sociétés modernes, les individus développaient de véritables « identités narratives » qui leur permettaient de relater l’histoire de leur parcours comme autant d’histoires de conquête, certes semées d’embûches, mais allant vers cette « bonne vie » dont ils rêvaient. Désormais, il devient impossible de développer ne serait-ce qu’un début de projet d’existence. Le contexte économique, professionnel, social, géographique, concurrentiel est devenu bien trop fluctuant et rapide pour qu’il soit plausible de prédire à quoi notre monde, nos vies, la plupart des métiers, et nous-même, ressembleront dans quelques années. 

L’identité ne repose plus sur des affirmations du genre : « Je suis boulanger, socialiste, marié avec Christine et je vis à Paris. » Nous disons plutôt : « Pour le moment, j’ai un emploi de boulanger, j’ai voté pour les socialistes aux dernières élections mais changerai la prochaine fois, je suis marié avec Christine depuis cinq ans, qui veut divorcer, et, si je vis à Paris depuis huit ans, je vais partir à Lyon cette année, pour le travail. » Cette perte d’une identité stable n’est pas sans conséquence. D’abord, les jeunes gens ne démarrent plus dans la vie avec la supposition qu’ils pourront se construire l’existence qui leur plaira, ni même une identité issue d’eux-mêmes. Les étudiants choisissent des filières susceptibles de leur fournir des « opportunités » au cœur de l’accélération, et ils savent qu’ils doivent se tenir prêts à changer complètement de direction et de métier si de nouvelles occasions se présentent. « Laissez ouvertes toutes les options » est devenu l’impératif catégorique de la modernité tardive. Il nous faut apprendre à devenir des surfeurs hasardeux, chevauchant la vague de l’accélération sans but et sans direction, en se tenant prêt à saisir celle qui vient, et à en sauter chaque fois que les vents tournent.

Propos recueillis par Frédéric Joignot  

4. DÉSYNCHRONISATION ÉCONOMIQUE ET ÉCOLOGIQUE 

Le mois de septembre sera difficile en France comme en Europe, avec tous les plans d’austérité annoncés. Selon vous, la plupart des crises actuelles, écologiques ou économiques, sont liées à la désynchronisation induite par l’accélération générale…

La grave crise écologique actuelle est sans conteste une crise de désynchronisation. On épuise les ressources naturelles à un rythme bien plus élevé que la reproduction des écosystèmes tandis qu’on déverse nos déchets et nos poisons, on l’a vu cet été dans le golfe du Mexique, à une vitesse bien trop élevée pour que la nature s’en débarrasse. D’ailleurs, le réchauffement de la Terre signifie littéralement qu’on accélère l’atmosphère, parce qu’une augmentation de la température équivaut à une augmentation de l’agitation des molécules qui la composent. Mais il existe d’autres formes de désynchronisation, tout aussi graves. Je prendrai la désynchronisation entre la démocratie politique d’une part, et l’économie mondialisée d’autre part. Le débat politique prend du temps, il ne peut en être autrement pour qu’il reste démocratique. Il faut beaucoup de discussions, d’arguments, de réflexions, de délibérations pour construire un consensus politique dans une société pluraliste et organiser la volonté démocratique. 

Par contraste, avec la mondialisation et l’accélération technologique, la vitesse de la transaction économique et financière s’accroît sans cesse. Le résultat immédiat est la désynchronisation des sphères politiques et économico-technologiques, que l’administration Obama a dénoncée à plusieurs reprises. Depuis les années 1980, les néolibéraux ont tout fait pour réduire le contrôle politique et étatique sur le monde financier afin d’augmenter la vitesse des transactions économiques et des flux du capital. Nous connaissons le résultat, la désynchronisation radicale entre le monde des bénéfices instantanés de la finance assistée par la haute technologie, et celui de l’économie réelle, du logement, de la consommation, beaucoup plus lent.

Il a fallu que la bulle éclate pour parvenir à un ralentissement – en anglais, une récession économique est un slowdown – non seulement des flux de la finance, ce qui a failli aboutir à une débâcle du système bancaire, mais aussi de l’économie. Actuellement, suite aux risques d’effondrement consécutifs à la crise mondiale débutée en 2007, les politiciens se mobilisent. Nous sommes dans la phase de re-synchronisation, et cela coûte une fortune aux Etats et aux populations qui doivent désormais subir un plan de rigueur sans précédent. Mais si on regarde de près, on constate que les politiciens n’arrivent à proposer que d’éteindre les feux ou de tenter d’installer des garde-fous à l’accélération financière comme à Wall Street. 

Propos recueillis par Frédéric Joignot 

5. L’HISTOIRE ACCÉLÉRÉE 

L’accélération affecte aussi les actualités, les événements et même, dites-vous, la mémoire. 

