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    Naïvement enlacée à la mer, Alger si loin de son destin …

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  • A quoi ressemblera l’économie mondiale en 2060 ?

    www.latribune.fr Pierre Manière | 09/11/2012

    Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dresse le portrait de l'économie mondiale en 2060. Elle prévoit un grand chambardement de l'ordre établi. Comme attendu, la Chine deviendra la première économie de la planète. L'Inde, pour sa part, se classera deuxième, devant les Etats-Unis. New Delhi voit ainsi la part de sa contribution au PIB mondial progresser de 7% à 18% ! La zone euro, elle, verra son poids dégringoler de 17% à 9%.
    Sur le même sujet
    L'exercice apparaît pour le moins ambitieux. Dans une étude publiée vendredi, l'OCDE dévoile sa photographie de l'économie mondiale en... 2060 ! Et ses résultats font état d'un vrai chambardement de l'équilibre économique mondial.
    • Une croissance maussade de 3% par an en moyenne
    D'abord, l'OCDE parie sur un retour progressif aux fondamentaux économiques d'avant crise à horizon 2020. "Une fois liquidé l'héritage de la crise financière mondiale, le PIB global pourrait croître d'environ 3% par an au cours des 50 prochaines années", grâce à "l'amélioration de la productivité" couplée à "l'accumulation de capital humain", précise le rapport. Une croissance profondément inégale, les vieux pays industrialisés affichant des taux bien inférieurs aux pays émergents.
    Un bémol, de taille, concerne toutefois la manière dont la crise actuelle impactera les prochaines décennies. Chef de la division de l'analyse des politiques structurelles de l'OCDE, Giuseppe Nicoletti concède qu'"il y a beaucoup d'incertitude" sur la date de rétablissement de l'économie mondiale. De plus, il souligne que la manière dont les Etats sortiront de la crise aura des conséquences importantes. "Si les Etats-Unis et l'Europe s'en sortent avec des niveaux de dettes trop élevés, cela peut avoir, à terme, des conséquences sur les marchés de capitaux, provoquer une baisse des investissements, et plomber le marché de l'emploi", prend-t-il en exemple.
    • La Chine et l'Inde en pole position
    La Chine devrait débuter ce premier demi-siècle sur les chapeaux de roues. Sur la base des parités de pouvoir d'achat de 2005, l'étude précise que Pékin devrait dépasser cette année la zone euro en termes de contribution au PIB global. Avant de chiper la première place aux Etats-Unis "quelques années plus tard", voyant son poids dans le PIB mondial passer de 17% à 28%. Dans son sillage, l'Inde verrait sa contribution au PIB mondial passer de 7% à 18% en 2060, et dépasser à son tour le pays de l'Oncle Sam. Ainsi, si la Chine est championne en terme de croissance jusqu'en 2020 (avec une moyenne de 10%), Pékin voit sa progression du PIB se tasser jusqu'à 2,3% en 2030-2060. Or sur cette période, New Delhi affiche une moyenne de 6,7% au compteur.
    Pour expliquer le tassement de la croissance chinoise, Giuseppe Nicoletti évoque "le vieillissement de la population chinoise", y voyant-là "les conséquences de la politique de l'enfant unique". De son côté, il justifie le "rattrapage" indien par le fait que son économie part de très bas, citant des exemples "historiques", comme les dragons asiatiques ou l'Europe d'après-guerre.
    • Le moindre poids de la zone euro et des Etats-Unis
    A l'opposé, le Vieux Continent et les Etats-Unis, ne pèsent plus aussi lourd. Représentant respectivement 17% et 23% du PIB mondial aujourd'hui, la zone euro et Washington voient leurs participations chuter de 8 et 7 points.
    • Un quadruplement du PIB par habitant des pays les pauvres
    Conséquence du rattrapage des pays en développement, le PIB par habitant des économies actuellement les plus pauvres "aura plus que quadruplé", souligne l'OCDE. Il sera même multiplié par sept pour la Chine et l'Inde Tandis que celui des économies les plus riches "se contentera de doubler". Toutefois, le classement des pays en fonction du PIB par habitant ne devrait pas bouger. "Certes, les écarts de productivité et de qualification de la main d'oeuvre se réduisent, mais les différences qui subsistent sont encore pour une bonne part à l'origine des écarts de niveau de vie observés en 2060", souligne l'étude.

  • Arrêtez avec le « je me battrai pour vous » de Voltaire !

    Par Zineb Dryef | Rue89 | 14/04/2011

    Deux fois en quelques heures ! D’abord, un éditeur qui invoque son esprit « voltairien » pour justifier la publication d’un livre d’Eric Zemmour. Ensuite, un faux Carl Lang (ex-Front national) qui flatte Pierre Haski sur Twitter pour obtenir la publication d’une tribune sur Rue89 : « On vous dit voltairien », sous-entendu « vous connaissez comme moi la fameuse phrase ».

    Mais Voltaire n’a jamais écrit « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » ! Il ne l’a même jamais dit. A l’origine de cette formule, une Britannique, Evelyn Beatrice Hall qui, dans un ouvrage consacré à Voltaire en 1906, lui attribue le célèbre « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it ».

    Dans un documentaire de la TSR retraçant l’histoire de cette phrase, Charles Wirz, le conservateur du musée Voltaire de Genève, confirme que le philosophe n’a jamais rien dit de tel et présente même l’aveu d’Evelyn Beatrice Hall : « Je ne suis pas d’accord avec vous […] est ma propre expression et n’aurait pas dû être mise entre guillemets. »

    Dans son « The Friends of Voltaire », Evelyne Beatrice Hall a tenté ainsi de résumer la pensée de Voltaire, notamment au moment de sa prise de position dans l’affaire Helvétius, l’un des philosophes qui contribua à L’Encyclopédie.

    Son livre, « De l’Esprit », irrite profondément Voltaire – il qualifie le texte de « fatras d’Helvétius » dans une lettre à de Brosses du 23 septembre 1758, citée par Gerhardt Stenger mais lui apporte son soutien face aux attaques virulentes dont il est victime après la parution de son ouvrage.

    Dans ce contexte, la phrase prêtée à Voltaire ne paraît pas dépasser sa pensée. Pourtant, plusieurs amoureux de l’écrivain s’émeuvent de l’utilisation qui en est faite. On les comprend.

    Nietzsche « Au soleil » avec Jennifer

    « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » est devenu l’un des poncifs les plus irritants des dernières années. Peut-être autant que le « ce qui ne tue pas rend plus fort » de Nietzsche, nouvel hymne de Jenifer « ce qui ne me tue pas me rend forte » dans une chanson sur les bienfaits du soleil.
    Plus injuste encore, il est devenu l’arme de défense de tous ceux qui se croient censurés par les-médias-dominants-la-pensée-unique-le-politiquement-correct.

    Dans les années 2000, Thierry Ardisson l’a largement popularisé dans son émission « Tout le monde en parle » en le citant à tout bout de champ pour justifier la présence du moindre invité un peu controversé. Se proclamer voltairien est ainsi devenu synonyme de partisan de la liberté d’expression totale. On retrouve donc pêle-mêle Eric Zemmour, Robert Ménard, Dieudonné, etc.

    « Ce n’est pas du tout lui cette phrase »

    Voltaire, défenseur de la liberté d’expression illimitée ? Une supercherie, nous répond la Société Voltaire : « Ce n’est pas du tout lui cette phrase. Prenons le credo chrétien qu’il a toujours combattu. Ou les Jésuites. Il ne les aurait jamais défendus. »
    Plus fort, le cas Fréron. Ce journaliste parisien, responsable du journal L’Année littéraire, détesté de Voltaire, a eu droit à une pièce « Le Café ou l’Ecossaise » rédigée contre lui mais n’a jamais eu le moindre signe de soutien à chaque fois que son périodique a été censuré par… Lamoignon de Malesherbes, un ami de Voltaire.
    http://www.rue89.com/hoax/2011/04/14/arretez-avec-le-je-me-battrai-pour-vous-de-voltaire-199690

    • Album : CASBAH LUMIERE
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  • Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui

  • L’immortel Cheikh El Hasnaoui

    Cheikh El Hasnaoui (1), de son nom kabyle Si Mouḥ N Amar U Mouḥ (2), est né, selon l'état civil, le 23 juillet 1910 sous le nom patronymique Mohammed KHELOUAT, au hameau de Taâzibt, un petit village de la région d'Ihesnawen (3). C'est, d'ailleurs, du nom de sa région natale qu'il en tirera son pseudonyme artistique qui était à l'origine : « Ben Ammar Hasnaoui », puis « Cheikh Amar El-Hasnaoui », avant de devenir « Cheikh El-Hasnaoui » plus tard. Quelques années après sa naissance, il perdit sa mère, LAÂZIB Sadïa (Bent Ahmed) elle-même originaire d'Alger de parents originaires de Biskra. Elle mourra des suites d'une maladie après avoir perdu ses deux jeunes enfants : Omar et Ali. Son père, Si Amar KHELOUAT (4), est absent du foyer, car enrôlé par l'Armée française durant la Première Guerre Mondiale. Démobilisé après une blessure, son père rentre au pays, il ira chercher à Alger le jeune Mohamed et le plaça dans une école coranique. Son apprentissage ne durera que quelques années, il en est sorti à l'âge de 12 ans. À Alger, il exercera plusieurs petits métiers tout en se « frottant » aux grands maîtres de la musique « chaâbi » comme El-Anka et Cheikh Nador. Ainsi, il assimila toutes les finesses de ce genre musical exigeant et s'affirme, bientôt, comme un artiste accompli, maître de son art et capable de l'exprimer aussi bien dans sa langue maternelle : « Taqbaylit », comme il le dit si bien, ainsi qu'en Arabe populaire (dialectal), l'autre langue qu'il vient d'acquérir et de perfectionner. Il animera pendant cette période bon nombre de soirées « qui seront pour lui l'occasion de se produire en public et de monnayer son talent ». Il vivra jusqu'en 1936, date de son dernier retour dans sa région natale, des allers-retours entre Tizi-Ouzou et Alger. La situation ambiante (sociale, intellectuelle,…) ne lui plaisant guère (5), il confia, un jour d'été, à Si Saïd U L'Hadi (6), un de ses amis d'enfance : « Cette fois, si je quitte le village, je serai comme une fourmi ailée. Là où me poseront mes ailes, j'y resterai. » (7) À Paris, le « Maître » s'impose comme un artiste phare, illuminant de toute sa classe la vie artistique du moment qui reste confinée aux seuls cafés, véritables microcosmes de la société kabyle. De tempérament solitaire, il fréquente très peu de gens, même pas les « grands noms » de la chanson kabyle de l'époque, mais il se lie d'amitié avec Fatma-Zohra (8), son mari Mouh-akli et Mohamed IGUERBOUCHENE avec lequel il collabore dans des émissions radiophoniques. Sa carrière connaît une parenthèse, durant la Seconde Guerre Mondiale, le temps d'accomplir en Allemagne, le Service du Travail Obligatoire. C'est pendant cette période qu'il fera connaissance de celle qui deviendra plus tard sa femme, il s'agit d'une jeune Française du nom de Denise Marguerite Denis qu'il épousera le 14 août 1948. Cherchant le calme, il quittera la région parisienne et la maison qu'il a construite de ses mains à Anthony pour s'installer à Nice (Rue de Belgique). En 1985 il quittera sa seconde demeure pour un voyage qui le mènera dans les Antilles, où il séjournera, seul, quelques mois avant de repartir vers Nice rejoindre sa femme. En 1988, il récidivera en mettant le cap sur l'île de la Réunion où il s'installera à Saint-Pierre, en compagnie de sa femme Denise, dans la même année. À des milliers de kilomètres des siens et de toute personne qui le connaît, Cheikh El Hasnaoui se construit son havre de paix. Il faudra attendre plus de 20 ans pour qu'un musicologue du nom de Mehenna MAHFOUFI retrouve enfin sa trace et lui rendra trois fois visite afin de s'entretenir avec lui. Le chanteur Abdelli et la chanteuse Behdja Rahal en feront de même et auront le privilège de rencontrer le Maître quelques années seulement avant qu'il ne s'éteigne le samedi 06 juillet 2002, à l'âge de 92 ans. Il sera inhumé, conformément à ses vœux, à Saint-Pierre de la Réunion où un jardin public porte aujourd'hui son nom, il y est indiqué : Cheikh El Hasnaoui, Maître de la chanson Kabyle : Taâzibt 1910 – Saint-Pierre 2002. Ainsi, il est parti le Maître, discrètement comme il a toujours vécu, Cheikh El-Hasnaoui, celui qui mérite plus qu'un autre la place de véritable classique de la chanson kabyle (et même algérienne), nous a laissés emportant avec lui tous ses secrets, que de questions demeurent posées : Ses choix de vie ? La rupture avec le pays ? Paroles de certains de ses textes ?
  • Les vaillantes tribus Hadjoutes étaient menées par un poète, Boutheldja …

