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    Naïvement enlacée à la mer, Alger si loin de son destin …

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  • A quoi ressemblera l’économie mondiale en 2060 ?

    www.latribune.fr Pierre Manière | 09/11/2012

    Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dresse le portrait de l'économie mondiale en 2060. Elle prévoit un grand chambardement de l'ordre établi. Comme attendu, la Chine deviendra la première économie de la planète. L'Inde, pour sa part, se classera deuxième, devant les Etats-Unis. New Delhi voit ainsi la part de sa contribution au PIB mondial progresser de 7% à 18% ! La zone euro, elle, verra son poids dégringoler de 17% à 9%.
    Sur le même sujet
    L'exercice apparaît pour le moins ambitieux. Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dévoile sa photographie de l'économie mondiale en... 2060 ! Et ses résultats font état d'un vrai chambardement de l'équilibre économique mondial.
    • Une croissance maussade de 3% par an en moyenne
    D'abord, l'OCDE parie sur un retour progressif aux fondamentaux économiques d'avant crise à horizon 2020. "Une fois liquidé l'héritage de la crise financière mondiale, le PIB global pourrait croître d'environ 3% par an au cours des 50 prochaines années", grâce à "l'amélioration de la productivité" couplée à "l'accumulation de capital humain", précise le rapport. Une croissance profondément inégale, les vieux pays industrialisés affichant des taux bien inférieurs aux pays émergents.
    Un bémol, de taille, concerne toutefois la manière dont la crise actuelle impactera les prochaines décennies. Chef de la division de l'analyse des politiques structurelles de l'OCDE, Giuseppe Nicoletti concède qu'"il y a beaucoup d'incertitude" sur la date de rétablissement de l'économie mondiale. De plus, il souligne que la manière dont les Etats sortiront de la crise aura des conséquences importantes. "Si les Etats-Unis et l'Europe s'en sortent avec des niveaux de dettes trop élevés, cela peut avoir, à terme, des conséquences sur les marchés de capitaux, provoquer une baisse des investissements, et plomber le marché de l'emploi", prend-t-il en exemple.
    • La Chine et l'Inde en pole position
    La Chine devrait débuter ce premier demi-siècle sur les chapeaux de roues. Sur la base des parités de pouvoir d'achat de 2005, l'étude précise que Pékin devrait dépasser cette année la zone euro en termes de contribution au PIB global. Avant de chiper la première place aux Etats-Unis "quelques années plus tard", voyant son poids dans le PIB mondial passer de 17% à 28%. Dans son sillage, l'Inde verrait sa contribution au PIB mondial passer de 7% à 18% en 2060, et dépasser à son tour le pays de l'Oncle Sam. Ainsi, si la Chine est championne en terme de croissance jusqu'en 2020 (avec une moyenne de 10%), Pékin voit sa progression du PIB se tasser jusqu'à 2,3% en 2030-2060. Or sur cette période, New Delhi affiche une moyenne de 6,7% au compteur.
    Pour expliquer le tassement de la croissance chinoise, Giuseppe Nicoletti évoque "le vieillissement de la population chinoise", y voyant-là "les conséquences de la politique de l'enfant unique". De son côté, il justifie le "rattrapage" indien par le fait que son économie part de très bas, citant des exemples "historiques", comme les dragons asiatiques ou l'Europe d'après-guerre.
    • Le moindre poids de la zone euro et des Etats-Unis
    A l'opposé, le Vieux Continent et les Etats-Unis, ne pèsent plus aussi lourd. Représentant respectivement 17% et 23% du PIB mondial aujourd'hui, la zone euro et Washington voient leurs participations chuter de 8 et 7 points.
    • Un quadruplement du PIB par habitant des pays les pauvres
    Conséquence du rattrapage des pays en développement, le PIB par habitant des économies actuellement les plus pauvres "aura plus que quadruplé", souligne l'OCDE. Il sera même multiplié par sept pour la Chine et l'Inde Tandis que celui des économies les plus riches "se contentera de doubler". Toutefois, le classement des pays en fonction du PIB par habitant ne devrait pas bouger. "Certes, les écarts de productivité et de qualification de la main d'oeuvre se réduisent, mais les différences qui subsistent sont encore pour une bonne part à l'origine des écarts de niveau de vie observés en 2060", souligne l'étude.

  • Arrêtez avec le « je me battrai pour vous » de Voltaire !

    Par Zineb Dryef | Rue89 | 14/04/2011

    Deux fois en quelques heures ! D’abord, un éditeur qui invoque son esprit « voltairien » pour justifier la publication d’un livre d’Eric Zemmour. Ensuite, un faux Carl Lang (ex-Front national) qui flatte Pierre Haski sur Twitter pour obtenir la publication d’une tribune sur Rue89 : « On vous dit voltairien », sous-entendu « vous connaissez comme moi la fameuse phrase ».

    Mais Voltaire n’a jamais écrit « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » ! Il ne l’a même jamais dit. A l’origine de cette formule, une Britannique, Evelyn Beatrice Hall qui, dans un ouvrage consacré à Voltaire en 1906, lui attribue le célèbre « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it ».

    Dans un documentaire de la TSR retraçant l’histoire de cette phrase, Charles Wirz, le conservateur du musée Voltaire de Genève, confirme que le philosophe n’a jamais rien dit de tel et présente même l’aveu d’Evelyn Beatrice Hall : « Je ne suis pas d’accord avec vous […] est ma propre expression et n’aurait pas dû être mise entre guillemets. »

    Dans son « The Friends of Voltaire », Evelyne Beatrice Hall a tenté ainsi de résumer la pensée de Voltaire, notamment au moment de sa prise de position dans l’affaire Helvétius, l’un des philosophes qui contribua à L’Encyclopédie.

    Son livre, « De l’Esprit », irrite profondément Voltaire – il qualifie le texte de « fatras d’Helvétius » dans une lettre à de Brosses du 23 septembre 1758, citée par Gerhardt Stenger mais lui apporte son soutien face aux attaques virulentes dont il est victime après la parution de son ouvrage.

    Dans ce contexte, la phrase prêtée à Voltaire ne paraît pas dépasser sa pensée. Pourtant, plusieurs amoureux de l’écrivain s’émeuvent de l’utilisation qui en est faite. On les comprend.

    Nietzsche « Au soleil » avec Jennifer

    « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » est devenu l’un des poncifs les plus irritants des dernières années. Peut-être autant que le « ce qui ne tue pas rend plus fort » de Nietzsche, nouvel hymne de Jenifer « ce qui ne me tue pas me rend forte » dans une chanson sur les bienfaits du soleil.
    Plus injuste encore, il est devenu l’arme de défense de tous ceux qui se croient censurés par les-médias-dominants-la-pensée-unique-le-politiquement-correct.

    Dans les années 2000, Thierry Ardisson l’a largement popularisé dans son émission « Tout le monde en parle » en le citant à tout bout de champ pour justifier la présence du moindre invité un peu controversé. Se proclamer voltairien est ainsi devenu synonyme de partisan de la liberté d’expression totale. On retrouve donc pêle-mêle Eric Zemmour, Robert Ménard, Dieudonné, etc.

    « Ce n’est pas du tout lui cette phrase »

    Voltaire, défenseur de la liberté d’expression illimitée ? Une supercherie, nous répond la Société Voltaire : « Ce n’est pas du tout lui cette phrase. Prenons le credo chrétien qu’il a toujours combattu. Ou les Jésuites. Il ne les aurait jamais défendus. »
    Plus fort, le cas Fréron. Ce journaliste parisien, responsable du journal L’Année littéraire, détesté de Voltaire, a eu droit à une pièce « Le Café ou l’Ecossaise » rédigée contre lui mais n’a jamais eu le moindre signe de soutien à chaque fois que son périodique a été censuré par… Lamoignon de Malesherbes, un ami de Voltaire.
    http://www.rue89.com/hoax/2011/04/14/arretez-avec-le-je-me-battrai-pour-vous-de-voltaire-199690

    • Album : CASBAH LUMIERE
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  • Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui

  • L’immortel Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui (1), de son nom kabyle Si Mouḥ N Amar U Mouḥ (2), est né, selon l'état civil, le 23 juillet 1910 sous le nom patronymique Mohammed KHELOUAT, au hameau de Taâzibt, un petit village de la région d'Ihesnawen (3). C'est, d'ailleurs, du nom de sa région natale qu'il en tirera son pseudonyme artistique qui était à l'origine : « Ben Ammar Hasnaoui », puis « Cheikh Amar El-Hasnaoui », avant de devenir « Cheikh El-Hasnaoui » plus tard. Quelques années après sa naissance, il perdit sa mère, LAÂZIB Sadïa (Bent Ahmed) elle-même originaire d'Alger de parents originaires de Biskra. Elle mourra des suites d'une maladie après avoir perdu ses deux jeunes enfants : Omar et Ali. Son père, Si Amar KHELOUAT (4), est absent du foyer, car enrôlé par l'Armée française durant la Première Guerre Mondiale. Démobilisé après une blessure, son père rentre au pays, il ira chercher à Alger le jeune Mohamed et le plaça dans une école coranique. Son apprentissage ne durera que quelques années, il en est sorti à l'âge de 12 ans. À Alger, il exercera plusieurs petits métiers tout en se « frottant » aux grands maîtres de la musique « chaâbi » comme El-Anka et Cheikh Nador. Ainsi, il assimila toutes les finesses de ce genre musical exigeant et s'affirme, bientôt, comme un artiste accompli, maître de son art et capable de l'exprimer aussi bien dans sa langue maternelle : « Taqbaylit », comme il le dit si bien, ainsi qu'en Arabe populaire (dialectal), l'autre langue qu'il vient d'acquérir et de perfectionner. Il animera pendant cette période bon nombre de soirées « qui seront pour lui l'occasion de se produire en public et de monnayer son talent ». Il vivra jusqu'en 1936, date de son dernier retour dans sa région natale, des allers-retours entre Tizi-Ouzou et Alger. La situation ambiante (sociale, intellectuelle,…) ne lui plaisant guère (5), il confia, un jour d'été, à Si Saïd U L'Hadi (6), un de ses amis d'enfance : « Cette fois, si je quitte le village, je serai comme une fourmi ailée. Là où me poseront mes ailes, j'y resterai. » (7) À Paris, le « Maître » s'impose comme un artiste phare, illuminant de toute sa classe la vie artistique du moment qui reste confinée aux seuls cafés, véritables microcosmes de la société kabyle. De tempérament solitaire, il fréquente très peu de gens, même pas les « grands noms » de la chanson kabyle de l'époque, mais il se lie d'amitié avec Fatma-Zohra (8), son mari Mouh-akli et Mohamed IGUERBOUCHENE avec lequel il collabore dans des émissions radiophoniques. Sa carrière connaît une parenthèse, durant la Seconde Guerre Mondiale, le temps d'accomplir en Allemagne, le Service du Travail Obligatoire. C'est pendant cette période qu'il fera connaissance de celle qui deviendra plus tard sa femme, il s'agit d'une jeune Française du nom de Denise Marguerite Denis qu'il épousera le 14 août 1948. Cherchant le calme, il quittera la région parisienne et la maison qu'il a construite de ses mains à Anthony pour s'installer à Nice (Rue de Belgique). En 1985 il quittera sa seconde demeure pour un voyage qui le mènera dans les Antilles, où il séjournera, seul, quelques mois avant de repartir vers Nice rejoindre sa femme. En 1988, il récidivera en mettant le cap sur l'île de la Réunion où il s'installera à Saint-Pierre, en compagnie de sa femme Denise, dans la même année. À des milliers de kilomètres des siens et de toute personne qui le connaît, Cheikh El Hasnaoui se construit son havre de paix. Il faudra attendre plus de 20 ans pour qu'un musicologue du nom de Mehenna MAHFOUFI retrouve enfin sa trace et lui rendra trois fois visite afin de s'entretenir avec lui. Le chanteur Abdelli et la chanteuse Behdja Rahal en feront de même et auront le privilège de rencontrer le Maître quelques années seulement avant qu'il ne s'éteigne le samedi 06 juillet 2002, à l'âge de 92 ans. Il sera inhumé, conformément à ses vœux, à Saint-Pierre de la Réunion où un jardin public porte aujourd'hui son nom, il y est indiqué : Cheikh El Hasnaoui, Maître de la chanson Kabyle : Taâzibt 1910 – Saint-Pierre 2002. Ainsi, il est parti le Maître, discrètement comme il a toujours vécu, Cheikh El-Hasnaoui, celui qui mérite plus qu'un autre la place de véritable classique de la chanson kabyle (et même algérienne), nous a laissés emportant avec lui tous ses secrets, que de questions demeurent posées : Ses choix de vie ? La rupture avec le pays ? Paroles de certains de ses textes ?
  • Les vaillantes tribus Hadjoutes étaient menées par un poète, Boutheldja …

    (Par Belkacem Rabah Mohamed Khaled) (...) Il n'existe malheureusement pas de statistiques précises sur le nombre des populations Hadjoutes, mais nous estimons, à partir de certaines données contenues dans le rapport du duc de Rovigo, «vingt-trois tribus Hadjoutes et douze mille cavaliers» ... Dix huit mille cavaliers selon d'autres sources, à un total de plus de quarante mille habitants pour l'ensemble de ces tribus et douars. A la bataille de Staouéli, les 4 et 5 juillet 1830 (Sidi-Ferruch), contre la pénétration des armées françaises et avant la proclamation de Abdelkader comme Emir, les contingents fournis par les tribus Hadjoutes (douze mille cavaliers Hadjoutes) ont combattu vaillamment parmi les cinquante mille hommes engagés dans la bataille. Le général Changarnier qui a eu à combattre les armées Hadjoutes, écrit à leur sujet (Mémoires), après les avoir qualifiés d'«habitants rebelles au joug de l'étranger», de « patriotes énergiques» ,«les Hadjoutes avaient pu mettre en campagne et entretenir, pendant plusieurs années, de mille à mille huit cents cavaliers très courageux, qui avaient accompli des choses dont les cavaliers les plus célèbres de l'Europe se seraient honorés... » De même, le duc d'Orléans n'eut pas manqué de rendre hommage au patriotisme de ces partisans : « ... Ces hardis partisans faisaient plus de mal aux Français que tout le reste des forces ennemies, de même que les Cosaques, dans les guerres de l'empire, contribuèrent plus que toutes les troupes régulières à détruire l'Armée française ... Les Hadjoutes empêchaient l'armée de dormir en la tenant sur un qui-vive perpétuel ... Cependant la mort d'un simple cavalier Hadjoute, Boutheldja le poète, tué dans un de ces engagements, fut une perte sensible pour la cause arabe ... Au milieu du mouvement de résurrection de ce peuple, qui renaissait du sang de ses braves enfants, Boutheldja fut le plus inspiré parce qu'il était le plus convaincu de tous les poètes. Ses chants lyriques, d'une douleur touchante et d'un farouche patriotisme, étaient devenus populaires parmi la jeunesse arabe. Le poète préféra rester en volontaire, au premier rang des Hadjoutes, et, simple soldat, comme Koerner, il mourut comme lui de la main d'un Français, en combattant pour une patrie que tous deux avaient rêvée grande, et qu'ils ne connurent que malheureuse. »
  • Tazir M’hamed Bacha. Ancien militant de la cause nationale, compagnon de Mohamed Belouizdad – «Qui se souvient des 3024 disparus de La Casbah ?»