Il est frappant de constater combien des successions d’événements du mois précédent, ou de quelques jours auparavant, parfois même de quelques heures, auxquels nous donnions tant d’importance, qui nous semblaient chargés de signification, disparaissent de notre mémoire. Parfois, ils ne semblent même pas laisser de trace. Ainsi, que reste-t-il de la Coupe du monde de football, cet été, ou de la crise européenne, il y a six mois, lorsque la Grèce s’est retrouvée au bord du défaut de paiement ? Tous ces événements nous apparaissent déjà comme voilés par la brume de l’histoire accélérée. Ces épisodes ne semblent plus faire partie de nos vies, ils ne sont plus reliés à notre présent, encore moins à notre présence au monde. Ils ne nous disent plus rien sur ce que nous sommes, ils ne nous concernent plus ou si peu. 

Notre époque se montre extrêmement riche en événements éphémères et très pauvre en expériences collectives porteuses de sens. Des épisodes aussi importants que la disparition de l’URSS ou la première guerre d’Irak appartiennent déjà à un passé lointain. L’histoire depuis s’est encore accélérée. Si les premiers journaux quotidiens s’étaient donné pour objectif de nous offrir les « nouvelles du jour », ils ne suffisent plus aujourd’hui. Les médias d’information en continu comme CNN sont apparus, les « JT » sont réactualisés tout au long de la journée, nourris en permanence par un texte défilant donnant, minute par minute, les toutes dernières news. L’actualité du monde est devenue un flux constant de nouvelles offert 24 heures sur 24.

Ici encore, l’accélération technique contribue à celle du changement social. En effet, la diffusion de plus en plus rapide des informations induit des réactions de plus en plus rapides, que ce soit dans les marchés financiers ou dans les médias. La connaissance de l’état du monde à midi est déjà dépassée à 16 heures, la durée de vie d’une actualité se réduit jusqu’à tendre vers zéro, les journalistes ont à peine le temps de la décrire et l’analyser, les gens de la comprendre. Au final, nous avons tous l’impression de vivre dans une instabilité permanente, un présent court où des faits rapportés en début de journée semblent avoir perdu toute leur valeur le soir même, et dont nous ne savons plus quoi penser… 

L’accélération touche donc aussi notre capacité de comprendre notre époque en profondeur. 

Oui, nous perdons notre emprise théorique sur le monde, la réflexion de fond régresse, nous n’arrivons plus à appréhender le sens et les conséquences de nos actions. Nous n’avons plus le temps de délibérer, de réfléchir, de formuler, de tester et construire des arguments. C’est pourquoi, en politique, le parti victorieux n’est plus celui qui présente les meilleurs arguments ou le meilleur programme, mais celui qui sera doté des images les plus frappantes. Car les images vont vite, les arguments lentement. Ainsi, nous assistons au règne de l’opinion rapide, des décisions politiques réactives. Au règne de l’aléatoire et de la contingence : un seul aspect d’un problème important se voit retenu par les médias, souvent par hasard, ou parce qu’il fait réagir et donne des images, puis il devient peu à peu le sujet unique du débat. Prenez le débat actuel sur l’islam en Europe. En France on ne parle plus que du voile, en Allemagne des minarets, un thème devient très vite le point central des analyses menées par les commentateurs, puis par les hommes politiques. 

Ainsi, le point de vue illusoire et réactif, la doxa, n’est elle-même que la conséquence aléatoire d’une constellation d’événements eux-mêmes aléatoires. C’est pourquoi j’en arrive à comparer l’accélération sociale à une forme inédite de totalitarisme. Elle affecte toutes les sphères de l’existence, tous les segments de la société, jusqu’à affecter gravement notre soi et notre réflexion. Personne n’y échappe, il est impossible d’y résister, et cela génère un sentiment d’impuissance. Si l’Eglise catholique a été accusée de produire des fidèles enclins à la culpabilité, au moins proposait-elle du réconfort : « Jésus est mort pour porter vos péchés, vous pouvez en être absous par la confession et l’absolution. » Rien de tel n’existe dans la société contemporaine. Nous n’échappons pas à l’accélération. 

Propos recueillis par Frédéric Joignot  

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Judo : le légendaire Anton Geesink est mort

Posté par mouradpreure le 28 août 2010

Le Monde – 28.08.10

Judo : le légendaire Anton Geesink est mort dans SOCIETE 1404002_3_db29_anton-geesink-lors-des-jo-1964-au-japon

Le Néerlandais Anton Geesink, premier non-Japonais couronné champion du monde de judo, est mort à l’âge de 76 ans.