    (Par Belkacem Rabah Mohamed Khaled) (...) Il n'existe malheureusement pas de statistiques précises sur le nombre des populations Hadjoutes, mais nous estimons, à partir de certaines données contenues dans le rapport du duc de Rovigo, «vingt-trois tribus Hadjoutes et douze mille cavaliers» ... Dix huit mille cavaliers selon d'autres sources, à un total de plus de quarante mille habitants pour l'ensemble de ces tribus et douars. A la bataille de Staouéli, les 4 et 5 juillet 1830 (Sidi-Ferruch), contre la pénétration des armées françaises et avant la proclamation de Abdelkader comme Emir, les contingents fournis par les tribus Hadjoutes (douze mille cavaliers Hadjoutes) ont combattu vaillamment parmi les cinquante mille hommes engagés dans la bataille. Le général Changarnier qui a eu à combattre les armées Hadjoutes, écrit à leur sujet (Mémoires), après les avoir qualifiés d'«habitants rebelles au joug de l'étranger», de « patriotes énergiques» ,«les Hadjoutes avaient pu mettre en campagne et entretenir, pendant plusieurs années, de mille à mille huit cents cavaliers très courageux, qui avaient accompli des choses dont les cavaliers les plus célèbres de l'Europe se seraient honorés... » De même, le duc d'Orléans n'eut pas manqué de rendre hommage au patriotisme de ces partisans : « ... Ces hardis partisans faisaient plus de mal aux Français que tout le reste des forces ennemies, de même que les Cosaques, dans les guerres de l'empire, contribuèrent plus que toutes les troupes régulières à détruire l'Armée française ... Les Hadjoutes empêchaient l'armée de dormir en la tenant sur un qui-vive perpétuel ... Cependant la mort d'un simple cavalier Hadjoute, Boutheldja le poète, tué dans un de ces engagements, fut une perte sensible pour la cause arabe ... Au milieu du mouvement de résurrection de ce peuple, qui renaissait du sang de ses braves enfants, Boutheldja fut le plus inspiré parce qu'il était le plus convaincu de tous les poètes. Ses chants lyriques, d'une douleur touchante et d'un farouche patriotisme, étaient devenus populaires parmi la jeunesse arabe. Le poète préféra rester en volontaire, au premier rang des Hadjoutes, et, simple soldat, comme Koerner, il mourut comme lui de la main d'un Français, en combattant pour une patrie que tous deux avaient rêvée grande, et qu'ils ne connurent que malheureuse. »
  • Tazir M’hamed Bacha. Ancien militant de la cause nationale, compagnon de Mohamed Belouizdad – «Qui se souvient des 3024 disparus de La Casbah ?»

    www.elwatan.com le 10.05.12

    L’Algérie s’est faite elle-même.
    «Le violence est infâme, son résultat est toujours incertain et nul ne peut agir justement quand il est poussé par la haine.» Antar Ibn Chadad
    Le hasard est parfois curieux. Il provoque les choses, soupire M’hamed qui pense que certains rendez-vous de l’histoire sont quelquefois étranges.A 18 ans, en 1944, il a été arrêté, torturé et jeté dans les caves de la préfecture d’Alger. Dix-huit ans après, en 1962, il est le patron de cette même préfecture d’Alger où il officie en tant que directeur de cabinet du regretté Nadir Kassab. Alors, il se rappelle des propos de son avocat d’autrefois, Maître Sansonneti et de sa flamboyante plaidoirie en déclarant : «Monsieur le président, depuis que je porte cette robe, je n’ai jamais eu peur de dire la vérité. Il y a quelque temps, sur ces mêmes bancs, j’ai défendu des socialistes, des communistes, des gaullistes. Ils sont actuellement au pouvoir. Il ne serait pas impossible que ces gens, que vous êtes en train de juger, seront un jour à la tête de ce pays.»
    Prémonitoires, les propos de l’avocat s’avérèrent justes, résume Tazir M’hamed Bacha, qui nous racontera les mille et une péripéties de sa vie mouvementée. De sa première militance au sein de la Jeunesse de Belcourt à la création de l’organisation spéciale dont il fut un témoin privilégié, à la solitude des prisons dont il a été un pensionnaire régulier, aux exactions innombrables de la soldatesque coloniale à l’origine notamment de la disparition de plus de 3000 Algériens à La Casbah, M’hamed raconte calmement cette étape douloureuse, car, dit-il : «Seuls peuvent juger la guerre ceux qui l’ont vécue dans leur âme et dans leur chair.»
    Comité de la jeunesse de Belcourt
    Mais M’hamed sait aussi faire la part des choses : «Le combat est la seule expérience où l’on peut éprouver un sentiment autentique de fraternité envers celui qui prend les mêmes risques que vous.» Et là, il met en avant les grands mérites de cet homme immense qu’a été Mohamed Belouizdad, brave parmi les braves, qui a été l’étincelle mais qui s’est éteint hélas très jeune, emporté par la maladie. Sur son lit de mort dans un sanatorium en France et alors que Ahmed Haddanou (El Caba) lui demandait s’il avait besoin de quelque chose qu’il pourrait lui rapporter, Belouizdad rétorqua : «Ce qui me manque malheureusement, tu ne peux pas me l’apporter. Ce dont j’ai besoin, c’est d’entendre El Adhan !»
    M’hamed parle de la guerre, mais aussi de paix. Celle qui fait cesser les fracas des canons et des bombes, mais aussi celle, beaucoup plus difficile à obtenir, qui doit se frayer un chemin dans le cœur de chacun. «Lors d’un voyage en France, j’ai pu lire un livre, prix Goncourt 2011, dont le titre L’art français de la guerre, d’Alexis Jenni. La lecture de certaines pages de cet ouvrage fut un choc pour moi. En effet, la liste des 3024 Algériens disparus lors de la bataille d’Alger en 1957 dont fait état l’auteur, je l’ai eue entre mes mains en août 1962 dans l’exercice de mes fonctions à la préfecture d’Alger. Cette liste reste une tache noire qu’il convient d’élucider», suggère-t-il.
    Tazir M’hamed Bacha est né le 2 janvier 1926 à Djendel (Aïn Defla). C’est en 1933 que son père, Mohamed Ben Mokhtar, vint s’installer à Cervantès avec sa famille. Il avait tourné le dos à sa vocation de fellah pour devenir petit commerçant à Belcourt près de son domicile.C’est dans ce quartier populeux que M’hamed Bacha grandit, fit ses études scolaires à l’école des Mûriers puis à Chazot, enfin au collège de Clauzel avec comme camarade de classe un certain Ali Haroun. Le débarquement des Américains en 1942 mit fin à cette aventure et M’hamed dut intégrer le monde du travail en exerçant en tant qu’auxiliaire aux PTT à la Grande-Poste.
    «On était jeunes. Les leaders politiques étaient pour la plupart emprisonnés. On ne devait pas rester les bras croisés. On a créé le Comité de la jeunesse de Belcourt avec Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, Ahmed El Caba, Moumdji…»
    Son militantisme lui valut d’être arrêté le 5 octobre 1944 chez lui, au 46 boulevard Cervantès. Il militait au PPA et distribuait l’Action algérienne, journal du parti. «C’est le commissaire Touron en personne qui procéda à mon arrestation. J’avais 18 ans et je venais de me marier. Ils m’ont amené dans les sous-sols de la préfecture d’Alger où les interrogatoires parraissaient interminables. Je suis resté 10 jours dans les caves avant d’être présenté devant un juge d’instruction militaire sous le chef d’inculpation ‘‘d’atteinte à la sécurité de l’Etat’’. C’est dans ces voûtes que j’ai connu Khider, Moali, Boulenouar, tous militants du PPA. Le 4 mai 1945, je suis déféré devant le tribunal militaire d’Alger.»
    Comme cela coïncidait avec les manifestations du 1er Mai 3 jours avant à Alger, les condamnations furent très sévères. 12 ans de prison et confiscation des biens. Il est envoyé à Lambese, mais retrouve sa liberté en avril 1946 après l’armistice. «Je reprends du service à Belcourt, où Belouizdad m’installe à la tête des Jeunes de Belcourt, c’est à ce titre que j’ai assisté au 1er Congrès du PPA entamé le 16 février 1947 à Bouzaréah et clôturé deux jours après à Belcourt à la limonaderie l’Africaine appartenant à un vieux militant du Parti, Melaine Mouloud. Lorsque, par hasard, nous nous trouvions parmi la foule de spectateurs du défilé militaire du 14 juillet que les Français organisaient chaque année pour célébrer la fin de la tyrannie chez eux, nous nous sentions secoués par le défi. Pourquoi ? Que représente pour nous cette cérémonie ? Pourquoi n’avons-nous pas nous aussi notre armée, notre drapeau ? Que devions-nous faire ? Les plus lucides répondaient : il faut nous organiser.
    De nombreuses idées germaient dans l’esprit des jeunes que nous étions. On était en pleine Deuxième Guerre mondiale. C’est ainsi que fut créé le Comité de la jeunesse de Belcourt, né tel un champignon sur un terrain fertilisé par la politique coloniale de la France qui s’acharnait depuis plus de cent ans par tous les moyens à soumettre notre peuple en lui fermant toute issue pour recouvrer sa dignité et sa fierté.» Les premiers membres fondateurs de ce comité : Mohamed Belouizdad, Ali Mahsas, M’hamed Yousfi, Hamouda et Tazir M’hamed. Le CJB fut intégré comme mouvement jeune du PPA.
    Belouizdad nous avait expliqué que c’était le seul parti vraiment nationaliste et révolutionnaire et dont le programme était clair, à savoir l’indépendance de l’Algérie et qui préconisait le seul et unique moyen d’atteindre ce but, à savoir l’action des masses populaires dont nous les jeunes devrions être l’avant-garde.»
    Belouizdad, un homme à part
    «A la tête du comité, Mohamed Belouizdad va déployer une intense activité et montrer un talent d’organisateur hors pair, qui le révéla rapidement aux instances supérieures du parti. La première grande décision du CJB fut la création d’un journal clandestin. Belouizdad lui donna le titre El Watan. C’était une modeste feuille tapée à la machine et reproduite en plusieurs exemplaires à l’aide de papier carbone. Entre militants, nous parlions souvent de Belouizdad toujours avec affection, respect et admiration.
    Mahsas l’appelait Saâd Zaghloul Bacha, en référence au leader arabe en lutte contre le protectorat anglais en Egypte et fondateur du parti Wafd dans les années vingt. Les discussions avec Mohamed étaient très enrichissantes pour nous. Il écoutait beaucoup et intervenait toujours en dernier. Par délicatesse, jamais il ne nous faisait sentir sa supériorité intellectuelle. Le plus instruit parmi nous à l’époque avait à peine le certificat d’études. Mohamed possédait déjà son brevet supérieur, l’équivalent du baccalauréat qu’il avait passé avec succès. La première fois que j’ai entendu parler de Karl Marx, c’était de la bouche de Mohamed, qui avait déjà lu le Capital.
    Dès 1947, Mohamed m’associa à la réception des armes. C’est ainsi qu’il me chargea de trouver des caches pour enfouir des armes provenant des restes des armées alliées. J’arrivais à dénicher deux endroits sûrs, le premier au pied de la falaise Cervantès, dans la maison du regretté militant Mohamed Meguerba. L’autre cache, dans une petite propriété à Bouzaréah appartenant à la famille d’un militant, le regretté Derkouche. J’avais connaissance d’une troisième cache qui avait été mise à la disposition de Belouizdad par Mohamed Saradouni, un vieux militant qui gérait un dépôt, à l’emplacement actuel de la station du téléphérique, près du cimetière de Sidi M’hamed. C’est au titre de responsable de la section des jeunes de Belcourt, une des plus importantes du pays, que j’ai eu le privilège d’assister au fameux congrès clandestin du PPA de 1947 au cours duquel fut décidée la création de l’OS qui devait préparer et entraîner les meilleurs militants en vue du déclenchement de l’action directe généralisée et le maintien de l’organisation clandestine politique PPA avec comme couverture légale le MTLD.
    Le congrès se déroula la première nuit dans une petite propriété appartenant à un militant de Bouzaréah où Messali était en résidence surveillée après son retour d’exil africain. Avant l’ouverture de la première séance par Messali, un des délégués de la Grande-Kabylie, Si Ouali, demanda la parole. Il tira son revolver caché sous sa ceinture, le posa sur la table et proposa la résolution suivante : ‘‘Tout participant à ce congrès national qui dévoilerait ne serait-ce qu’une partie des délibérations ou des noms de participants est condamné à mort.’’ Ce fut un moment de stupeur générale. On sentait déjà la mort planer sur nos têtes avant l’ouverture des débats. Messali lui-même resta muet, tellement la proposition de Si Ouali était inattendue.
    Plusieurs délégués condamnèrent cette proposition, le plus acharné fut le docteur Chawki Mostefaï qui parla des limites de la résistance humaine face à la torture, pratiquée systématiquement par la police coloniale, et surtout fit allusion à une découverte récente à cette date, le sérum de vérité, qui, administré à une personne, est susceptible de lui faire dire tout ce qu’elle sait malgré une volonté contraire. Tous les éléments développés laissèrent Si Ouali inébranlable. Il maintint sa proposition et demanda qu’on la soumette au vote. Le président du congrès, Messali, ne savait plus quoi faire. C’était le blocage total dans un silence impressionnant. On entendrait voler une mouche.
    C’est alors qu’on aperçut au fond de la salle une main se lever de quelqu’un qui demanda la parole pour la première fois. Le président lui fait signe qu’il peut parler : ‘‘Je propose, dit une voix claire avec une diction impeccable, qu’on remplace les mots ‘‘est condamné à mort’’ par ‘‘est passible de la peine de mort’’, ce fut un soulagement général. Mohamed Belouizdad venait par un intelligent et astucieux amendement de mettre fin au blocage qui paralysait le congrès avant même son ouverture. Messali, après un long regard de reconnaissance vers Mohamed mit aux voix la résolution amendée. Elle fut votée à l’unanimité y compris par Si Ouali.»
    Un laministe convaincu
    Le congrès s’acheva au lever du jour, après une longue intervention de Messali qui prononça la clôture de ces importantes assises d’où sortira l’Organisation spéciale dont la mise sur pied sera confiée à Mohamed Belouizdad. Il avait 24 ans, l’âge de l’Emir Abdelkader quand ce dernier reçut la Bayâ en 1832 afin d’organiser la lutte armée contre les Français. La jeunesse est l’âge de l’héroïsme, ce mot n’a jamais été aussi juste que dans le cas de la lutte du peuple algérien. Mais Messali écarta Debaghine et s’arrogea seul le droit de désigner la direction politique du parti. Depuis cette date et peut-être bien avant, les germes de la scission, qui allaient se produire quelques années plus tard entre centralistes et messalistes, étaient semés. Fort heureusement, le 1er Novembre est venu mettre fin à cet imbroglio.
    M’hamed milita à Alger avec Mokhtar Bouchafa notamment jusqu’à son arrestation le 1er mai 1957, «où des soldats sont venus à notre domicile pour arrêter mon père disparu jusqu’à ce jour. Alors que moi même je l’ai été par la DST. S’ensuivirent de longs séjours à Bouzarréah, Paul Cazelles, Beni Messous, Bossuet, jusqu’à la libération à la fin de l’année 1960». A l’indépendance, M’hamed est nommé chef de cabinet du préfet Kassab. «Au début, on a eu des problèmes avec les gens des frontières qui voulaient accaparer le siège de la wilaya pour en faire un ministère. Ils nous avaient menacés, et Dieu seul sait qu’à l’époque c’était la seule institution qui marchait.» Heureusement que dès la constitution du gouvernement en septembre 1962, le projet a été stoppé. M’hamed renoue avec ses premières amours, les PTT, puis s’occupe des affaires administratives à la présidence jusqu’en 1980 où il est nommé consul à Agades (Niger), puis au Kef (Tunisie). Il prend sa retraite en 1990.
    htahri@elwatan.com