    www.elwatan.com le 10.05.12

    L’Algérie s’est faite elle-même.
    «Le violence est infâme, son résultat est toujours incertain et nul ne peut agir justement quand il est poussé par la haine.» Antar Ibn Chadad
    Le hasard est parfois curieux. Il provoque les choses, soupire M’hamed qui pense que certains rendez-vous de l’histoire sont quelquefois étranges.A 18 ans, en 1944, il a été arrêté, torturé et jeté dans les caves de la préfecture d’Alger. Dix-huit ans après, en 1962, il est le patron de cette même préfecture d’Alger où il officie en tant que directeur de cabinet du regretté Nadir Kassab. Alors, il se rappelle des propos de son avocat d’autrefois, Maître Sansonneti et de sa flamboyante plaidoirie en déclarant : «Monsieur le président, depuis que je porte cette robe, je n’ai jamais eu peur de dire la vérité. Il y a quelque temps, sur ces mêmes bancs, j’ai défendu des socialistes, des communistes, des gaullistes. Ils sont actuellement au pouvoir. Il ne serait pas impossible que ces gens, que vous êtes en train de juger, seront un jour à la tête de ce pays.»
    Prémonitoires, les propos de l’avocat s’avérèrent justes, résume Tazir M’hamed Bacha, qui nous racontera les mille et une péripéties de sa vie mouvementée. De sa première militance au sein de la Jeunesse de Belcourt à la création de l’organisation spéciale dont il fut un témoin privilégié, à la solitude des prisons dont il a été un pensionnaire régulier, aux exactions innombrables de la soldatesque coloniale à l’origine notamment de la disparition de plus de 3000 Algériens à La Casbah, M’hamed raconte calmement cette étape douloureuse, car, dit-il : «Seuls peuvent juger la guerre ceux qui l’ont vécue dans leur âme et dans leur chair.»
    Comité de la jeunesse de Belcourt
    Mais M’hamed sait aussi faire la part des choses : «Le combat est la seule expérience où l’on peut éprouver un sentiment autentique de fraternité envers celui qui prend les mêmes risques que vous.» Et là, il met en avant les grands mérites de cet homme immense qu’a été Mohamed Belouizdad, brave parmi les braves, qui a été l’étincelle mais qui s’est éteint hélas très jeune, emporté par la maladie. Sur son lit de mort dans un sanatorium en France et alors que Ahmed Haddanou (El Caba) lui demandait s’il avait besoin de quelque chose qu’il pourrait lui rapporter, Belouizdad rétorqua : «Ce qui me manque malheureusement, tu ne peux pas me l’apporter. Ce dont j’ai besoin, c’est d’entendre El Adhan !»
    M’hamed parle de la guerre, mais aussi de paix. Celle qui fait cesser les fracas des canons et des bombes, mais aussi celle, beaucoup plus difficile à obtenir, qui doit se frayer un chemin dans le cœur de chacun. «Lors d’un voyage en France, j’ai pu lire un livre, prix Goncourt 2011, dont le titre L’art français de la guerre, d’Alexis Jenni. La lecture de certaines pages de cet ouvrage fut un choc pour moi. En effet, la liste des 3024 Algériens disparus lors de la bataille d’Alger en 1957 dont fait état l’auteur, je l’ai eue entre mes mains en août 1962 dans l’exercice de mes fonctions à la préfecture d’Alger. Cette liste reste une tache noire qu’il convient d’élucider», suggère-t-il.
    Tazir M’hamed Bacha est né le 2 janvier 1926 à Djendel (Aïn Defla). C’est en 1933 que son père, Mohamed Ben Mokhtar, vint s’installer à Cervantès avec sa famille. Il avait tourné le dos à sa vocation de fellah pour devenir petit commerçant à Belcourt près de son domicile.C’est dans ce quartier populeux que M’hamed Bacha grandit, fit ses études scolaires à l’école des Mûriers puis à Chazot, enfin au collège de Clauzel avec comme camarade de classe un certain Ali Haroun. Le débarquement des Américains en 1942 mit fin à cette aventure et M’hamed dut intégrer le monde du travail en exerçant en tant qu’auxiliaire aux PTT à la Grande-Poste.
    «On était jeunes. Les leaders politiques étaient pour la plupart emprisonnés. On ne devait pas rester les bras croisés. On a créé le Comité de la jeunesse de Belcourt avec Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, Ahmed El Caba, Moumdji…»
    Son militantisme lui valut d’être arrêté le 5 octobre 1944 chez lui, au 46 boulevard Cervantès. Il militait au PPA et distribuait l’Action algérienne, journal du parti. «C’est le commissaire Touron en personne qui procéda à mon arrestation. J’avais 18 ans et je venais de me marier. Ils m’ont amené dans les sous-sols de la préfecture d’Alger où les interrogatoires parraissaient interminables. Je suis resté 10 jours dans les caves avant d’être présenté devant un juge d’instruction militaire sous le chef d’inculpation ‘‘d’atteinte à la sécurité de l’Etat’’. C’est dans ces voûtes que j’ai connu Khider, Moali, Boulenouar, tous militants du PPA. Le 4 mai 1945, je suis déféré devant le tribunal militaire d’Alger.»
    Comme cela coïncidait avec les manifestations du 1er Mai 3 jours avant à Alger, les condamnations furent très sévères. 12 ans de prison et confiscation des biens. Il est envoyé à Lambese, mais retrouve sa liberté en avril 1946 après l’armistice. «Je reprends du service à Belcourt, où Belouizdad m’installe à la tête des Jeunes de Belcourt, c’est à ce titre que j’ai assisté au 1er Congrès du PPA entamé le 16 février 1947 à Bouzaréah et clôturé deux jours après à Belcourt à la limonaderie l’Africaine appartenant à un vieux militant du Parti, Melaine Mouloud. Lorsque, par hasard, nous nous trouvions parmi la foule de spectateurs du défilé militaire du 14 juillet que les Français organisaient chaque année pour célébrer la fin de la tyrannie chez eux, nous nous sentions secoués par le défi. Pourquoi ? Que représente pour nous cette cérémonie ? Pourquoi n’avons-nous pas nous aussi notre armée, notre drapeau ? Que devions-nous faire ? Les plus lucides répondaient : il faut nous organiser.
    De nombreuses idées germaient dans l’esprit des jeunes que nous étions. On était en pleine Deuxième Guerre mondiale. C’est ainsi que fut créé le Comité de la jeunesse de Belcourt, né tel un champignon sur un terrain fertilisé par la politique coloniale de la France qui s’acharnait depuis plus de cent ans par tous les moyens à soumettre notre peuple en lui fermant toute issue pour recouvrer sa dignité et sa fierté.» Les premiers membres fondateurs de ce comité : Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, M’hamed Yousfi, Hamouda et Tazir M’hamed. Le CJB fut intégré comme mouvement jeune du PPA.
    Belouizdad nous avait expliqué que c’était le seul parti vraiment nationaliste et révolutionnaire et dont le programme était clair, à savoir l’indépendance de l’Algérie et qui préconisait le seul et unique moyen d’atteindre ce but, à savoir l’action des masses populaires dont nous les jeunes devrions être l’avant-garde.»
    Belouizdad, un homme à part
    «A la tête du comité, Mohamed Belouizdad va déployer une intense activité et montrer un talent d’organisateur hors pair, qui le révéla rapidement aux instances supérieures du parti. La première grande décision du CJB fut la création d’un journal clandestin. Belouizdad lui donna le titre El Watan. C’était une modeste feuille tapée à la machine et reproduite en plusieurs exemplaires à l’aide de papier carbone. Entre militants, nous parlions souvent de Belouizdad toujours avec affection, respect et admiration.
    Mahsas l’appelait Saâd Zaghloul Bacha, en référence au leader arabe en lutte contre le protectorat anglais en Egypte et fondateur du parti Wafd dans les années vingt. Les discussions avec Mohamed étaient très enrichissantes pour nous. Il écoutait beaucoup et intervenait toujours en dernier. Par délicatesse, jamais il ne nous faisait sentir sa supériorité intellectuelle. Le plus instruit parmi nous à l’époque avait à peine le certificat d’études. Mohamed possédait déjà son brevet supérieur, l’équivalent du baccalauréat qu’il avait passé avec succès. La première fois que j’ai entendu parler de Karl Marx, c’était de la bouche de Mohamed, qui avait déjà lu le Capital.
    Dès 1947, Mohamed m’associa à la réception des armes. C’est ainsi qu’il me chargea de trouver des caches pour enfouir des armes provenant des restes des armées alliées. J’arrivais à dénicher deux endroits sûrs, le premier au pied de la falaise Cervantès, dans la maison du regretté militant Mohamed Meguerba. L’autre cache, dans une petite propriété à Bouzaréah appartenant à la famille d’un militant, le regretté Derkouche. J’avais connaissance d’une troisième cache qui avait été mise à la disposition de Belouizdad par Mohamed Saradouni, un vieux militant qui gérait un dépôt, à l’emplacement actuel de la station du téléphérique, près du cimetière de Sidi M’hamed. C’est au titre de responsable de la section des jeunes de Belcourt, une des plus importantes du pays, que j’ai eu le privilège d’assister au fameux congrès clandestin du PPA de 1947 au cours duquel fut décidée la création de l’OS qui devait préparer et entraîner les meilleurs militants en vue du déclenchement de l’action directe généralisée et le maintien de l’organisation clandestine politique PPA avec comme couverture légale le MTLD.
    Le congrès se déroula la première nuit dans une petite propriété appartenant à un militant de Bouzaréah où Messali était en résidence surveillée après son retour d’exil africain. Avant l’ouverture de la première séance par Messali, un des délégués de la Grande-Kabylie, Si Ouali, demanda la parole. Il tira son revolver caché sous sa ceinture, le posa sur la table et proposa la résolution suivante : ‘‘Tout participant à ce congrès national qui dévoilerait ne serait-ce qu’une partie des délibérations ou des noms de participants est condamné à mort.’’ Ce fut un moment de stupeur générale. On sentait déjà la mort planer sur nos têtes avant l’ouverture des débats. Messali lui-même resta muet, tellement la proposition de Si Ouali était inattendue.
    Plusieurs délégués condamnèrent cette proposition, le plus acharné fut le docteur Chawki Mostefaï qui parla des limites de la résistance humaine face à la torture, pratiquée systématiquement par la police coloniale, et surtout fit allusion à une découverte récente à cette date, le sérum de vérité, qui, administré à une personne, est susceptible de lui faire dire tout ce qu’elle sait malgré une volonté contraire. Tous les éléments développés laissèrent Si Ouali inébranlable. Il maintint sa proposition et demanda qu’on la soumette au vote. Le président du congrès, Messali, ne savait plus quoi faire. C’était le blocage total dans un silence impressionnant. On entendrait voler une mouche.
    C’est alors qu’on aperçut au fond de la salle une main se lever de quelqu’un qui demanda la parole pour la première fois. Le président lui fait signe qu’il peut parler : ‘‘Je propose, dit une voix claire avec une diction impeccable, qu’on remplace les mots ‘‘est condamné à mort’’ par ‘‘est passible de la peine de mort’’, ce fut un soulagement général. Mohamed Belouizdad venait par un intelligent et astucieux amendement de mettre fin au blocage qui paralysait le congrès avant même son ouverture. Messali, après un long regard de reconnaissance vers Mohamed mit aux voix la résolution amendée. Elle fut votée à l’unanimité y compris par Si Ouali.»
    Un laministe convaincu
    Le congrès s’acheva au lever du jour, après une longue intervention de Messali qui prononça la clôture de ces importantes assises d’où sortira l’Organisation spéciale dont la mise sur pied sera confiée à Mohamed Belouizdad. Il avait 24 ans, l’âge de l’Emir Abdelkader quand ce dernier reçut la Bayâ en 1832 afin d’organiser la lutte armée contre les Français. La jeunesse est l’âge de l’héroïsme, ce mot n’a jamais été aussi juste que dans le cas de la lutte du peuple algérien. Mais Messali écarta Debaghine et s’arrogea seul le droit de désigner la direction politique du parti. Depuis cette date et peut-être bien avant, les germes de la scission, qui allaient se produire quelques années plus tard entre centralistes et messalistes, étaient semés. Fort heureusement, le 1er Novembre est venu mettre fin à cet imbroglio.
    M’hamed milita à Alger avec Mokhtar Bouchafa notamment jusqu’à son arrestation le 1er mai 1957, «où des soldats sont venus à notre domicile pour arrêter mon père disparu jusqu’à ce jour. Alors que moi même je l’ai été par la DST. S’ensuivirent de longs séjours à Bouzarréah, Paul Cazelles, Beni Messous, Bossuet, jusqu’à la libération à la fin de l’année 1960». A l’indépendance, M’hamed est nommé chef de cabinet du préfet Kassab. «Au début, on a eu des problèmes avec les gens des frontières qui voulaient accaparer le siège de la wilaya pour en faire un ministère. Ils nous avaient menacés, et Dieu seul sait qu’à l’époque c’était la seule institution qui marchait.» Heureusement que dès la constitution du gouvernement en septembre 1962, le projet a été stoppé. M’hamed renoue avec ses premières amours, les PTT, puis s’occupe des affaires administratives à la présidence jusqu’en 1980 où il est nommé consul à Agades (Niger), puis au Kef (Tunisie). Il prend sa retraite en 1990.
    htahri@elwatan.com