Champion olympique à Tokyo en 1964, Geesink est décédé vendredi après quelques semaines à l’hôpital en raison d’une maladie récemment déclarée, a rapporté la radiotélévision publique néerlandaise. Geesink avait provoqué un séisme dans le monde du judo en devenant champion du monde en 1961 à Paris, brisant ainsi l’hégémonie japonaise sur ce sport. Il avait été encore couronné en 1965. Son palmarès compte également 21 titres de champion d’Europe.

« Un géant vient de s’éteindre », écrit la Fédération internationale de judo sur son site internet, soulignant le rôle joué par le Néerlandais dans le développement du judo à travers le monde. Anton Geesink était membre du Comité international olympique depuis 1987. Le CIO a exprimé sa « grande tristesse » dans un communiqué.

Image de prévisualisation YouTube

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

MALIKA GAÏD LA MARTYRE – Ne touchons pas aux icônes !

Posté par mouradpreure le 28 août 2010

Je suis choqué par la nouvelle annoncée par la presse concernant la débaptisation de l’école Malika Gaïd.

Quelque soit l’obligation qui nous revient de rendre hommage aux artistes, feu Dahmane El Harrachi figure parmi les plus illustres de nos artistes (et ici on l’a fait de la manière la plus inélégante et la plus inappropriée), rien ne justifie que l’on porte atteinte à la mémoire de nos martyrs.

Nos enfants ont besoin pour se construire de tout ce capital symbolique fait de sacrifices et d’amour de la patrie qu’incarnent Larbi Ben Mhidi, Abane Ramdane, Hassiba Ben Bouali, le Colonel Amirouche et Malika Gaïd. Gloire à tous nos martyrs

Je reproduis le remarquable commentaire du professeur Chitour sur cette question.

Dr Mourad Preure

 

Pr Chems Eddine CHITOUR -L’Expression – 28 Août 2010

 «Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie. Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau. Toute gloire près d’eux passe et tombe éphémère; Et comme ferait une mère, La voix d’un peuple entier les berce en leur tombeau.» Victor Hugo

Un article d’El Watan relayé par des sites Internet nous apprend qu’une débaptisation d’une école a eu lieu. Quoi de plus normal dans l’anomie actuelle? La personnalité débaptisée et du même coup démonétisée est Malika Gaïd, morte les armes à la main à 24 ans. Nous lisons le cri du coeur: «C’est un homme en colère qui nous a contactés hier au siège de la rédaction pour nous dire son indignation et son incompréhension Cet homme s’appelle Gaïd Tahar, ancien moudjahid, ancien ambassadeur, écrivain, islamologue. Il nous a fait part de sa perplexité devant un fait qui l’a complètement abasourdi. «A El Harrach, on a débaptisé un CEM qui portait le nom de la moudjahida Malika Gaïd, pour lui substituer celui du chanteur Dahmane El Harrachi. Ce n’est pas parce que Malika est ma soeur que je suis outré par un tel acte, car Malika appartient au patrimoine national. Elle a incarné le sacrifice suprême et elle est tombée au champ d’honneur.»1.

Qui est Malika Gaïd?

C’est avant tout une Algérienne, de ces Algériennes avec un caractère trempé qui, reniant le confort relatif d’une vie familiale, renonçant à sa jeunesse ou plutôt la sacrifiant, décide de répondre à l’appel de la liberté pour son pays. Malika Gaïd est une martyre de la guerre d’Algérie née en 1934 à Belcourt et dont la famille est originaire de Timenguache, un village de Beni Yaâla, près de Guenzet, dans la wilaya de Sétif. Elle est une des figures de la résistance des femmes durant la Révolution algérienne. Elle est parmi celles qui ont sacrifié leur jeunesse pour un idéal de liberté, de justice et de dignité. Incorporée dans les rangs de l’ALN en tant qu’infirmière, elle mourut les armes à la main dans une grotte-hôpital dans la région de Iwakouren pres de M’chedallah. Un ouvrage intitulé Ange de Lumière retrace sa vie. Malika Gaïd est le nom qu’a pris, à l’indépendance de l’Algérie en 1962, le Lycée de jeunes filles à Sétif.

Malika Gaïd est un symbole de l’homme et de la femme algérienne, combattante, résistante, révolutionnaire. C’est grâce à toutes les moudjahidate et moudjahidine morts au combat que l’Algérie a acquis son indépendance. Il est de ce fait incompréhensible que l’autorité qui a pris sur elle de démonétiser Malika Gaïd – si les faits sont avérés – l’ait fait sans avoir eu les autorisations nécessaires des ministères des Moudjahidine, de la Culture, et de l’Education nationale. En débaptisant les édifices qui portent des noms des maquisards morts pour ce pays, le peuple risque de les oublier. Est-ce une entreprise délibérée, Non! Je ne crois pas! On dit que la bêtise humaine est celle qui rend le mieux la notion de l’infini. Malika Gaïd fait partie du Panthéon national, elle est dans le coeur de tous les Algériens libres elle n’a pas besoin d’un lycée pour mettre à l’abri son grand sacrifice et le surpassement de soi.