  • La casbah de Dellys entre légende et réalité

    www.algerie-plus.com Par Khidr Omar | 05/05/2011 | 11:03 En dépit de la patine du temps et des séquelles irréversibles laissées par l'homme, la casbah de Dellys (80 km à l'est de Boumerdes) a su garder un cachet atypique, forgé par un passé glorieux auquel est associé une beauté naturelle exceptionnelle. Plus que tout ça, cette belle ville nichée à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, naturellement protégée contre les courants marins et les vents d'ouest par un long promontoire, connu sous le nom de cap Bengut, au-dessous duquel se love un vieux port turc, est traversée par la RN24 sur toute sa longueur, s'étirant depuis Takdempt, à l'ouest, jusqu'à la nouvelle ville, à l'est de l'oued Oubay. Au coeur de ce long boulevard, se situe la vieille ville, communément appelée la casbah de Dellys, qui était considérée jusqu'à un passé récent, comme le pouls de la ville. Aujourd'hui, ses échoppes, dont beaucoup sont désertées par leurs propriétaires, laissent apparaître des plaies béantes, dues aux aléas du temps, mais principalement au séisme de mai 2003, qui avait durement ébranlé ses vieilles constructions et fait disparaître du coup des pans entiers de la mémoire matérielle et immatérielle. Il n'en demeure pas moins que le visiteur à Dellys est irrésistiblement happé par la multitude de vestiges historiques encore visibles dans les dédales de sa casbah et de ses ruelles, où ont été recensées quelque 200 vieilles bâtisses datant de l'époque ottomane. Le vieux port, le phare de cap Bengut, la vieille mosquée du centre ville, l'école coranique Sidi Amar, le tombeau de Sidi el Harfi et le mur d'enceinte ceinturant cette cité sur plus de 2000 mètres, constituent notamment autant d'attractions sur lesquelles peuvent se fixer encore de nos jours les yeux des visiteurs avertis. Une cité en proie à toutes les convoitises Mais c'est surtout l'histoire glorieuse, à la limite de la légende, de la ville de Dellys, qui fait la fierté de ses habitants, à l'instar de Ami Rabah Edelssy (70 ans) qui considère que la « position géographique de cette ville est à l'origine des différentes convoitises et civilisations qui se sont succédées dans la région». Parfois, l'on peut ainsi surprendre des Déllyssiens nostalgiques, assis sur un rocher dans la quiétude du cap Bingut ou sur un banc de la place dite de la guinguette, mais dont il ne reste aujourd »hui que le nom, en train de suivre le passage des navires, voguant vers de lointains ports, ou simplement contempler la grande bleue, s'imaginant voir accoster sur les rivages de la région les navires des corsaires et autres envahisseurs. C'est ce riche passé que les habitants de Dellys tentent aujourd'hui de préserver coûte que coûte en exhortant les autorités concernées à manifester davantage d'intérêt pour le patrimoine de leur ville et pour tous ses vestige et patrimoine, dont de vieux manuscrits détenus par plusieurs citoyens Ils désirent, à cet effet, pouvoir les réunir dans un musée digne de la renommée de cette cité. Selon les historiens, l'édification de la vieille Casbah de Dellys remonte à l'époque ottomane, qui la baptisèrent « Tiddiles ». Elle était alors constituée d'un ensemble de constructions bien agencées et divisées par des rues et ruelles, possédant toutes les commodités de vie nécessaires sur une surface globale de 1200 ha. Selon le président de l'APC, c'est par souci de préservation et de protection du riche patrimoine renfermé par cette ville historique, que la tutelle a élaboré à partir de 2007 un « Plan permanent pour la protection et la restauration de la Casbah de Dellys ». La première étape de ce plan, a été réceptionnée fin 2009, avant son exécution qui consista, selon la même source, en la réalisation de « travaux d'urgence » axés sur la « restauration de sites sensibles » du patrimoine matériel. La seconde phase de ce plan, également réalisée début 2010, a consisté en la réalisation d' »études historiques et typologiques » sur le même site, tandis que la 3ème étape, attendue vers fin 2011, portera sur l'élaboration d'une mouture finale de ce même plan. Selon une étude historique réalisée par des chercheurs universitaires de Boumerdes, à l'occasion de la célébration du mois du patrimoine, le « rôle de Dellys en tant que grande cité est historiquement affirmé » grâce à sa « position stratégique sur la mer méditerranée, son sol fertile et sa proximité des cours d'eau « . De nombreuses civilisations se sont succédées sur cette cité maritime, à l'image, de la civilisation numide qui lui donna le nom « Thadlest ». Par la suite les Romains la baptisèrent à leur tour « Rusucurus », avant de devenir une importante ville de la Mauritanie césarienne. Les Phéniciens s'en emparèrent ultérieurement pour y fonder un grand comptoir commercial et une route vers la ville de Bejaia. Elle connut également le passage des Vandales et des Byzantins. Le passage de la ville de Dellys à la civilisation musulmane remonte au 16ème siècle, selon des documents historiques, qui font état de son rattachement successivement aux règnes des Fatimide, des Hamadite, des Mourabitoune et des Hafside. Après une courte période sous la coupe des Espagnols, cette cité antique connut son « âge d'or » grâce aux frères Aroudj et Kheireddine qui la délivrèrent et l'annexèrent à l'Etat ottoman. Le colonialisme français qui y entra en 1844, en fit une base militaire pour étendre son hégémonie sur toute la Kabylie. L'histoire de cette ville a été immortalisée par plusieurs historiens qui célébrèrent sa beauté au fil du temps, à l'image d'El Idrissi(21e siècle) qui en a fait l'éloge dans son célèbre « Nouzhate El Mochtake » (le plaisir du passionné), Al Hamiri (15e siècle) « Al Raoudh Al Miitar » ( les jardins parfumés), Hosseine Al Ourtilani (18 e) « Nouzhate Al Andhar » (le plaisir des yeux), ou encore par les recueils de l'officier français Carette et de l'allemand Heinrich Von Maltessen (19eme siècle).

Kateb Yacine, l’éternel perturbateur

Posté par mouradpreure le 2 juin 2010

Par Marina Da Silva – Le Monde Diplomatique – Novembre 2009-

Mort il y a vingt ans, l’écrivain Kateb Yacine connaît toujours une popularité certaine en Algérie, où un colloque international vient de lui être consacré. En France, les hommages n’ont guère été médiatisés. Ce « poète en trois langues », selon le titre du film que Stéphane Gatti lui a consacré, demeure un symbole de la révolte contre toutes les formes d’injustice, et l’emblème d’une conscience insoumise, déterminée à rêver, penser et agir debout.
 « Le vrai poète, même dans un courant progressiste, doit manifester ses désaccords. S’il ne s’exprime pas pleinement, il étouffe. Telle est sa fonction. Il fait sa révolution à l’intérieur de la révolution politique ; il est, au sein de la perturbation, l’éternel perturbateur. Son drame, c’est d’être mis au service d’une lutte révolutionnaire, lui qui ne peut ni ne doit composer avec les apparences d’un jour. Le poète, c’est la révolution à l’état nu, le mouvement même de la vie dans une incessante explosion (1). »
Romancier et dramaturge visionnaire, considéré grâce à son roman Nedjma comme le fondateur de la littérature algérienne moderne, Kateb Yacine était avant tout un poète rebelle. Vingt ans après sa disparition, il occupe en Algérie « la place du mythe ; comme dans toutes les sociétés, on ne connaît pas forcément son œuvre, mais il est inscrit dans les mentalités et le discours social (2) ». Il reste aussi l’une des figures les plus importantes et révélatrices de l’histoire franco-algérienne.
Kateb, qui signifie « écrivain » en arabe, était issu d’une famille de lettrés de la tribu des Keblout du Nadhor (Est algérien). Le 8 mai 1945 — il n’a pas encore 16 ans —, il participe aux soulèvements populaires du Constantinois pour l’indépendance. Arrêté à Sétif, il est incarcéré durant trois mois à la suite de la répression, qui fait quarante-cinq mille morts. Sa mère, à laquelle il est profondément attaché — c’est elle qui l’a initié à la tradition orale et à la poésie —, sombrera dans la folie. Cette date du 8 mai marquera l’existence, l’engagement et l’écriture de Kateb à tout jamais.
C’est en septembre de cette même année, à Annaba, qu’il tombe éperdument amoureux d’une de ses cousines, Zoulheikha, qui va inspirer Nedjma (« étoile »), rédigé en français, œuvre fondatrice qui a totalement bouleversé l’écriture maghrébine. Dans cette histoire métaphorique où quatre jeunes gens, Rachid, Lakhdar, Mourad et Mustapha, gravitent autour de Nedjma en quête d’un amour impossible et d’une réconciliation avec leur terre natale et les ancêtres, la jeune fille, belle et inaccessible, symbolise aussi l’Algérie résistant sans cesse à ses envahisseurs, depuis les Romains jusqu’aux Français. La question de l’identité, celle des personnages et d’une nation, est au cœur de l’œuvre, pluridimensionnelle, polyphonique.
Nedjma deviendra une référence permanente dans l’œuvre de Kateb, amplifiée en particulier dans Le Polygone étoilé, mais aussi dans son théâtre (Le Cercle des représailles) et sa poésie. Pour Moa Abaïd, comédien qui l’admirait, il était « un metteur en scène génial, proche de la réalité, qui a vraiment travaillé sur la construction du personnage pour parler au public, sans camouflage ni maquillage. Son utilisation de la métaphore et de l’allégorie n’est pas un évitement, puisqu’il a toujours dit haut et fort ce qu’il pensait, mais provient du patrimoine culturel arabo-musulman ».
Aussi libre et libertaire, insolente et provocante, indéchiffrable et éblouissante que son œuvre, fut la vie de Kateb. Militant de toute son âme pour l’indépendance, au sein du Parti populaire algérien, puis du Parti communiste, il s’engage avant tout avec les « damnés de la terre », dont il est avide de connaître et faire entendre les combats : « Pour atteindre l’horizon du monde, on doit parler de la Palestine, évoquer le Vietnam en passant par le Maghreb. »

Inventer un art qui se partage, et « révolutionner la révolution »