  • La casbah de Dellys entre légende et réalité

    www.algerie-plus.com Par Khidr Omar | 05/05/2011 | 11:03 En dépit de la patine du temps et des séquelles irréversibles laissées par l'homme, la casbah de Dellys (80 km à l'est de Boumerdes) a su garder un cachet atypique, forgé par un passé glorieux auquel est associé une beauté naturelle exceptionnelle. Plus que tout ça, cette belle ville nichée à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, naturellement protégée contre les courants marins et les vents d'ouest par un long promontoire, connu sous le nom de cap Bengut, au-dessous duquel se love un vieux port turc, est traversée par la RN24 sur toute sa longueur, s'étirant depuis Takdempt, à l'ouest, jusqu'à la nouvelle ville, à l'est de l'oued Oubay. Au coeur de ce long boulevard, se situe la vieille ville, communément appelée la casbah de Dellys, qui était considérée jusqu'à un passé récent, comme le pouls de la ville. Aujourd'hui, ses échoppes, dont beaucoup sont désertées par leurs propriétaires, laissent apparaître des plaies béantes, dues aux aléas du temps, mais principalement au séisme de mai 2003, qui avait durement ébranlé ses vieilles constructions et fait disparaître du coup des pans entiers de la mémoire matérielle et immatérielle. Il n'en demeure pas moins que le visiteur à Dellys est irrésistiblement happé par la multitude de vestiges historiques encore visibles dans les dédales de sa casbah et de ses ruelles, où ont été recensées quelque 200 vieilles bâtisses datant de l'époque ottomane. Le vieux port, le phare de cap Bengut, la vieille mosquée du centre ville, l'école coranique Sidi Amar, le tombeau de Sidi el Harfi et le mur d'enceinte ceinturant cette cité sur plus de 2000 mètres, constituent notamment autant d'attractions sur lesquelles peuvent se fixer encore de nos jours les yeux des visiteurs avertis. Une cité en proie à toutes les convoitises Mais c'est surtout l'histoire glorieuse, à la limite de la légende, de la ville de Dellys, qui fait la fierté de ses habitants, à l'instar de Ami Rabah Edelssy (70 ans) qui considère que la « position géographique de cette ville est à l'origine des différentes convoitises et civilisations qui se sont succédées dans la région». Parfois, l'on peut ainsi surprendre des Déllyssiens nostalgiques, assis sur un rocher dans la quiétude du cap Bingut ou sur un banc de la place dite de la guinguette, mais dont il ne reste aujourd »hui que le nom, en train de suivre le passage des navires, voguant vers de lointains ports, ou simplement contempler la grande bleue, s'imaginant voir accoster sur les rivages de la région les navires des corsaires et autres envahisseurs. C'est ce riche passé que les habitants de Dellys tentent aujourd'hui de préserver coûte que coûte en exhortant les autorités concernées à manifester davantage d'intérêt pour le patrimoine de leur ville et pour tous ses vestige et patrimoine, dont de vieux manuscrits détenus par plusieurs citoyens Ils désirent, à cet effet, pouvoir les réunir dans un musée digne de la renommée de cette cité. Selon les historiens, l'édification de la vieille Casbah de Dellys remonte à l'époque ottomane, qui la baptisèrent « Tiddiles ». Elle était alors constituée d'un ensemble de constructions bien agencées et divisées par des rues et ruelles, possédant toutes les commodités de vie nécessaires sur une surface globale de 1200 ha. Selon le président de l'APC, c'est par souci de préservation et de protection du riche patrimoine renfermé par cette ville historique, que la tutelle a élaboré à partir de 2007 un « Plan permanent pour la protection et la restauration de la Casbah de Dellys ». La première étape de ce plan, a été réceptionnée fin 2009, avant son exécution qui consista, selon la même source, en la réalisation de « travaux d'urgence » axés sur la « restauration de sites sensibles » du patrimoine matériel. La seconde phase de ce plan, également réalisée début 2010, a consisté en la réalisation d' »études historiques et typologiques » sur le même site, tandis que la 3ème étape, attendue vers fin 2011, portera sur l'élaboration d'une mouture finale de ce même plan. Selon une étude historique réalisée par des chercheurs universitaires de Boumerdes, à l'occasion de la célébration du mois du patrimoine, le « rôle de Dellys en tant que grande cité est historiquement affirmé » grâce à sa « position stratégique sur la mer méditerranée, son sol fertile et sa proximité des cours d'eau « . De nombreuses civilisations se sont succédées sur cette cité maritime, à l'image, de la civilisation numide qui lui donna le nom « Thadlest ». Par la suite les Romains la baptisèrent à leur tour « Rusucurus », avant de devenir une importante ville de la Mauritanie césarienne. Les Phéniciens s'en emparèrent ultérieurement pour y fonder un grand comptoir commercial et une route vers la ville de Bejaia. Elle connut également le passage des Vandales et des Byzantins. Le passage de la ville de Dellys à la civilisation musulmane remonte au 16ème siècle, selon des documents historiques, qui font état de son rattachement successivement aux règnes des Fatimide, des Hamadite, des Mourabitoune et des Hafside. Après une courte période sous la coupe des Espagnols, cette cité antique connut son « âge d'or » grâce aux frères Aroudj et Kheireddine qui la délivrèrent et l'annexèrent à l'Etat ottoman. Le colonialisme français qui y entra en 1844, en fit une base militaire pour étendre son hégémonie sur toute la Kabylie. L'histoire de cette ville a été immortalisée par plusieurs historiens qui célébrèrent sa beauté au fil du temps, à l'image d'El Idrissi(21e siècle) qui en a fait l'éloge dans son célèbre « Nouzhate El Mochtake » (le plaisir du passionné), Al Hamiri (15e siècle) « Al Raoudh Al Miitar » ( les jardins parfumés), Hosseine Al Ourtilani (18 e) « Nouzhate Al Andhar » (le plaisir des yeux), ou encore par les recueils de l'officier français Carette et de l'allemand Heinrich Von Maltessen (19eme siècle).

La crise économique expliquée aux nuls

Posté par mouradpreure le 2 juin 2010

L’Europe n’est en rien responsable des temps difficiles que connaît actuellement son économie. Notre continent ne peut pas faire grand chose d’autre qu’attendre et espérer un changement des facteurs extérieurs. Retour sur une crise mondiale, première étape : les Etats-Unis. 

ANALYSE par Dave Keating @ Traduction : hélène Rivoal @ 13/10/08  Lorsque les Etats-Unis s’enrhument, c’est le monde entier qui éternue. Cet adage du 20e siècle ne s’est jamais révélé aussi vrai qu’aujourd’hui alors que les économies européennes vacillent sous le choc d’une crise économique ayant lieu à des milliers de kilomètres. Dans le système financier actuel où tout est tellement interconnecté, ce qui a commencé par quelques décisions de prêt mal avisées aux Etats-Unis s’est répandu à travers le monde et menace d’engloutir ce dernier dans une autre grande dépression. 

La crise a maintenant pris de dangereuses proportions. Elle a commencé, après une longue période d’augmentation constante des prix des logements, avec l’éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis en 2004. De nombreuses familles ont été autorisées à contracter des emprunts pour acheter leur logement. Et les prêteurs avaient alors commencé à s’engager dans une pratique dite des « prêts hypothécaires à haut risque » (« les subprimes ») et donc à accorder des prêts à des emprunteurs « à risque » dont la solvabilité ne les qualifiait pas pour prendre des hypothèques pour l’achat de leur maison. Ces prêts à haut risque étaient généralement accordés à un taux d’intérêt faible pendant les quelques premières années mais révisé fortement à la hausse par la suite. 

Les risques n’ont en général pas été bien expliqués aux emprunteurs dont beaucoup ont cru qu’ils pourraient aisément refinancer leurs créances en quelques années pour conserver leur bas taux d’intérêt. Les économistes ont averti des dangers mais, globalement, personne aux Etats-Unis ne voulait gâcher l’euphorie de la bulle immobilière. Chacun semblait y gagner de l’argent : les entreprises de construction, les courtiers immobiliers, les banques comme les fournisseurs de matériaux. Les heureux consommateurs pouvaient enfin, pour la première fois de leur vie, devenir propriétaires. Après des décennies de dérégulation constante sous l’égide du parti républicain, le gouvernement américain laissait les mains pratiquement libres à l’industrie. 

Siffler la fin de la partie  

Mais en 2005/2006, le temps est venu de payer le prix de ces erreurs. Les taux d’intérêt des prêts hypothécaires à haut risque sont montés en flèche. De nombreux nouveaux acquéreurs sont devenus incapables de rembourser ou de refinancer leurs emprunts. La crise aurait dû se limiter aux propriétaires américains. Malheureusement les banques et les prêteurs avaient revendu la dette à des investisseurs. Les créances ont ainsi été découpées (« titrisées ») et revendues à d’autres banques et investisseurs dans le monde entier, selon des montages financiers compliqués que peu de personnes semblaient comprendre correctement. Au cours de l’année 2007, près de 1,3 million d’habitations ont fait l’objet de saisies, chiffre en hausse de 79 % par rapport à 2006. Et ce fut la panique : personne ne semblait avoir aucune idée d’à qui appartenait ces dettes « sans valeur », éparpillées dans l’ensemble du système financier mondial. Soudainement, les banques ne voulaient plus se prêter mutuellement, d’où un resserrement, voire un étranglement du crédit, et une période où le système finit par manquer de liquidités (c’est à dire d’argent) car personne ne prêtait plus rien. Les pertes ont commencé à s’accumuler. Dès juillet 2008, de grandes banques et de grandes institutions financières de par le monde ont annoncé des pertes se montant à environ 435 milliards de dollars. 

Aujourd’hui les banques et autres institutions financières ne peuvent plus obtenir de crédit et sont coincées avec des actifs « pourris » dans leurs livres de compte. Beaucoup ont dû se déclarer en faillite ou sont à la veille de le faire. Sous peine que leur effondrement porte un coup à l’économie au sens large, les gouvernements ont dû voler au secours de ces institutions et, parmi elles, Freddie Mac et Fanny Mae aux Etats-Unis, le géant de l’assurance AIG, Northern Rock au Royaume-Uni ou Fortis et Dexia en Belgique. L’anticipation de nouvelles faillites a conduit l’administration américaine à élaborer un plan de renflouement de 700 milliards de dollars pour prévenir ce risque de faillites. Le Royaume-Uni préparerait un plan similaire. 

Le boom des matières premières s’effondre  

La crise des prêts hypothécaires et le resserrement du crédit ne sont pas les deux seuls facteurs responsables de la crise économique de 2008. Les prix du pétrole sont au plus haut, tirés par la croissance des besoins d’énergie des économies émergentes telles la Chine et l’Inde. Cette situation affecte de façon spectaculaire les consommateurs en Amérique du Nord et en Europe, et ce, de manière double. L’envolée des prix que sont forcés de payer les consommateurs pour le carburant de leur voiture et le fioul de chauffage de leur logement a entraîné une augmentation dramatique du prix des denrées alimentaires dont les produits pétroliers permettent d’assurer la production et le transport. Les produits alimentaires sont devenus si chers dans les pays en développement qu’on a même assisté dans certains cas à des émeutes de la faim. 

Après la dépression profonde qui avait frappé le prix des matières premières dans les années 80 et 90, les années 2000 ont vu en revanche ces prix exploser. En 2008, le prix du pétrole a atteint un niveau que les gens n’ont plus les moyens de payer, dépassant même 100 dollars le baril pour la première fois dans l’histoire en janvier 2008. Mais même cela ne semblait plus rien en juillet quand le pétrole a atteint le prix de 147 dollars le baril. Tout cela a entraîné un ralentissement rapide des économies nord-américaine et européenne. Le 30 septembre, le Royaume-Uni a révélé une croissance zéro pour le trimestre précédent. De même que l’Allemagne, il devrait entrer officiellement en récession à la fin de 2008. La zone euro dans son ensemble connaît maintenant des indicateurs économiques désastreux. 

La crise économique est le résultat d’erreurs humaines aux Etats-Unis et du développement naturel des économies asiatiques. Les prix des produits pétroliers ne reviendront jamais au niveau qu’ils avaient dans le passé, et le monde doit apprendre à s’adapter à cette nouvelle réalité. Dans le même temps, la crise du crédit, qui est née aux Etats-Unis, ne pourra être résolue que par les Etats-Unis. L’Europe ne peut pas y faire grand chose sinon s’arque bouter contre la tempête et chercher à s’en sortir. 

par Dave Keating @ Traduction : hélène Rivoal @

 

http://www.dailymotion.com/video/xd9yc0 

 

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L’objectif du maintien du AAA de la France est tendu, dit Baroin

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

REUTERS – Dimanche 30 mai, – Jean-Baptiste Vey

L’objectif de conserver la note AAA de la dette souveraine française est « tendu » et conditionne en partie les décisions sur la réduction des déficits, déclare dimanche le ministre du Budget, François Baroin. La France, qui bénéficie de la meilleure note accordée par les agences de notation, promet de réduire son déficit public dans une proportion et à une vitesse sans précédent depuis au moins un demi-siècle. De quelque 8% en 2010, le gouvernement prévoit de le réduire à 6,0% en 2011, 4,6% en 2012 et 3% en 2013 ou au plus tard 2014. « L’objectif du maintien de la note AAA est un objectif qui est tendu et qui est un objectif qui conditionne pour partie, en effet, les politiques d’économie que l’on souhaite avoir », a dit François Baroin sur Canal+. « Pourquoi? Parce qu’au début des années 1980, 80% de l’accès au crédit qui permettait de financer ses projets pour une entreprise, un particulier ou un Etat se faisait auprès des banques ou des banques centrales, aujourd’hui 80% de l’accès à ces crédits pour financer nos investissements s’effectue auprès du marché », a-t-il ajouté. Etre noté AAA permet à la France de financer ses déficits et ses dettes à un coût minime, à peine supérieur à celui exigé de l’Allemagne, la référence en Europe. Le président Nicolas Sarkozy a annoncé ces derniers jours plusieurs mesures visant à conforter l’objectif de réduction du déficit public. « Nous devons maintenir notre AAA, réduire notre endettement pour éviter d’être trop dépendant des marchés, et nous devons le faire dans la durée, d’où l’idée de la révision constitutionnelle, pour bien montrer que c’est pas simplement un coup pour rien pour faire plaisir à des marchés, mais vraiment une nouvelle inflexion, une nouvelle tendance, une nouvelle discipline budgétaire française », a ajouté François Baroin. Le ministre du Budget a confirmé que, dans les prochaines années, « nous n’allons pas toucher aux impôts », sauf à travers des réductions de niches fiscales. L’ancien premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a jugé dimanche que seule une hausse drastique des impôts permettrait d’atteindre 3% de déficit public en 2013. « On n’atteindra pas les 3% du PIB de déficit en 2013, c’est une illusion. C’est impossible aujourd’hui, sauf à augmenter drastiquement les impôts », a dit le député de Corrèze sur Europe 1, jugeant préférable de fixer cet objectif pour 2015.

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L’économie connaît sa crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale, selon Jean-Claude Trichet

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Associated Press – Samedi 15 mai  

Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a estimé que l’économie européenne connaissait sa crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale, dans une interview à paraître lundi dans l’hebdomadaire allemand « Der Spiegel ». Lire la suite l’article « Il n’y a aucun doute que l’économie se trouve dans la situation la plus difficile depuis la Seconde Guerre mondiale, voire depuis la Première », a affirmé M. Trichet. 

« Nous avons vécu et vivons des moments vraiment dramatiques », ajoute-t-il, en établissant un lien entre la crise récente dans la zone euro et la chute de la banque américaine Lehman Brothers en 2008. « Les marchés ne fonctionnaient plus », a-t-il constaté. M. Trichet a réaffirmé la nécessité d’un contrôle renforcé de la politique financière et économique dans les 16 pays de la zone euro. « Nous avons besoin de structures améliorées, pour éviter et sanctionner les écarts. Nous avons besoin d’une application réelle du contrôle mutuel, nous avons besoin de sanctions réelles pour les accrocs au pacte de stabilité et de croissance », a-t-il dit, ajoutant que les pays européens devaient accélérer la réduction de leurs déficits. « Ils savent ce qui est en jeu. »

Le commissaire européen à l’Energie, l’Allemand Günther Öttinger, a également déclaré au quotidien « Tagesspiegel » que les pays utilisant la monnaie unique devaient réduire leurs déficits. « Nous avons gagné du temps avec les décisions de ces derniers jours mais nous n’avons pas encore décidé de l’issue de la bataille », a-t-il lancé. AP

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Plan de secours de 750 milliards d’euros : La crise en Grèce entraîne l’austérité en Europe

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Par Liès Sahar – El Watan -  15/05/2010

Les effets de la crise économique mondiale ont rattrapé le maillon le plus faible de la zone euro, la Grèce. L’Europe, qui a connu ces dernières années une croissance appréciable avant la crise de 2008-2009, se réveille douloureusement. Elle découvre que les autorités grecques ont menti sur les déficits pour mieux attirer les investissements et ont maquillé une situation catastrophique. Les faux chiffres ont facilité aussi un train de vie pour l’administration, qu’elle n’a plus les moyens d’entretenir. 

Du coup, c’est toute la zone euro qui tremble et la monnaie unique qui recule de plus en plus. C’est aussi l’échec de la rigueur prônée par Bruxelles pour faire de l’Europe une puissance économique face aux Etats-Unis, mais aussi face à la Chine qui devient de plus en plus forte. Apres avoir tardé à intervenir, l’Europe a fini par secourir la Grèce, en collaboration avec le FMI, pour éviter la contagion à d’autres économies comme celles de l’Espagne ou du Portugal. Un plan de secours de 750 milliards d’euros à utiliser comme matelas pour stabiliser l’euro et éviter une crise des liquidités a été décidé, après un prêt de 110 milliards d’euros consenti à la Grèce et remboursable en trois ans. 