C’est très bien d’honorer Dahmane. Mais pourquoi déshonorer Malika? Je suis sûr que cela aurait révolté Dahmane lui-même. Pourquoi n’avoir pas donné son nom à un nouvel établissement, à une nouvelle université, à un musée, un théâtre? Débaptiser un établissement, et effacer le nom qu’il portait sur son fronton, et dans la mémoire de ceux qui l’ont fréquenté ou connu, procède d’une volonté délibérée de déshonorer une mémoire, et sans le vouloir peut-être d’humilier les proches de cette résistante compatriote, qui a donné sa vie pour nous. La personne qui a initié cette véritable forfaiture, a indirectement cherché à tuer Malika Gaïd pour la seconde fois.

Qui décide d’une baptisation? Y a-t-il un pilote dans l’avion? Comment peut-on se déjuger à ce point, il y a en l’occurrence un procès à faire à l’incurie? Malika Gaïd a-t-elle trahi pour ne pas mériter un modeste CEM? Combien d’hommes et de femmes illustres méritent que leur nom soient au Panthéon? Quelle est la règle du jeu? Comment peut-on réfléchir à moraliser les appellations. Nous en sommes encore aux combats d’arrière-garde.

On se souvient que du temps de la colonisation, chaque commémoration donnait lieu à une stèle et par exemple dans les lycées, elles étaient plaquées au mur et étaient regardées avec un certain respect. Pour l’histoire, j’avais proposé que toutes les débaptisations devaient se faire dans les règles, tous les Lavigerie, Rovigo, Saint Arnaud, Montagnac, Canrobert qui ont tant fait souffrir nos ancêtres on doit à la face du monde leur lever des stèles ou on rapporte en honnêtes courtiers et sans haine, dans la sérénité la plus totale, leurs faits d’armes, leurs enfumades, leur prosélytisme forcené au besoin. C’est une façon de les juger devant l’histoire et pour tous ceux qui pensent encore à «l’oeuvre positive de la colonisation».

Dans ce genre de choses, l’amateurisme ne doit pas avoir cours, s’il est vrai que dans l’euphorie de l’indépendance il y a avait la joyeuse pagaille. 50 ans ont passé, le désordre est passé de mode, le monde nous regarde. Nous devons plus que jamais être cohérents. Si les faits sont avérés, il y a en l’occurrence un vaste dysfonctionnement. Tous les départements ministériels concernés devraient répondre de cela (la culture, l’éducation, les moudjahidine…).

Attention aux symboles

Pourquoi avoir substitué celui d’une moudjahida, n’y a-t-il pas d’autres écoles qui peuvent être baptisées du nom de Dahmane El Harrrachi? Et pourquoi cette reconnaissance tardive et uniquement à El Harrachi? Nous sommes nombreux à apprécier le grand Dahmane El Harrachi avec sa voix rocailleuse et ses textes de qualité, c’est le Georges Brassens algérien. Pourquoi pas un institut au nom d’El Anka? Il me semble que les femmes et les hommes qui méritent d’être des symboles ne devraient pas voir leurs noms attachés à un quartier, une ville ou une région. Ils devraient transcender cela. A moins de poursuivre un partage tacite et invisible des symboles, globalement chaque région compte ses billes, baptise les siens… Ainsi, à ma connaissance et à titre d’exemple, il n’y a pas de baptisation de Mouloud Mammeri en dehors de la Kabylie.
Un autre exemple, dans l’enseignement supérieur, nous n’avons encore pas vu d’établissement au nom de personnes illustres qui ont servi fébrilement la flamme de la science et de la connaissance loin du m’as-tu-vu et des gens bien en cours. Les exemples sont légion pour ces moudjahidine de la plume (Professeurs Aoudjhane, Ouabdesslam, Lacheraf… et tant d’autres).

De ce fait, il est dangereux pour la société de remettre en cause des références et symboles constitutifs de la nation. En détricotant – peut être d’une façon non intentionnée – la trame de l’identité du peuple qui se reconnaît à travers ses repères identitaires, nous allons accentuer l’errance identitaire. Est-ce cela qui est voulu? Au moment où les pays à même maturité consolident leurs invariants, nous, en Algérie, on remet tout en cause! En fait, nous payons le prix de l’approximation pour n’avoir pas écrit notre histoire dans sa dimension récente d’une façon apaisée.