Expatrié dès 1951, il vit dans une extrême précarité jusqu’à la fin de la guerre d’indépendance (1954-1962), principalement en France, harcelé par la direction de la surveillance du territoire (DST), et voyageant beaucoup. Dans le bouleversement terrible et euphorique de 1962, il rentre en Algérie, mais déchante rapidement. Il s’y sent « comme un Martien » et entamera une seconde période de voyages — Moscou, Hanoï, Damas, New York, Le Caire : « En fait, je n’ai jamais cru que l’indépendance serait la fin des difficultés, je savais bien que ça serait très dur. »
Lorsqu’il décide de rester plus durablement en Algérie, en 1970, il abandonne l’écriture en français et se lance dans une expérience théâtrale en langue dialectale dont Mohamed, prends ta valise, sa pièce culte, donnera le ton. Fondateur de l’Action culturelle des travailleurs (ACT), il joue dans les lieux les plus reculés et improbables, usines, casernes, hangars, stades, places publiques… avec des moyens très simples et minimalistes — les comédiens s’habillent sur scène et interprètent plusieurs personnages —, le chant et la musique constituant des éléments de rythme et de respiration.
« Lorsque j’écrivais des romans ou de la poésie, je me sentais frustré parce que je ne pouvais toucher que quelques dizaines de milliers de francophones, tandis qu’au théâtre nous avons touché en cinq ans près d’un million de spectateurs. (…) Je suis contre l’idée d’arriver en Algérie par l’arabe classique parce que ce n’est pas la langue du peuple ; je veux pouvoir m’adresser au peuple tout entier, même s’il n’est pas lettré, je veux avoir accès au grand public, pas seulement les jeunes, et le grand public comprend les analphabètes. Il faut faire une véritable révolution culturelle (3).  »
L’engagement politique de Kateb détermina fondamentalement ses choix esthétiques : « Notre théâtre est un théâtre de combat ; dans la lutte des classes, on ne choisit pas son arme. Le théâtre est la nôtre. Il ne peut pas être discours, nous vivons devant le peuple ce qu’il a vécu, nous brassons mille expériences en une seule, nous poussons plus loin et c’est tout. Nous sommes des apprentis de la vie (4). » Pour lui, seule la poésie peut en rendre compte ; elle est le centre de toutes choses, il la juge « vraiment essentielle dans l’expression de l’homme ». Avec ses images et ses symboles, elle ouvre une autre dimension. « Ce n’est plus l’abstraction désespérante d’une poésie repliée sur elle-même, réduite à l’impuissance, mais tout à fait le contraire (…). J’ai en tous les cas confiance dans [son] pouvoir explosif, autant que dans les moyens conscients du théâtre, du langage contrôlé, bien manié (5).  »
Un « pouvoir explosif » qu’il utilisera dans Le Cadavre encerclé, où la journée meurtrière du 8 mai 1945, avec le saccage des trois villes de l’Est algérien, Guelma, Kherrata et Sétif, par les forces coloniales, est au cœur du récit faisant le lien entre histoire personnelle et collective.
Kateb a fait le procès de la colonisation, du néocolonialisme mais aussi de la dictature post-indépendance qui n’a cessé de spolier le peuple. Dénonçant violemment le fanatisme arabo-islamiste, il luttait sur tous les fronts et disait qu’il fallait « révolutionner la révolution ».
S’il considérait le français comme un « butin de guerre », il s’est aussi élevé contre la politique d’arabisation et revendiquait l’arabe dialectal et le tamazight (berbère) comme langues nationales. Surnommant les islamo-conservateurs les « Frères monuments », il appelait à l’émancipation des femmes, pour lui actrices et porteuses de l’histoire : « La question des femmes algériennes dans l’histoire m’a toujours frappé. Depuis mon plus jeune âge, elle m’a semblé primordiale. Tout ce que j’ai vécu, tout ce que j’ai fait jusqu’à présent a toujours eu pour source première ma mère (…). S’agissant notamment de la langue, s’agissant de l’éveil d’une conscience, c’est la mère qui fait prononcer les premiers mots à l’enfant, c’est elle qui construit son monde (6).  »
L’éventail et la radicalité de sa critique lui ont valu autant de passions que d’inimitiés. Aujourd’hui objet de toutes les appropriations, pour le meilleur comme pour le pire, il reste l’« éternel perturbateur » et, comme Nedjma, l’étoile inaccessible — en tout cas irréductible.

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Des contrats gaziers avec l’Europe en cours de révision Trouver de nouveaux débouchés pour le gaz algérien

Posté par mouradpreure le 2 juin 2010

Le Maghreb 27/05/2010

Les Européens semblent bien décidés à enfoncer les prix du gaz vendu sur les marchés à long terme. Ainsi, après la Russie, voilà que l’UE s’attaque à Sonatrach. En effet, selon le quotidien économique espagnol, L’Expansión, l’exploitation du gazoduc Medgaz, qui devrait être opérationnelle en juillet, pourrait être encore retardée de plusieurs mois à cause de la crise économique et financière qui touche l’Espagne et qui a conduit à une baisse de la demande de gaz.   Medgaz est exploité par un consortium composé des groupes espagnols Endesa (12%), Iberdola (20%), Cepsa (20%), du français GDF Suez (12%) et de Sonatrach (36%), qui est également le fournisseur des autres partenaires à travers des contrats à long terme. A cause de la conjoncture espagnole, ces contrats, qui n’étaient pas encore signés, sont désormais en cours de révision, précise l’Expansión. Comprendre : Sonatrach n’est plus en position de force avec ses partenaires européens comme cela a été le cas il y a encore une année Dans ce contexte de baisse de la demande, les partenaires de Sonatrach  veulent  négocier des prix à la baisse avec la compagnie nationale.

Il faut savoir que ça s’inscrit dans un mouvement global.  En effet, le français GDF Suez mène des discussions avec le holding gazier russe Gazprom sur la renégociation des conditions de fourniture de gaz à long terme. L’allemand E.ON Ruhrgas a aussi récemment demandé à Gazprom de baisser le prix du gaz prévu par leur contrat à long terme ou de changer certaines clauses dans les contrats de fourniture de bleu. Ces exigences tenaient compte de la situation sur le marché du gaz où la demande est en baisse en raison de la crise économique mondiale. Gazprom, qui indexait jusqu’ici ses prix sur ceux du pétrole, a accepté de vendre une partie du gaz aux prix spot (à court terme) qui sont environ 25% inférieurs aux prix des contrats à long terme. Par ailleurs, le président de l’Union européenne de l’industrie du gaz naturel (Eurogas), Domenico Dispenza, a estimé que les accords à long terme sur la livraison de gaz à l’Europe doivent pouvoir subir des modifications, compte tenu de la conjoncture économique.  Il faut dire que lors de la dernière réunion du Forum des pays exportateurs de gaz à Oran ,  les déséquilibres marquant le marché gazier, issus du développement du marché spot ont clairement été mis en avant, ce qui a poussé les participants a afficher leur attachement aux contrats à long terme. Les prix sur les marchés organisés du gaz sont en effet ridiculement bas, comparés aux prix des contrats à long terme, indexés, eux, sur le prix du pétrole : moins de 4 dollars le million de BTU à New York, moins de 5 dollars au Royaume Uni, alors que le prix contractuel tourne autour de 11 dollars. C’est pourquoi à Oran, la Russie n’a cessé de répéter son attachement aux contrats à long terme, mais aussi son désir de voir les prix spot du gaz indexés, à leur tour, sur les prix du pétrole . Aussi, la compagnie nationale des hydrocarbures veut opérer une offensive commerciale de taille mais en gardant bien à l’esprit de se positionner sur les marchés à long terme.  le groupe Sonatrach a annoncé qu’il négociait actuellement des contrats de livraisons à long terme de GNL avec quelques pays asiatiques.  La Sonatrach mise donc sur la diversification de ses clients tout en misant sur les contrats à long terme. Ce qui semble être l’option la plus rentable, d’autant plus que la demande mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL) continuera à gagner en importance même si d’autres sources d’énergie non conventionnelle ont fait leur apparition. Notons, dans ce sens, que le GNL représente 50% des échanges commerciaux du secteur des hydrocarbures dans le monde. Samira  G.

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Pétrole et gaz L’AIE anticipe une hausse des investissements en amont

Posté par mouradpreure le 2 juin 2010

Le Maghreb – 01/06/2010 

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) anticipe une reprise des investissements dans l’amont pétrolier en 2010.  Les investissements du secteur pétrolier et gazier dans l’amont devraient augmenter de 9% à 10% cette année par rapport à l’an dernier, a déclaré, hier, Trevor Morgan, économiste senior de l’AIE.
Pour autant, ces investissements devraient demeurer inférieurs d’environ 10% à leur pic de 2008. Le spécialiste ne prévoit pas à ce stade une forte augmentation des capacités nettes durant ces 5 prochaines années. En conséquence, il redoute une accélération des investissements au cours des années à venir pour répondre à une demande qu’il attend croissante. Par ailleurs, la hausse des coûts de financement liée à la crise de la dette souveraine en Europe est une menace pour la reprise des investissements. « Nous ne prévoyons pour l’instant pas beaucoup d’augmentation des capacités nettes au cours des cinq prochaines années », a précisé Trevor Morgan lors d’une conférence.  « C’est pourquoi nous craignons que le secteur ait besoin d’investir davantage au cours des années à venir pour répondre à la hausse de la demande sur laquelle nous tablons. »  Il a chiffré à 90 milliards de dollars (73 milliards d’euros) la diminution des investissements dans l’amont en 2009. Il a expliqué à Reuters que la hausse récente des coûts de financement, conséquence de la crise de la dette en Europe, qui se traduit notamment par une remontée du taux Libor de référence, faisait planer un risque sur les investissements. « C’est un risque (…) et il faudra voir si les coûts de financement restent élevés ou même s’ils montent encore plus haut, ce qui pourrait avoir un impact important sur le montant des investissements sur l’ensemble de l’année », a-t-il dit.
 

Notons que l’AIE a revu à la baisse sa prévision de demande mondiale de pétrole en 2009 et 2010, respectivement de 160.000 et 220.000 barils par jour, selon son rapport mensuel  pour mai. Ces nouvelles prévisions interviennent après trois révisions consécutives à la hausse. L’agence, qui représente les intérêts des pays industrialisés, estime que le monde devrait consommer cette année 86,4 millions de barils par jour (mbj), soit 1,9% de plus que l’année précédente (84,8 mbj). En 2009, la demande mondiale avait enregistré une baisse de 1,4% par rapport à 2008. La croissance mondiale meilleure que prévu, selon les derniers chiffres du Fonds monétaire international (FMI), est compensée par un prix du baril attendu autour de 76,5 dollars en 2010, soit 1,20 dollar de plus qu’auparavant. Mais l’AIE explique aussi ses révisions par une correction des chiffres des années précédentes, notamment dans les pays non membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Dans le détail, « la demande de pétrole a été plus forte que prévu dans certaines zones de l’OCDE (Amérique du Nord et Pacifique), mais un peu plus faible dans deux régions hors OCDE (Asie et Moyen-Orient) », selon l’AIE, dont le siège est à Paris. Ces derniers mois, la demande de l’Asie, et notamment de la Chine, avaient amené l’agence à revoir ses prévisions de consommation mondiale à la hausse. La consommation asiatique reste néanmoins la principale composante de la hausse de la demande en 2010 par rapport à 2009. En Europe, la demande a été affectée « par le nuage de cendres du volcan islandais, qui a cloué les avions au sol mi-avril, et par les inquiétudes persistantes pour l’économie du continent, illustrées de façon dramatique par la crise de la dette grecque ». Quant à la production, elle est restée inchangée en avril par rapport à mars, à 86,6 mbj. Une faible hausse de la production de brut au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), de 40.000 barils par jour à 29,03 mbj, a compensé une baisse de l’offre des pays hors de cette zone. Enfin, selon l’AIE, le naufrage d’une plateforme pétrolière au large des côtes américaines n’a pas affecté la production régionale, mais cette marée noire pourrait conduire à des mesures de sécurité plus strictes.
S.G

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Le dogme européen de la concurrence

Posté par mouradpreure le 2 juin 2010

par Akram Belkaid, Paris – Le Quotidien d’Oran – 02/06/2010

Qui a dit que le néolibéralisme était mort ? Qui a dit que la crise financière et économique forcerait les tenants de l’ouverture à tout prix à réviser leurs convictions ? On pensait, en ces jours d’effilochage du système financier mondial, que le consensus de Washington serait nécessairement remis en cause et qu’une réflexion sur les dégâts de la dérégulation allait suivre. C’est loin d’être le cas et la Commission européenne vient de nous en fournir une nouvelle preuve en exigeant du gouvernement français qu’il réforme le statut de l’opérateur ferroviaire SNCF.

La concurrence adulée 

Au mois de février dernier, Bruxelles a, selon la presse française, adressé une lettre officielle à Paris où la forme juridique de la SNCF est critiquée. Les autorités françaises y sont ainsi priées de bien vouloir informer la Commission des mesures adoptées «dans les plus brefs délais» pour mettre fin à la garantie publique dont dispose cette entreprise sur ses engagements financiers. Pour bien comprendre, il faut savoir que la SNCF a un statut d’EPIC, c’est-à-dire d’établissement public à caractère industriel et commercial. Pour la Commission, ce statut permettrait à l’entreprise ferroviaire de bénéficier de la garantie de l’Etat pour ses emprunts et donc d’une forme d’aide d’Etat (dont ne peuvent bénéficier des sociétés privées). Et l’on sait que ce type d’aide est la bête noire de Bruxelles au nom de la défense du dogme de la libre-concurrence. Pour l’heure, le gouvernement français n’a pas donné suite à la demande de la Commission. Mais ce qui se joue derrière cet échange épistolaire, c’est bel et bien la privatisation de la SNCF ou, du moins, sa transformation en société anonyme, laquelle pourrait être cotée en Bourse même si l’Etat français y conserve des parts.

Cette affaire est un beau cas d’école. Elle montre comment la Commission européenne façonne l’environnement économique européen avec toujours plus d’ouverture et de retrait des Etats. Qu’importe pour elle que les EPIC, qu’il s’agisse de la SNCF ou d’autres entreprises, soient à l’origine de l’essor économique de la France. Qu’importe pour elle le fait que le transport ferroviaire représente plus qu’une simple activité économique dans la mesure où c’est aussi un outil d’aménagement du territoire et de développement rural qui ne s’accommode pas toujours avec les règles de la rentabilité financière auxquelles sont soumises les entreprises privées. Qu’importe aussi le fait que les privatisations de chemin de fer en Europe, notamment en Grande-Bretagne, se soient soldées par des échecs retentissants. Dès lors qu’il s’agit du dogme de la concurrence et de la possibilité de déréguler, les fonctionnaires européens trépignent et semblent incapables de réfléchir.

Une Commission irresponsable ? 

On pourrait gloser à l’infini sur cette Commission qui n’a rien de démocratique et dont les membres, qui ne sont pas élus, n’ont guère à se soucier d’un quelconque contre-pouvoir même si le Parlement européen tente vaille que vaille de jouer ce rôle. On pourrait aussi évoquer le crétinisme irresponsable de certains de ses fonctionnaires qui, en ces temps troublés, ne se rendent même pas compte qu’agiter le chiffon de la réforme du statut de la SNCF, c’est prendre le risque de provoquer une grave crise sociale. Mais les lobbies qui lorgnent sur la libéralisation du transport ferroviaire français n’ont guère de scrupules vis-à-vis de cela. Ils savent qui actionner pour enclencher le mécanisme de privatisation de la SNCF et leur travail de sape s’inscrit dans la durée.