Mais les négociations ont été rudes en coulisses. L’Allemagne, par exemple, ne veut pas payer pour la mauvaise gouvernance des autres. D’autres pays peuvent aussi être touchés. Si les chiffres en Espagne et au Portugal ne sont pas truqués, il reste que les déficits budgétaires sont importants, respectivement de 11,2% et 9,4%, alors que Bruxelles fixe à 3% la limite du déficit budgétaire. Les gouvernements espagnol et portugais ont déjà commencé à intervenir. En Espagne, le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a annoncé une baisse des salaires des fonctionnaires, un gel de certaines retraites et la suppression d’une aide à la naissance de 2500 euros. Au Portugal le Premier ministre José Socrates a annoncé une hausse de la TVA d’un point à 21% pour le taux général, la réduction des « salaires des titulaires de postes politiques et des gestionnaires publics » ainsi qu’une baisse des dépenses de l’Etat. En France, le Premier ministre, François Fillon, a indiqué que les dépenses de l’Etat seraient gelées pendant trois ans. 

La crise de la Grèce est la résultante des effets de la crise économique mondiale et de la gestion populiste des autorités grecques ainsi que de la falsification des statistiques communiquées à Bruxelles sur le déficit budgétaire. Il a fallu qu’un nouveau gouvernement révèle les véritables chiffres pour que le séisme s’enclenche. Pour éviter que la crise ne s’étende à d’autres Etats, les pays européens ont décidé d’un plan d’aide pour stabiliser la monnaie unique. Mais de sérieux doutes commencent à apparaître sur l’avenir de la monnaie unique. Ces doutes viennent du marché et renforcent l’idée que la situation de l’euro va se répercuter négativement sur la reprise en Europe. Pour l’Algérie, dont les achats sont faits à environ 60% en zone euro, le recul de cette monnaie par rapport au dollar donne de plus grandes capacités de valorisation des importations. 

Mais un retard dans la reprise en Europe entraînera une baisse de la demande en pétrole, donc un prix plus bas et des recettes moins importantes en dollars. La reprise du dollar par rapport à l’euro a déjà fait baisser les prix du pétrole, de même que les inquiétudes qui pèsent sur la zone euro en matière de croissance.

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Le FMI appelle ses États membres à réduire leurs dettes publiques

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

El Watan – 15 Mai 2010   

Le Fonds monétaire international (FMI) a une nouvelle fois appelé ses Etats membres à réduire leurs dettes publiques, évoquant des risques budgétaires « accrus » dans les plus grandes économies mondiales. 

« Les risques budgétaires se sont accrus, en particulier dans les économies développées », a, selon l’APS, affirmé le FMI dans la troisième édition de son « Rapport de surveillance budgétaire multinational ». L’institution a cité trois raisons : « Les tendances budgétaires sous-jacentes se sont encore détériorées depuis le rapport de novembre, les marchés financiers ont davantage concentré leur attention sur les faiblesses budgétaires et les progrès dans la définition des stratégies de sortie budgétaires ont été lents. » La persistance de déficits publics élevés, obligeant les Etats à emprunter actuellement des sommes sans précédent, a été depuis le début de l’année la source de fortes perturbations sur les marchés financiers mondiaux. « Les marchés font plus attention aux développements budgétaires », a observé lors d’une conférence de presse à Washington le directeur des Affaires budgétaires du FMI, Carlo Cottarelli. 

A deux reprises cette année, le FMI a relevé ses prévisions de croissance mondiale. Mais malgré cette amélioration des perspectives économiques, le redressement des finances publiques est insuffisant et la tendance reste mal orientée, a estimé M. Cottarelli. La dette publique moyenne des pays du G20 passerait ainsi de 76,6% du produit intérieur brut en 2010 à 82,2% en 2014. Dans les pays les plus avancés du G20, cette moyenne passerait de 104,4% en 2010 à 115,5% en 2014, selon les prévisions du FMI. « Même si l’activité mondiale est en train de rebondir plus vite que projetée auparavant, les perspectives budgétaires ne s’améliorent pas dans les mêmes proportions », a déploré le FMI. « Des niveaux élevés d’endettement public pourraient peser sur la croissance économique pendant des années », a-t-il ajouté.

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Le plan de soutien européen à l’euro est sur les rails

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

R. E La Nouvelle République – 11/05/2010

Le plan de soutien comporte d’abord une enveloppe de 60 milliards d’euros mobilisables rapidement pour venir en aide dans l’urgence à un Etat de la zone euro en difficulté. Ces 60 milliards seront prêtés par la Commission européenne en échange de conditions sévères ; cela ressemble en fait au dispositif mis en place pour la Grèce. Le deuxième élément, c’est la création d’une société qui pourra emprunter sur les marchés en s’appuyant sur la garantie des Etats européens – cette société pourra lever jusqu’à 440 milliards d’euros sur les marchés et pourra ensuite utiliser cet argent pour racheter de la dette publique. A ce fonds communautaire, vont s’ajouter 250 milliards d’euros apportés par le FMI. Avec l’addition de tous ces éléments, 60 plus 440, plus 250, on arrive bien à 750 milliards d’euros, un «coussin raisonnable» selon les propos de Christine Lagarde la ministre française de l’Economie. A cette somme, va s’ajouter une action sans précédent de la Banque centrale européenne comme elle l’a confirmé très vite dans la foulée de cet accord européen : la BCE va acheter dès hier des obligations grecques. On n’en connaît pas encore le montant, mais l’essentiel est dit ; ce qu’elle se refusait à faire ces dernières semaines, ce que tout le monde sur les marchés financiers attendait d’elle, sera finalement accompli. Cela représente une décision sans précédent pour la Banque centrale européenne qui va ainsi monter en premier ligne pour tenter d’aider la Grèce et rassurer les marchés. La BCE sera soutenue dans son action par les autres banques centrales du G7 : la Réserve fédérale américaine, notamment, et la Banque du Japon ont annoncé une action concertée dès cette nuit. Ces Banques centrales vont apporter des dollars aux banques européennes pour les aider à surmonter la crise. C’est la première fois qu’une telle mesure est décidée depuis l’automne 2007 et le coup de tonnerre de la crise des subprimes. Réaction encourageante des marchés Pour le moment la réaction des marchés est encourageante : Tokyo a clôturé à +1,6 % alors que l’euro était orienté à la hausse sur les marchés asiatiques ; la monnaie européenne s’échangeait contre 1,30 dollar ce matin, 10 mai, contre 1,27 dollar vendredi soir à New York. Les indicateurs sont bien orientés mais le véritable test a été l’ouverture des places européennes : Londres a ainsi ouvert à + 5 %, Paris s’est envolé à plus de 8 % tout comme Bruxelles, alors que Lisbonne culminait à + 9,26 %. Le marché saluant ainsi de belle manière l’annonce d’un plan de secours historique par les pays de l’UE pour les plus fragiles de la zone euro. 

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Le brut passe sous 85 dollars le baril

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Le Maghreb – 05/05/2010 

Les contrats à terme sur le pétrole brut sont passés sous la barre de 85 dollars le baril mardi, après avoir enregistré quatre séances de progression, affectés par la baisse des marchés d’actions et la réémergence de craintes concernant la capacité de la Grèce à satisfaire les conditions de son plan de sauvetage. Le dollar a atteint un pic en douze mois par rapport à l’euro, rendant ainsi les investissements sur le marché pétrolier plus chers pour les intervenants hors zone dollar. Le contrat de juin sur le brut léger du New York Mercantile Exchange perdait récemment 1,62 dollar, soit 1,9%, à 84,62 dollars le baril, dans la fourchette de 84,47 à 86,24 dollars le baril. Le contrat a atteint en séance lundi un point haut en 18 mois de 87,15 dollars le baril et a gagné 3,75 dollars, soit 4,5%, au cours des quatre dernières séances. Le contrat de juin sur le Brent de la mer du Nord, qui a atteint lundi son niveau le plus haut depuis le 3 octobre 2008, se repliait récemment de 1,28 dollar, à 87,65 dollars le baril. Le rapport du département américain de l’Energie sur les stocks pétroliers, attendu mercredi à 16h30, devrait faire apparaître une augmentation de 600.000 barils des stocks de brut au cours de la semaine terminée le 30 avril, d’après les analystes interrogés par Dow Jones Newswires. Les stocks d’essence sont attendue en baisse de 200.000 barils et ceux de distillats, en progression de 800.000 barils. Aussi, les chiffres de l’activité manufacturière chinoise ont été un peu décevants. Cela s’est combiné au fait que le sauvetage financier de la Grèce soulève des inquiétudes sur la possibilité d’autres sauvetages (pour d’autres pays de la zone euro en difficulté), faisant tourner l’humeur du marché », a expliqué Phil Flynn, de PFG Best Research. La monnaie américaine est montée au plus haut depuis un an face à l’euro mardi, s’établissant à moins de 1,31 dollar. Les inquiétudes sur l’avenir de la monnaie unique restaient très fortes malgré les prêts décidés pendant le week-end pour la Grèce. La hausse du dollar mettait sous pression les prix des matières premières, libellés en dollar et délaissées au profit de la devise elle-même dans une recherche de sécurité. Par ailleurs, les inquiétudes sur une perturbation des livraisons de pétrole par voie maritime dans le golfe du Mexique, à cause de la marée noire en cours se sont apaisées, a souligné Phil Flynn. En revanche les inquiétudes à long terme grandissaient, l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater à l’origine de la marée noire risquant de remettre en cause le forage offshore. La différence de prix entre le contrat de référence et ceux à échéance à plus long terme, beaucoup plus élevés, s’est encore aggravée en début de semaine, signe non seulement de craintes d’inflation mais aussi de craintes pour l’exploration en mer, a estimé Phil Flynn. « La différence entre les contrats de juin et juillet s’est accrue à 2,96 dollars et le fossé entre le court terme et le long terme de presque 2 dollars, à 14,19 dollars », a noté de son côté Amrita Sen, de Barclays Capital, reprenant les chiffres de la clôture de lundi. « Il y a déjà un impact réel avec le moratoire », décidé par l’administration Obama sur les projets d’exploration au large, a observé Phil Flynn.  

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La production de l’Opep en hausse en avril

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Le Maghreb – 02/05/2010 

La production de pétrole des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a progressé en avril, soutenue par les extractions saoudiennes et nigérianes, montre une enquête Reuters publiée jeudi. L’offre fournie par les 11 membres du cartel pétrolier liés par des objectifs de production, à l’exception de l’Irak, est ressortie à 26,88 millions de barils par jour (bpj) contre 26,78 millions de bpj en mars. L’étude montre que l’Opep a rempli à 51% son objectif de réduction de la production contre 54% en mars. L’ensemble de la production Opep s’est inscrite à 29,16 millions de bpj, en hausse de 60.000 barils. Notons que les prix du pétrole ont terminé en hausse vendredi à New York, soutenus par les chiffres de la croissance américaine et l’espoir de voir une aide financière concrète accordée à la Grèce. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » pour livraison en juin a terminé à 86,15 dollars, en hausse de 98 cents par rapport à jeudi. « On a commencé la journée sur une bonne note avec les chiffres du PIB américain, un chiffre correct qui a permis de prolonger le rebond », a expliqué John Kilduff, du fond d’investissement new-yorkais Round Earth Capital. La croissance américaine s’est révélée légèrement inférieure aux attentes, mais elle s’est tout de même renforcée au premier trimestre. Le PIB aux Etats-Unis a atteint 3,2% en rythme annuel par rapport au trimestre précédent. « C’est le chiffre parfait pour les partisans de la hausse sur le marché du pétrole. Assez solide pour donner l’espoir que la demande de pétrole va s’améliorer, pas assez pour que cela indique nécessairement un changement pressant dans la politique monétaire », actuellement très accommodante, a estimé Phil Flynn, de PFG Best Research. La composante emploi des chiffres de croissance a fourni des informations importante pour le marché du pétrole, montrant une stabilisation des salaires et donc une éventuelle stabilisation de l’emploi, a souligné de son côté John Kilduff. « Cela se traduit par une hausse de la demande d’essence », a précisé l’analyste. Par ailleurs, « le marché est visiblement convaincu que le sauvetage (de la Grèce) orchestré par l’Union européenne et le Fonds monétaire international va passer », a indiqué Phil Flynn. La zone euro se préparait en effet à approuver ce week-end le principe au moins du déclenchement de l’aide à la Grèce, lors d’une réunion des ministres des Finances. Le baril de pétrole avait abandonné 1,76 dollar mardi au plus fort des inquiétudes sur les dettes souveraines en Europe après l’abaissement des notes de la Grèce et du Portugal. Il a repris au total 3,71 dollars au cours des trois séances qui ont suivi.  

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Retour au système des licences d’importation : une mesure de réciprocité avec le Maroc et la Tunisie

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

TSA – Ali Idir -12/04/2010 | 15:38 

L »Algérie a décidé de revenir au système de licences pour mieux contrôler ses importations émanant des pays de la zone arabe de libre échange (ZALE). Un décret exécutif paru le 4 avril au Journal officiel précise que « les importateurs doivent désormais formuler une demande auprès des services du ministère du Commerce pour importer des produits sous franchise des droits de douane ». La mesure instaure ainsi des barrières non tarifaires pour protéger l’économie nationale de l’importation massive de produits arabes. 

 Selon nos informations, la décision du gouvernement d’instaurer ces barrières est intervenue en représailles aux refus de plusieurs pays arabes comme le Maroc et la Tunisie d’accorder des autorisations d’entrée sur leur territoire à certains produits algériens. Plusieurs industriels se sont heurtés à ces blocages. « Le Maroc a déjà instauré des barrières non tarifaires pour choisir les produits qu’il veut importer. Nous avons tenté d’exporter vers ce pays, mais nos clients n’ont pas réussi à obtenir une réponse favorable à leur demande de franchise », a affirmé à TSA un industriel algérien. 

La décision d’instaurer des barrières pour les pays de la Zale ne signifie par un retour aux licences d’importation qui étaient en vigueur dans les années 1980-1990, ajoute le même opérateur. « Le Maroc, l’Egypte, la Tunisie et d’autres pays arabes de la Zale ont mis en place des barrières non tarifaires pour pallier le démantèlement des barrières douanières et contrôler leurs importations », a-t-il expliqué. 

La mise en place de barrières non tarifaires fait partie des sujets évoqués lors de la grande réunion mixte algéro-syrienne qui a commencé ce dimanche à Alger. Les Syriens veulent obtenir des autorisations d’Alger pour exporter leurs produits dans notre pays, mais l’Algérie veut également exporter des produits vers la Syrie. 

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Mourad Preure à Liberté – « La crise que traverse Sonatrach doit être relativisée »

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Par Djamel Zidane – Liberté – 5 Avril 2010  

“Je le répète, la crise que vit Sonatrach doit être relativisée. D’autres compagnies, bien plus importantes, ont connu des scandales bien plus graves sans être dangereusement exposées autant que l’a été notre compagnie nationale. Je pense que notre presse doit faire preuve de mesure dans le traitement de cette délicate affaire qu’il nous faut traiter avec sérénité et sang-froid, tout en prenant en compte la dignité des cadres concernés (et qui sont toujours présumés innocents) et de leur famille. Il y a un problème de gouvernance incontestablement, mais il ne concerne pas que Sonatrach. L’État lui-même doit se moderniser pour jouer efficacement son rôle. Je pense que les questions touchant à l’énergie doivent, d’une manière ou d’une autre, impliquer toutes les composantes de la nation. Les gestionnaires du secteur ont une obligation de communication, de la même manière un effort pédagogique doit être fait en direction de toutes les institutions, de la presse aussi, pour les amener à jouer leur rôle avec le maximum de compétence et d’efficacité. Il ne faut pas oublier aussi que la force de Sonatrach repose d’abord, et avant tout, sur les femmes et les hommes qui dans les gisements, les unités industrielles et toutes les structures font leur travail avec compétence, dignement.   