L’histoire de la Révolution algérienne est à faire. Car ce que nous avons en face de nous et ce que nous faisons ingurgiter à nos enfants, c’est une compilation de faits et de méfaits imposés par les pouvoirs successifs et non une histoire généreuse, reconnue, consolidée et faisant l’objet d’un large consensus qui, véritablement, contribue à ce désir de vivre ensemble qui pour répéter cette belle phrase d’un historien français: «Vouloir être une nation est un plébiscite de tous les jours.» Un feuilleton comme Mostefa Benboulaid a fait beaucoup de bien, il a réellement été porteur d’une certaine idée généreuse de la Révolution. Il faut le savoir, la plupart des révolutionnaires avaient moins de trente ans. D’autre part, tous les grands pays donnent des ancrages universels à leurs symboles. Verra-t-on un jour un institut du nom d’Einstein, ou plus simplement d’Ibn Khaldoun que nos voisins tunisiens apparemment plus futés que nous, monopolisent…? Ce fait apparemment anodin est symptomatique d’une lame de fond qui consiste à tout remettre en cause pour imposer un nouvel ordre. Malika Gaïd restera toujours une martyre et la débaptisation inexplicable n’enlève rien au respect de la mémoire des Chahids qui sont morts sans avoir goûté les fruits de la liberté.

1.Débaptisation d’un CEM à El Harrach Dahmane El Harrachi à la place de Malika Gaïd. El Watan, 23 août 2010

Publié dans GEOPOLITIQUE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Deux citations que je trouve magnifiques …

Posté par mouradpreure le 28 août 2010

 Deux citations que je trouve magnifiques ... dans SOCIETE ROUTE

Une d’Antonio Gramsci …

« La crise, c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître ».

 

Et une autre de Bob Dylan …

« Tout ce qui n’est pas en train de naître est en train de mourir » …

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Le Ramadhan dans l’Empire du Milieu

Posté par mouradpreure le 26 août 2010

La Nouvelle République – 26-08-2010

Le Ramadhan dans l’Empire du Milieu dans SOCIETE xining-mosque12 

C’est dans cette mosquée que se rassemblent la majorité des musulmans de Pékin durant le mois sacré. Dès les premiers jours du mois et même un peu auparavant, des calendriers sont distribués dans les principales mosquées et les restaurants musulmans. Tout y est précisé, du 1er jour du mois jusqu’à la fête : les horaires des prières, le coucher du soleil, la rupture du jeûne, des repas… selon les régions. Aujourd’hui, plus de 700 imams officiels dirigent les prières et donnent des prêches dans quelque 300 mosquées en Chine. L’Empire du Milieu (Beijing) a aussi ses imams femmes. Appelées nü ahong, elles exercent uniquement dans des mosquées pour femmes, les nü si. En fait, les lieux de cultes exclusivement destinés aux femmes ne datent pas d’hier. Ils remontent au XIIIe siècle. Leur apparition remonte à la dynastie des Yuan (XIIIe). Certains chercheurs l’attribuent à l’arrivée de nombreux musulmans d’Asie centrale ayant épousé des femmes autochtones.

L’Empire du Milieu prône également la liberté du culte. Mais ceux qui pratiquent n’ont rien à envier à leurs coreligionnaires de La Mecque et du Caire. Ils passent des heures dans les mosquées à invoquer Dieu et se plongent dans une intense ferveur. Un f’tour très particulier Le f’tour à Beijing est assez particulier. Le repas riche en calories est généralement composé de sucreries, des gâteaux qui ressemblent à la Chebbakia, mais aussi la fameuse soupe chinoise à la vermicelle (appelée pang). Les fruits secs (prunes, abricot, noix, amandes…) sont consommés à volonté durant ce repas, de même qu’un pain spécial, le neng. C’est une variété de pain, rond, gonflé au milieu. Pour le plat de résistance, les Chinois raffolent des pâtes aux viandes durant le mois sacré. D’autres consomment plutôt des soupes au riz et des plats variés (œufs aux tomates, fromages chinois d’origine végétale…) Après le f’tour, les musulmans de Chine boivent beaucoup de thé avec une spécialité locale qui s’apparente au sellou. Le café n’est pas dans les habitudes du pays de Mao. En revanche, les rafraîchissements sont consommés à volonté: différents types de jus de fruits (raisin, pomme, orange, pêche…).

A chaque Ramadhan, des repas de f’tour sont gracieusement servis dans les mosquées. De même, dans les universités chinoises, où il existe une communauté d’étudiants musulmans, le repas du shour est servi à l’ensemble des étudiants, toutes obédiences confondues. Autre particularité des musulmans chinois : la charité s’intensifie les dix derniers jours du mois sacré. La communauté organise des échanges inter régions: «Des voyages entre musulmans à Shanghai, Beijing, Yinchuan… ainsi que des causeries religieuses et débats sont tenus durant cette période», précise El Hajraoui. Et d’ajouter : «Cela permet aux musulmans de vivre leurs différences en communauté et en même temps découvrir leur pays dans la ferveur.» Les musulmans de Ningxia L’Islam chinois a plus de 1 200 ans d’histoire.