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Interview de M. Preure par El Watan, Zhor Hadjam 11 mai 2010

Posté par mouradpreure le 2 juin 2010

La zone euro  vit  actuellement une véritable tourmente financière des suites de la  grave crise  que traverse la Grèce. Quel impact peut avoir la baisse de l’euro -qui  découle  de ces turbulebces européenne- sur les revenus de l’Algérie dont les importations s’effectuent principalement en euro.?  

 Au-delà de la crise grecque, la zone euro, qui constitue notre plus gros fournisseur, comprend les pays disposant d’excédents commerciaux et d’une demande interne faible, soit l’Allemagne, le pays le plus riche également l’Autriche et les Pays-Bas mais aussi un important groupe de pays essentiellement méditerranéens, emmené par la France avec l’Italie, l’Espagne, le Portugal et bien entendu la Grèce qui se signale par d’importants déficits commerciaux et une demande interne forte. La lampe rouge qui s’est allumée avec la Grèce est d’autant plus inquiétante que d’autres pays de ce groupe peuvent suivre. Le déficit budgétaire (12.9% du PIB pour la Grèce) signale toujours un déficit de la balance commerciale, consécutif à des coûts, notamment salariaux relativement élevés par rapport aux standards de la concurrence. Les cures d’austérité, conditionnés par les plans d’aide, ont pour effet comme on le voit en Grèce d’accroître l’instabilité.  

Le plus grave est que cette crise signale un mal profond qui touche à la construction européenne qui devra à terme choisir entre un fédéralisme économique ou la fin de l’Euro. L’Europe s’est engagée trop loin pour ne pas se transformer en une véritable union économique et monétaire avec de nouvelles limites de souverainetés, difficilement consensuelles on l’imagine.  Il y a donc en effet un fort risque de contagion pour la zone Euro. Les conditionnalités qui accompagneront inévitablement la solidarité européenne sont de la même essence que les politiques d’ajustement structurel de triste mémoire. Leur généralisation aux PIGS (Portugal, Italie, Grèce et Espagne) mais aussi à la France qui vit une crise réelle et aussi Royaume Uni auront un « effet papillon » sur les pays qui sont à la périphérie de l’Europe et qui par leur commerce et leur développement y sont articulés. Il faut aussi prévoir une sévère montée du protectionnisme dans ces pays. Il aura un effet sur la dynamique de partenariat euroméditerranéen. 

J’ai toujours indiqué que la sortie de crise ne se fera pas rapidement ni simplement. Tous les traits d’une sortie en double creux, soit en W ou en U plutôt qu’en V sont manifestes. La crise de la dette souveraine qui se manifeste de façon virulente dans la zone euro est selon nous le symptôme d’une crise monétaire internationale structurelle qui peut prendre des formes encore plus perverses et dangereuses alors que les prix des commodities, particulièrement le pétrole s’orientent tendanciellement à la hausse. Considérant que nous n’observons pas de réels moteurs de croissance dans l’OCDE, que la croissance continue à porter un fort contenu budgétaire, que le système financier international reste convalescent, avec le jeu toujours pervers des agences de notation internationales nous pouvons avoir dans les mois à venir une sévère correction qui réduirait à néant la reprise de l’économie mondiale. Je pense que ces crises sont les prémisses à une nouvelle définition de l’Europe et sonnent le glas d’une grande illusion européenne. Peut-être même verrons-nous bientôt se concrétiser de réelles remises en cause de l’Euro. 

L’Algérie qui exporte ses hydrocarbures en dollars et qui a vu ses revenus fortement baisser, depuis la chute du billet vert et de la baisse des prix du pétrole, peut elle espérer rattraper quelque peu ses pertes aujourd’hui après la baisse de l’euro?  

D’abord on pourrait célébrer l’évènement puisque les termes de l’échange évolueront en notre faveur. Mais il faut être réaliste car l’effet d’ascenseur entre le dollar et le prix du pétrole va encore fonctionner, lorsque le prix de l’un monte, l’autre baisse et inversement. Donc ce qui est donné d’une main sera repris de l’autre. Mais nos avoirs financiers en dollars vont gagner en valeur et leur pouvoir d’achat augmenter. Je pense que pour faire des acquisitions d’actifs à l’étranger, dans la zone euro notamment, nous avons en quelque sorte une « deuxième chance ». Il faut la saisir, ce peut être la dernière. Il nous faut porter nos grands acteurs économiques aux tailles critiques qui constituent les standards aujourd’hui. Il faut rentrer dans le capital des entreprises qui comptent, mettre celles-ci en synergies avec notre développement industriel et technologique. Il faut le faire vite. Car comme je l’ai dit par le passé, je pense que nous ne sortirons pas de cette crise économique pour entrer dans un monde de stabilité sous un ciel serein. Ce sont des crises systémiques qui vont être récurrentes avec une diffusion de l’instabilité et de l’entropie sélectivement vers les pays les plus faibles. La réalité est que nous avons une dichotomie entre une sphère financière à présent interconnectée à l’échelle de la planète et qui fonctionne selon une logique de court terme, qui privilégie la volatilité et la maîtrise du risque, une économie casino en quelque sorte, d’une part, d’autre part une économie réelle orientée selon des logiques de long terme, hautement capitalistique avec une accélération de l’obsolescence des produits et la recherche de tailles critiques de plus en plus élevées. Dans ce contexte où les acteurs et les marchés sont globalisés les Etats doivent sans cesse redéfinir leur rôle et les échelles dans lesquelles s’exercent leurs actions. Qu’est-ce que la Grèce dans le grand maelstrom du business international ?  

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La crise économique expliquée aux nuls

Posté par mouradpreure le 2 juin 2010

L’Europe n’est en rien responsable des temps difficiles que connaît actuellement son économie. Notre continent ne peut pas faire grand chose d’autre qu’attendre et espérer un changement des facteurs extérieurs. Retour sur une crise mondiale, première étape : les Etats-Unis. 

ANALYSE par Dave Keating @ Traduction : hélène Rivoal @ 13/10/08  Lorsque les Etats-Unis s’enrhument, c’est le monde entier qui éternue. Cet adage du 20e siècle ne s’est jamais révélé aussi vrai qu’aujourd’hui alors que les économies européennes vacillent sous le choc d’une crise économique ayant lieu à des milliers de kilomètres. Dans le système financier actuel où tout est tellement interconnecté, ce qui a commencé par quelques décisions de prêt mal avisées aux Etats-Unis s’est répandu à travers le monde et menace d’engloutir ce dernier dans une autre grande dépression. 

La crise a maintenant pris de dangereuses proportions. Elle a commencé, après une longue période d’augmentation constante des prix des logements, avec l’éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis en 2004. De nombreuses familles ont été autorisées à contracter des emprunts pour acheter leur logement. Et les prêteurs avaient alors commencé à s’engager dans une pratique dite des « prêts hypothécaires à haut risque » (« les subprimes ») et donc à accorder des prêts à des emprunteurs « à risque » dont la solvabilité ne les qualifiait pas pour prendre des hypothèques pour l’achat de leur maison. Ces prêts à haut risque étaient généralement accordés à un taux d’intérêt faible pendant les quelques premières années mais révisé fortement à la hausse par la suite. 

Les risques n’ont en général pas été bien expliqués aux emprunteurs dont beaucoup ont cru qu’ils pourraient aisément refinancer leurs créances en quelques années pour conserver leur bas taux d’intérêt. Les économistes ont averti des dangers mais, globalement, personne aux Etats-Unis ne voulait gâcher l’euphorie de la bulle immobilière. Chacun semblait y gagner de l’argent : les entreprises de construction, les courtiers immobiliers, les banques comme les fournisseurs de matériaux. Les heureux consommateurs pouvaient enfin, pour la première fois de leur vie, devenir propriétaires. Après des décennies de dérégulation constante sous l’égide du parti républicain, le gouvernement américain laissait les mains pratiquement libres à l’industrie. 

Siffler la fin de la partie  

Mais en 2005/2006, le temps est venu de payer le prix de ces erreurs. Les taux d’intérêt des prêts hypothécaires à haut risque sont montés en flèche. De nombreux nouveaux acquéreurs sont devenus incapables de rembourser ou de refinancer leurs emprunts. La crise aurait dû se limiter aux propriétaires américains. Malheureusement les banques et les prêteurs avaient revendu la dette à des investisseurs. Les créances ont ainsi été découpées (« titrisées ») et revendues à d’autres banques et investisseurs dans le monde entier, selon des montages financiers compliqués que peu de personnes semblaient comprendre correctement. Au cours de l’année 2007, près de 1,3 million d’habitations ont fait l’objet de saisies, chiffre en hausse de 79 % par rapport à 2006. Et ce fut la panique : personne ne semblait avoir aucune idée d’à qui appartenait ces dettes « sans valeur », éparpillées dans l’ensemble du système financier mondial. Soudainement, les banques ne voulaient plus se prêter mutuellement, d’où un resserrement, voire un étranglement du crédit, et une période où le système finit par manquer de liquidités (c’est à dire d’argent) car personne ne prêtait plus rien. Les pertes ont commencé à s’accumuler. Dès juillet 2008, de grandes banques et de grandes institutions financières de par le monde ont annoncé des pertes se montant à environ 435 milliards de dollars. 

Aujourd’hui les banques et autres institutions financières ne peuvent plus obtenir de crédit et sont coincées avec des actifs « pourris » dans leurs livres de compte. Beaucoup ont dû se déclarer en faillite ou sont à la veille de le faire. Sous peine que leur effondrement porte un coup à l’économie au sens large, les gouvernements ont dû voler au secours de ces institutions et, parmi elles, Freddie Mac et Fanny Mae aux Etats-Unis, le géant de l’assurance AIG, Northern Rock au Royaume-Uni ou Fortis et Dexia en Belgique. L’anticipation de nouvelles faillites a conduit l’administration américaine à élaborer un plan de renflouement de 700 milliards de dollars pour prévenir ce risque de faillites. Le Royaume-Uni préparerait un plan similaire. 

Le boom des matières premières s’effondre  

La crise des prêts hypothécaires et le resserrement du crédit ne sont pas les deux seuls facteurs responsables de la crise économique de 2008. Les prix du pétrole sont au plus haut, tirés par la croissance des besoins d’énergie des économies émergentes telles la Chine et l’Inde. Cette situation affecte de façon spectaculaire les consommateurs en Amérique du Nord et en Europe, et ce, de manière double. L’envolée des prix que sont forcés de payer les consommateurs pour le carburant de leur voiture et le fioul de chauffage de leur logement a entraîné une augmentation dramatique du prix des denrées alimentaires dont les produits pétroliers permettent d’assurer la production et le transport. Les produits alimentaires sont devenus si chers dans les pays en développement qu’on a même assisté dans certains cas à des émeutes de la faim. 

Après la dépression profonde qui avait frappé le prix des matières premières dans les années 80 et 90, les années 2000 ont vu en revanche ces prix exploser. En 2008, le prix du pétrole a atteint un niveau que les gens n’ont plus les moyens de payer, dépassant même 100 dollars le baril pour la première fois dans l’histoire en janvier 2008. Mais même cela ne semblait plus rien en juillet quand le pétrole a atteint le prix de 147 dollars le baril. Tout cela a entraîné un ralentissement rapide des économies nord-américaine et européenne. Le 30 septembre, le Royaume-Uni a révélé une croissance zéro pour le trimestre précédent. De même que l’Allemagne, il devrait entrer officiellement en récession à la fin de 2008. La zone euro dans son ensemble connaît maintenant des indicateurs économiques désastreux. 

La crise économique est le résultat d’erreurs humaines aux Etats-Unis et du développement naturel des économies asiatiques. Les prix des produits pétroliers ne reviendront jamais au niveau qu’ils avaient dans le passé, et le monde doit apprendre à s’adapter à cette nouvelle réalité. Dans le même temps, la crise du crédit, qui est née aux Etats-Unis, ne pourra être résolue que par les Etats-Unis. L’Europe ne peut pas y faire grand chose sinon s’arque bouter contre la tempête et chercher à s’en sortir. 

par Dave Keating @ Traduction : hélène Rivoal @

 

http://www.dailymotion.com/video/xd9yc0 

 

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L’objectif du maintien du AAA de la France est tendu, dit Baroin

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

REUTERS – Dimanche 30 mai, – Jean-Baptiste Vey

L’objectif de conserver la note AAA de la dette souveraine française est « tendu » et conditionne en partie les décisions sur la réduction des déficits, déclare dimanche le ministre du Budget, François Baroin. La France, qui bénéficie de la meilleure note accordée par les agences de notation, promet de réduire son déficit public dans une proportion et à une vitesse sans précédent depuis au moins un demi-siècle. De quelque 8% en 2010, le gouvernement prévoit de le réduire à 6,0% en 2011, 4,6% en 2012 et 3% en 2013 ou au plus tard 2014. « L’objectif du maintien de la note AAA est un objectif qui est tendu et qui est un objectif qui conditionne pour partie, en effet, les politiques d’économie que l’on souhaite avoir », a dit François Baroin sur Canal+. « Pourquoi? Parce qu’au début des années 1980, 80% de l’accès au crédit qui permettait de financer ses projets pour une entreprise, un particulier ou un Etat se faisait auprès des banques ou des banques centrales, aujourd’hui 80% de l’accès à ces crédits pour financer nos investissements s’effectue auprès du marché », a-t-il ajouté. Etre noté AAA permet à la France de financer ses déficits et ses dettes à un coût minime, à peine supérieur à celui exigé de l’Allemagne, la référence en Europe. Le président Nicolas Sarkozy a annoncé ces derniers jours plusieurs mesures visant à conforter l’objectif de réduction du déficit public. « Nous devons maintenir notre AAA, réduire notre endettement pour éviter d’être trop dépendant des marchés, et nous devons le faire dans la durée, d’où l’idée de la révision constitutionnelle, pour bien montrer que c’est pas simplement un coup pour rien pour faire plaisir à des marchés, mais vraiment une nouvelle inflexion, une nouvelle tendance, une nouvelle discipline budgétaire française », a ajouté François Baroin. Le ministre du Budget a confirmé que, dans les prochaines années, « nous n’allons pas toucher aux impôts », sauf à travers des réductions de niches fiscales. L’ancien premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a jugé dimanche que seule une hausse drastique des impôts permettrait d’atteindre 3% de déficit public en 2013. « On n’atteindra pas les 3% du PIB de déficit en 2013, c’est une illusion. C’est impossible aujourd’hui, sauf à augmenter drastiquement les impôts », a dit le député de Corrèze sur Europe 1, jugeant préférable de fixer cet objectif pour 2015.