La force de Sonatrach, c’est aussi tout ce capital symbolique d’essence novembriste, un patriotisme qui a rendu possible le challenge du 24 Février et qui rend possibles d’autres challenges, j’en suis sûr. J’ai encore en mémoire avec quelle compétence et esprit de sacrifice des techniciens, ingénieurs et cadres de Hassi-R’mel ont maîtrisé l’incendie du puits HR 64, une véritable première mondiale, épargnant de grosses pertes à notre pays, et qui ont suscité l’admiration du métier. Voilà la force de Sonatrach, il faut l’encourager, le reste est assez secondaire.   Bien entendu, il faut que Sonatrach engage un véritable processus de modernisation pour mettre à niveau son organisation et son management aux standards de la profession. C’est une question, en effet, pressante et je crois que l’on doit s’y atteler pour ouvrir de réelles perspectives stratégiques à ce joyau national.”   

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Pétrole : un expert US table sur un baril à 110 dollars fin juin

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Le MAGHREB – 04/04/2010  

Le prix du pétrole pourrait monter à 110 dollars le baril fin juin, a estimé l’expert du marché pétrolier Stephen Schork, cité vendredi par l’agence Bloomberg. « Il est fort probable que le prix du pétrole grimpe à 95 dollars le baril. Ensuite, vers fin juin, il pourrait atteindre la barre des 110 dollars », a indiqué l’expert américain. Toutefois, si cette barre est atteinte, la demande commencera à baisser, a ajouté l’expert. Les futures de mai pour le pétrole Brent Crude Oil de la mer du Nord ont gagné 1,31 dollars à 84,40 dollars le baril à la bourse londonienne I?E (Inter Continental Exchange Futures). La bourse de New York NYMEX (New York Merchantile Exchange) a vu le prix des futures du mai pour le pétrole léger américain Light Sweet Crude Oil prendre 1,11 dollars, à 84,87 dollars le baril.  

Notons que les prix du pétrole ont fini en nette hausse jeudi à New York, le baril dépassant même brièvement les 85 dollars, porté à son plus haut niveau en plus de 17 mois par l’optimisme des investisseurs pour l’économie mondiale après une série d’indicateurs. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » pour livraison en mai a terminé à 84,87 dollars, en hausse de 1,11 dollar par rapport à la clôture de la veille. Le baril est monté jusqu’à 85,22 dollars en séance, son plus haut niveau depuis le 9 octobre 2008. « On continue de voir des indicateurs économiques positifs, le marché est optimiste et les prix continuent d’avancer et d’atteindre de nouveaux sommets », a constaté Tom Bentz, de BNP Paribas. En Chine notamment, moteur de la demande en énergie, les deux indices des directeurs d’achat ont enregistré une hausse en mars, témoignant d’une nouvelle expansion de l’activité manufacturière. L’indice de la banque HSBC s’est établi à 57,0 points, son troisième plus haut niveau depuis 2004 et l’indice officiel, établi par la China Federation of Logistics and Purchasing (CFLP) est monté à 55,1 contre 52 en février. Au Japon, l’indice Tankan de confiance des grandes entreprises manufacturières a atteint son plus haut niveau en 18 mois. « C’est particulièrement important pour le pétrole étant donné que la Chine et le Japon en sont les deuxième et troisième plus gros consommateurs dans le monde », a rappelé Mike Fitzpatrick, de MF Global. L’activité du secteur manufacturier a aussi accéléré en zone euro et aux Etats-Unis, selon les indices PMI et ISM publiés dans chaque région respectivement. « On a cassé le récent plafond de 83,95 dollars (touché en janvier, ndlr) dans la nuit et la hausse se poursuit », a souligné Tom Bentz. Elle était encouragée par la faiblesse du dollar, qui s’est encore replié jeudi, notamment face à l’euro.  

 

 

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Gaz Forte hausse de la demande en GNL d’ici à 2015

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Samira G. LE MAGHREB – 07/03/2010  

Plus flexible que le gaz transporté par gazoduc, le gaz naturel liquéfié pourrait bouleverser les marchés.  Dans les zones importatrices (Amérique du Nord, Europe et Asie), la croissance de la demande de gaz va se poursuivre, du fait notamment de la substitution du gaz au charbon et au fioul, estime la Commission de régulation de l’énergie. A l’horizon 2015, une croissance simultanée des besoins d’importation de gaz dans ces trois zones « va créer des tensions sur le marché engendrant un accroissement des importations de GNL », ajoute la CRE. Actuellement, les importations de GNL en Europe ne représentent que 7% de sa consommation de gaz, selon la CRE. Seuls sept Etats membres disposent actuellement de terminaux méthaniers permettant d’accueillir les navires et de regazéifier le GNL: Espagne, France, Belgique, Italie, Portugal, Grèce, Royaume-Uni. Il faut cette option permette de relier rapidement les pays de production aux pays de consommation, souvent très distants, et d’exploiter des gisements situés dans des zones géographiques où il est impossible de construire un gazoduc.  Selon un rapport d’avril 2008 de la (CRE), la flotte actuelle mondiale est de 250 méthaniers. 57 terminaux méthaniers sont aujourd’hui en activité, selon GDF Suez : 26 au Japon, 15 en Europe, 5 aux États-Unis, 4 en Corée, 1 à Taiwan, 1 en Chine, 2 en Inde, 1 à Porto Rico, 1 en République Dominicaine et 1 au Mexique.  Rappelons dans ce contexte que   selon l’association Cedigaz, le commerce mondial de gaz naturel a représenté 813 milliards de mètres cubes en 2008, dont 72 % par gazoduc, et 28 % par la filière GNL, forcément transportés par bateau. Cette part doit s’accroître avec l’ouverture de nouvelles routes en provenance du Yémen, d’Angola, du large de l’Australie, de l’Arctique, du Brésil. Les développements du Moyen-Orient et du Nigeria sont loin d’être achevés. Une part importante des champs continentaux en déclin sera remplacée par des ressources offshore. L’apparition de la technique du FLNG, une usine flottante qui réalise la liquéfaction du gaz naturel en mer, repousse encore les limites. Si l’Agence internationale de l’énergie et les groupes gaziers prévoyaient il y a peu une croissance de la demande de gaz de 54 % entre 2007 et 2030, cette prévision est ramenée à une hausse de 43 % seulement. Il n’en demeure pas moins que le marché du gaz naturel reste orienté, même dans le pire des cas, en forte hausse. Et que ce gaz sera de plus en plus maritime d’autant plus que les besoins des grands pays émergeants se fait de plus en plus pressante. Ainsi, selon les prévisions de l’AIE, la croissance de la demande mondiale de gaz est supérieure à celle du pétrole et s’établit à 1,8 % par an jusqu’en 2030. Cependant, le développement des activités gazières nécessitera d’importants investissements. L’AIE estime que les investissements nécessaires d’ici à 2030 pour développer la filière gazière sont estimés à quelque 5 500 milliards de dollars. Les pays producteurs ont beaucoup investi dans la liquéfaction, et, à l’autre bout de la chaîne, les consommateurs se sont dotés d’importantes infrastructures de regazéification. Le GNL, apparaît indéniablement comme un vecteur essentiel de l’expansion gazière mondiale. Le commerce du GNL reste promis à un développement rapide, de l’ordre de 7 %/an d’ici à 2020.  

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Interview Ali Titouche sur le gaz – El Watan – 17 Avril 2010

Posté par mouradpreure le 26 mai 2010

 Dr Mourad PREURE 

Expert Pétrolier International 

Président du Cabinet EMERGY  

Une conférence sur le GNL 16 se tiendra à Oran du 18 au 21 avril à Oran. D’après vous quelle est l’importance de cette entrevue ?  

Je vois cette rencontre comme une excellente opportunité pour mettre en avant notre excellence dans le management de la chaîne gaz depuis les gisements jusqu’aux installations de liquéfaction mais aussi les gazoducs transcontinentaux rejoignant les marchés européens, deux domaines dans lesquels nous sommes de véritables pionniers, il faut le dire. Le GNL en lui-même ne représente que quelque 28% du commerce mondial du gaz naturel, mais il est aujourd’hui le moteur de changements structurels qui vont profondément affecter le développement futur de cette industrie. L’arrivée d’importants volumes de GNL sur le marché se conjugue la révolution technologique qui a permis la production des gaz de schiste aux Etats-Unis, ce qui, avec un fléchissement exceptionnel de la demande, le premier depuis 1945, a provoqué un effet de ciseau extrêmement violent dont l’effet direct est une bulle gazière qui mettra au moins cinq années pour se résorber. Et le GNL est le facteur qui accélère la diffusion de cette bulle gazière sur le bassin atlantique qui devient zone d’arbitrage, qui accentue aussi le rôle des marchés spots en conséquence. Donc en effet aujourd’hui, parler du GNL c’est traiter obligatoirement en profondeur de la grave crise qui traverse l’industrie gazière et qui n’en est malheureusement selon nous qu’à ses débuts. Cela donne forcément une importance particulière à cette rencontre. J’ajouterai aussi, puisque les industriels, les équipementiers et l’ingénierie y sera représentée, que si le GNL est aujourd’hui le moteur de la mondialisation du marché gazier (vous savez que dans cette industrie les marchés sont régionalisés, Amérique, Europe, Asie, du fait des contraintes technico-économiques de transport), les révolutions technologiques dans ce domaine auront un effet structurant et sur l’industrie et sur les jeux d’acteurs (abaissement des coûts de la chaîne GNL de 30 à 40%, usines de petite taille, augmentation de la taille et allongement des routes des méthaniers, réduction des phénomènes de boil off etc.), et sur la géopolitique gazière.  

Les enjeux à l’avenir semblent être importants et pour les pays producteurs de gaz et pour les pays consommateurs. Pensez-vous que le rendez-vous d’Oran pourrait conduire à une réflexion autour d’un mécanisme de concertation et d’influence à l’image de l’Opep ?    

En effet les enjeux sont importants, et nous avons plus haut commencé à répondre à votre question. La réalité aujourd’hui est que comme dans chaque période de grande mutation il y a un moment d’accroissement de la complexité où les jeux d’acteurs sont chaotiques, puis vient l’heure des deals qui permet l’instauration d’un ordre nouveau qui est lui-même l’expression d’un nouveau rapport de forces. L’industrie pétrolière est coutumière de cette évolution discontinue où les crises sont les accoucheuses des nouveaux équilibres en gestation. Aujourd’hui nous avons un marché spot (encore minoritaire) qui fonctionne selon le principe d’une concurrence gaz-gaz stricte avec des mécanismes spéculatifs d’arbitrage et de couverture contre le risque prix. Nous avons un vieil ordre qui survit et qui est représenté par les contrats à long terme avec clause de take or pay. Ce système a permis à l’industrie gazière de se construire et il perdure dans les zones non autosuffisantes comme l’Europe et le bassin pacifique. Il permet une répartition des risques entre producteur (risque volume) et client (risque marché). Aujourd’hui nous avons une coexistence en Europe (dont la dépendance gazière est de 55% et qui sera de 80% en 2030) de transactions de court et de long terme sur le même marché. Comme vous le savez les transactions spot qui sont tirées par le GNL (dont les surcapacités au niveau mondial sont de 100 Gm3 soit le quart des capacités installées) ont provoqué une chute des prix alors que les transactions de long terme indexées sur le pétrole ont vu les prix orientés à la hausse en même temps que ce dernier. Le prix dans les contrats atteint le double des prix spots, situation intenable dans la durée. Ce qui complique les choses est, comme je l’ai dit, que chaque acteur joue son propre jeu. La Russie qui a baissé sa production de 16.7% en 2009 (absorbant un peu la baisse de la demande européenne qui a été de 7.5%) a vu ses parts de marché entamées par le Qatar et la Norvège. Aujourd’hui elle veut récupérer ses parts de marché et le fait en proposant de vendre de 10 à 15% de ses ventes sur la base des prix spot, cela avec une souplesse inédite dans les clauses de take or pay. Le Qatar qui a beaucoup investi pour valoriser ses importantes ressources gazières est devenu un acteur de premier plan dans le GNL et qui veut prendre résolument pied dans le marché européen. La Russie d’autre part vient de lancer la construction du North Stream, un gazoduc qui transportera vers l’Europe du nord un volume quasiment équivalent à nos exportations gazières et se prépare à lancer le South Stream, un second méga gazoduc visant l’Europe du Sud et qui transportera 64 Gm3 soit plus que nos exportations. Les ressources domestiques européennes en gaz de schiste présentent aussi une inconnue pour les fournisseurs traditionnels de l’Europe tout occupés à leurs manœuvres stratégiques. Dans ce contexte la question de la cartellisation du marché gazier à l’image du marché pétrolier me semble prématurée. Je ne vois pas les Russes, ni les Qataris y songer sérieusement, quels que soient les discours qu’ils peuvent tactiquement afficher. Je suis assez inquiet car la situation me rappelle la crise pétrolière baissière de 1986 où l’Arabie Saoudite, pour reprendre ses parts de marchés perdues au profit des sources Non-OPEC avait engagé une guerre des prix avec les conséquences que l’on sait. Là, c’est la Russie qui est à la manœuvre, et vu les volumes en jeu et la complexité plus grande de la situation, l’incertitude est extrêmement forte.  

Faudrait-il penser à un prix juste du GNL, puisque actuellement les prix du gaz sur les marchés internationaux de l’énergie demeurent bas ?    

La demande gazière est tirée par la génération électrique et objectivement le prix du gaz est de plus en plus lié au prix du kilowattheure dans des marchés fortement interconnectés (autant pour les infrastructures gazières qu’électriques), d’autre part la consommation de fuels dans la génération électrique tend à se réduire au profit d’autres sources. Ainsi les processus de déréglementation à l’œuvre depuis les années 80 aux Etats-Unis et 90 en Europe conjugués aux mutations actuelles de l’industrie gazière donnent une signification particulière à la concurrence gaz-gaz. Je crois que l’industrie du gaz est à la recherche d’un nouveau modèle économique. Ce modèle doit prendre en compte le rapport offre/demande, classiquement mais ne doit pas compromettre la mise en place de capacités pour faire face à la demande future. Faute de quoi nous pouvons avoir un choc d’offre dans le futur. Une correction brutale est d’ailleurs attendue dès 2015 du fait du report d’importants projets dont le projet russe de Shokman en mer de Barents. Les experts les plus éminents que je rencontre dans le monde conviennent que le gaz est l’énergie du futur proche. Elle ne peut plus être considéré comme une « bridge energy » ou énergie de transition mais comme une « destination energy ». En ce sens, oui il faut réfléchir à un juste prix du GNL puisque c’est par lui que le changement arrive. Mais comment ? Je pense que cette question a besoin d’un temps de maturation. On y arrivera.   

Quel sera d’après vous l’enjeu futur de l’Algérie en tant que fournisseur important de l’Union européenne en gaz et quelle pourrait être sa stratégie gazière dans l’avenir ?    