La plus grande communauté musulmane est celle des Hui. Basés au nord de la Chine, les Hui comptent pas moins de 10 millions de fidèles. On les retrouve particulièrement dans la région autonome de Ningxia, les provinces du Gansu et du Henan. Les musulmans de Ningxia seraient des descendants de commerçants du Moyen-Orient qui empruntaient la Route de la soie sous la dynastie des Tang et des Chinois qu’ils avaient convertis. Les Hui ont leurs propres spécificités. Ils manifestent un attachement indéfectible à l’islam. Autrefois, les Hui faisaient partie des musulmans les moins orthodoxes. Ils fumaient et buvaient. Peu d’entre eux se laissaient pousser des barbes, et les femmes portaient rarement le voile. Entre-temps, l’influence des Wahabites est passée par là. Les mosquées sont bondées le vendredi ; le port du voile et de la calotte se généralise. Et les Hui sont de plus en plus nombreux à se rendre à La Mecque. Les jeunes étudiants musulmans de cette région s’inscrivent dans des universités au Moyen-Orient pour parfaire la maîtrise de la langue arabe, suivre des études islamiques, voire développer des affinités culturelles. A. R.

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

Gates et Buffett veulent faire des émules en Chine

Posté par mouradpreure le 25 août 2010

L’Expansion.com et AFP –  24/08/2010  

Gates et Buffett veulent faire des émules en Chine dans ECONOMIE MONDIALE buffett_360 Mike Warren Buffett - Segar / Reuters

Les deux philanthropes se rendront le mois prochain en Chine, le pays qui compte le plus de milliardaires après les Etats-Unis. Ils expliqueront la démarche qui les a conduit à persuader 40 milliardaires américains à verser la moitié de leur fortune à des organisations caritatives.

Bill Gates et Warren Buffett se rendront en Chine le mois prochain pour rencontrer des personnes très fortunées et expliquer leur démarche, qui les a conduit à persuader 40 milliardaires américains à verser la moitié de leur fortune à des organisations caritatives, a déclaré mardi un porte-parole du projet. Ce porte-parole, qui s’exprimait sous couvert de l’anonymat, a indiqué que le projet « Giving Pledge » (Engagement de don) restait pour l’instant centré sur les Etats-Unis.

Lire aussi Pourquoi les riches Américains sont si généreux

Et Pourquoi les riches Français sont moins philanthropes que les Américains

« Mais Warren, Bill (fondateur de Microsoft, ndlr) et Melinda (Gates, la femme de Bill) discutent depuis un an de dons et de philanthropie avec des groupes de personnes à travers le monde et veulent en rencontrer encore d’autres cette année », a dit ce porte-parole. « L’idée fondamentale — que ceux qui ont une grande fortune peuvent et doivent consacrer cette fortune pour un monde meilleur — a un écho à travers le monde », a-t-il ajouté.

Le financier Warren Buffett avait déjà indiqué récemment qu’il comptait rencontrer « un grand groupe de Chinois fortunés » fin septembre, avant d’entreprendre la même démarche en mars 2011 en Inde. « Il s’agit de partager un peu notre expérience avec des personnes dans ces pays. Et s’ils veulent reprendre cette idée que nous trouvons bonne, nous serons enchantés », avait-il dit.

La Chine est le pays dans le monde qui compte le plus de milliardaires en dollars après les Etats-Unis, selon le magazine Forbes.

Un milliardaire chinois âgé de 88 ans, Yu Pengnian, qui s’est enrichi dans l’immobilier et l’hôtellerie, a déjà annoncé en avril qu’il allait donner sa fortune à des organismes de bienfaisance.

Publié dans ECONOMIE MONDIALE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Que devient Bill Gates ?

Posté par mouradpreure le 21 août 2010

Yahoo Actualités – 17 août 2010

 

 Que devient Bill Gates ? dans ECONOMIE MONDIALE techyou+bill+gates-186x140

Bien qu’à la retraite, l’ex-Homme le plus riche de la planète continue à alimenter l’actualité. Alors, à quoi cela ressemble, les vieux jours de M. Microsoft ?

Prendre sa retraite, ça a du bon. A presque 53 ans, c’est plutôt agréable. Avec un peu plus de 50 milliards de dollars sous le matelas, c’est à la limite du raisonnable. William Henry Gates III, plus connu sous le joli nom de Bill Gates, a mis fin à l’été 2008 à 33 ans de carrière au sein de son Microcomputer Software, qu’il a co-fondé dans son garage avec Paul Allen en 1976.

Clap de Fin ? Pas vraiment, puisque le richissime binoclard reste Président de la firme mais n’a plus aucun pouvoir décisionnel. Désormais, c’est Steve Ballmer, son gesticulant pote de fac, qui tient (avec moins de réussite) les rênes de Microsoft.