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L’économie connaît sa crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale, selon Jean-Claude Trichet

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Associated Press – Samedi 15 mai  

Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a estimé que l’économie européenne connaissait sa crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale, dans une interview à paraître lundi dans l’hebdomadaire allemand « Der Spiegel ». Lire la suite l’article « Il n’y a aucun doute que l’économie se trouve dans la situation la plus difficile depuis la Seconde Guerre mondiale, voire depuis la Première », a affirmé M. Trichet. 

« Nous avons vécu et vivons des moments vraiment dramatiques », ajoute-t-il, en établissant un lien entre la crise récente dans la zone euro et la chute de la banque américaine Lehman Brothers en 2008. « Les marchés ne fonctionnaient plus », a-t-il constaté. M. Trichet a réaffirmé la nécessité d’un contrôle renforcé de la politique financière et économique dans les 16 pays de la zone euro. « Nous avons besoin de structures améliorées, pour éviter et sanctionner les écarts. Nous avons besoin d’une application réelle du contrôle mutuel, nous avons besoin de sanctions réelles pour les accrocs au pacte de stabilité et de croissance », a-t-il dit, ajoutant que les pays européens devaient accélérer la réduction de leurs déficits. « Ils savent ce qui est en jeu. »

Le commissaire européen à l’Energie, l’Allemand Günther Öttinger, a également déclaré au quotidien « Tagesspiegel » que les pays utilisant la monnaie unique devaient réduire leurs déficits. « Nous avons gagné du temps avec les décisions de ces derniers jours mais nous n’avons pas encore décidé de l’issue de la bataille », a-t-il lancé. AP

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Plan de secours de 750 milliards d’euros : La crise en Grèce entraîne l’austérité en Europe

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Par Liès Sahar – El Watan -  15/05/2010

Les effets de la crise économique mondiale ont rattrapé le maillon le plus faible de la zone euro, la Grèce. L’Europe, qui a connu ces dernières années une croissance appréciable avant la crise de 2008-2009, se réveille douloureusement. Elle découvre que les autorités grecques ont menti sur les déficits pour mieux attirer les investissements et ont maquillé une situation catastrophique. Les faux chiffres ont facilité aussi un train de vie pour l’administration, qu’elle n’a plus les moyens d’entretenir. 

Du coup, c’est toute la zone euro qui tremble et la monnaie unique qui recule de plus en plus. C’est aussi l’échec de la rigueur prônée par Bruxelles pour faire de l’Europe une puissance économique face aux Etats-Unis, mais aussi face à la Chine qui devient de plus en plus forte. Apres avoir tardé à intervenir, l’Europe a fini par secourir la Grèce, en collaboration avec le FMI, pour éviter la contagion à d’autres économies comme celles de l’Espagne ou du Portugal. Un plan de secours de 750 milliards d’euros à utiliser comme matelas pour stabiliser l’euro et éviter une crise des liquidités a été décidé, après un prêt de 110 milliards d’euros consenti à la Grèce et remboursable en trois ans. 

Mais les négociations ont été rudes en coulisses. L’Allemagne, par exemple, ne veut pas payer pour la mauvaise gouvernance des autres. D’autres pays peuvent aussi être touchés. Si les chiffres en Espagne et au Portugal ne sont pas truqués, il reste que les déficits budgétaires sont importants, respectivement de 11,2% et 9,4%, alors que Bruxelles fixe à 3% la limite du déficit budgétaire. Les gouvernements espagnol et portugais ont déjà commencé à intervenir. En Espagne, le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a annoncé une baisse des salaires des fonctionnaires, un gel de certaines retraites et la suppression d’une aide à la naissance de 2500 euros. Au Portugal le Premier ministre José Socrates a annoncé une hausse de la TVA d’un point à 21% pour le taux général, la réduction des « salaires des titulaires de postes politiques et des gestionnaires publics » ainsi qu’une baisse des dépenses de l’Etat. En France, le Premier ministre, François Fillon, a indiqué que les dépenses de l’Etat seraient gelées pendant trois ans. 

La crise de la Grèce est la résultante des effets de la crise économique mondiale et de la gestion populiste des autorités grecques ainsi que de la falsification des statistiques communiquées à Bruxelles sur le déficit budgétaire. Il a fallu qu’un nouveau gouvernement révèle les véritables chiffres pour que le séisme s’enclenche. Pour éviter que la crise ne s’étende à d’autres Etats, les pays européens ont décidé d’un plan d’aide pour stabiliser la monnaie unique. Mais de sérieux doutes commencent à apparaître sur l’avenir de la monnaie unique. Ces doutes viennent du marché et renforcent l’idée que la situation de l’euro va se répercuter négativement sur la reprise en Europe. Pour l’Algérie, dont les achats sont faits à environ 60% en zone euro, le recul de cette monnaie par rapport au dollar donne de plus grandes capacités de valorisation des importations. 

Mais un retard dans la reprise en Europe entraînera une baisse de la demande en pétrole, donc un prix plus bas et des recettes moins importantes en dollars. La reprise du dollar par rapport à l’euro a déjà fait baisser les prix du pétrole, de même que les inquiétudes qui pèsent sur la zone euro en matière de croissance.

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Le FMI appelle ses États membres à réduire leurs dettes publiques

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

El Watan – 15 Mai 2010   

Le Fonds monétaire international (FMI) a une nouvelle fois appelé ses Etats membres à réduire leurs dettes publiques, évoquant des risques budgétaires « accrus » dans les plus grandes économies mondiales. 

« Les risques budgétaires se sont accrus, en particulier dans les économies développées », a, selon l’APS, affirmé le FMI dans la troisième édition de son « Rapport de surveillance budgétaire multinational ». L’institution a cité trois raisons : « Les tendances budgétaires sous-jacentes se sont encore détériorées depuis le rapport de novembre, les marchés financiers ont davantage concentré leur attention sur les faiblesses budgétaires et les progrès dans la définition des stratégies de sortie budgétaires ont été lents. » La persistance de déficits publics élevés, obligeant les Etats à emprunter actuellement des sommes sans précédent, a été depuis le début de l’année la source de fortes perturbations sur les marchés financiers mondiaux. « Les marchés font plus attention aux développements budgétaires », a observé lors d’une conférence de presse à Washington le directeur des Affaires budgétaires du FMI, Carlo Cottarelli. 

A deux reprises cette année, le FMI a relevé ses prévisions de croissance mondiale. Mais malgré cette amélioration des perspectives économiques, le redressement des finances publiques est insuffisant et la tendance reste mal orientée, a estimé M. Cottarelli. La dette publique moyenne des pays du G20 passerait ainsi de 76,6% du produit intérieur brut en 2010 à 82,2% en 2014. Dans les pays les plus avancés du G20, cette moyenne passerait de 104,4% en 2010 à 115,5% en 2014, selon les prévisions du FMI. « Même si l’activité mondiale est en train de rebondir plus vite que projetée auparavant, les perspectives budgétaires ne s’améliorent pas dans les mêmes proportions », a déploré le FMI. « Des niveaux élevés d’endettement public pourraient peser sur la croissance économique pendant des années », a-t-il ajouté.

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Le plan de soutien européen à l’euro est sur les rails

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

R. E La Nouvelle République – 11/05/2010

Le plan de soutien comporte d’abord une enveloppe de 60 milliards d’euros mobilisables rapidement pour venir en aide dans l’urgence à un Etat de la zone euro en difficulté. Ces 60 milliards seront prêtés par la Commission européenne en échange de conditions sévères ; cela ressemble en fait au dispositif mis en place pour la Grèce. Le deuxième élément, c’est la création d’une société qui pourra emprunter sur les marchés en s’appuyant sur la garantie des Etats européens – cette société pourra lever jusqu’à 440 milliards d’euros sur les marchés et pourra ensuite utiliser cet argent pour racheter de la dette publique. A ce fonds communautaire, vont s’ajouter 250 milliards d’euros apportés par le FMI. Avec l’addition de tous ces éléments, 60 plus 440, plus 250, on arrive bien à 750 milliards d’euros, un «coussin raisonnable» selon les propos de Christine Lagarde la ministre française de l’Economie. A cette somme, va s’ajouter une action sans précédent de la Banque centrale européenne comme elle l’a confirmé très vite dans la foulée de cet accord européen : la BCE va acheter dès hier des obligations grecques. On n’en connaît pas encore le montant, mais l’essentiel est dit ; ce qu’elle se refusait à faire ces dernières semaines, ce que tout le monde sur les marchés financiers attendait d’elle, sera finalement accompli. Cela représente une décision sans précédent pour la Banque centrale européenne qui va ainsi monter en premier ligne pour tenter d’aider la Grèce et rassurer les marchés. La BCE sera soutenue dans son action par les autres banques centrales du G7 : la Réserve fédérale américaine, notamment, et la Banque du Japon ont annoncé une action concertée dès cette nuit. Ces Banques centrales vont apporter des dollars aux banques européennes pour les aider à surmonter la crise. C’est la première fois qu’une telle mesure est décidée depuis l’automne 2007 et le coup de tonnerre de la crise des subprimes. Réaction encourageante des marchés Pour le moment la réaction des marchés est encourageante : Tokyo a clôturé à +1,6 % alors que l’euro était orienté à la hausse sur les marchés asiatiques ; la monnaie européenne s’échangeait contre 1,30 dollar ce matin, 10 mai, contre 1,27 dollar vendredi soir à New York. Les indicateurs sont bien orientés mais le véritable test a été l’ouverture des places européennes : Londres a ainsi ouvert à + 5 %, Paris s’est envolé à plus de 8 % tout comme Bruxelles, alors que Lisbonne culminait à + 9,26 %. Le marché saluant ainsi de belle manière l’annonce d’un plan de secours historique par les pays de l’UE pour les plus fragiles de la zone euro. 

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Le brut passe sous 85 dollars le baril

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Le Maghreb – 05/05/2010 

Les contrats à terme sur le pétrole brut sont passés sous la barre de 85 dollars le baril mardi, après avoir enregistré quatre séances de progression, affectés par la baisse des marchés d’actions et la réémergence de craintes concernant la capacité de la Grèce à satisfaire les conditions de son plan de sauvetage. Le dollar a atteint un pic en douze mois par rapport à l’euro, rendant ainsi les investissements sur le marché pétrolier plus chers pour les intervenants hors zone dollar. Le contrat de juin sur le brut léger du New York Mercantile Exchange perdait récemment 1,62 dollar, soit 1,9%, à 84,62 dollars le baril, dans la fourchette de 84,47 à 86,24 dollars le baril. Le contrat a atteint en séance lundi un point haut en 18 mois de 87,15 dollars le baril et a gagné 3,75 dollars, soit 4,5%, au cours des quatre dernières séances. Le contrat de juin sur le Brent de la mer du Nord, qui a atteint lundi son niveau le plus haut depuis le 3 octobre 2008, se repliait récemment de 1,28 dollar, à 87,65 dollars le baril. Le rapport du département américain de l’Energie sur les stocks pétroliers, attendu mercredi à 16h30, devrait faire apparaître une augmentation de 600.000 barils des stocks de brut au cours de la semaine terminée le 30 avril, d’après les analystes interrogés par Dow Jones Newswires. Les stocks d’essence sont attendue en baisse de 200.000 barils et ceux de distillats, en progression de 800.000 barils. Aussi, les chiffres de l’activité manufacturière chinoise ont été un peu décevants. Cela s’est combiné au fait que le sauvetage financier de la Grèce soulève des inquiétudes sur la possibilité d’autres sauvetages (pour d’autres pays de la zone euro en difficulté), faisant tourner l’humeur du marché », a expliqué Phil Flynn, de PFG Best Research. La monnaie américaine est montée au plus haut depuis un an face à l’euro mardi, s’établissant à moins de 1,31 dollar. Les inquiétudes sur l’avenir de la monnaie unique restaient très fortes malgré les prêts décidés pendant le week-end pour la Grèce. La hausse du dollar mettait sous pression les prix des matières premières, libellés en dollar et délaissées au profit de la devise elle-même dans une recherche de sécurité. Par ailleurs, les inquiétudes sur une perturbation des livraisons de pétrole par voie maritime dans le golfe du Mexique, à cause de la marée noire en cours se sont apaisées, a souligné Phil Flynn. En revanche les inquiétudes à long terme grandissaient, l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater à l’origine de la marée noire risquant de remettre en cause le forage offshore. La différence de prix entre le contrat de référence et ceux à échéance à plus long terme, beaucoup plus élevés, s’est encore aggravée en début de semaine, signe non seulement de craintes d’inflation mais aussi de craintes pour l’exploration en mer, a estimé Phil Flynn. « La différence entre les contrats de juin et juillet s’est accrue à 2,96 dollars et le fossé entre le court terme et le long terme de presque 2 dollars, à 14,19 dollars », a noté de son côté Amrita Sen, de Barclays Capital, reprenant les chiffres de la clôture de lundi. « Il y a déjà un impact réel avec le moratoire », décidé par l’administration Obama sur les projets d’exploration au large, a observé Phil Flynn.  