L’Algérie a des capacités limitées, les réserves sont de 4.5 trillions de m3 (Tcm) selon des publications statistiques de référence contre 43 Tcm en Russie et 76 Tcm au Moyen Orient. Le Qatar possède 25.5 Tcm et l’Iran près de 30. On parle de 35 Tcm de gaz non conventionnels aux Etats-Unis. L’Algérie, source la plus proche du marché européen, a cependant par rapport à tous ces pays une expérience et une expertise uniques dans la chaîne gaz, particulièrement dans le GNL. Si je suis inquiet de toutes ces restructurations en cours, je suis aussi très optimiste pour autant que nous considérons ces formidables volumes non plus comme une menace sur notre marché naturel, l’Europe (auquel cas nous perdrions à coup sûr) mais comme une opportunité. Il faut en effet opérer un véritable renversement de perspective stratégique et nous affirmer comme acteur en construisant des partenariats d’intégration croisée qui nous ouvriraient l’aval gazier européen et la génération électrique en même temps qu’ils impliqueraient nos partenaires et clients dans le risque et l’effort amont. Je pense pour cela il faut donner une impulsion décisive à Sonatrach (i) en engageant un puissant processus de modernisation pour mettre ses modes d’organisation et de management aux normes du métier, (ii) en organisant Sonatrach autour de la technologie et en l’articulant à l’université aux PME innovantes et à la recherche nationale, (iii) en faisant des acquisitions d’actifs de haute technologie à l’étranger pour provoquer les synergies nécessaires. Pour cela Je pense nécessaire de fusionner Sonatrach et Sonelgaz pour créer un puissant pôle énergétique national. J’ajouterai qu’il est urgent de contraindre sévèrement la demande gazière domestique, notamment industrielle car il nous faut avoir des volumes pour défendre nos parts de marchés, si nous ne voulons pas être progressivement exclus du marché européen.  

Le ministre de l’Energie et des mines a reconnu récemment que le scandale qui a éclaboussé Sonatrach a terni l’image de l’entreprise à l’international. Faudrait-il comprendre que cette donne est en mesure de mettre l’Algérie, pays organisateur, dans une position de faiblesse face aux participants qui sont d’ailleurs bon gré, mal gré des concurrents directs à Sonatrach ?    

Non, je ne le pense pas. Vous savez, les pétroliers sont des gens qui savent relativiser et faire la part de ce qui est important et de ce qui est accessoire. Ce que vous appelez le scandale de Sonatrach est un accident qui peut survenir dans n’importe quelle compagnie et il en est survenu de beaucoup plus graves, croyez-moi, dans les plus prestigieuses sans que cela ne prête à conséquence. Ce que le métier sait c’est que Sonatrach est une compagnie qui a montré sa fiabilité et son sérieux dans les conditions autrement plus aléatoires des années de terrorisme où la source algérienne peut se flatter de n’avoir jamais connu aucune rupture d’approvisionnement contrairement à la source gazière russe par exemple qui a interrompu ses livraisons en janvier 2009 pendant 13 jours. Je ne pense pas un seul instant que l’image de Sonatrach puisse être affectée dans la durée par ce malheureux incident qu’il nous faut relativiser en prenant en compte toute la richesse humaine, ces femmes et ces hommes qui font chaque jour la force de Sonatrach. Au demeurant, l’Algérie est une référence dans l’industrie du GNL et le fait qu’une telle rencontre s’y déroule est forcément un évènement. Je crois que notre presse doit prendre en compte toutes ces dimensions en considérant qu’elle peut contribuer au succès de cette manifestation en mettant en avant l’expertise algérienne et nos ambitions de continuer à figurer parmi les leaders qui ont façonné cette industrie.   

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Quelques travaux parmi les travaux les plus représentatifs du Dr Preure

Posté par mouradpreure le 21 mai 2010

Voici sous format PDF quelques uns de mes travaux les plus représentatifs, cours, contributions et conférences. J’enrichirai cette page régulièrement.

Articles, textes de fond, études

 

Remarques sur le projet de stratégie industrielle, Janvier 2007

Remarques sur stratégie industrielle MIPI Temmar

Texte distribué à l’occasion d’une table-ronde sur l’entreprise le 28 juin 2005

Conference Care

Texte distribué à l’occasion d’une conférence donnée le 19 mai 2002 à Hassi-Messaoud sur le management

Conférence management Naftogaz Hassi Messaoud

Enseignement, Séminaires, Conférences

 

Conférence donnée le 15 octobre 2008 sur l’intelligence économique

Confrence IE cnc Article Le Maghreb

Speech IE cnc 15 octobre 08 version couleur

Speech IE cnc 15 octobre 08 version imprimable

ECONOMIA n14 Confrence Preure IE

Cours sur Sun Tsu

Sun Tsu nb

Sun Tsu couleur

Séminaire sur le partenariat

Séminaire MDI Avril 2009 imprimable

Séminaire MDI Avril 2009

Séminaire Intelligence économique

Intelligence Economique imprimable partie1

Cours donné à l’université de Béjaia

Cours Management Stratégique Bejaia 08

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Mes remerciements pour les enseignants et étudiants de la Faculté des Sciences de Boumerdès

Posté par mouradpreure le 17 mai 2010

J’ai intervenu ce matin du 17 mai lors des « Deuxièmes journées d’étude et de sensibilisation » organisés par le Club Scientifique ATIAF de la Faculté des Sciences de l’Université M’hamed Bougara de Boumerdès. Le thème de la rencontre était : « Relance industrielle et énergies renouvelables. Perspectives de l’après pétrole en Algérie. » Mon intervention a porté sur le thème: « Crise économique, crise pétrolière. Quel futur énergétique ? Quels enjeux, quels challenges pour notre pays ? »

 Je veux d’abord remercier les organisateurs, particulièrement le Dr Dokhane ainsi que monsieur Azzedine Belkacem et tout le comité scientifique de la rencontre pour leur accueil amical. J’ai beaucoup apprécié la qualité des débats, de très haute tenue. Je voudrais dire surtout combien je suis reparti plein d’espoir en voyant ces étudiants se préoccuper et traiter avec autant de sérieux des questions essentielles pour l’avenir de notre pays. 

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L’augmentation des prix due à la baisse de l’euro

Posté par mouradpreure le 14 mai 2010

Le Maghreb – 29/04/2010 – Samira G. - 

Le directeur général du groupe pétrolier Total, Christophe de Margerie, a estimé mercredi que la remontée des prix à la pompe en France s’expliquait “en grande partie” par la baisse de l’euro qui renchérit le prix du baril de pétrole libellé en dollars. Aujourd’hui, l’augmentation des prix à la pompe “est en grande partie liée à la remontée du dollar et à la baisse de l’euro (…) beaucoup plus qu’à la remontée du baril”, a jugé M. de Margerie, sur la chaîne Canal+. “Et ça, c’est quelque chose qui n’est pas bien compris, on croit que c’est le baril de pétrole. Oui, il est remonté aussi, mais l’euro a beaucoup plus baissé que le baril n’est remonté.”  Le cours du baril de pétrole brut est pourtant beaucoup moins élevé qu’il y a un et demi. Le baril de Brent de la mer du Nord cotait ainsi 85 dollars à Londres, contre 97,7 dollars en moyenne en septembre 2008. Depuis septembre 2008, le cours de l’euro a lui reculé d’environ huit pour cent. “Aujourd’hui, le baril est à 85 dollars, ce qui est relativement élevé. Donc on ne voit pas de raison forte à court terme pour qu’il remonte plus”, a-t-il affirmé. Quant à l’euro, il est à “un niveau très bas” et “je crois qu’il n’y a pas non plus de raison de l’anticiper beaucoup plus bas”, a ajouté le dirigeant de Total. Hier, les contrats à terme sur le pétrole brut se repliaient pénalisés par les inquiétudes des investisseurs au sujet du risque d’une défaillance de la Grèce sur sa dette. Les cours ont ouvert en baisse d’environ 0,50 dollar par rapport à la clôture de mardi, en réaction à l’abaissement par Standard & Poor’s de la note de la dette souveraine grecque à BB+, et de celle du Portugal à A-. Vers 10H00 GMT (12H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin perdait 48 cents par rapport à la clôture de la veille, à 85,30 dollars. A la même heure, le “brut léger texan” (WTI), pour livraison à échéance identique, cédait 48 cents à 81,96 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). Les déflagrations de la crise de la dette grecque se faisaient encore sentir mercredi sur l’ensemble des places financières, pétrole compris. “Alors que les marchés de matières premières sont exposés depuis des semaines à un énorme mouvement de baisse, la dégradation de la note du Portugal et de la Grèce a été la goutte qui a fait déborder le vase et elle a mis une énorme pression sur les marchés de matières premières “, commentait Eugen Weinberg, analyste chez Commerzbank. Mardi, l’agence de notation financière Standard’s and Poor’s a déclenché une vague de panique en rangeant pour la première fois la note du pays dans la catégorie des emprunts potentiellement non-remboursables. Après un début de semaine très tonique — un pic à 87,75 dollars à Londres — les cours du pétrole ont perdu presque 4 dollars en deux séances et ils sont retombés sous le seuil de 82 dollars à New York. Le billet vert a grimpé mercredi à 1,3143 dollar, un nouveau plus haut depuis un an, face à un euro plombé par les craintes d’une contagion de la crise grecque au sein de la zone euro. L’appréciation du billet vert tend à écarter les investisseurs des matières premières libellées en dollar, en réduisant leur pouvoir d’achat. L’optimisme économique, principal vecteur du redressement des prix depuis un an et demi, cédant la place à une vague d’inquiétudes, les opérateurs se tournent de nouveau vers l’état physique du marché, toujours caractérisé par un trop-plein de stocks. Les chiffres des réserves pétrolières américaines, attendus à 14H30 GMT, pourraient valider la crainte que les cours actuels ne se justifient pas du point de vue de l’offre et la demande. Selon les analystes interrogés par Dow Jones Newswires, les réserves de brut auraient encore augmenté la semaine passée aux Etats-Unis, de 800.000 barils. Les stocks de produits pétroliers sont aussi attendus en hausse: l’essence aurait gagné 600.000 barils, les distillats (qui incluent le fioul de chauffage et le diesel) 1,2 million de barils. Dernière inquiétude pesant sur les cours du brut: les opérateurs s’inquiètent que le régulateur américain des matières premières, la CFTC, n’impose des limites sur les contrats d’énergie. La période de consultation qui précède l’élaboration d’une loi s’est achevée cette semaine.

 

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Donner un nouvel élan à notre industrie, ouvrir de réelles perspectives à nos entreprises. Par Dr Mourad PREURE, Président du Cabinet EMERGY

Posté par mouradpreure le 13 avril 2010

« Une nation dont le peuple est incapable de concevoir l’avenir est condamnée à périr. » 

Miyamoto Musashi, un samouraï du XVIème siècle

La mondialisation et ses impacts sur l’Algérie. Quelles parades et comment pouvons-nous situer le patriotisme économique ? 

Notre pays recherche une croissance économique forte et durable. Pour cela, cette croissance doit être endogène, fondée sur le dynamisme et l’innovation des entreprises qui doivent être en phase avec les dynamiques structurantes de la Nouvelle économie. Les entreprises sont aujourd’hui à la base de la puissance des nations. Elles sont les nouveaux gladiateurs, s’affrontant dans ce Grand village planétaire, une arène ouverte où les compétiteurs convoitent tous une part de la richesse mondiale. Les marchés sont les nouveaux territoires et leur conquête est la nouvelle raison d’être de la guerre économique qui prévaut dans l’économie mondiale. La mondialisation engendre une réallocation permanente des ressources, actifs, capitaux, ressources humaines, connaissances. Rien n’est acquis définitivement, des systèmes productifs sont en mutation permanente, de nouveaux équilibres s’établissent, les futurs rapports de forces économiques sont en gestation, il faut se battre contre des acteurs désormais globaux qui localisent leurs activités au gré de leurs intérêts.

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Bienvenue sur mon Blog

Posté par mouradpreure le 30 mars 2010

www.emergy-international.com 

emergydz@ymail.com

mourad.preure@yahoo.fr

https://www.facebook.com/mourad.preure

https://twitter.com/MouradPreure

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L’ouvrage « FRANCE – ALGERIE – Le grand malentendu »

est désormais publié en Algérie et diffusé dans les librairies d’Alger, Oran et Bejaia, Tizi Ouzou, Tlemcen et de nombreuses Wilayate par EMERGY Editions - Son prix public est 1 300 dinars

Ceux qui souhaiteraient se procurer le livre et n’arrivent pas à le trouver en librairie peuvent nous joindre sur l’adresse mail d’EMERGY

Bienvenue sur mon Blog dans FORUM D'ALGER EMERGY P121107-01

Le 18 mars 1962, les accords d’Évian mettent fin aux « événements d’Algérie » et conduisent, le 5 juillet, à l’indépendance d’une nouvelle nation. Un demi-siècle a passé : cinquante ans de réflexion, d’émotions et de malentendus entre deux pays passionnément liés par l’Histoire. Le temps du bilan et de la mémoire, mais surtout du dialogue et de l’amitié entre les deux rives de la Méditerranée.

Deux enfants d’Algérie, un fils de pied-noir et un musulman fils de moudjahid, un économiste et un spécialiste de géostratégie, engagent un dialogue sans tabou ni nostalgie, croisent leurs souvenirs et leurs points de vue. Au-delà des controverses encore vives sur le bilan de cent trente ans de présence française, les déchirements d’une guerre qui ne voulait pas dire son nom ou encore l’accueil indigne réservé aux rapatriés, ils évoquent la terre de leur jeunesse, l’importance du lien franco-algérien et le devenir de ces deux pays au sein de l’« Euroméditerranée ». Sans laisser de côté des sujets aussi cruciaux que le terrorisme, l’immigration ou la place de l’islam.

À rebours des idées reçues, ils montrent que l’Algérie et la France ont une trajectoire commune à dessiner et esquissent les contours de ce partenariat.

Jean-Louis Levet, économiste et essayiste né à Sétif en 1955, est conseiller du commissaire général à l’Investissement. Il est l’auteur, notamment, de L’Intelligence économique et de Pas d’avenir sans industrie (Economica, 2001 et 2006).

Mourad Preure, né en 1952 dans la Casbah d’Alger, a été à la tête de la stratégie de la Sonatrach, le principal groupe énergétique et industriel algérien. Il enseigne la stratégie et la prospective et préside le Cabinet EMERGY International Strategic Consulting, spécialisé dans le Conseil en Stratégie et Études énergétiques.

Jean-Louis Levet – Mourad Preure

France, Algérie

le grand malentendu

Les Éditions de l’Archipel


336 pages – 21 €                                                  En librairie le 8 février 2012


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Interview Ali Titouche – EL WATAN – 24 Février 2010

Posté par mouradpreure le 26 mars 2010

Dr Mourad PREURE   

Expert Pétrolier International  

Président du Cabinet EMERGY 

Vous avez déclaré récemment que l’Algérie ne doit pas produire plus que ce qui est nécessaire à son développement et qu’elle doit impérativement moduler sa production. Selon vous, quel est le plafond de production juste pour l’Algérie ?   