Par ailleurs, vous l’avez peut-être manqué à l’époque, mais il existe des archives concernant la dernière journée de travail de l’ami Bill :

Image de prévisualisation YouTube 

Mais alors, que faire, dans une telle position ? Perfectionner son point de croix ? Se mettre au bridge ? Acheter un archipel ou une équipe de foot US ? D’aucun profiterait logiquement et bien tranquillement d’une fortune colossale 53 milliards de dollars. Pourtant, l’ex-Homme le plus riche de la planète – il s’est vu voler la 1ère place cette année par le magnat mexicain des télécommunications, Carlos Slim – voit sa retraite autrement. Son argent, il va le dépenser, oui, dans le monde entier… pour les autres.

Fondation : Bill Gates 2.0

« Quand on est riche, il faut laisser à ses enfants suffisamment pour qu’ils puissent faire ce qu’ils veulent mais pas assez pour qu’ils puissent ne rien faire » : un conseil de sage prodigué par son ami l’investisseur Warren Buffet (3e fortune de la planète, au passage) et appliqué à la lettre par William Gates III. Ainsi, dès 2006, ce dernier annonce-t-il vouloir léguer 95 % de sa fortune à des œuvres caritatives lors de son décès. Ses trois enfants, Rory, Phoebe Adèle et Jennifer Katherine doivent s’en mordre les doigts, eux qui n’auront que quelques centaines de millions de dollars à se partager.

Où ira l’argent ? Il rejoindra sans doute en grande partie les plus de 100 milliards de dollars déjà investis dans la fondation (dont 37 milliards généreusement donnés par Warren Buffet) créés par Gates en 2000 avec sa femme, la Bill & Melinda Gates Foundation. A noter tout de même que l’association ne verse « que » 2 milliards de dollars par an à des organisation sélectionnées au préalable, soit 5 %. La fondation a donc encore un peu de marge.

techyou+bill+gates+fondation dans SOCIETE 

L’ancienne tête pensante de Microsoft et sa femme arpentent ainsi le sud de la planète depuis dix ans à la recherche de causes à défendre et de problèmes à résoudre. Alphabétisation de zones reculées d’Amérique du Sud, fourniture de vaccins contre plusieurs maladies et accès à la trithérapie en Afrique, le champs d’application de la générosité du père Bill est étendu et varié. Surtout, loin de seulement abreuver les nécessiteux, la fondation œuvre toujours en étroite collaboration avec les cercles dirigeants des pays soutenus. La fondation Gates agit la plupart du temps sous forme d’investissements au sein d’entreprises locales, car aider pour aider sans construire reste stérile. Au-delà de l’aspect philanthropique de l’ »entreprise », cela apparaît sous certains égards à une magnifique manœuvre pour, également, positionner des pions sur l’immense échiquier qu’est la planète.

techyou+bill+gates+fondation2 

Car les 95 % des capacités financières de la Fondation servent aujourd’hui à mettre au point des brevets (systèmes d’irrigation, recherche médicale…) qui seront ensuite utilisés dans le cadre de l’aide Gates, mais aussi à investir à grande échelle dans la recherche pétrochimique. L’esprit d’entreprise n’est donc jamais trop loin, même les pieds en éventail dans sa retraite dorée. Reste que la Fondation Bill & Melinda Gates représente aujourd’hui un organe financièrement plus puissant que l’OMS (Organisation mondiale de la santé).

Association de bienfaiteurs ?

techyou+bill+gates+jobs

Entre deux voyages dans l’hémisphère sud et autres conférences sur l’avenir des technologies de communication avec son « ami de toujours » patron d’Apple, Steve Jobs, Bill Gates trouve tout de même le temps de mettre sur pied des réunions secrètes entre richissimes américains.

Des faits rapportés par le Los Angeles Times. Au sein de ces conciles, auxquels participent Warren Buffet, la présentatrice superstar Oprah Winfrey ou encore David Rockefeller, on discute gestion des ressources naturelles, approvisionnement des zones sinistrées du globe en eau potable ou encore ralentissement de la surpopulation. La dernière séance, tenue en février dernier à Long Beach en Californie, avait pour but d’imaginer pour chaque participant les meilleures moyens d’utiliser la fortune de chacun pour une cause donnée. Et c’est sans doute ce jour-là qu’à germer dans l’esprit de Gates l’idée de The Giving Pledge, projet annoncé en grande pompe le 6 août dernier. The Giving Pledge, ou « promesse de dons » en français, est une entreprise sans précédent. Le principe ? Réunir le plus de milliardaires américains possible (ils sont environ 400) et les inviter à faire une promesse de don, de leur vivant ou après leur mort, de 50 % au minimum de leur fortune. Avec l’âge et les milliards, la soif de capital se muerait donc en besoin de philanthropie.

techyou+bill+gates+portrait2

Un besoin apparemment contagieux et un projet pas si dingue puisque 40 d’entre eux ont déjà pris position, certains comme Warren Buffet annonçant vouloir léguer 99 % de leur fortune. Barron Hilton, Ted Truner et bien d’autres s’ajoutent aux premiers noms cités plus haut. La liste est disponible sur le site de cette nouvelle fondation et le total provisoire des promesses atteint déjà les 115 milliards de dollars.