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La production de l’Opep en hausse en avril

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Le Maghreb – 02/05/2010 

La production de pétrole des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a progressé en avril, soutenue par les extractions saoudiennes et nigérianes, montre une enquête Reuters publiée jeudi. L’offre fournie par les 11 membres du cartel pétrolier liés par des objectifs de production, à l’exception de l’Irak, est ressortie à 26,88 millions de barils par jour (bpj) contre 26,78 millions de bpj en mars. L’étude montre que l’Opep a rempli à 51% son objectif de réduction de la production contre 54% en mars. L’ensemble de la production Opep s’est inscrite à 29,16 millions de bpj, en hausse de 60.000 barils. Notons que les prix du pétrole ont terminé en hausse vendredi à New York, soutenus par les chiffres de la croissance américaine et l’espoir de voir une aide financière concrète accordée à la Grèce. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » pour livraison en juin a terminé à 86,15 dollars, en hausse de 98 cents par rapport à jeudi. « On a commencé la journée sur une bonne note avec les chiffres du PIB américain, un chiffre correct qui a permis de prolonger le rebond », a expliqué John Kilduff, du fond d’investissement new-yorkais Round Earth Capital. La croissance américaine s’est révélée légèrement inférieure aux attentes, mais elle s’est tout de même renforcée au premier trimestre. Le PIB aux Etats-Unis a atteint 3,2% en rythme annuel par rapport au trimestre précédent. « C’est le chiffre parfait pour les partisans de la hausse sur le marché du pétrole. Assez solide pour donner l’espoir que la demande de pétrole va s’améliorer, pas assez pour que cela indique nécessairement un changement pressant dans la politique monétaire », actuellement très accommodante, a estimé Phil Flynn, de PFG Best Research. La composante emploi des chiffres de croissance a fourni des informations importante pour le marché du pétrole, montrant une stabilisation des salaires et donc une éventuelle stabilisation de l’emploi, a souligné de son côté John Kilduff. « Cela se traduit par une hausse de la demande d’essence », a précisé l’analyste. Par ailleurs, « le marché est visiblement convaincu que le sauvetage (de la Grèce) orchestré par l’Union européenne et le Fonds monétaire international va passer », a indiqué Phil Flynn. La zone euro se préparait en effet à approuver ce week-end le principe au moins du déclenchement de l’aide à la Grèce, lors d’une réunion des ministres des Finances. Le baril de pétrole avait abandonné 1,76 dollar mardi au plus fort des inquiétudes sur les dettes souveraines en Europe après l’abaissement des notes de la Grèce et du Portugal. Il a repris au total 3,71 dollars au cours des trois séances qui ont suivi.  

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Retour au système des licences d’importation : une mesure de réciprocité avec le Maroc et la Tunisie

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

TSA – Ali Idir -12/04/2010 | 15:38 

L »Algérie a décidé de revenir au système de licences pour mieux contrôler ses importations émanant des pays de la zone arabe de libre échange (ZALE). Un décret exécutif paru le 4 avril au Journal officiel précise que « les importateurs doivent désormais formuler une demande auprès des services du ministère du Commerce pour importer des produits sous franchise des droits de douane ». La mesure instaure ainsi des barrières non tarifaires pour protéger l’économie nationale de l’importation massive de produits arabes. 

 Selon nos informations, la décision du gouvernement d’instaurer ces barrières est intervenue en représailles aux refus de plusieurs pays arabes comme le Maroc et la Tunisie d’accorder des autorisations d’entrée sur leur territoire à certains produits algériens. Plusieurs industriels se sont heurtés à ces blocages. « Le Maroc a déjà instauré des barrières non tarifaires pour choisir les produits qu’il veut importer. Nous avons tenté d’exporter vers ce pays, mais nos clients n’ont pas réussi à obtenir une réponse favorable à leur demande de franchise », a affirmé à TSA un industriel algérien. 

La décision d’instaurer des barrières pour les pays de la Zale ne signifie par un retour aux licences d’importation qui étaient en vigueur dans les années 1980-1990, ajoute le même opérateur. « Le Maroc, l’Egypte, la Tunisie et d’autres pays arabes de la Zale ont mis en place des barrières non tarifaires pour pallier le démantèlement des barrières douanières et contrôler leurs importations », a-t-il expliqué. 

La mise en place de barrières non tarifaires fait partie des sujets évoqués lors de la grande réunion mixte algéro-syrienne qui a commencé ce dimanche à Alger. Les Syriens veulent obtenir des autorisations d’Alger pour exporter leurs produits dans notre pays, mais l’Algérie veut également exporter des produits vers la Syrie. 

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Mourad Preure à Liberté – « La crise que traverse Sonatrach doit être relativisée »

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Par Djamel Zidane – Liberté – 5 Avril 2010  

“Je le répète, la crise que vit Sonatrach doit être relativisée. D’autres compagnies, bien plus importantes, ont connu des scandales bien plus graves sans être dangereusement exposées autant que l’a été notre compagnie nationale. Je pense que notre presse doit faire preuve de mesure dans le traitement de cette délicate affaire qu’il nous faut traiter avec sérénité et sang-froid, tout en prenant en compte la dignité des cadres concernés (et qui sont toujours présumés innocents) et de leur famille. Il y a un problème de gouvernance incontestablement, mais il ne concerne pas que Sonatrach. L’État lui-même doit se moderniser pour jouer efficacement son rôle. Je pense que les questions touchant à l’énergie doivent, d’une manière ou d’une autre, impliquer toutes les composantes de la nation. Les gestionnaires du secteur ont une obligation de communication, de la même manière un effort pédagogique doit être fait en direction de toutes les institutions, de la presse aussi, pour les amener à jouer leur rôle avec le maximum de compétence et d’efficacité. Il ne faut pas oublier aussi que la force de Sonatrach repose d’abord, et avant tout, sur les femmes et les hommes qui dans les gisements, les unités industrielles et toutes les structures font leur travail avec compétence, dignement.   

La force de Sonatrach, c’est aussi tout ce capital symbolique d’essence novembriste, un patriotisme qui a rendu possible le challenge du 24 Février et qui rend possibles d’autres challenges, j’en suis sûr. J’ai encore en mémoire avec quelle compétence et esprit de sacrifice des techniciens, ingénieurs et cadres de Hassi-R’mel ont maîtrisé l’incendie du puits HR 64, une véritable première mondiale, épargnant de grosses pertes à notre pays, et qui ont suscité l’admiration du métier. Voilà la force de Sonatrach, il faut l’encourager, le reste est assez secondaire.   Bien entendu, il faut que Sonatrach engage un véritable processus de modernisation pour mettre à niveau son organisation et son management aux standards de la profession. C’est une question, en effet, pressante et je crois que l’on doit s’y atteler pour ouvrir de réelles perspectives stratégiques à ce joyau national.”   

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Pétrole : un expert US table sur un baril à 110 dollars fin juin

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Le MAGHREB – 04/04/2010  

Le prix du pétrole pourrait monter à 110 dollars le baril fin juin, a estimé l’expert du marché pétrolier Stephen Schork, cité vendredi par l’agence Bloomberg. « Il est fort probable que le prix du pétrole grimpe à 95 dollars le baril. Ensuite, vers fin juin, il pourrait atteindre la barre des 110 dollars », a indiqué l’expert américain. Toutefois, si cette barre est atteinte, la demande commencera à baisser, a ajouté l’expert. Les futures de mai pour le pétrole Brent Crude Oil de la mer du Nord ont gagné 1,31 dollars à 84,40 dollars le baril à la bourse londonienne I?E (Inter Continental Exchange Futures). La bourse de New York NYMEX (New York Merchantile Exchange) a vu le prix des futures du mai pour le pétrole léger américain Light Sweet Crude Oil prendre 1,11 dollars, à 84,87 dollars le baril.  

Notons que les prix du pétrole ont fini en nette hausse jeudi à New York, le baril dépassant même brièvement les 85 dollars, porté à son plus haut niveau en plus de 17 mois par l’optimisme des investisseurs pour l’économie mondiale après une série d’indicateurs. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » pour livraison en mai a terminé à 84,87 dollars, en hausse de 1,11 dollar par rapport à la clôture de la veille. Le baril est monté jusqu’à 85,22 dollars en séance, son plus haut niveau depuis le 9 octobre 2008. « On continue de voir des indicateurs économiques positifs, le marché est optimiste et les prix continuent d’avancer et d’atteindre de nouveaux sommets », a constaté Tom Bentz, de BNP Paribas. En Chine notamment, moteur de la demande en énergie, les deux indices des directeurs d’achat ont enregistré une hausse en mars, témoignant d’une nouvelle expansion de l’activité manufacturière. L’indice de la banque HSBC s’est établi à 57,0 points, son troisième plus haut niveau depuis 2004 et l’indice officiel, établi par la China Federation of Logistics and Purchasing (CFLP) est monté à 55,1 contre 52 en février. Au Japon, l’indice Tankan de confiance des grandes entreprises manufacturières a atteint son plus haut niveau en 18 mois. « C’est particulièrement important pour le pétrole étant donné que la Chine et le Japon en sont les deuxième et troisième plus gros consommateurs dans le monde », a rappelé Mike Fitzpatrick, de MF Global. L’activité du secteur manufacturier a aussi accéléré en zone euro et aux Etats-Unis, selon les indices PMI et ISM publiés dans chaque région respectivement. « On a cassé le récent plafond de 83,95 dollars (touché en janvier, ndlr) dans la nuit et la hausse se poursuit », a souligné Tom Bentz. Elle était encouragée par la faiblesse du dollar, qui s’est encore replié jeudi, notamment face à l’euro.  

 

 

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Gaz Forte hausse de la demande en GNL d’ici à 2015

Posté par mouradpreure le 1 juin 2010

Samira G. LE MAGHREB – 07/03/2010  

Plus flexible que le gaz transporté par gazoduc, le gaz naturel liquéfié pourrait bouleverser les marchés.  Dans les zones importatrices (Amérique du Nord, Europe et Asie), la croissance de la demande de gaz va se poursuivre, du fait notamment de la substitution du gaz au charbon et au fioul, estime la Commission de régulation de l’énergie. A l’horizon 2015, une croissance simultanée des besoins d’importation de gaz dans ces trois zones « va créer des tensions sur le marché engendrant un accroissement des importations de GNL », ajoute la CRE. Actuellement, les importations de GNL en Europe ne représentent que 7% de sa consommation de gaz, selon la CRE. Seuls sept Etats membres disposent actuellement de terminaux méthaniers permettant d’accueillir les navires et de regazéifier le GNL: Espagne, France, Belgique, Italie, Portugal, Grèce, Royaume-Uni. Il faut cette option permette de relier rapidement les pays de production aux pays de consommation, souvent très distants, et d’exploiter des gisements situés dans des zones géographiques où il est impossible de construire un gazoduc.  Selon un rapport d’avril 2008 de la (CRE), la flotte actuelle mondiale est de 250 méthaniers. 57 terminaux méthaniers sont aujourd’hui en activité, selon GDF Suez : 26 au Japon, 15 en Europe, 5 aux États-Unis, 4 en Corée, 1 à Taiwan, 1 en Chine, 2 en Inde, 1 à Porto Rico, 1 en République Dominicaine et 1 au Mexique.  Rappelons dans ce contexte que   selon l’association Cedigaz, le commerce mondial de gaz naturel a représenté 813 milliards de mètres cubes en 2008, dont 72 % par gazoduc, et 28 % par la filière GNL, forcément transportés par bateau. Cette part doit s’accroître avec l’ouverture de nouvelles routes en provenance du Yémen, d’Angola, du large de l’Australie, de l’Arctique, du Brésil. Les développements du Moyen-Orient et du Nigeria sont loin d’être achevés. Une part importante des champs continentaux en déclin sera remplacée par des ressources offshore. L’apparition de la technique du FLNG, une usine flottante qui réalise la liquéfaction du gaz naturel en mer, repousse encore les limites. Si l’Agence internationale de l’énergie et les groupes gaziers prévoyaient il y a peu une croissance de la demande de gaz de 54 % entre 2007 et 2030, cette prévision est ramenée à une hausse de 43 % seulement. Il n’en demeure pas moins que le marché du gaz naturel reste orienté, même dans le pire des cas, en forte hausse. Et que ce gaz sera de plus en plus maritime d’autant plus que les besoins des grands pays émergeants se fait de plus en plus pressante. Ainsi, selon les prévisions de l’AIE, la croissance de la demande mondiale de gaz est supérieure à celle du pétrole et s’établit à 1,8 % par an jusqu’en 2030. Cependant, le développement des activités gazières nécessitera d’importants investissements. L’AIE estime que les investissements nécessaires d’ici à 2030 pour développer la filière gazière sont estimés à quelque 5 500 milliards de dollars. Les pays producteurs ont beaucoup investi dans la liquéfaction, et, à l’autre bout de la chaîne, les consommateurs se sont dotés d’importantes infrastructures de regazéification. Le GNL, apparaît indéniablement comme un vecteur essentiel de l’expansion gazière mondiale. Le commerce du GNL reste promis à un développement rapide, de l’ordre de 7 %/an d’ici à 2020.  