Mes opinions sont en effet connues sur le sujet. Je prône une politique conservatrice des réserves. En tenant compte des engagements contractuels en amont ainsi que des contraintes opérationnelles de Sonatrach, je pense qu’il faut revoir à la baisse le niveau de 1.4 Mbj. Cette opinion part d’abord du constat qu’il s’agit là de ressources épuisables et dont il faut user avec modération car l’Algérie continuera d’exister après nous et nos enfants et petits enfants auront besoin de cette ressource qui restera la clé du mix énergétique mondial au-delà de la mi-siècle, du fait essentiellement de certains usages encore insubstituables, notamment dans le transport. Pour vous dire, si le pétrole continuera à représenter un peu moins du tiers des besoins énergétiques en 2030, il est peu probable que sa part dans le bilan énergétique mondial tombe au dessous du quart en 2050. Or les ressources ne seront plus là pour faire face aux besoins dont la croissance exponentielle sera représentée à 80% par les pays émergents, dont la Chine. La boulimie énergétique de ces pays est difficilement compressible car ces pays partent de très bas. 13 Chinois sur mille ont une voiture contre 580 américains ! Nous approchons du peak oil, le point à partir duquel les réserves déclineront. La crise économique que nous vivons a constitué un répit dans la croissance des besoins mais en même temps elle a provoqué un affaissement de l’investissement qui a baissé de 16% pour les hydrocarbures et de 38% pour les énergies renouvelables. Cette discontinuité dans la courbe des ressources se traduira par un accroissement de l’incertitude à moyen et long terme. Si l’on estime, toutes choses égales par ailleurs, que la demande sera aux environs des 110 Mbj en 2030, contre une moyenne de 85 Mbj aujourd’hui auxquels il faut ajouter quelques 6 à 7 Mbj de capacités inutilisées de l’OPEC, il faudra mettre en production 64 Mbj (6 fois la production de l’Arabie Saoudite) dont 30 Mbj avant 2015 (18 à 19 Mbj pour la croissance de la demande et le reste pour compenser le déclin des gisements). L’enjeu apparaît extrême alors que pour de nombreux experts, dont le président de la compagnie TOTAL, le niveau de 100 Mbj semble une limite technique. Pour cette raison déjà il faut préserver nos ressources car elles pourraient devenir difficilement accessibles pour notre pays qui pourrait connaître des incertitudes fortes quant à son approvisionnement pétrolier dès 2020. Si la durée de vie de nos réserves estimée à 16.7 ans n’est pas corrigée à la hausse par d’une part de nouvelles découvertes, d’autre part la mise sous contrainte de la demande, cela veut dire qu’en 2030 nous pourrions vivre une situation critique alors que les prix devraient se placer à cette échéance structurellement au dessus d’un niveau de 150 dollars le baril.   

D’un autre coté, le niveau de production présent peut être jugé excessif considérant l’usage que l’on fait des revenus qui en sont tirés. La célèbre théorie d’Hotelling nous enseigne par exemple que le prix d’une ressource épuisable doit croître au moins en dessous du taux d’intérêt à long terme pour que son possesseur consente à la produire. En clair. Si vous produisez une quantité qui va s’épuiser à l’année n, et si son prix de l’année 0 à l’année n croît moins vite que le taux d’intérêt, vous avez avantage à la produire et placer les recettes de la vente en banque. Mais si le prix augmente plus vite que le taux d’intérêt à long terme (ce qui sera incontestablement le cas du pétrole), vous n’avez aucun avantage à la produire aujourd’hui. Il n’y a pas de corrélation entre accroissement des revenus pétroliers et croissance économique. Ces ressources ne génèrent pas des capacités productives nouvelles. Elles semblent donc inutilement monétisées. Pour reprendre le mot de Jean-Marie Chevalier : « On donne du revenu aux pays pétroliers, et eux nous donnent du crédit ». Sur le plan interne par ailleurs, le contenu en énergie en général et en pétrole en particulier de la croissance économique est trop fort. Il nous faut gagner en efficacité énergétique.  

Nous avons comme impression que l’Algérie a fait de l’exportation, de plus en plus importante, des hydrocarbures un choix. Or, vous êtes parmi ceux qui croient que les réserves algériennes sont limitées. L’on parle d’une durée de vie de 16 ans, de 18 ans et d’une cinquantaine d’années. Visiblement, les avis des experts divergent. Quelles sont donc les véritables limites de nos gisements ?   

L’Annual Statistical Bulletin de l’OPEC et le BP Statistical Review, deux publication qui font référence, créditent l’Algérie de 12.2 Gbls de réserves pour pétrole (1% des réserves et 16.7 ans durée de réserves) et 4.5 Tcm pour gaz et (2.4% des réserves et 52 ans durée de réserves). Le lieu est ici de préciser la notion de réserves et de durée de vie de celles-ci. La notion de réserves renvoie toujours à la quantité d’huile récupérable aux conditions technologiques et économiques du moment. Il existe trois catégories de réserves, classifiées selon leur probabilité de récupération : Les réserves prouvées ou 1P sont les quantités de pétrole que l’on est sûr de récupérer avec une probabilité de 90%. Les réserves probables ou 2P prennent en compte les premières ainsi que des quantités plus difficiles à récupérer avec une probabilité de 50%. Les réserves possibles ou 3P sont celles encore plus difficiles et dont la probabilité de récupération est de l’ordre de 10%.  Le fameux rapport R/P, soit la durée de vie des réserves et qui s’exprime en années prend en compte les réserves prouvées, soit les 1P qui sont divisées par la production de l’année. Selon l’US Geological Survey, Les probabilités de découvertes en Algérie sont de : 95% : 1.7 Gbls, 50% : 6.9 Gbls, 5% : 16.3 Gbls.   

Bien entendu, nous espérons tous de bonnes surprises de l’exploration et j’insiste encore pour dire qu’il faut éviter tout catastrophisme. Nous domaine minier est largement sous exploré. Il y aura encore de bonnes découvertes qui seront faites en Algérie, même si dans le monde la probabilité de découverte de gisements géants (plus de 500 Gbls) est très faible. Il reste que l’effort d’exploration doit être relancé impérativement, notamment pour soutenir le développement gazier national. Des formules partenariales originales devront être trouvées qui prendront la forme de véritables alliances stratégiques avec des leaders. Le développement des gisements et l’amélioration du taux de récupération doit être un axe important de travail car il s’agit de structures connues et ayant déjà bénéficié d’études de géophysique et de reservoir engineering. Le risque peut être mieux maîtrisé avec un meilleur optimum coût – délais. Nos gisements ont encore du potentiel et le progrès technique tant dans l’imagerie du sous-sol que dans le forage et les techniques de production peut leur donner un nouvel élan. Mais là encore, se pose le rôle de Sonatrach qui ne doit pas être un sleeping partner. Il est urgent d’organiser le développement de Sonatrach autour de la technologie. Pour cela il faut la moderniser mais il faut aussi faire des acquisitions d’actifs de haute technologie pétrolière dans les services et l’ingénierie. Cette politique d’acquisition doit être couplée avec des alliances stratégiques avec des compagnies pétrolières leaders mais aussi des grandes compagnies parapétrolières, en premier lieu celles qui opèrent dans notre pays. La contraction de leur marché du fait de la baisse des investissements en amont devrait faciliter les négociations, cela même si comme je le pense, nous avons perdu un temps précieux. Il faut savoir que la technologie est la clé de l’accès aux ressources de demain, autant chez nous que surtout dans les grandes accumulations d’hydrocarbures du Moyen-Orient. Il est important pour notre pays de disposer d’un champion national capable de se mouvoir dans l’environnement hautement compétitif de l’industrie du pétrole et disposant d’avantages concurrentiels fondés sur la technologie et un management aux normes du métier.  

D’après vous, quelle est la stratégie énergétique adéquate pour le pays, en prenant en compte le fait qu’il est exclusivement dépendant de la manne pétrolière ?   

De ce qui précède, il ressort que notre pays ne doit pas, mais aussi n’a pas les moyens de s’affirmer en tant que source. Mais il dispose de l’expérience et de l’expertise pour s’affirmer en tant qu’acteur dans la scène énergétique internationale. Il doit le faire en disposant d’une puissante compagnie énergétique appuyée par tout un tissu de PME innovantes, des centres de recherche et des universités. J’ai vu de mes yeux comment les universités d’Aberdeen et d’Edimbourg en Ecosse ont été tirées par le développement pétrolier de la Mer du Nord, comment, alors qu’elles n’avaient (surtout Aberdeen) aucune prédisposition pour cela elles sont devenues des références mondiales dans les géosciences et les technologies pétrolières. Cela est encore possible chez nous si Sonatrach arrive à arrimer dans le cadre de partenariats triangulaires impliquant ses partenaires pétroliers quelques unes de nos universités et PME avec les grands pôles scientifiques et technologiques mondiaux dans le domaine des hydrocarbures. Nous venons d’assister ces dernières années avec les gaz de schistes à une révolution technologique qui a révolutionné l’industrie mais surtout le commerce du gaz. Elle est bien entendu le fait d’une articulation harmonieuse entre PME et universités, principalement aux Etats-Unis. Voilà la voie à suivre.   

Donc en premier lieu disposer d’un puissant acteur énergétique. A ce sujet, je prône la fusion Sonatrach – Sonelgaz pour donner à Sonatrach les moyens de muer et devenir à l’instar de ses concurrents une compagnie énergétique en mesure de fournir dans une logique « from well to wheel » au client final carburant, molécules de gaz et kilowatt-heures. En mesure de diversifier ses interventions dans les différentes filières énergétiques et réussir un équilibre dynamique de son portefeuille d’activité avec une harmonie entre activités génératrices de ressources et activités à risque. Cela permettra aussi à Sonatrach de pénétrer la filière électronucléaire qui est une filière d’avenir même si elle restera contenue les vingt prochaines années à un niveau de 6 à 7% du bilan énergétique mondial.   

En ce sens, la stratégique énergétique nationale disposera de l’acteur en mesure d’en être la locomotive. Si vous n’avez pas cet acteur, qui doit impérativement évoluer à un standard d’excellence international, vous ne pouvez ni concevoir, ni encore moins mener une telle stratégie. En effet cette question est plus qu’impérative car le monde est en train de mener sa transition énergétique depuis un modèle fossile à 90% de ses sources d’approvisionnement vers un modèle non carboné, non fossile. Cette transition énergétique (voir mon intervention lors des Journées parlementaires sur la défense économique disponible sur le site du Conseil de la Nation), menée par les pays occidentaux, laisse les pays producteurs sur le bord de la route et présage leur marginalisation irréversible dès lors que leurs ressources auront trouvé des substituts (énergies renouvelables, hydrogène, nucléaire, etc.). A la moitié du siècle, la planète parviendra vraisemblablement vers un nouveau paradigme énergétique de plus en plus décarboné et de moins en moins lié aux sources fossiles. La technologie sera au rendez-vous avec des systèmes énergétiques inédits et qui seront cette fois-ci totalement sous le contrôle des pays industrialisés. Voilà pourquoi notre pays doit mettre la science et technologie au cœur de tous les projets partenariaux pétroliers, en pondérant sur cette base les avantages/coûts réciproques. Il faut pour cela mobiliser tous les acteurs, entreprises, universités y compris la diplomatie. Notre pays doit s’engager résolument dans cette transition énergétique et mener les actions structurantes nécessaires. Il s’agit de replacer les énergies renouvelables dans cette perspective et s’engager résolument, notamment en établissant un lien entre l’exploitation de nos ressources aujourd’hui et l’accès aux paradigmes technologiques de demain. Je pense que nos partenaires étrangers sont en mesure de comprendre ce langage. Il faut enfin contenir sévèrement notre consommation énergétique non seulement celle des ménages mais aussi et surtout celles des industries, parmi elles la pétrochimie dont il faut s’interroger de la pertinence de certains choix et des partenaires concernés.  

L’Algérie a pris le format d’un pays à vocation gazière. Plusieurs projets ont été lancés ces dernières années à l’instar du Galsi et du Medgaz qui alimentent l’Europe. La gestion du gaz algérien souffre-t-elle d’anomalies. Quelle serait, selon vous, le meilleur modèle managérial de la Sonatrach ?   

En fait nous sommes un pays beaucoup plus gazier, même si nos réserves restent limitées (4.5 Tcm), comparées à celles existantes et non encore développées au Moyen Orient (55 Tcm). La crise économique a provoqué une baisse historique de la demande conjuguée par une orientation haussière de l’offre avec l’arrivée d’importants projets de GNL sur le marché (Sakhalin II, Qatargas II, Nigéria, etc.) ainsi que le développement des gaz non conventionnels américains qui ont tari le débouché américain. Ce phénomène de ciseau a précipité l’industrie du gaz dans une méchante zone de turbulences. Il y a aujourd’hui plus de 100 Gm3 de GNL en trop sur le marché, ce chiffre devrait s’accroître avec la venue sur le marché de nouveaux volumes, pour les 2/3 du Moyen-Orient. La conséquence est une bulle gazière qui est appelée à perdurer au moins jusqu’à 2013. Le développement du GNL a accéléré l’interconnexion des marchés européen et américain, accentuant le rôle d’arbitrage du bassin atlantique. L’effet est direct sur le marché européen qui est notre marché naturel, celui vers lequel nous dirigeons l’essentiel de nos volumes. Il faudra se battre pied à pied pour défendre ses parts de marchés les années à venir. Je pense qu’au-delà de 2013 le marché va se resserrer car la demande va reprendre et les projets reportés, dont le projet russe de Shtokman en mer de Barents vont commencer à peser sur l’offre. L’Europe risque à partir de 2020 de manquer de gaz. La source algérienne a montré sa fiabilité y compris durant la période où le terrorisme sévissait dans notre pays. Il n’y a jamais eu de rupture d’approvisionnements alors que la Russie par exemple a interrompu ses approvisionnements à l’Europe pendant 13 jours en janvier 2009. Cependant aujourd’hui, la source algérienne est contestée par des sources moyen-orientales (Qatar, Egypte) et russe et doit trouver les volumes pour se maintenir. Le Galsi arrive au mauvais moment comme on l’a vu, mais a-t-on suffisamment de gaz pour le remplir ? La question à mon avis est le développement gazier en amont qui doit être relancé au plus vite. De même la demande gazière industrielle notamment doit être contenue, mais pas seulement. Les énergies renouvelables, je pense au solaire thermique et à l’éolien, la recherche de meilleurs rendements énergétiques devraient aux meilleures conditions coût/délais nous permettre libérer de l’offre et maintenir un rythme d’exportation optimum en attendant l’arrivée de nouveaux volumes qui viendraient d’un effort résolu de relance du développement gazier en amont.  

Sonatrach est aujourd’hui exposée à une dangereuse publicité. Je pense qu’il faut garder son sang froid et communiquer sereinement sur la crise qu’elle traverse et qu’ont connues beaucoup d’autres compagnies avant elle dans le monde. La force de cette entreprise est toute la richesse humaine qui la porte, ce sont les femmes et les hommes qui excellent dans leur travail dans des conditions difficiles sur les sites de production et dans toutes les structures. Sonatrach c’est tout un élan patriotique construit par nos aînés et que les jeunes prolongent avec succès aujourd’hui. La force de Sonatrach c’est toute cette symbolique novembriste qui a permis de réussir le challenge du 24 février et qui nous permettra de réussir d’autres challenges encore demain. Je pense qu’il faut partir de cette richesse et régénérer le cette symbolique qui est l’élément fondateur de la culture d’entreprise de Sonatrach. La régénérer dans une logique de patriotisme économique en l’inscrivant dans les grands enjeux stratégiques de ce siècle, c’est-à-dire en la plaçant dans une perspective de compétitivité, d’innovation et de quête de l’excellence. La souveraineté aujourd’hui, à l’ère de la mondialisation, est une position dynamique. Elle est le résultat de la performance des acteurs nationaux, entreprises et universités. La mondialisation a pour conséquence une définition nouvelle de l’Etat-Nation dans un monde sans frontières où les processus productifs sont transnationalisés, où les réseaux de savoir constituent la trame sur laquelle se construisent de nouveaux rapports entre des acteurs globaux, les firmes, qui enjambent les continents et fondent sur des bases nouvelles la puissance de leurs Etats d’origine. La puissance des Etats s’établit sur la puissance des firmes, des champions nationaux. Le miracle de l’industrie pétrolière est qu’une compagnie peut se hisser parmi les leaders pour peu qu’elle se singularise par la qualité de ses choix stratégiques, qu’elle fasse preuve d’innovation, d’audace et de grande rigueur. Porter Sonatrach au rang d’une grande compagnie énergétique parmi les leaders qui façonneront le paysage énergétique de demain, voilà l’urgence.  