Bien sûr il ne s’agit que de promesses de dons et bien entendu, l’idée d’imaginer plusieurs milliardaires mutualiser leur moyens laisse une partie de notre esprit naviguer vers les plus sombres histoires de complots de certains films hollywoodiens, mais l’intention reste louable.

Finalement, la retraite de Bill Gates est un peu une seconde vie. Un redémarrage (et avec Windows, il s’y connaît) bénéfique aussi pour sa conscience, son image et l’ensemble des personnes impliquées de près ou de loin dans les actions du milliardaire. Reste à savoir si son coup d’éclat de cet été peut se muer en actes concrets car mine de rien, les conséquences seraient gigantesques, un peu comme si la planète trouvait un nouveau système d’exploitation pas trop mal programmé.

Publié dans ECONOMIE MONDIALE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Le projet de nouveaux Quick halal fait déjà des remous

Posté par mouradpreure le 19 août 2010

Par lefigaro.fr 18/08/2010   

Rien n’est encore officialisé, mais deux élus de Seine-Saint-Denis font savoir leur opposition à un projet d’ouverture prochaine de plusieurs établissements proposant exclusivement de la viande conforme aux rites musulmans.  

 

Quick va-t-il étendre l’expérience de Roubaix ? L’enseigne de restauration rapide envisage de réserver des restaurants à la viande halal dans plusieurs villes de France, dès septembre. Quatorze établissements seraient concernés.

La formule est déjà testée depuis l’hiver dernier dans huit établissements en France. À Toulouse, Argenteuil et Garges-les-Gonesse (Val d’Oise), Buchelay (Yvelines), Villeurbanne (Rhône), Marseille (Bouches-du-Rhône) et Roubaix (Nord), Quick propose des hamburgers garnis de viande de bêtes abattues selon les rites musulmans et dans lesquels la dinde fumée remplace le bacon. «L’expérimentation est concluante», indique la chaîne de fast-food, tout en précisant être encore «en période de réflexion». Une conférence de presse est programmée pour le mardi 31 août à Paris, au cours de laquelle l’enseigne va dévoiler les noms des restaurants qui vont offrir la formule halal.

«Un comportement communautariste»

Mais le site d’informations à destination des consommateurs musulmans al-Kanz a déjà levé le voile sur les villes qui seraient concernées. Trois nouveaux établissements halal seraient selon lui prévus dans le département de Seine-Saint-Denis: à Rosny-sous-Bois, La Courneuve et Sevran. D’autres restaurants du même type seraient prévus à Reims, à Strasbourg et à Chelles, en Seine-et-Marne. «Les villes de Lille, Bordeaux et Marseille seraient aussi concernées mais rien à Paris», précise Fateh Kimouche, le fondateur d’al-Kanz, qui dit avoir eu confirmation directement auprès des établissements concernés. Le siège de Quick n’a pour sa part ni infirmé ni confirmé ces informations.

En début d’année, une polémique avait éclaté à ce sujet autour d’un établissement de Roubaix, dans le Nord. Face au tollé soulevé parmi les élus locaux, Quick avait dû faire des concessions en s’engageant à offrir des produits non halal. Cette fois encore, la chaîne de fast-food risque de se heurter à la grogne des élus. Claude Capillon, le maire UMP de Rosny-sous-Bois – qui a assuré au Parisien avoir eu confirmation du projet auprès du siège de Quick – s’est déjà fendu d’un courrier de protestation contre un projet qu’il juge «discriminatoire». «Je ne comprends pas qu’on puisse enlever le choix aux clients actuels qui ne mangent pas halal», s’indigne l’élu. Gille Poux, maire PCF de La Courneuve, également en Seine-Saint-denis, fustige quant à lui «un comportement communautariste. «Ce n’est pas l’idée que je me fais du vivre ensemble», affirme-t-il. Reste que face à un marché estimé à 5,5 milliards d’euros en France, l’enseigne pourrait bien passer outre ces considérations.

LIRE AUSSI :

» Le marché halal suscite les convoitises en France

Publié dans SOCIETE | Pas de Commentaire »

1234
 

JE VOUS DIS TOUT |
forever |
Maud in Mumbai ! |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | LA FRANCE LIBRE
| ELEVAGE AMATEUR DE BOULEDOGUES
| You're on my official's WEB...