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Interview Ali Titouche sur le gaz – El Watan – 17 Avril 2010

Posté par mouradpreure le 26 mai 2010

 Dr Mourad PREURE 

Expert Pétrolier International 

Président du Cabinet EMERGY  

Une conférence sur le GNL 16 se tiendra à Oran du 18 au 21 avril à Oran. D’après vous quelle est l’importance de cette entrevue ?  

Je vois cette rencontre comme une excellente opportunité pour mettre en avant notre excellence dans le management de la chaîne gaz depuis les gisements jusqu’aux installations de liquéfaction mais aussi les gazoducs transcontinentaux rejoignant les marchés européens, deux domaines dans lesquels nous sommes de véritables pionniers, il faut le dire. Le GNL en lui-même ne représente que quelque 28% du commerce mondial du gaz naturel, mais il est aujourd’hui le moteur de changements structurels qui vont profondément affecter le développement futur de cette industrie. L’arrivée d’importants volumes de GNL sur le marché se conjugue la révolution technologique qui a permis la production des gaz de schiste aux Etats-Unis, ce qui, avec un fléchissement exceptionnel de la demande, le premier depuis 1945, a provoqué un effet de ciseau extrêmement violent dont l’effet direct est une bulle gazière qui mettra au moins cinq années pour se résorber. Et le GNL est le facteur qui accélère la diffusion de cette bulle gazière sur le bassin atlantique qui devient zone d’arbitrage, qui accentue aussi le rôle des marchés spots en conséquence. Donc en effet aujourd’hui, parler du GNL c’est traiter obligatoirement en profondeur de la grave crise qui traverse l’industrie gazière et qui n’en est malheureusement selon nous qu’à ses débuts. Cela donne forcément une importance particulière à cette rencontre. J’ajouterai aussi, puisque les industriels, les équipementiers et l’ingénierie y sera représentée, que si le GNL est aujourd’hui le moteur de la mondialisation du marché gazier (vous savez que dans cette industrie les marchés sont régionalisés, Amérique, Europe, Asie, du fait des contraintes technico-économiques de transport), les révolutions technologiques dans ce domaine auront un effet structurant et sur l’industrie et sur les jeux d’acteurs (abaissement des coûts de la chaîne GNL de 30 à 40%, usines de petite taille, augmentation de la taille et allongement des routes des méthaniers, réduction des phénomènes de boil off etc.), et sur la géopolitique gazière.  

Les enjeux à l’avenir semblent être importants et pour les pays producteurs de gaz et pour les pays consommateurs. Pensez-vous que le rendez-vous d’Oran pourrait conduire à une réflexion autour d’un mécanisme de concertation et d’influence à l’image de l’Opep ?    

En effet les enjeux sont importants, et nous avons plus haut commencé à répondre à votre question. La réalité aujourd’hui est que comme dans chaque période de grande mutation il y a un moment d’accroissement de la complexité où les jeux d’acteurs sont chaotiques, puis vient l’heure des deals qui permet l’instauration d’un ordre nouveau qui est lui-même l’expression d’un nouveau rapport de forces. L’industrie pétrolière est coutumière de cette évolution discontinue où les crises sont les accoucheuses des nouveaux équilibres en gestation. Aujourd’hui nous avons un marché spot (encore minoritaire) qui fonctionne selon le principe d’une concurrence gaz-gaz stricte avec des mécanismes spéculatifs d’arbitrage et de couverture contre le risque prix. Nous avons un vieil ordre qui survit et qui est représenté par les contrats à long terme avec clause de take or pay. Ce système a permis à l’industrie gazière de se construire et il perdure dans les zones non autosuffisantes comme l’Europe et le bassin pacifique. Il permet une répartition des risques entre producteur (risque volume) et client (risque marché). Aujourd’hui nous avons une coexistence en Europe (dont la dépendance gazière est de 55% et qui sera de 80% en 2030) de transactions de court et de long terme sur le même marché. Comme vous le savez les transactions spot qui sont tirées par le GNL (dont les surcapacités au niveau mondial sont de 100 Gm3 soit le quart des capacités installées) ont provoqué une chute des prix alors que les transactions de long terme indexées sur le pétrole ont vu les prix orientés à la hausse en même temps que ce dernier. Le prix dans les contrats atteint le double des prix spots, situation intenable dans la durée. Ce qui complique les choses est, comme je l’ai dit, que chaque acteur joue son propre jeu. La Russie qui a baissé sa production de 16.7% en 2009 (absorbant un peu la baisse de la demande européenne qui a été de 7.5%) a vu ses parts de marché entamées par le Qatar et la Norvège. Aujourd’hui elle veut récupérer ses parts de marché et le fait en proposant de vendre de 10 à 15% de ses ventes sur la base des prix spot, cela avec une souplesse inédite dans les clauses de take or pay. Le Qatar qui a beaucoup investi pour valoriser ses importantes ressources gazières est devenu un acteur de premier plan dans le GNL et qui veut prendre résolument pied dans le marché européen. La Russie d’autre part vient de lancer la construction du North Stream, un gazoduc qui transportera vers l’Europe du nord un volume quasiment équivalent à nos exportations gazières et se prépare à lancer le South Stream, un second méga gazoduc visant l’Europe du Sud et qui transportera 64 Gm3 soit plus que nos exportations. Les ressources domestiques européennes en gaz de schiste présentent aussi une inconnue pour les fournisseurs traditionnels de l’Europe tout occupés à leurs manœuvres stratégiques. Dans ce contexte la question de la cartellisation du marché gazier à l’image du marché pétrolier me semble prématurée. Je ne vois pas les Russes, ni les Qataris y songer sérieusement, quels que soient les discours qu’ils peuvent tactiquement afficher. Je suis assez inquiet car la situation me rappelle la crise pétrolière baissière de 1986 où l’Arabie Saoudite, pour reprendre ses parts de marchés perdues au profit des sources Non-OPEC avait engagé une guerre des prix avec les conséquences que l’on sait. Là, c’est la Russie qui est à la manœuvre, et vu les volumes en jeu et la complexité plus grande de la situation, l’incertitude est extrêmement forte.  

Faudrait-il penser à un prix juste du GNL, puisque actuellement les prix du gaz sur les marchés internationaux de l’énergie demeurent bas ?    

La demande gazière est tirée par la génération électrique et objectivement le prix du gaz est de plus en plus lié au prix du kilowattheure dans des marchés fortement interconnectés (autant pour les infrastructures gazières qu’électriques), d’autre part la consommation de fuels dans la génération électrique tend à se réduire au profit d’autres sources. Ainsi les processus de déréglementation à l’œuvre depuis les années 80 aux Etats-Unis et 90 en Europe conjugués aux mutations actuelles de l’industrie gazière donnent une signification particulière à la concurrence gaz-gaz. Je crois que l’industrie du gaz est à la recherche d’un nouveau modèle économique. Ce modèle doit prendre en compte le rapport offre/demande, classiquement mais ne doit pas compromettre la mise en place de capacités pour faire face à la demande future. Faute de quoi nous pouvons avoir un choc d’offre dans le futur. Une correction brutale est d’ailleurs attendue dès 2015 du fait du report d’importants projets dont le projet russe de Shokman en mer de Barents. Les experts les plus éminents que je rencontre dans le monde conviennent que le gaz est l’énergie du futur proche. Elle ne peut plus être considéré comme une « bridge energy » ou énergie de transition mais comme une « destination energy ». En ce sens, oui il faut réfléchir à un juste prix du GNL puisque c’est par lui que le changement arrive. Mais comment ? Je pense que cette question a besoin d’un temps de maturation. On y arrivera.   

Quel sera d’après vous l’enjeu futur de l’Algérie en tant que fournisseur important de l’Union européenne en gaz et quelle pourrait être sa stratégie gazière dans l’avenir ?    

L’Algérie a des capacités limitées, les réserves sont de 4.5 trillions de m3 (Tcm) selon des publications statistiques de référence contre 43 Tcm en Russie et 76 Tcm au Moyen Orient. Le Qatar possède 25.5 Tcm et l’Iran près de 30. On parle de 35 Tcm de gaz non conventionnels aux Etats-Unis. L’Algérie, source la plus proche du marché européen, a cependant par rapport à tous ces pays une expérience et une expertise uniques dans la chaîne gaz, particulièrement dans le GNL. Si je suis inquiet de toutes ces restructurations en cours, je suis aussi très optimiste pour autant que nous considérons ces formidables volumes non plus comme une menace sur notre marché naturel, l’Europe (auquel cas nous perdrions à coup sûr) mais comme une opportunité. Il faut en effet opérer un véritable renversement de perspective stratégique et nous affirmer comme acteur en construisant des partenariats d’intégration croisée qui nous ouvriraient l’aval gazier européen et la génération électrique en même temps qu’ils impliqueraient nos partenaires et clients dans le risque et l’effort amont. Je pense pour cela il faut donner une impulsion décisive à Sonatrach (i) en engageant un puissant processus de modernisation pour mettre ses modes d’organisation et de management aux normes du métier, (ii) en organisant Sonatrach autour de la technologie et en l’articulant à l’université aux PME innovantes et à la recherche nationale, (iii) en faisant des acquisitions d’actifs de haute technologie à l’étranger pour provoquer les synergies nécessaires. Pour cela Je pense nécessaire de fusionner Sonatrach et Sonelgaz pour créer un puissant pôle énergétique national. J’ajouterai qu’il est urgent de contraindre sévèrement la demande gazière domestique, notamment industrielle car il nous faut avoir des volumes pour défendre nos parts de marchés, si nous ne voulons pas être progressivement exclus du marché européen.  

Le ministre de l’Energie et des mines a reconnu récemment que le scandale qui a éclaboussé Sonatrach a terni l’image de l’entreprise à l’international. Faudrait-il comprendre que cette donne est en mesure de mettre l’Algérie, pays organisateur, dans une position de faiblesse face aux participants qui sont d’ailleurs bon gré, mal gré des concurrents directs à Sonatrach ?    

Non, je ne le pense pas. Vous savez, les pétroliers sont des gens qui savent relativiser et faire la part de ce qui est important et de ce qui est accessoire. Ce que vous appelez le scandale de Sonatrach est un accident qui peut survenir dans n’importe quelle compagnie et il en est survenu de beaucoup plus graves, croyez-moi, dans les plus prestigieuses sans que cela ne prête à conséquence. Ce que le métier sait c’est que Sonatrach est une compagnie qui a montré sa fiabilité et son sérieux dans les conditions autrement plus aléatoires des années de terrorisme où la source algérienne peut se flatter de n’avoir jamais connu aucune rupture d’approvisionnement contrairement à la source gazière russe par exemple qui a interrompu ses livraisons en janvier 2009 pendant 13 jours. Je ne pense pas un seul instant que l’image de Sonatrach puisse être affectée dans la durée par ce malheureux incident qu’il nous faut relativiser en prenant en compte toute la richesse humaine, ces femmes et ces hommes qui font chaque jour la force de Sonatrach. Au demeurant, l’Algérie est une référence dans l’industrie du GNL et le fait qu’une telle rencontre s’y déroule est forcément un évènement. Je crois que notre presse doit prendre en compte toutes ces dimensions en considérant qu’elle peut contribuer au succès de cette manifestation en mettant en avant l’expertise algérienne et nos ambitions de continuer à figurer parmi les leaders qui ont façonné cette industrie.   

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Quelques travaux parmi les travaux les plus représentatifs du Dr Preure

Posté par mouradpreure le 21 mai 2010

Voici sous format PDF quelques uns de mes travaux les plus représentatifs, cours, contributions et conférences. J’enrichirai cette page régulièrement.

Articles, textes de fond, études

 

Remarques sur le projet de stratégie industrielle, Janvier 2007

Remarques sur stratégie industrielle MIPI Temmar

Texte distribué à l’occasion d’une table-ronde sur l’entreprise le 28 juin 2005

Conference Care

Texte distribué à l’occasion d’une conférence donnée le 19 mai 2002 à Hassi-Messaoud sur le management

Conférence management Naftogaz Hassi Messaoud

Enseignement, Séminaires, Conférences

 

Conférence donnée le 15 octobre 2008 sur l’intelligence économique

Confrence IE cnc Article Le Maghreb

Speech IE cnc 15 octobre 08 version couleur

Speech IE cnc 15 octobre 08 version imprimable

ECONOMIA n14 Confrence Preure IE

Cours sur Sun Tsu

Sun Tsu nb

Sun Tsu couleur

Séminaire sur le partenariat

Séminaire MDI Avril 2009 imprimable

Séminaire MDI Avril 2009

Séminaire Intelligence économique

Intelligence Economique imprimable partie1

Cours donné à l’université de Béjaia

Cours Management Stratégique Bejaia 08

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Mes remerciements pour les enseignants et étudiants de la Faculté des Sciences de Boumerdès

Posté par mouradpreure le 17 mai 2010

J’ai intervenu ce matin du 17 mai lors des « Deuxièmes journées d’étude et de sensibilisation » organisés par le Club Scientifique ATIAF de la Faculté des Sciences de l’Université M’hamed Bougara de Boumerdès. Le thème de la rencontre était : « Relance industrielle et énergies renouvelables. Perspectives de l’après pétrole en Algérie. » Mon intervention a porté sur le thème: « Crise économique, crise pétrolière. Quel futur énergétique ? Quels enjeux, quels challenges pour notre pays ? »

 Je veux d’abord remercier les organisateurs, particulièrement le Dr Dokhane ainsi que monsieur Azzedine Belkacem et tout le comité scientifique de la rencontre pour leur accueil amical. J’ai beaucoup apprécié la qualité des débats, de très haute tenue. Je voudrais dire surtout combien je suis reparti plein d’espoir en voyant ces étudiants se préoccuper et traiter avec autant de sérieux des questions essentielles pour l’avenir de notre pays. 

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