 

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INTERVIEW Liberté – Khaled Remouche – 16 Février 2010

Posté par mouradpreure le 26 mars 2010

Dr Mourad PREURE 

Expert Pétrolier International Président du Cabinet EMERGY 

mouradpreure@yahoo.fr  

Comment voyez-vous l’évolution de la demande en gaz dans le monde à court et moyen terme, particulièrement en Europe et dans les pays principaux débouchés des exportations algériennes : Italie , Espagne,France , Grande Bretagne ?  

La demande gazière a reculé en 2009 à un niveau estimé entre 5.5 et 6.5%, tendance inconnue par cette industrie depuis 1945 au même titre d’ailleurs que l’électricité. Les raisons tiennent bien entendu essentiellement dans la crise économique que nous vivons encore. Cet affaissement de la demande s’est produit alors que dès 2008, la production avait accentué la tendance haussière de la dernière décennie. En 2008 la production a marqué la plus forte hausse depuis 1984 avec 4.2%. L’arrivée d’importants projets gaziers dont les volumes pèsent sur le marché (Qatargas II, Sakhalin II, Nigeria, etc.) a accentué les tendances à l’œuvre. Cela a donné plus de vigueur à l’effet de ciseaux alors que la crise économique multipliait les incertitudes. La Norvège, les Pays Bas ainsi que les Etats-Unis avec les gaz non-conventionnels (qui représentent 50% de leur production totale) ont donné une figure atypique à cette croissance jusqu’alors tirée par la Russie et le Moyen-Orient. Mais la pression de la demande ainsi que les problèmes de financement des projets se traduiront par une correction brutale en 2009 avec un déclin record qui pourrait atteindre 5.2% qui se situe essentiellement dans la CEI (baisse de 16.7% de la production et perte de 100 Gm3) mais aussi en Afrique et en Europe. Tout ceci est bien entendu dommageable à l’industrie du gaz qui vit une crise très sérieuse.  

De quoi sera fait demain ? Nous pensons que la production repartira en 2010 encore une fois sous la pression de la demande des pays émergents mais aussi de la Russie, mais aussi avec l’entrée en exploitation de projets en cours en Asie et au Moyen-Orient. La Russie devrait contenir le déclin de sa production. Mais des incertitudes fortes pèsent encore sur la reprise de l’économie mondiale. Je ne suis pas encore convaincu de la robustesse de la reprise dans la zone OCDE dont je trouve le contenu budgétaire encore dominant. Non seulement l’on ne voit pas de réels moteurs de croissance dans l’industrie mais plus encore, le système financier est encore de mon point de vue sévèrement abîmé et n’apparaît pas à court terme en mesure de financer une reprise durable. Voilà pourquoi je pense que l’année 2010 est une année critique car tous les pays ne sortent pas de la crise de la même manière ni en même temps, et ceux qui sortent les plus vite car ils ont profité non seulement des bas coûts des matières premières mais aussi de la taille de leur marché intérieur ainsi que des bas de laine accumulés les années de vache grasse, ces pays soit la Chine (8% de croissance en 2009) et l’Inde (7.5%) risquent d’emballer les prix des commodities et de compliquer la sortie de crise pour les autres. Voilà pourquoi je pencherai plus pour une sortie de crise en « double creux » soit en U ou en W plutôt qu’en V. Il faudra être très vigilant cette année 2010. (Voir Nouriel Roubini, The risk of double-dip recession is rising, In Financial Times, August 23 2009  Nouriel Roubini Big crash coming)  

Ces incertitudes viennent au plus mauvais moment pour l’industrie gazière qui inaugure selon moi une longue période de bulle gazière. Cette bulle se diffuse sur les différents marchés grâce à l’interconnexion de plus en plus marquée entre marchés européen et américain par le fait du trafic méthanier de plus en plus important. De fait, le bassin atlantique jouera de plus en plus son rôle d’arbitrage et on ne peut plus considérer les équilibres sur le marché européen isolément. Vous savez très bien que l’Europe est notre marché naturel, celui où nous dirigeons l’essentiel de nos exportations gazières. Et il est important de remettre à plat toutes nos vues sur le commerce du gaz, en prenant aussi en compte la très probable contraction de 8.5% des importations européennes (Russie, Pays-Bas et Algérie). Ce qui complique encore les choses c’est qu’il y a 100 Gm3 de GNL en trop, soit à peu près 1/4 de la capacité mondiale, ce qui est excessif. L’arrivée sur le marché de nouveaux volumes provenant de projets en chantier va accentuer le phénomène (on parle d’un niveau de 130 Gm3 d’ici 2013) et exercer une pression baissière sur les prix. On sait déjà que 113.7 Gm3 seront mis sur le marché entre 2009 à janvier 2013 dont les 2/3 venant du Moyen-Orient. L’indexation sur le prix du pétrole pour les contrats à long terme pourrait devenir intenable. Le GNL, emporté par le Qatar, Trinité et Tobago, mais aussi l’Egypte, est aujourd’hui le moteur du développement des marchés spot. Le GNL devrait bientôt franchir le seuil du quart des échanges mondiaux de gaz.  

Partant d’une hypothèse de reprise progressive de l’économie mondiale en 2010/2011, on attend une reprise de la croissance de la demande mais à un niveau de 1 à 1.5% et 2% l’an sur la décennie compte tenu de la reprise encore fragile et de la concurrence avec le charbon dans la production d’électricité en base aux Etats-Unis et au Japon. On est loin des taux de près de 3% réalisés depuis 1998. Le marché gazier devrait pourtant se resserrer à partir de 2013-2014. Il y a ensuite un réel risque de rupture d’approvisionnements au-delà de 2013 car nombreux projets sont reportés comme le projet russe de Shtokman en mer de Barents, des projets au Nigéria et en Indonésie. L’arrêt des investissements pourrait accentuer davantage cette tendance et conduire à une rupture brutale des équilibres gaziers à moyen/long terme. Ce qui nous fonde à conclure ainsi c’est aussi que l’objectif d’atteinte d’un niveau d’émission de 450 ppm de CO2 prévoit dans la production d’électricité (i) de diviser par deux la part du charbon (passer de 40 à 20%), (ii) de porter les énergies renouvelables de 18 à 40%, (iii) de stabiliser le gaz à 18%. Cela nous semble utopique concernant les énergies renouvelables. Ce qui signifie que le potentiel du gaz à long terme nous paraît sous-évalué. Ainsi, il semble fortement probable que la demande gazière augmentera de 50% d’ici 2030, peut-être plus si les politiques environnementales se faisaient plus impératives. Dans cette configuration, l’Europe devrait voir sa situation se dégrader davantage et accroître sensiblement sa dépendance gazière qui dépasserait les 80% prévus en 2030.  

Le marché spot est en train de menacer les contrats à long terme. Quel est l’avenir de ces deux marchés ?  

En fait l’industrie du gaz connaît un méchant trou d’air. Avec cet effet de ciseaux dont j’ai parlé plus haut. La conséquence est que le prix sur les marchés spots à été divisé par quatre en 2009. Mais si le prix du gaz s’est effondré sur les marchés spot de court terme, il s’est bien maintenu sur les contrats à long terme, s’orientant même à la hausse depuis 2008 à la suite des prix du pétrole sur lequel il est indexé. Il y a donc un hiatus avec une déconnexion croissante des prix du gaz, celui à court terme tiré à la baisse par le marché, et celui à long terme orienté à la hausse par les mécanismes le liant au prix du pétrole. Le décalage, aujourd’hui en moyenne de 50%, n’est pas soutenable à terme. C’est un facteur de tensions qui peut accélérer l’avènement de l’OPEP du gaz qui à moyen terme pourrait réguler l’offre de GNL pour laisser une place aux transactions de long terme nécessaires pour le développement de l’offre gazière. La hausse attendue des prix du pétrole va rendre plus impératif ce débat. Le commerce du gaz est à la recherche d’un nouveau modèle économique car la concurrence gaz-gaz et la coexistence de transactions de court et de long terme sur le même marché finit par orienter le marché sur les logiques spéculatives de court terme. La conséquence est que les producteurs en investissant pour créer de nouvelles capacités vont prendre en charge le risque volume et aussi le risque marché, ce qui est irrationnel. Ils risquent de différer leurs investissements ce qui est porteur de déséquilibres à long terme.  

Dans un contexte de déprime des prix du gaz et de baisse de la demande, quel est l’avenir du Galsi ?  

Il faut rappeler que nombreux projets sont reportés, la Russie par exemple reporte à 2017 son mégaprojet Shtockman en mer de Barents. Le Galsi me semble sinon compromis, du moins arriver à un mauvais moment comme on l’a vu plus haut. La question se pose aussi sur les quantités nécessaires pour le remplir. Il faut replacer ce projet dans le cadre global du développement gazier national. Les informations données par le CREG sur les perspectives de croissance de la demande interne et les risques de tarissement de la source algérienne doivent être pris au sérieux. Dans tous les cas, on ne peut considérer un projet d’exportation que comme le prolongement du développement en amont et à ce titre, il faut que le développement des réserves gazières reprenne et que la consommation soit contenue, sinon on risque au mieux de précariser la source algérienne faute de volumes pour la défendre au moment où d’autres sources, russe et moyen-orientales convoitent son marché naturel, l’Europe, au pire céder des parts de marché à de nouveaux entrants. 

Faut-il prendre au sérieux  la déclaration récente du Président français Sarkozy sur le raccordement du Galsi à la Corse ?  

Apparemment le président français est soucieux de développer avec l’Algérie un partenariat structurant dans l’énergie. Il faut dire qu’un important partenariat existe déjà. Il convient peut-être de le développer en embrassant des domaines porteurs comme la science et la technologie, l’ingénierie, etc. Je pense que nous devons travailler à sécuriser le débouché français et à élever qualitativement le niveau de notre intervention. Dans ce sens, la Corse est un thème intéressant non seulement pour le gaz naturel mais aussi pour le GPL. C’est ce que l’on peut appeler « un marché de niche » car il est difficilement accessible par GNL pour nos concurrents du fait de sa taille.  Par gazoduc depuis la Sardaigne l’option devient en effet intéressante. De même, il ne faut pas oublier que la plupart de nos gisements produisent du gaz humide et que nous produisons avec le gaz naturel du GPL qu’il faut écouler. Le marché corse convient parfaitement pour le GPL et peut être tout indiqué pour développer des îlots propanés. Il y a là un thème intéressant aussi pour le développement international de Sonatrach qui devrait pouvoir accéder au client final en partenariat avec des acteurs français par exemple. 

Faut-il maintenir les objectifs de production de 2 millions de barils/jour de pétrole brut et d’exportations de 85 milliards de mètres cubes/an de gaz ?  

Mes idées sont connues sur la question. Nous devons produire ce qui est nécessaire pour financer notre développement, pas plus. Quel intérêt a-t-on à monétiser inutilement des réserves pour placer ensuite ces recettes dans des banques à l’étranger ? Des arbitrages doivent être faits qui tiennent compte du niveau réel des réserves et de la nécessité de préserver nos ressources pour les générations futures. Concernant les objectifs de production de pétrole je suis catégorique, c’est non. Nos réserves sont limitées. Elles sont estimées à 12 Gbls, soit 1% des réserves mondiales et ont une durée estimée à 16.8 ans. Il faut moduler notre production dans une perspective de long terme. Faute de quoi nous quitterons la scène en tant qu’exportateurs dans un délai très court. Nous espérons tous de bonnes surprises venant de l’exploration de notre sous-sol à la condition qu’elle soit sérieusement impulsée, mais aussi de l’augmentation du taux de récupération de nos gisements. Je suis à cet égard contre tout catastrophisme. Notre sous-sol est peu exploré et nos ressources connues ont encore du potentiel. Mais nous devons considérer qu’aujourd’hui la technologie est la clé des ressources futures, autant chez nous que par ailleurs dans le monde. Les plus grands gisements sont en déclin, Ghawar en Arabie Saoudite, Burgan au Koweit, Cantarell au Mexique, Daqin en Chine. Nous approchons du peak oil et les ressources de demain vaudront très cher, pourront même être inaccessibles à nos enfants si nous n’y prenons garde ! Alors que les réserves s’épuisent, la demande restera dynamique, tirée par les pays émergents qui en assurent 80% de la croissance d’ici 2030. Elle approcherait le seuil de 110 Mbj en 2030 alors que 100 Mbj sont considérés comme une limite technologique par nombreux experts. En ce sens, le ralentissement actuel de l’investissement non seulement dans le pétrole (baisse de 16% en 2009) que dans les énergies renouvelables (baisse de 38%) n’augure rien de bon. L’industrie connaîtra des turbulences entre 2020 et 2030 où il faudra mettre en production l’équivalent de 6 fois la production saoudienne. Nous pensons que la prochaine décennie sera riche en incertitudes. Voilà encore pourquoi nous disons qu’il faut préserver absolument nos réserves et nous doter d’un puissant acteur énergétique en mesure de sécuriser l’approvisionnement énergétique national les décennies à venir. 

Dans ce sens, pour répondre à votre question, si l’objectif de 2 Mbj paraît clairement irréaliste en l’état actuel de connaissance de nos ressources, le niveau de 1.4 Mbj tenu actuellement par l’Algérie demande à mon avis à être reconsidéré à la baisse en tenant compte néanmoins de nos engagements contractuels en amont et des contraintes opérationnelles de Sonatrach.  

Avec l’essoufflement des réserves en Algérie, comment voyez-vous la politique de développement des ressources hydrocarbures et  de  redéploiement de Sonatrach à l’international ?  

J’ai commencé à répondre à cette question. Nous devons opérer un renversement de perspective stratégique et nous affirmer comme un acteur énergétique plutôt que comme une source. Non seulement nous devons préserver nos réserves mais aussi développer notre compagnie nationale autour de la technologie de façon à ce qu’elle puisse être l’un des acteurs clés de demain. Les compagnies pétrolières tendent à avoir en portefeuille un rapport de 50/50 entre pétrole et gaz alors que le gaz est tiré par la génération électrique. Ainsi, ces compagnies tendent à s’investir dans la génération électrique et à devenir des compagnies énergétiques, fournisseurs de commodities, carburants, molécules de gaz, kilowattheures. Sonatrach doit suivre le même chemin notamment en international, notamment en Europe, ce qui lui permettra de sécuriser ses débouchés et tirer avantage des mutations structurelles en cours dans la scène énergétique. Voilà pourquoi je recommande un vigoureux processus de modernisation de Sonatrach d’une part, une fusion Sonatrach – Sonelgaz d’autre part. Sonatrach doit se recentrer sur ses métiers de base, au premier rang desquels l’amont, elle doit se renforcer et s’organiser autour de la technologie. Cet effort, qui doit être considéré comme une question stratégique nationale de la première importance, doit s’accompagner d’acquisitions à l’étranger d’actifs dans le domaine de l’énergie (réserves, compagnies énergétiques) mais aussi touchant aux technologies qui leur sont liées (R&D, parapétrolier, ingénierie). Elle doit aussi construire des alliances stratégiques avec des leaders. Elle doit enfin, dans une perspective de patriotisme économique et une logique de préférence nationale être un pôle de rayonnement et entraîner autour d’elle universités et recherche mais aussi et surtout tout un tissu de PME nationales, en encourageant l’excellence et l’innovation. Tout cela est possible, j’en suis convaincu, même si ça sera difficile quand même car nous avons pris beaucoup de retard et raté des fenêtres d’opportunités. Le pétrole est l’industrie où les miracles sont possibles, et si nous faisons confiance à tout le potentiel humain de ce pays qui montre chaque jour son patriotisme, je suis sûr que nous accomplirons des miracles. Si nous le faisons, nous apporterons des perspectives insoupçonnées à notre pays. 

Publié dans ENERGIE, PETROLE, GAZ, Travaux et Interviews du Dr PREURE | Pas de Commentaire »

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